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@codes-de-cruches
Ces brumisateurs m'ont faite sortir de ma retraite.
Que penses-tu de Juliette de Tolbiac ? (De ses interventions hein, pas de elle directement).
Je ne sais pas qui c'est ?
Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog… Mais je me demandais : T'aime pas les hommes ? Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ? Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Moi j’aurais une question à te poser: est-ce que tu penses que l’amour c’est le contenu de ce blog? Parce que si oui, c’est fort triste.
Pendant que j’y suis mes petits poulets de grain (surtout mes petites poulettes), ce que fait l’anon, c’est de la manipulation assez classique, et comme ce genre de chose arrive assez souvent, voilà comment ça fonctionne:
- Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog…
Mon anon essaie de créer de l’empathie. En me disant qu’il aime bien mon blog, il pense que je vais me sentir redevable, et donc que je vais envisager sa demande, quelle qu’elle soit, avec bienveillance. En réalité, vu la suite du message, il n’aime probablement pas du tout le blog.
Mais
Evidemment il y a un mais, mais il valait mieux l’emballer dans un compliment pour éviter que je prenne la mouche.
je me demandais : T'aime pas les hommes ?
Maintenant il part volontairement dans l’outrance pour créer une réaction de dénégation, et une réaction forte étant donné qu’il vient de me complimenter. Dans la logique je devrais donc me sentir gênée et dire “mais enfin bien sûr que non”. Je devrais le rassurer, puisqu’en plus il a la gentillesse de me complimenter.
Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ?
Comme il ne peut pas critiquer sur le fond (les posts sont tellement chargés de sexisme, ce serait difficile) il déplace la discussion sur le terrain personnel pour tenter d’invalider le propos du blog. Mais pour éviter de paraître agressif, il se met en position de confident et utilise un vocabulaire guimauve. La réaction attendue est que je m’épanche.
Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Comment il ne peut pas critiquer sur le fond (épisode 2), il déplace la discussion de nouveau, cette fois sur le terrain du manque d’expérience / de la mauvaise expérience. La réaction attendue est que je me justifie. Comme précédemment, l’idée est de décrédibiliser ce que je dis: si je manque d’expérience, je ne sais pas de quoi je parle; si j’en ai eu des mauvaises, je n’ai pas rencontré “le bon”; si j’en ai eu des bonnes, pourquoi j’ai créé ce blog etc.
Ce genre de “discussion” arrive tout le temps quand on parle de féminisme, ou quand tout simplement on partage ses expériences de femme ou de jeune fille avec certains hommes. Le fait de déplacer une question sociale ou politique sur le terrain personnel sert toujours à décrédibiliser votre propos, qu’on parle d’égalité salariale, de harcèlement de rue, de viol ou de violence, souvent vos opposants ne remettront pas en cause les faits (qui sont chiffrés, prouvés) mais votre perception de ceux-ci. On vous dira que votre expérience du harcèlement de rue vous a rendue paranoïaque et que tous les hommes ne sont pas comme ça; que votre père violent n’est pas tous les hommes; que toutes ces informations sur le viol vous ont donné peur des hommes alors qu’il n’y a pas lieu d’être etc… Pour les plus jeunes, on utilisera souvent votre âge et votre désir de faire vos preuves pour vous manipuler. Ah bon tu ne veux pas être avec un homme plus âgé? Mais tu n’as jamais essayé. Tu ne veux pas faire telle ou telle chose sexuellement? Mais tu n’as jamais essayé.
Alors retenez-bien, ne vous laissez pas faire et ramenez toujours le débat sur le fond.
Et puis bon, j’adore comme la question la plus courante posée aux féministes c’est “est-ce que tu/pourquoi tu détestes les hommes”. Evidemment, on se sent obligées de se justifier, de dire que non, bien sûr que non ! Et on en perd le sujet initial, la conversation est déviée. On doit alors prouver qu’on ne déteste pas les hommes (et évidemment, en général, c’est mort si on n’est pas hétéro :p) à tout prix si on veut être entendue.
Par contre, les hommes eux, peuvent être aussi misogynes qu’ils le souhaitent, ils peuvent nous faire surbir les pires horreurs : jamais, ô grand jamais, on n’ira imaginer qu’ils n’aiment pas les femmes. Aucune raison pour ça enfin :D
La raison pour laquelle des hommes parlent de haine est relativement simple: sur le fond, ils savent que si la situation était inversée, ils nous haïraient. Donc même si certains nient notre réalité, en fait ils savent parfaitement que nous vivons des situation d’injustice, d’inégalité, de violence, et que s’ils étaient soumis à ces situations, ils se révolteraient et haïraient leur oppresseur. D’autre part, il y a dans la misogynie une peur des femmes très profonde qui s’enracine dans l’obsession du contrôle de la procréation, et dans la terreur de la toute puissance de la mère. On a toujours cette idée qu’une femme qui n’est pas contrôlée par une structure sociale rigide va devenir une “sorcière”: le vote féminin pousserait les femmes à abandonner leur famille, la contraception verrait les femmes arrêter d’avoir des enfants, l’avortement légal verrait le nombre d'interruption de grossesse exploser, la reconnaissance du harcèlement sexuel dans la loi allait provoquer de faux dépôts de plainte pour faire tomber des hommes, etc etc…
C’est pour ça qu’on ne doit pas se justifier. Si on vous parle de “haine des hommes”, demandez simplement pourquoi. Qu’y a-t-il dans vos propos qui évoque la haine? Si votre interlocuteur ne sait pas répondre, ou fait de vagues références à certaines féministes qui seraient haineuses, demandez-lui le rapport avec vous, pourquoi il fait une généralité. Vous comprenez, dans ce cas, c’est à lui de se justifier, pas à vous si vous n’avez pas tenu de propos haineux. Ici recentrer le débat c’est simplement demander pourquoi.
J’aimerai ajouter qu’il est parfaitement normal pour une femme de détester les hommes étant donné ce qu’ils font. La détestation de l’oppresseur est parfaitement justifiable d’un point de vue politique et personnel. Et dans tous les cas, les hommes n’attendent pas que les choses s’inversent pour nous haïr, c’est d’ailleurs le sens du mot misogynie.
Misogynie du grec misos, haine, et gyné, femme. Un misogyne est une personne, un homme en général, qui n'aime pas les femmes, qui les hait, qui les méprise ou leur témoigne du mépris, voire de l'hostilité.
Peu importe ce que fait un homme jamais on ne lui demande s’il déteste les femmes et on ne demande jamais aux hommes de nous rappeler qu’ils ne nous détestent pas, pas même aux anti-féministes. Parce qu’on considère que ça n’a pas d’importance. En revanche si une femme déteste les hommes alors elle défis l’ordre établi et ça c’est insupportable. Les hommes, eux, nous détestent au point de nous tuer bien souvent. Alors demandons leur un peu, avant chaque débat politique, de nous assurer qu’ils ne détestent pas les femmes. La réponse sera un mensonge mais demandons quand même, histoire de remettre les choses à leurs places.
Honnêtement je ne pense pas que détester l'oppresseur soit une réaction saine ou productive. Ça l'est quand c'est temporaire. Par exemple, si on me harcèle dans la rue c'est bon pour mes nerfs de dire “mais qu'on les crame tous”. En revanche j'en ferai pas un programme politique.
Quand on renvoie aux femmes une supposée haine ou détestation des hommes, c'est avant tout un mécanisme de projection, mais pas seulement. C'est aussi une crainte de déstabilisation des rapports sociaux. Les hommes savent très bien sûr le fond que si les femmes étaient aussi misandres qu'ils sont misogynes la situation serait insupportable. Et honnêtement, ce serait contre productif. Je trouve que cette idée qu'il est légitime de haïr l'oppresseur lui donne avant tout des munitions. Parce qu'il ne faut pas utiliser les mots à la légère. Si on dit les hommes nous haïssent donc nous pouvons les haïr, ok alors haïssons-les pareil. Tuons-les, violons-les, harcelons-les. Adultes et enfants. Quoi, c'est trop horrible ? Pourtant la haine c'est ça. Pas porter un t-shirt “down with men”.
Les petits mots, les petits slogans et les concepts qui passent à l'écrit mais pas dans les faits, ça sert juste à se décrédibiliser. Il ne faut jamais oublier que nous sommes minoritaires, pas par le nombre mais par le statut, et que bien des femmes ne sont pas féministes. Alors qu'elles ont besoin du féminisme.
Lutter ce n'est pas haïr, mettre les gens face à leurs responsabilités ce n'est pas haïr. Je ne hais pas mon oppresseur. Jamais je ne lui ferai subir ce que les femmes subissent. Parler de haine ou de détestation délégitime une colère qui est, elle parfaitement justifiée.
Haïr ne veut pas dire tuer, tu dis qu’il ne faut pas utiliser les mots à la légère alors respecte tes propres principes. Haïr veut dire haïr. Point barre. Et je persiste à dire que haïr les hommes est parfaitement légitime et le reflet d’un cerveau sain, lorsque l’on sait ce que les femmes subissent. Mais nous ne faisons pas ce que les hommes font donc inutile de prétendre que quand une femme hait ça veut dire qu’elle va se mettre à torturer et violer les hommes. Ou bien essayes tu de contribuer à la propagande masculine que tu prétends toi même critiquer ? Les femmes ne sont pas une menace pour les hommes. Alors prétendre que si une femme ose dire qu’elle déteste les hommes du fait que les hommes massacrent les femmes alors elle deviendrait une tueuse, une violeuse, une massacreuse d’hommes en devenir c’est de la propagande anti-féministe. C’est déplacer la violence là où elle n’est pas et c’est mentir, inventer, faire peur avec ce qui n’est pas. Car quand les femmes détestent les hommes elles deviennent séparatistes, pas serial killer, d’accord ? Les femmes ne font pas ce que les hommes nous font. Les sentiments des femmes ne sont pas une violence envers les hommes et le sexisme anti homme n’existe pas. Lorsqu’une femme dit qu’elle déteste les hommes elle ne violente pas les hommes par ses simples propos. Nous avons le droit de ressentir ce que nous ressentons sans que ça ne soit instrumentalisé pour prétendre que le danger c’est nous. Les femmes ne sont pas dangereuses. Nous n’avons pas à montrer patte blanche ni à aimer nos oppresseurs, nous n’avons pas à feindre l’indifférence non plus. La haine n’est pas là pour être “productive” (même si elle peut l’être) elle peut être le résultat d’une analyse politique ou d’une suite d’expériences personnelles, elle se suffit en elle même. Je comprends que certaines personnes de couleurs finissent par détester les blancs, je comprends que les femmes finissent par détester les hommes. C’est une réaction parfaitement normal face à des siècles et des siècles de cruauté que j’aurai peine à décrire. Ce qui me parait plus “contre-productif” c’est au contraire de voir les oppressés se forcer à sympathiser avec leurs oppresseurs.
Je pense que le but de tout mouvement socio-politique est d'arriver à des résultats tangibles. Et donc que tout ce qui entrave la réalisation de ces objectifs est contre productif. Contre productif ne signifie pas illégitime.
Haïr ne veut certes pas dire tuer, mais qui hait veut du mal à l'objet de sa haine. Qui hait n'attend pas de la personne haïe qu'elle change ou qu'elle évolue. Et la définition de haine ne change pas selon le sexe. Donc je maintiens que la misogynie est l'expression d'une haine des femmes. Mais les femmes ne haïssent pas les hommes, elles sont déçues, trahies, souvent profondément en colère, mais pas haineuses. Aucune femme n'irait crasher un camion sur des hommes au non de la souffrance collective des femmes. Un homme peut le faire parce qu'il s'estime frustré sexuellement.
Je ne veux pas qu'on utilise ce terme parce qu'il met sur le même plan une haine dévastatrice et une colère juste et légitime. Il permet aux détracteurs du féminisme de renvoyer misogynes et soit-disant misandres dos à dos. Et ils ont suffisamment d'armes comme ça sans qu'on leur en tende d'autres.
Pour reprendre le parallèle que tu faisais avec le racisme, je n'ai honnêtement jamais été en contact avec des gens qui haïssaient les Blancs, au sens de vraiment haïr. La pure haine de l'occident, c'est par exemple Daech. La colère des victimes de racisme, le sentiment de déception, d'isolement, de trahison c'est totalement différent. Si les personnes victimes de racisme nous haïssaient, elles ne nous demanderaient pas de changer ou de comprendre.
Renvoyer dos à dos la haine du raciste et la colère de la victime, ça aussi, ça dessert la victime.
Je pense que ce que nous entendons personnellement par “haine” dépend des personnes, mais je pense que sur le fond vous voulez dire la même chose. ;)
Pas faux ! 😁
Je viens de découvrir votre blog et franchement, une seule chose à dire : 💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕💕
Merci beaucoup !
Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog… Mais je me demandais : T'aime pas les hommes ? Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ? Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Moi j’aurais une question à te poser: est-ce que tu penses que l’amour c’est le contenu de ce blog? Parce que si oui, c’est fort triste.
Pendant que j’y suis mes petits poulets de grain (surtout mes petites poulettes), ce que fait l’anon, c’est de la manipulation assez classique, et comme ce genre de chose arrive assez souvent, voilà comment ça fonctionne:
- Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog…
Mon anon essaie de créer de l’empathie. En me disant qu’il aime bien mon blog, il pense que je vais me sentir redevable, et donc que je vais envisager sa demande, quelle qu’elle soit, avec bienveillance. En réalité, vu la suite du message, il n’aime probablement pas du tout le blog.
Mais
Evidemment il y a un mais, mais il valait mieux l’emballer dans un compliment pour éviter que je prenne la mouche.
je me demandais : T'aime pas les hommes ?
Maintenant il part volontairement dans l’outrance pour créer une réaction de dénégation, et une réaction forte étant donné qu’il vient de me complimenter. Dans la logique je devrais donc me sentir gênée et dire “mais enfin bien sûr que non”. Je devrais le rassurer, puisqu’en plus il a la gentillesse de me complimenter.
Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ?
Comme il ne peut pas critiquer sur le fond (les posts sont tellement chargés de sexisme, ce serait difficile) il déplace la discussion sur le terrain personnel pour tenter d’invalider le propos du blog. Mais pour éviter de paraître agressif, il se met en position de confident et utilise un vocabulaire guimauve. La réaction attendue est que je m’épanche.
Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Comment il ne peut pas critiquer sur le fond (épisode 2), il déplace la discussion de nouveau, cette fois sur le terrain du manque d’expérience / de la mauvaise expérience. La réaction attendue est que je me justifie. Comme précédemment, l’idée est de décrédibiliser ce que je dis: si je manque d’expérience, je ne sais pas de quoi je parle; si j’en ai eu des mauvaises, je n’ai pas rencontré “le bon”; si j’en ai eu des bonnes, pourquoi j’ai créé ce blog etc.
Ce genre de “discussion” arrive tout le temps quand on parle de féminisme, ou quand tout simplement on partage ses expériences de femme ou de jeune fille avec certains hommes. Le fait de déplacer une question sociale ou politique sur le terrain personnel sert toujours à décrédibiliser votre propos, qu’on parle d’égalité salariale, de harcèlement de rue, de viol ou de violence, souvent vos opposants ne remettront pas en cause les faits (qui sont chiffrés, prouvés) mais votre perception de ceux-ci. On vous dira que votre expérience du harcèlement de rue vous a rendue paranoïaque et que tous les hommes ne sont pas comme ça; que votre père violent n’est pas tous les hommes; que toutes ces informations sur le viol vous ont donné peur des hommes alors qu’il n’y a pas lieu d’être etc… Pour les plus jeunes, on utilisera souvent votre âge et votre désir de faire vos preuves pour vous manipuler. Ah bon tu ne veux pas être avec un homme plus âgé? Mais tu n’as jamais essayé. Tu ne veux pas faire telle ou telle chose sexuellement? Mais tu n’as jamais essayé.
Alors retenez-bien, ne vous laissez pas faire et ramenez toujours le débat sur le fond.
Et puis bon, j’adore comme la question la plus courante posée aux féministes c’est “est-ce que tu/pourquoi tu détestes les hommes”. Evidemment, on se sent obligées de se justifier, de dire que non, bien sûr que non ! Et on en perd le sujet initial, la conversation est déviée. On doit alors prouver qu’on ne déteste pas les hommes (et évidemment, en général, c’est mort si on n’est pas hétéro :p) à tout prix si on veut être entendue.
Par contre, les hommes eux, peuvent être aussi misogynes qu’ils le souhaitent, ils peuvent nous faire surbir les pires horreurs : jamais, ô grand jamais, on n’ira imaginer qu’ils n’aiment pas les femmes. Aucune raison pour ça enfin :D
La raison pour laquelle des hommes parlent de haine est relativement simple: sur le fond, ils savent que si la situation était inversée, ils nous haïraient. Donc même si certains nient notre réalité, en fait ils savent parfaitement que nous vivons des situation d’injustice, d’inégalité, de violence, et que s’ils étaient soumis à ces situations, ils se révolteraient et haïraient leur oppresseur. D’autre part, il y a dans la misogynie une peur des femmes très profonde qui s’enracine dans l’obsession du contrôle de la procréation, et dans la terreur de la toute puissance de la mère. On a toujours cette idée qu’une femme qui n’est pas contrôlée par une structure sociale rigide va devenir une “sorcière”: le vote féminin pousserait les femmes à abandonner leur famille, la contraception verrait les femmes arrêter d’avoir des enfants, l’avortement légal verrait le nombre d'interruption de grossesse exploser, la reconnaissance du harcèlement sexuel dans la loi allait provoquer de faux dépôts de plainte pour faire tomber des hommes, etc etc…
C’est pour ça qu’on ne doit pas se justifier. Si on vous parle de “haine des hommes”, demandez simplement pourquoi. Qu’y a-t-il dans vos propos qui évoque la haine? Si votre interlocuteur ne sait pas répondre, ou fait de vagues références à certaines féministes qui seraient haineuses, demandez-lui le rapport avec vous, pourquoi il fait une généralité. Vous comprenez, dans ce cas, c’est à lui de se justifier, pas à vous si vous n’avez pas tenu de propos haineux. Ici recentrer le débat c’est simplement demander pourquoi.
J’aimerai ajouter qu’il est parfaitement normal pour une femme de détester les hommes étant donné ce qu’ils font. La détestation de l’oppresseur est parfaitement justifiable d’un point de vue politique et personnel. Et dans tous les cas, les hommes n’attendent pas que les choses s’inversent pour nous haïr, c’est d’ailleurs le sens du mot misogynie.
Misogynie du grec misos, haine, et gyné, femme. Un misogyne est une personne, un homme en général, qui n'aime pas les femmes, qui les hait, qui les méprise ou leur témoigne du mépris, voire de l'hostilité.
Peu importe ce que fait un homme jamais on ne lui demande s’il déteste les femmes et on ne demande jamais aux hommes de nous rappeler qu’ils ne nous détestent pas, pas même aux anti-féministes. Parce qu’on considère que ça n’a pas d’importance. En revanche si une femme déteste les hommes alors elle défis l’ordre établi et ça c’est insupportable. Les hommes, eux, nous détestent au point de nous tuer bien souvent. Alors demandons leur un peu, avant chaque débat politique, de nous assurer qu’ils ne détestent pas les femmes. La réponse sera un mensonge mais demandons quand même, histoire de remettre les choses à leurs places.
Honnêtement je ne pense pas que détester l'oppresseur soit une réaction saine ou productive. Ça l'est quand c'est temporaire. Par exemple, si on me harcèle dans la rue c'est bon pour mes nerfs de dire “mais qu'on les crame tous”. En revanche j'en ferai pas un programme politique.
Quand on renvoie aux femmes une supposée haine ou détestation des hommes, c'est avant tout un mécanisme de projection, mais pas seulement. C'est aussi une crainte de déstabilisation des rapports sociaux. Les hommes savent très bien sûr le fond que si les femmes étaient aussi misandres qu'ils sont misogynes la situation serait insupportable. Et honnêtement, ce serait contre productif. Je trouve que cette idée qu'il est légitime de haïr l'oppresseur lui donne avant tout des munitions. Parce qu'il ne faut pas utiliser les mots à la légère. Si on dit les hommes nous haïssent donc nous pouvons les haïr, ok alors haïssons-les pareil. Tuons-les, violons-les, harcelons-les. Adultes et enfants. Quoi, c'est trop horrible ? Pourtant la haine c'est ça. Pas porter un t-shirt “down with men”.
Les petits mots, les petits slogans et les concepts qui passent à l'écrit mais pas dans les faits, ça sert juste à se décrédibiliser. Il ne faut jamais oublier que nous sommes minoritaires, pas par le nombre mais par le statut, et que bien des femmes ne sont pas féministes. Alors qu'elles ont besoin du féminisme.
Lutter ce n'est pas haïr, mettre les gens face à leurs responsabilités ce n'est pas haïr. Je ne hais pas mon oppresseur. Jamais je ne lui ferai subir ce que les femmes subissent. Parler de haine ou de détestation délégitime une colère qui est, elle parfaitement justifiée.
Haïr ne veut pas dire tuer, tu dis qu’il ne faut pas utiliser les mots à la légère alors respecte tes propres principes. Haïr veut dire haïr. Point barre. Et je persiste à dire que haïr les hommes est parfaitement légitime et le reflet d’un cerveau sain, lorsque l’on sait ce que les femmes subissent. Mais nous ne faisons pas ce que les hommes font donc inutile de prétendre que quand une femme hait ça veut dire qu’elle va se mettre à torturer et violer les hommes. Ou bien essayes tu de contribuer à la propagande masculine que tu prétends toi même critiquer ? Les femmes ne sont pas une menace pour les hommes. Alors prétendre que si une femme ose dire qu’elle déteste les hommes du fait que les hommes massacrent les femmes alors elle deviendrait une tueuse, une violeuse, une massacreuse d’hommes en devenir c’est de la propagande anti-féministe. C’est déplacer la violence là où elle n’est pas et c’est mentir, inventer, faire peur avec ce qui n’est pas. Car quand les femmes détestent les hommes elles deviennent séparatistes, pas serial killer, d’accord ? Les femmes ne font pas ce que les hommes nous font. Les sentiments des femmes ne sont pas une violence envers les hommes et le sexisme anti homme n’existe pas. Lorsqu’une femme dit qu’elle déteste les hommes elle ne violente pas les hommes par ses simples propos. Nous avons le droit de ressentir ce que nous ressentons sans que ça ne soit instrumentalisé pour prétendre que le danger c’est nous. Les femmes ne sont pas dangereuses. Nous n’avons pas à montrer patte blanche ni à aimer nos oppresseurs, nous n’avons pas à feindre l’indifférence non plus. La haine n’est pas là pour être “productive” (même si elle peut l’être) elle peut être le résultat d’une analyse politique ou d’une suite d’expériences personnelles, elle se suffit en elle même. Je comprends que certaines personnes de couleurs finissent par détester les blancs, je comprends que les femmes finissent par détester les hommes. C’est une réaction parfaitement normal face à des siècles et des siècles de cruauté que j’aurai peine à décrire. Ce qui me parait plus “contre-productif” c’est au contraire de voir les oppressés se forcer à sympathiser avec leurs oppresseurs.
Je pense que le but de tout mouvement socio-politique est d'arriver à des résultats tangibles. Et donc que tout ce qui entrave la réalisation de ces objectifs est contre productif. Contre productif ne signifie pas illégitime.
Haïr ne veut certes pas dire tuer, mais qui hait veut du mal à l'objet de sa haine. Qui hait n'attend pas de la personne haïe qu'elle change ou qu'elle évolue. Et la définition de haine ne change pas selon le sexe. Donc je maintiens que la misogynie est l'expression d'une haine des femmes. Mais les femmes ne haïssent pas les hommes, elles sont déçues, trahies, souvent profondément en colère, mais pas haineuses. Aucune femme n'irait crasher un camion sur des hommes au non de la souffrance collective des femmes. Un homme peut le faire parce qu'il s'estime frustré sexuellement.
Je ne veux pas qu'on utilise ce terme parce qu'il met sur le même plan une haine dévastatrice et une colère juste et légitime. Il permet aux détracteurs du féminisme de renvoyer misogynes et soit-disant misandres dos à dos. Et ils ont suffisamment d'armes comme ça sans qu'on leur en tende d'autres.
Pour reprendre le parallèle que tu faisais avec le racisme, je n'ai honnêtement jamais été en contact avec des gens qui haïssaient les Blancs, au sens de vraiment haïr. La pure haine de l'occident, c'est par exemple Daech. La colère des victimes de racisme, le sentiment de déception, d'isolement, de trahison c'est totalement différent. Si les personnes victimes de racisme nous haïssaient, elles ne nous demanderaient pas de changer ou de comprendre.
Renvoyer dos à dos la haine du raciste et la colère de la victime, ça aussi, ça dessert la victime.
Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog… Mais je me demandais : T'aime pas les hommes ? Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ? Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Moi j’aurais une question à te poser: est-ce que tu penses que l’amour c’est le contenu de ce blog? Parce que si oui, c’est fort triste.
Pendant que j’y suis mes petits poulets de grain (surtout mes petites poulettes), ce que fait l’anon, c’est de la manipulation assez classique, et comme ce genre de chose arrive assez souvent, voilà comment ça fonctionne:
- Bonjour, j'aime vraiment bien ton blog…
Mon anon essaie de créer de l’empathie. En me disant qu’il aime bien mon blog, il pense que je vais me sentir redevable, et donc que je vais envisager sa demande, quelle qu’elle soit, avec bienveillance. En réalité, vu la suite du message, il n’aime probablement pas du tout le blog.
Mais
Evidemment il y a un mais, mais il valait mieux l’emballer dans un compliment pour éviter que je prenne la mouche.
je me demandais : T'aime pas les hommes ?
Maintenant il part volontairement dans l’outrance pour créer une réaction de dénégation, et une réaction forte étant donné qu’il vient de me complimenter. Dans la logique je devrais donc me sentir gênée et dire “mais enfin bien sûr que non”. Je devrais le rassurer, puisqu’en plus il a la gentillesse de me complimenter.
Tu crois pas aux relations amoureuse ou à l'amour tous simplement ?
Comme il ne peut pas critiquer sur le fond (les posts sont tellement chargés de sexisme, ce serait difficile) il déplace la discussion sur le terrain personnel pour tenter d’invalider le propos du blog. Mais pour éviter de paraître agressif, il se met en position de confident et utilise un vocabulaire guimauve. La réaction attendue est que je m’épanche.
Est ce que tu à déjà eu un copain ou une copine ?
Comment il ne peut pas critiquer sur le fond (épisode 2), il déplace la discussion de nouveau, cette fois sur le terrain du manque d’expérience / de la mauvaise expérience. La réaction attendue est que je me justifie. Comme précédemment, l’idée est de décrédibiliser ce que je dis: si je manque d’expérience, je ne sais pas de quoi je parle; si j’en ai eu des mauvaises, je n’ai pas rencontré “le bon”; si j’en ai eu des bonnes, pourquoi j’ai créé ce blog etc.
Ce genre de “discussion” arrive tout le temps quand on parle de féminisme, ou quand tout simplement on partage ses expériences de femme ou de jeune fille avec certains hommes. Le fait de déplacer une question sociale ou politique sur le terrain personnel sert toujours à décrédibiliser votre propos, qu’on parle d’égalité salariale, de harcèlement de rue, de viol ou de violence, souvent vos opposants ne remettront pas en cause les faits (qui sont chiffrés, prouvés) mais votre perception de ceux-ci. On vous dira que votre expérience du harcèlement de rue vous a rendue paranoïaque et que tous les hommes ne sont pas comme ça; que votre père violent n’est pas tous les hommes; que toutes ces informations sur le viol vous ont donné peur des hommes alors qu’il n’y a pas lieu d’être etc… Pour les plus jeunes, on utilisera souvent votre âge et votre désir de faire vos preuves pour vous manipuler. Ah bon tu ne veux pas être avec un homme plus âgé? Mais tu n’as jamais essayé. Tu ne veux pas faire telle ou telle chose sexuellement? Mais tu n’as jamais essayé.
Alors retenez-bien, ne vous laissez pas faire et ramenez toujours le débat sur le fond.
Et puis bon, j’adore comme la question la plus courante posée aux féministes c’est “est-ce que tu/pourquoi tu détestes les hommes”. Evidemment, on se sent obligées de se justifier, de dire que non, bien sûr que non ! Et on en perd le sujet initial, la conversation est déviée. On doit alors prouver qu’on ne déteste pas les hommes (et évidemment, en général, c’est mort si on n’est pas hétéro :p) à tout prix si on veut être entendue.
Par contre, les hommes eux, peuvent être aussi misogynes qu’ils le souhaitent, ils peuvent nous faire surbir les pires horreurs : jamais, ô grand jamais, on n’ira imaginer qu’ils n’aiment pas les femmes. Aucune raison pour ça enfin :D
La raison pour laquelle des hommes parlent de haine est relativement simple: sur le fond, ils savent que si la situation était inversée, ils nous haïraient. Donc même si certains nient notre réalité, en fait ils savent parfaitement que nous vivons des situation d’injustice, d’inégalité, de violence, et que s’ils étaient soumis à ces situations, ils se révolteraient et haïraient leur oppresseur. D’autre part, il y a dans la misogynie une peur des femmes très profonde qui s’enracine dans l’obsession du contrôle de la procréation, et dans la terreur de la toute puissance de la mère. On a toujours cette idée qu’une femme qui n’est pas contrôlée par une structure sociale rigide va devenir une “sorcière”: le vote féminin pousserait les femmes à abandonner leur famille, la contraception verrait les femmes arrêter d’avoir des enfants, l’avortement légal verrait le nombre d'interruption de grossesse exploser, la reconnaissance du harcèlement sexuel dans la loi allait provoquer de faux dépôts de plainte pour faire tomber des hommes, etc etc…
C’est pour ça qu’on ne doit pas se justifier. Si on vous parle de “haine des hommes”, demandez simplement pourquoi. Qu’y a-t-il dans vos propos qui évoque la haine? Si votre interlocuteur ne sait pas répondre, ou fait de vagues références à certaines féministes qui seraient haineuses, demandez-lui le rapport avec vous, pourquoi il fait une généralité. Vous comprenez, dans ce cas, c’est à lui de se justifier, pas à vous si vous n’avez pas tenu de propos haineux. Ici recentrer le débat c’est simplement demander pourquoi.
J’aimerai ajouter qu’il est parfaitement normal pour une femme de détester les hommes étant donné ce qu’ils font. La détestation de l’oppresseur est parfaitement justifiable d’un point de vue politique et personnel. Et dans tous les cas, les hommes n’attendent pas que les choses s’inversent pour nous haïr, c’est d’ailleurs le sens du mot misogynie.
Misogynie du grec misos, haine, et gyné, femme. Un misogyne est une personne, un homme en général, qui n'aime pas les femmes, qui les hait, qui les méprise ou leur témoigne du mépris, voire de l'hostilité.
Peu importe ce que fait un homme jamais on ne lui demande s’il déteste les femmes et on ne demande jamais aux hommes de nous rappeler qu’ils ne nous détestent pas, pas même aux anti-féministes. Parce qu’on considère que ça n’a pas d’importance. En revanche si une femme déteste les hommes alors elle défis l’ordre établi et ça c’est insupportable. Les hommes, eux, nous détestent au point de nous tuer bien souvent. Alors demandons leur un peu, avant chaque débat politique, de nous assurer qu’ils ne détestent pas les femmes. La réponse sera un mensonge mais demandons quand même, histoire de remettre les choses à leurs places.
Honnêtement je ne pense pas que détester l'oppresseur soit une réaction saine ou productive. Ça l'est quand c'est temporaire. Par exemple, si on me harcèle dans la rue c'est bon pour mes nerfs de dire "mais qu'on les crame tous". En revanche j'en ferai pas un programme politique.
Quand on renvoie aux femmes une supposée haine ou détestation des hommes, c'est avant tout un mécanisme de projection, mais pas seulement. C'est aussi une crainte de déstabilisation des rapports sociaux. Les hommes savent très bien sûr le fond que si les femmes étaient aussi misandres qu'ils sont misogynes la situation serait insupportable. Et honnêtement, ce serait contre productif. Je trouve que cette idée qu'il est légitime de haïr l'oppresseur lui donne avant tout des munitions. Parce qu'il ne faut pas utiliser les mots à la légère. Si on dit les hommes nous haïssent donc nous pouvons les haïr, ok alors haïssons-les pareil. Tuons-les, violons-les, harcelons-les. Adultes et enfants. Quoi, c'est trop horrible ? Pourtant la haine c'est ça. Pas porter un t-shirt "down with men".
Les petits mots, les petits slogans et les concepts qui passent à l'écrit mais pas dans les faits, ça sert juste à se décrédibiliser. Il ne faut jamais oublier que nous sommes minoritaires, pas par le nombre mais par le statut, et que bien des femmes ne sont pas féministes. Alors qu'elles ont besoin du féminisme.
Lutter ce n'est pas haïr, mettre les gens face à leurs responsabilités ce n'est pas haïr. Je ne hais pas mon oppresseur. Jamais je ne lui ferai subir ce que les femmes subissent. Parler de haine ou de détestation délégitime une colère qui est, elle parfaitement justifiée.
Défendre le sexisme par les généralités ? Je suis une femme et je trouve que malheureusement on entretien le sexisme par la victimisation. Imagine un instant une page d’hommes se plaignant de leur image homme/objet qui leur est collée. Tout le monde dirait « oh les pauvres petits choux, vous êtes pas content ? ». Je suis sure que toi même tu t’es dit la même chose en lisant ça. Preuve que ce n’est vraiment pas la solution. D’autant plus que 3/4 de tes exemples sont réalisés par des femmes ...
Ça n'a rien à voir. Les clichés dont les hommes sont victimes, même s'ils peuvent être pénibles, ne font pas partie d'un système global qui produit des violences et des discriminations spécifiques. Quand par exemple on apprend aux femmes qu'un comportement abusif (jalousie, colère, contrôle) est signe d'amour, ça a des conséquences très réelles.Il faut bien comprendre qu'un des axes de tout système d'oppression est de faire intérioriser sa position d'infériorité au groupe cible. Il n'est donc pas étonnant que, ce système étant en place depuis des siècles, voire plus, les femmes aient intériorisé certaines normes et deviennent elles mêmes les agents de leur reproduction. On donne souvent pour exemple l' excision, qui est réalisée par des femmes. C'est un exemple parmi d'autres, mais assez parlant. En faisant des femmes les gardiennes de la morale, on les rend en partie responsables de leur propre oppression. Comme ça, quand une partie se révolte : veut le droit de vote, enlever le voile, ne pas exciser ses enfants, travailler etc... On lui objectera que des femmes ne veulent ni voter, ni travailler et sont heureuses de tout faire pour "se respecter". Et bien souvent, ce seront des femmes elles-mêmes qui le diront.Sur des exemples moins extrêmes comme ceux du blog, c'est la même dynamique qui se produit. Des femmes diffusent des idées qui les oppriment, tout en étant persuadées de bien faire. Je préfère critiquer par l'humour, s'agissant de ces posts, parce que je trouve ça plus efficace. Mais on pourrait les reprendre un à un et expliquer en détail les implications de ces clichés.Je ne pense pas faire de victimisation, au contraire. La victimisation ce serait dire que les hommes ont toujours été comme ça et qu'on ne peut rien y faire, à part tolérer la maltraitance en ayant comme exutoire des posts clichés sur fond rose.
WTF Tumblr ??
On note l’utilisation de l’écriture inclusive.
Je vous conseille cette excellente vidéo de bright side qui nous donne encore une fois les limites entre vraie et fausse femme...
Revue de presse du matin, chagrin
Salut @codes-de-cruches que penses-tu de ça ?
Trouvé sur instagram
J'adore ce que tu fais, merci de réussir à me faire rire de ce qui a plutôt tendance à me faire désespérer. Entre les Marie-Claire, les pages Facebook et les Vrais Males bien pensant du quotidien, c'était pas gagné !
Merci beaucoup!!
Putain je t'aime, qui que tu sois, merci pour les grandes barres.
Merci!!
Et surtout, un joyeux Noël !