
tannertan36
Misplaced Lens Cap
styofa doing anything
"I'm Dorothy Gale from Kansas"

Kiana Khansmith
2025 on Tumblr: Trends That Defined the Year

❣ Chile in a Photography ❣
I'd rather be in outer space 🛸
Cosmic Funnies
Game of Thrones Daily
d e v o n
almost home
RMH

#extradirty

Andulka
Cosimo Galluzzi
dirt enthusiast
Sade Olutola

Origami Around

No title available

seen from South Korea

seen from United States
seen from Hong Kong SAR China

seen from Malaysia
seen from Australia
seen from India

seen from United States

seen from Germany
seen from Venezuela
seen from Canada

seen from United Kingdom

seen from United States
seen from Germany

seen from United States
seen from United States

seen from United States
seen from United States
seen from Malaysia
seen from Peru

seen from Malaysia
@declicsceptique-blog
Oedipe et sucre en poudre
Une histoire anonyme :
Je suis un curieux. Je veux tout savoir, tout comprendre. Enfant, j’étais émerveillé par tout ce qu’on pouvait apprendre à l’école d’étonnant, de beau, de triste. Chaque nouvel apprentissage restait gravé dans ma mémoire à jamais. Je me souviens parfaitement du jour où l’institutrice m’a montré comment en mélangeant les peintures de couleur, on faisait d’autres couleurs. Fascination et émerveillement, je me souviens des émotions que ce genre de moment suscitait en moi.
J’ai vite compris qu’on pouvait apprendre seul bien plus de choses dans des livres, et j’ai eu très vite envie de savoir lire. J’ai beaucoup sollicité ma mère pour apprendre, et j’ai su lire dès le milieu de la maternelle. Et de là, j’ai lu, lu. Vers mes 7 ans, je dévorais l’encyclopédie universelle Larousse en 18 volumes, qui demeurait poussiéreuse dans le salon jusque-là. Histoire, espace, corps humains, faune, flore. Il y avait des mots compliqués, mais ce n’était pas grave. Les théories, en image, sur la naissance du système solaire, c’était encore mieux que les histoires de détectives de la bibliothèque rose. Et plus on apprend, plus on réalise qu’il en reste tant à apprendre.
À 7 ans, je pensais qu’avec l’école, je pourrais TOUT apprendre, tout savoir. Je comptais passer et obtenir tous les diplômes possibles avant de me mettre à travailler. J’étais un cauchemar pour les enseignants avec mes questions. J’ai été abonné à Science & Vie Junior assez vite, dès le primaire, puis à science et vie pour mon entrée en 4ème.
J’avais un petit souci de santé. Je souffrais d’énurésie, mot compliqué pour dire qu’à 9 ans, je faisais encore pipi au lit. Ma mère, aide-soignante, c’est-à-dire médecin aux yeux du reste de la famille, m’a emmené voir un docteur, qui m’a prescrit des médicaments pour cela. J’ai pris les médicaments en question, j’avais une envie folle que ça marche et me débarrasse de ce problème très gênant, et honteux. Mais bon, de semaine en semaine, il fallait faire le constat que ça ne marchait pas.
De là, mon père a décrété que si les médicaments ne fonctionnaient pas, ce que ce n’était pas une maladie et que donc je n’étais qu’un petit con qui le faisait exprès pour faire chier ses parents. J’ai dès lors définitivement eu des rapports plus que tendus avec mon père, qui m’a déconsidéré, humilié en public sur ce sujet, et battu régulièrement.
De son coté, ma mère a cru en une cause psy, domaine dans lequel mon père ne croyait pas. J’ai donc été quelques séances voir un vieux monsieur avec qui j’ai parlé de tout un tas de choses, il lançait des sujets et fallait que je parle. C’était ennuyeux à mourir, et ensuite il parlait avec ma mère. Ses conclusions ? Je crois me souvenir qu’il s’agissait d’un conflit avec mon père pour l’amour de ma mère, et que ça me permettait d’avoir l’attention de ma mère, et que ça renforçait le conflit etc.
Moi, je n’y comprenais rien. Y’avait pas spécialement de conflit au départ, c’est mon problème qui a entraîné un conflit et non le contraire. Et puis j’étais allé voir l’histoire de cet Œdipe dans mon encyclopédie, et je ne voyais pas bien le rapport. Mais voilà, à ce moment-là, je faisais confiance à tous ces gens en blouse blanche, et je me suis donc beaucoup angoissé autour de tout cela.
Et puis, un jour, à 13 ans, une première révélation. Dans Sciences & Vie, un article s’attaquait aux expériences d’un certain Benveniste. Ou du moins, d’un article de journaux qui visiblement n’avait rien compris. L’article de S&V était clair, et expliquait bien le concept d’une expérience en double aveugle. En simple aveugle, l’expérience de mémoire de l’eau semblait marcher, car on disait au journaliste : « regarder, on constate que ça marche », mais l’expérience trop technique ne permettait pas au journaliste de base de vraiment le voir. Mais en double aveugle, plus moyen d’identifier les tubes d’eau ayant été dynamisée des autres. Et moi de me dire : ah ben oui, on ne peut plus berner qui que ce soit quand on ne sait pas avec quel tube c’est censé marcher.
Et puis l’article enchaînait sur les motivations de cette théorie fumeuse, l’homéopathie, ce que c’est etc. Et là, j’ai eu une sorte de déclic. Nan ? L’homéopathie ? Le truc que maman prend tout le temps ? Se pourrait-il que …
Bordel, je fonce dans l’armoire à pharmacie. Je regarde bien. C’est ça. Les tubes à la noix de mes médicaments pour l’énurésie sont là. Ils sont restés en l’état depuis l’échec du traitement, avec encore mon prénom dessus. Merde. Je n’avais donc aucune chance de guérir de quoi que ce soit avec ce truc. Mais comment peut-on laisser croire au gens ça ? Pourquoi on en vend dans nos pharmacies ?
J’ai donc relu l’article, mais ça ne répondait pas à toutes mes questions. Et pas d’internet à l’époque. J’ai dû attendre d’autres articles pour progressivement comprendre qu’il existait des pseudosciences, et qu’elles étaient très répandues. J’ai par la suite compris que j’avais aussi eu affaire à un psychanalyste, autre pseudoscience.
Quand on me rétorque que l’homéopathie, ou d’autres pseudo-médecines, n’est pas dangereuse, que je devrais avoir l’esprit plus ouvert, je raconte parfois mon histoire personnelle, et ce qu’a engendré l’échec de ce traitement comme conséquence familiale, sociale. Ça paraît inoffensif, si on raisonne médecine, biologie, et qu'on se restreint aux conséquences sur le corps. L’ouverture d’esprit, c’est envisager qu’on n’a peut-être pensé à toutes les conséquences.
En tout cas, c’est de là que j’ai progressivement, au fil de divers hasards, sombré dans scepticisme puis la zététique, tout en restant un curieux de tout, mais un curieux plus vigilant.
Quand on cherche à me faire faire une formation plutôt pseudo-scientifique...
Dur dur d'être sceptique
Une histoire de Valentin :
Aussi loin que je m'en souvienne j'ai toujours été plus ou moins sceptique, je n'ai jamais pu m'empêcher de ne pas croire à toutes idées que sont les superstitions, la religion …. et j'ai préféré m'orienter sur un méthode de pensée fondée sur la logique.
Lorsque j'étais plus jeune j'ai eu le droit au catéchisme, en y réfléchissant ce doit-être ma première expérience de debunkage, je ne pouvais m’empêcher de contredire l'adulte dès qu'il disait quelque chose qui me semblait stupide. C'est à ce moment la qu'a commencé ma guerre contre la religion, en voyant les autres enfants boire les paroles de l'adulte je ne pouvais m’empêcher de me demander comment ils pouvaient y croire.
Puis j'ai grandit et j'ai découvert la théorie de l'évolution, j'étais fasciné par la nature, c'est incroyablement bien fait tout ça, tout ce que peut faire la hasard ! Et les preuves sont partout, tout s’emboîte parfaitement. Lorsque je suis arrivé au lycée et que j'ai pu constater que certaines personnes la remettaient en question avec ces fameux arguments religieux j'ai commencé par trouver cela stupide et puis j'ai finit par les trouver stupides eux meme. Comment pouvait-on sous le prétexte de la religion croire que cette théorie qui était soutenue par autant de preuves était fausse car un texte vieux de milliers d'années ? Je ne comprenais pas le créationnisme et j'avais finit par considérer que la seule explication possible à celui-ci était la stupidité des gens. Avec le temps, par généralisation j'avais finit par considérer les religieux en général comme stupide mais je trouvais cela étrange car je connaissais des personnes intelligentes mais étant religieuse tout de même.
Lorsque je suis entré en étude supérieur j'ai découvert le monde merveilleux des pseudo-sciences, c'est quand même magnifique de voir que des gens arrivent à y croire je trouve… La religion passait encore mais les pseudo science ? Et étant sensibilisé à cette découverte j'ai pu me rendre compte de la quantité de personne qui croyaient, certains à l'homéopathie, d'autres aux anciens astronautes, certains même qu'on avait jamais été sur la lune… Souvent ces personnes étaient des amis et j'étais alors déçu de me rendre compte qu'ils n'étaient pas si intelligents que ça. J'essayais bien de les ramener à la raison mais souvent avec des arguments pas forcément meilleurs que les leurs et avec un discours trop aggressif.
Et puis j'ai découvert la zététique lors d'un cours spécialement dédié à ma fac et j'ai ainsi pu m'y intéresser plus en détail et comprendre les différents mécanismes qui poussent les humains à croire, depuis je travaille à convaincre les personnes qui m'entourent doucement et calmement et je suis heureux d'avoir enfin compris que leur intelligence n'était pas en cause mais simplement qu'ils étaient victimes de différents biais et qu'il fallait simplement les aider à s'en défaire.
Grâce à la zététique mon opinion est moins tranchée qu'autrefois, je ne rejette plus catégoriquement les pseudo-sciences mais j'essaye d'orienter la réflexion de la personne pour qu'elle se rende compte d'elle même de ses biais. Merci la zététique, grâce à toi on ne peut plus me traiter de personne fermée d'esprit ! Bon par contre on me traite toujours autant … dur dur d'être sceptique ! :)
Noyé par la famille, évacué par l'Internet
Une histoire de Julien :
Je viens d'une famille où le schéma “conspiratif” et “prétentieux” est très présent.
Ils ont toujours considéré avoir tout compris sur le Monde, et avoir considéré que la plupart des pensées habituelles étaient erronées, voir était des mensonges. Considérer que ce qu'ils racontent est des absurdités : vous manquez d'ouverture d'esprit, ou vous êtes stupide.
- Les vaccins ? De dangereuses mixtures toxiques faites pour vous rendre malade pour vendre encore plus de médicaments. L'humain s'en était très bien passé jusqu'à présent.
- Le SIDA ? Une pure invention, le VIH n'a jamais été constaté, c'est en fait une espèce de punition réserver à la pratique contre nature homosexuelle.
- Les fours à micro-onde ? Invention du diable (rendez-vous compte, un liquide qui peut-être chauffé sans chauffer le plat autour), des ondes dangereuses.
- Le téléphone portable ? Un générateur de cancer en puissance.
- La médecine moderne ? Du poison, l'homéopathie est l'unique solution pour 90% des cas.
- Des maux de tête, des malheurs dans la vie ? Les causes sont à trouver dans l'alignement des planètes et dans les failles énergétiques.
- Bien sûr que des extraterrestres sont venus sur terre, et les gouvernements nous cachent ça.
Etc.
J'ai toujours aimé comprendre les choses, et n'accepte de suspendre mes questionnements que quand il n'y a pas possibilité d'aller plus loin (et j’accepte qu’on ne puisse rien conclure à un moment “t”, plutôt que de conclure n’importe quoi pour combler le vide). Alors petit à petit, ces théories, que j'avais intégrées, on finit par buter sur bon nombre de questionnement et de problèmes de logique interne à la lumière d'analyses rationnelle. C'est devenu un malaise de plus en plus persistant, mais quand on est seul face aux affirmations et aux moqueries au sein d'une famille, pas facile d'en sortir vraiment. J'en étais resté là.
Ce qui m'a vraiment aidé, c'est l’arrivée d’Internet : d'abord la découverte d'articles critiques, puis la découverte de gens sur Twitter, la découverte de la zététique et sa rigueur (et se dire “bon sang, mais y'en a d'autres qui doute”), la découverte de la rigueur de la méthodologie scientifique. Découvrir le bien-être d'être dans cette recherche méthodologique et minutieuse de la vérité, en refusant l’à-peu-près et la conviction.
Les choses se sont alors enfin bien emboitées.
Quand on me fait lire un livre pseudo-scientifique
La contradiction comme moteur...
Une histoire de Yann :
Je viens d'une petite famille modeste séparée. La question de Dieu n'a jamais été réellement posée. Nous n'avons jamais été croyants ni pratiquants, bien que nous fûmes tous baptisés. Ma mère m'a expliqué que j'avais été baptisé par défaut, car si plus tard je souhaitais me marier à l'église, il me fallait l'être. [Le fait de baptiser par défaut est, à mon sens, une contrainte. Cependant, puisque je ne suis pas religieux et ni superstitieux et que je n'accorde pas de sacralité à ces symboles, je n'ai pas de regret, cela ne me fait juste rien.] Comme tout le monde ou presque, j'ai subi - et subis encore - l’âgisme [Discrimination reposant sur l'âge]. On m'a imposé beaucoup de choses, on m'a interdit des sujets, ou même simplement de donner mon avis. Ma mère n'a globalement pas été injuste, elle ne m'a pas menti sur la sexualité, elle m'a avoué la supercherie du père noël etc. et a voulu me transmettre quelques valeurs comme: respecter toutes les idées et les personnes. Je pense que j'ai toujours été curieux, et je n'ai jamais été satisfait quand on a, de très nombreuses fois, répondu “Parce que” à mes questions. Comme-ci toutes mes questions étaient vides d'intérêt. Évidemment, ce n'est pas à l'école qu'on m'a appris à poser de bonnes questions, non. On m'a surtout appris à imprimer ce que dit le maître ; avec toujours ce sentiment que mon opinion ne comptait pas. Tais-toi, assied-toi, arrête de bouger, touche pas à ça, arrête avec tes questions. Tu nous fatigues. Une fois on m'a prescrit de l'homéopathie, car j'avais vu des fantômes. Oui, oui. Ils ont même mis du gros sel au-dessus de la porte. J'étais sûr de ce que j'avais vu, mais sceptique quant à la réalité. J'étais quand-même - et jusqu'à récemment - persuadé que le paranormal existait. Je me posais alors cette question : Le gros sel, est-ce pour repousser les esprits ou bien pour me rassurer ? Si ils me prennent tous tant au sérieux, est-ce parce que ce que j'ai vu est réel, ou est-ce pour me rassurer sans quitter le domaine de la croyance ? Bref, c'est une histoire de conditionnement en quelques sortes. Pour le point de transition qui nous intéresse, voici la situation en 2014. Écologiste, végétarien, anti-vaccin, anti-OGM, pro-argiculture BIO. Ma vie en chambre étudiant était un casse-tête: pas de micro-onde, pas de matières plastiques, même pour le gel douche, équipement de cuisine inox intégral ou bamboo, anti-médicament (haine du doliprane (?)), téléphone loin de moi pour limiter les ondes, j'ai pris des fleurs de bach une fois, j'ai même partagé LRDP (La Révélation des Pyramides). Youtube a été un outil formidable dans ma quête de rationalité. À ce moment là (LDRP), je suivais déjà Bruce [e-penser] qui a méchamment insulté ce “documentaire”. J'ai fait des recherches et découvert le monde du débunkage. Mais j'en suis resté là… Peu après je suis sorti avec une personne complètement irrationnelle. J'avais déjà ingurgité, petit à petit, pas mal de croyance. Cette personne a une histoire extra-ordinaire, mais c'était un combo ultime. Ses repas étaient composés uniquement de compléments alimentaires, des dizaines de cachets… 30 000 € de valeur en tout + le bol d'air jacquier etc. Un jour, en revenant de sa séance de médecine quantique à 90 € la demi-heure, elle m'a affirmé avec grand enthousiasme que tout ce qu'on nous apprend à l'école est faux, 1 + 1 ne fait pas deux. Seule la physique quantique a trop raison. (sic) C'est le genre de réflexion qui m'a poussé vers la rationalité. J'ai découvert la Tronche en Biais et j'ai immédiatement accroché. (C'était au même moment que je lisais Arthur Shopenhauer La Dialectique Éristique.) J'ai donc découvert la méthode scientifique, la zététique et j'ai acquis une méthode pour douter rationnellement. Depuis, j'ai remis en question beaucoup de choses que je tenais pour vraies. Le groupe de zététique sur facebook est un super endroit pour ça.
Le jour où je me suis dit que le Paradis, c'est que des conneries
Une histoire de Jeff :
Je ne suis pas issu d'une famille religieuse, ni croyante d'ailleurs. Mon grand-père maternel a été élevé aux orphelins d'Auteuil dans les années 40, ça guérit du catholicisme apparemment.
Bref, un jour, je devais avoir 10 ans, pas beaucoup plus, je me suis simplement posé une question d'une logique un peu froide : “jusqu'à ce que la mort vous sépare” c'est bien beau, mais quand on se retrouve au Paradis alors ? Imaginez une veuve qui refait sa vie. Elle meurt de sa belle mort, retrouve son premier amour. Son dernier compagnon finit par canner, et puis ? Ca doit être un p*** de vaudeville là-haut, non ? Contradiction interne majeure ! Si le Paradis est ce magnifique lieu où l'on se retrouve à la fin, peut-on y être polygame ? Peut-on y expérimenter la jalousie ? Si c'est le cas, est-ce encore le Paradis ?
Ce jour-là, je me suis dit que le Paradis, ça n'existait pas. C'était mon premier cheminement sceptique. Et ce n'était pas le dernier.
Le prix juste
Une histoire de Moebius :
Avant toute chose je suis né au sein d'une famille où le rationalisme était déjà promu avec toutefois une petite attache à la religion dans sa branche la plus moderne et ouverte. Pourquoi continuer à s'y attacher alors que plus rien ne nous y relie ? Par habitude, parce qu'il y a des gens sympas qui deviennent vos amis et/ou à défaut de trouver un support moral et spirituel ailleurs je ne sais pas… Mes parents m'ont expliqué assez tôt que les explications irrationnelles de phénomènes étaient souvent utilisées à des fins de légitimer des abus de pouvoir de certains humains sur d'autres et cela de façon plus ou moins subtile et que certains phénomènes étaient même parfois fabriqués de toutes pièces à cette fin. Ils m'ont donné des exemples d'oppression pesant sur une vie entière à cause d'une morale religieuse notamment. Auprès d'amis et belle famille j'ai pris parfois le rôle de briseur de mythe ce qui m'a valu de belles disputes. Pour exemple je me suis fâché à propos des bracelets magnétiques que même de grandes enseignes de magasin du sport ont osé commercialiser avec de belles allégations médicales faites à l'oral bien entendu… un bout de plastique à 40 euros c'était pas cher pour soigner tout ce que c'était censé soigner et améliorer…Ce qui m'a gêné n'est pas de se payer un grigri moderne qui peut vous motiver un temps au moins grâce à l'effet placebo, c'est plutôt de le payer très cher influencé par les allégations médicales abusives. Ca me semble important de payer des choses à des prix justes par rapport aux conséquences recherchées et d'avoir les yeux ouvert sur tout ce qui existe pour être pertinent dans ses choix.
Quand on est entre potes sceptiques dans une soirée et qu’on veut éviter de passer pour des râleurs.
QQOQCP
Une histoire de Sandra
J'ai 5 ans, ma grand-mère m'explique la vie des saints en BD. Elle m'apprend à bien lire les commentaires en dessous des jolies images de jeunes gens agenouillés devant une belle dame à la robe blanche et ceinture bleue, des roses sous les pieds nus. Je me disais que ça devait lui faire mal et que c'était peut être pour ça qu'elle avait un visage aussi triste. Je passais d'une histoire à l'autre avec, si je m'en souviens bien, toujours avec des jeunes gens et de préférence des jeunes filles qui recouvraient la vue après une apparition et quelques prières ou qui marchaient à nouveau alors qu'elles étaient paralysées. Je trouvais ça chouette, sauf la suite parce qu'en général elles passaient leurs vies dans un couvent qui ne me semblait pas un lieu de vie joyeuse. Ma grand-mère me montrait aussi des photos de peintures avec des gens ayant des sortes de disques au dessus de la tête mais qui avaient tous la commissure des lèvres vers le bas, qu'ils se trouvent sur terre ou au paradis dont elle me vantait pourtant la félicité …J'ai 8 ans, je suis plus souvent chez mes parents. Mon père dit qu'il ne croit pas en Dieu et ma mère est d'accord. Il y a quand même des croix dans les chambres et du buis béni, on ne sait jamais. Ma grand mère vient régulièrement me chercher pour m'amener aux célébrations chrétiennes importantes. Je n'ai pas voulu aller aux “cendres” car elle m'a expliqué que le prêtre faisait un signe de croix sur le front avec. Moi, j'imaginais la brûlure …J'ai 11 ans, mon père grand et fort, du haut de son mètre soixante quinze parle des soucoupes volantes le soir à la maison. Mon grand frère raconte avoir trouvé un cercle dans une clairière de la forêt, probablement un atterrissage discret… Je suis leurs conversations fascinée. J'ai 12 ans, mon grand-père décède. Le lendemain matin mes parents le voient tous les deux qui les regarde depuis l'encadrement de la porte de leur chambre. Ils en sont bouleversés. Je ne suis jamais arrivée à savoir qui le premier des deux a vu mon grand-père dans la nuit ! leur chambre bien close et qui a disparu sitôt la lumière allumée …Et quelques années plus tard, j'ai vu ! Oui j'ai vu ! J'ai vu deux grosses étoiles brillantes dans le ciel, se déplacer à grande vitesse et sans ralentir tourner à angle droit pour s'éteindre en plein ciel bleu. Des dizaines d'autres personnes ont vu ! La presse relate les descriptions. Je rejoins une association d'ufologues. A ma grande surprise, ils ne s'enthousiasment pas et cherchent une cause prosaïque que l'un donne sans précautions pour ma petite personne déçue. Je reste quand même dans l'association où d'autres membres parlent de paranormal et d'ovnis. Puis arrive le livre “et si les ovni n'existaient pas” de Michel Monnerie. Ho la bonne baffe ! Puis je commence à lire du Eric Maillot et je freine des 4 fers à nombre de ses explications que je trouve trop définitives. Puis je lis du Jean-Michel Abrassart, mais il me faudra très très (trop) longtemps pour digérer son approche, ses explications. Enfin, je suis sur internet et je tombe en premier sur les sceptiques du Quebec, puis plus tard sur des écrits de zététiciens. C'est seulement la que j'ai commencé à intégrer les saines réflexions des Maillot, Abrassart, Martin, Broch et consorts. (Je ne peux pas tous les citer hélas mais merci à vous sceptiques et zététiciens !) Maintenant, j'écoute, je lis de La Tronche En bais entre autres. J'apprends, je réfléchis (ben oui un peu) et je me marre car tous ces gens sont non seulement pertinents mais ont un humour certain, ce qui ne gâche rien, au contraire ! Je regarde avec un bonheur non dissimulé les émissions type Alien Théory et autres ancient Alien ou équateur penché en repérant tous les biais, les méthodes oratoires et même celles techniques destinées à faire avaler des couleuvres. J'ai donc remplacé un plaisir par un autre : Mon envie d'extraordinaire par la détection du bullshit ! Et c'est vraiment la que se trouve le merveilleux !
Simplement chanceux.
Une histoire de Laurent :
J'ai des parents athées, matérialistes, féru d'activités de montagne et de spéléologie, qui m'ont directement élevé ainsi. Sans d’ailleurs me mettre la pression sur quoi que ce soit vis à vis de la foi ou du surnaturel mais, comme eux, je n'ai jamais cru en quoi que ce soit de la sorte, purement et simplement. Je n'ai même jamais vraiment compris la question en fait. Par contre, d'aussi loin que je me souvienne, je suis obsédé par les sciences naturelles.
Le fait de ne jamais parvenir à comprendre le sens de mots comme “spiritualité”, “énergie”(dans la bouche d'un tenant), “Esprit” (notez la majuscule) ou n'importe quoi d'autre dans le genre, m'ont toujours fait ressentir comme une mise à l'écart. Depuis l'enfance, les gens me faisaient vite sentir quand on abordait ce genre de sujet que j'étais incomplet ou raté, et personnellement j'avais le sentiment qu'un truc déconnait quelque part, probablement chez moi. Le temps a passé alors que je me demandais si je ne ratais pas quelque chose d'essentiel. Je ne me disais même pas que c'était du bullshit, simplement je ne comprenais pas, incapable de saisir le sens des phrases que j'entendais. J'étais un type du genre “science” et qui ratait tout le reste. Parce qu'en réalité je pigeais que dalle au charabia en face. Cela n'a pas tellement changé d'ailleurs.
J'étais plutôt un solitaire, et je lisais énormément. Et du roman, surtout de la fantasy et un peu de SF. Et c'est ainsi que c'est arrivé: découverte de Van Vogt et finalement de sa trilogie du A qui m'a immédiatement envoyé faire des recherches sur la sémantique générale. Après Korzybski s'en est suivi dans la plus pure logique Boris Vian, Henri Laborit. Et de Laborit s'est ouvert un champs entier de recherches personnelles sur la cognition et plein d'autres auteurs. C'est de là que vient l'intérêt initial. J'étais en plein dans mes études de géologie et à la suite de ces lectures je me suis mis à formaliser de plus en plus la pratique de mon obsession: tout comprendre (oui…je sais…obsession je dis), en me centrant en particulier sur la recherche du “mode d'emploi du cerveau”(selon ma propre expression). Et puis finalement je suis tombé sur la zététique… que j'ai laissé passer au premier abord sans m'y intéresser pour quelque temps plus tard, très très bêtement, atterrir sur la chaîne youtube de La Tronche en Biais. Au final elle m'a appris une chose essentielle: non seulement je n'étais ni bizarre ni trop-terrestre, mais qu'il y avait plein de gens dans la vie courante qui pensaient grosso modo de la même façon.
La zététique a mis des mots sur des concepts et a pris un angle de vue qui m'a permis de complètement restructurer mon approche de l'information en général et j'apprend peu à peu à tout ré-éplucher sous cette angle particulier. J'ai pu trouver tout un tas de croyances que je ne reconnaissais pas comme telles parmi ce que je pensais savoir. A la suite de quoi j'ai un peu eu l'impression d'une grande pièce bordélique plongée dans le noir qu'on éclairait d'un coup.
Quand on me dit que je suis au service de big pharma/monsanto/entreprise supposée machiavélique lambda
Un autre sceptique
Une histoire de Robin :
Après quelques lourdes pertes. D'abord celle de ma mère, la violente crise existentielle qui en résultat m'amena vers une sorte de pseudo spiritualité boudhiste/new âge, l'univers conscient et toutes ces fantaisies baignant dans une certaine atmosphère de poésie puérile. Cela m'as beaucoup apaisé pendant un moment, à côté je m’intéressait au conspirations, les grands classiques, ovni/911/illuminatis… en étant fasciné, curieux mais jamais convaincu grâce à l'ignorance et la mauvaise foi flagrante de 95% des tenants. Mais tout de même, je me sentais assez flatté (par le sentiment de connaître qqe chose “d'important”, d'inaccessible pour la moyenne), et j'en était conscient, je me doutais déjà que c'était un mécanisme exploité par ceux qui diffusent le bullshit pour fédérer. Puis, à la mort de mon grand frère j'eu le sentiment insupportable de me mentir à moi même, je me rendais de plus en plus compte que je tombais sur des “profils type” de conspirationnistes ou de “spiritualistes”, des idiots utiles, des gens en souffrance, dans le déni, et je voulais tout faire pour ne pas en faire partie, me rendant bien compte de mes prédispositions, de ma condition propice à tomber dans le piège, cumulée à notre sensibilité naturelle au spectaculaire, au “formidable”. S'en suit un long cheminement intellectuel solitaire, la méfiance à outrance envers tout, jusqu'au jour ou, par un salvateur hasard, je tombe sur le groupe zet’ et toute la galaxie de blogs/vidéastes/chercheurs/amateurs et sympathisants autour qui ont su me fournir les outils nécessaire à un rationalisme/scepticisme efficace et mesuré. Grâce à une exigence envers soi même, donc, une curiosité sincère et à la chance de ne pas vraiment avoir eu d'a priori auxquels il m'auraient été coûteux mentalement de renoncer !
Mon parcours vers le scepticisme
Une histoire de Christophe d’Hygiène Mentale
C'est difficile de déterminer les raisons exactes pour lesquelles on se dirige vers le scepticisme. Ça doit se faire petit a petit, et dépendre d’énormément de facteurs : des rencontres, des lectures, des expériences personnelles, etc. Le Père Noël c'est juste tonton avec une barbe Moi j'y croyais vraiment au père Noël. Et puis ensuite, j'ai eu 6 ans. ▶ J'ai appris une leçon : “Parfois, les adultes se mettent tous d'accord pour raconter des bobards.” Je suis devenu prudent. Catéchisme vs Ecole publique J'ai suivi des années de catéchisme, juste par ce que ça se faisait dans mon village. Ensuite j'ai eu des cours sur la préhistoire au collège : l'incompatibilité était évidente. Je me suis alors mis à penser que tout le monde avait un peu raison ▶ J'ai appris une autre leçon : “Parfois, les adultes n'ont pas l'air d'accord entre eux sur des sujets pourtant vraiment importants.” Je suis devenu relativiste. Sciences vs Science-Fiction J'ai lu beaucoup de science fiction, j'ai beaucoup fait de Jeux de Rôles. Science et Fiction : le cocktail détonnant. Merci Asimov, Kant, VanVogt, Descartes, Herbert ▶ J'ai appris une autre leçon : “L'imagination humaine est inimaginable”. Fini le relativisme, je suis devenu rationaliste.
Sciences vs pseudo-sciences J'ai eu la chance de pouvoir faire quelques études de sciences. Du coup j'ai pu réussir a repérer les gens qui se réclament de la science juste pour donner du crédit à leur thérapies fantasques. ▶ J'ai appris une autre leçon : “Il nous faut des moyens de distinguer entre le vrai et le faux, entre l'info et l'intox” Fini le rationalisme, je suis devenu evidentialiste
J'ai lu Bible en entier, une fois adulte Je suis immédiatement devenu Athée. Je l'était déjà dans les faits, mais depuis j'en suis sur.
J'ai découvert la zététique Grace aux activités associatives, j'ai pu découvrir comment emboîter correctement tous ces aspects du scepticisme : la philosophie, la methode, les protocoles expérimentaux, etc. Et surtout j'ai appris à communiquer calmement avec les croyants, sans leur rentrer dedans. ▶ J'ai appris une autre leçon : “Savoir comment bien parler de scepticisme avec des croyants est la compétence la plus difficile a acquérir”. Je suis devenu serein
C̲o̲n̲c̲l̲u̲s̲i̲o̲n̲ : J'ai eu la chance de faire des rencontres qui ont su éveiller ma curiosité très jeune. Des personnes : (parents, profs, amis) , Des auteurs (Livres, cinéma, articles) Je suis devenu curieux Si il ne devait y avoir qu'un seul conseil pour former de futurs sceptiques : éveillez la curiosité. Pour ne plus jamais entendre des horreurs du genre : “la curiosité est un vilain défaut”.
Des hauts et des bas
Une histoire d’Anthony :
J’ai longtemps été entre deux eaux, poussé par le courant du scepticisme mais aussitôt rattrapé par celui de la croyance. Je suis né et j’ai grandi dans une famille « multiculturelle », mon père étant un athée anciennement Catholique pratiquant et ma mère étant Musulmane. La croyance religieuse n’était pas vraiment présente dans mon éducation, en tout cas pas autant que la superstition (pas toujours religieuse). Au foyer nous avions interdiction de siffler (ça porte malheur) d’ouvrir un parapluie (ça porte malheur), nous devions faire un bisou sur le morceau de pain qui finissait à la poubelle et j’en passe.
Je croyais à toutes ces superstitions mais de loin, de très loin. Je croyais beaucoup plus au pouvoir de l’esprit sur la matière, j’avais lu des auteurs sur le sujet et je pensais vraiment pouvoir développer des dons extraordinaires comme la télépathie ou la voyance.
Le premier déclic vint lors de mes cours de Philosophie au lycée, discipline dont je suis tombé amoureux tant elle me passionnait. Mon professeur de philosophie prônait le débat d’idées, il nous laissait quelques minutes pour potasser un sujet avant de nous exprimer. J’adorais l’exercice, je débattais très souvent directement avec mon professeur qui était un sceptique averti. Il m’a lancé un jour une accusation qui fit écho en moi en me disant « attention tu es un relativiste ». Je ne savais pas ce que cela voulait dire, et avec une démonstration simple, mon professeur me montra que, contrairement à ce que je pensais, tous les avis ne se valent pas.
Mon premier déclic sceptique était philosophique, le second sera scientifique.
A la fin du lycée je voulais m’engager dans des études de philosophie tant la discipline m’intéressait. Cependant, les rares débouchées ne me tentaient pas tant que cela. Mon conseiller d’orientation me conseilla d’entrer en faculté de Psychologie, discipline qu’il me présentait comme « fille de la philosophie », et dont j’avais si peu entendu. J’ai donc pu constater que la psychologie était aussi et avant tout une discipline scientifique, des questions pouvaient être posées et des protocoles rigoureux pouvaient tester ces questions formulées sous forme d’hypothèses scientifiques.
Le cours de première année intitulé « méthodologie de la recherche » changea à tout jamais ma manière même de penser. J’y ai appris le raisonnement scientifique, qui est à la base de la recherche scientifique. J’ai constaté que cette méthodologie pouvait s’exercer en dehors du laboratoire, dans la vie de tous les jours, dans mes décisions et dans mes réflexions. Ce cours avait aussi pour but de « debunker » un nombre considérable de mythes entourant la psychologie (comme celui selon lequel nous n’utiliserions que 10% de notre cerveau). De plus en allant à la fac et en discutant avec des étudiants bien plus cultivés que moi, j’ai été mis face à mes lacunes et mes biais, ces discussions parfois houleuses ont largement contribué à faire de moi ce que je suis : un sceptique.
Moi durant une soirée où chacun raconte ses expériences paranormales