Comme j’aime ce luxe d’être seul avec moi-même et de laisser couler les mots, les notes, les sensations !
Cela me rapproche de mon essence et je me sens bien, comme si ce monde là était réel.
C’est bien ce monde là qui me plait, celui dans lequel je souhaiterais vivre.
Mais je parle au conditionnel car ce n’est pas compatible avec le vrai monde, le mien n’étant qu’une perpétuelle illusion.
J’aimerais croire le contraire.
C’est le monde réel qui n’est qu’une mascarade et qui n’est pas compatible avec le mien.
C’est lui qui doit s’adapter à moi maintenant.
Je n’ai jamais su dans quel sens aller, parce que je ne trouve de sens à rien.
Ou à si peu de choses, et lorsque j’en trouve un, il est souvent contraire à la logique commune, donc je l’abandonne car je me l’interdis, pour ne pas déplaire.
Tout dans mon raisonnement est éphémère.
Compliqué, tordu, mais finalement logique , si l’on en croit les témoignages HP.
HP ? très bien, je peux être rassuré de ne pas avoir de maladie, je n’ai pas besoin de prendre de médicaments pour tenter d’être dans la norme, peut être quelques calmants les jours ou ça ne va pas.
Mais je reste handicapé de la vie.
Et ça c’est ennuyeux, car j’ai beau des fois avoir envie de me lever, je reste cloué sur ce fauteuil invisible.
Mais le diagnostic même tardif à le mérite d’apporter des réponses.
C’est une nouveauté, même si cela ne résout rien.
Et c’est un grand moment dans sa vie que d’apprendre une telle nouvelle.
Un choc, tout est clair, tout est logique, finalement, il est normal que j’ai fait tout ça, que j’ai râté tant de choses et que j’en sois arrivé là.
Je peux me dédouaner de toute responsabilité et ça me fait vraiment du bien.
J’en ai le droit, et merde aux autres.
Je parlais en phase 1 de ma légitimité, c’est pour moi le point le plus important.
J’ai le droit d’exister même si je ne sais pas encore trop comment.
Rien que le fait de me dire cela m’affirme, m’apaise.
J’ai toujours rêvé d’avoir une révélation, de trouver un sens à mon existence.
D’être soudainement illuminé et me diriger vers ce point d’ancrage.
Hors tout ce que je tente reste tentative, tout ce que crois ne reste que croyance.
Ce que je fais et désire n’ arrive pas à se fixer quelque part.
Comme un bateau qui n’a aucune terre à l’horizon et qui continue son errance, porté par les vent, les courants, avec des moments calmes et des tempêtes imprévisibles.
Je continue ce combat et le pire de tout ça c’est que je crois que je n'en verrai jamais la fin.
Car la raison n’est hélas pas ce qui m’anime.
Le HP n’est pas, hélas, un être raisonnable.
Ce qui est simple pour les uns nous est extrêmement pénible, voir impossible à faire.
J’aimerais sortir de tout ça et avancer sans peur.
Mais j’ai besoin d’aide, je me sens si seul.
Je suis dans un monde qui n’est pas le mien, comme E.T je voudrais téléphoner à la maison, mais je n’ai pas de maison.
Comme tout ça est maintenant devenu logique, je dois m’armer de courage pour la suite.
Je vois une psychologue spécialiste en HP qui pratique la sophrologie.
Les exercices de respiration me font du bien quand je m'y mets, mais j'ai besoin d’autre chose.
Le diagnostic tardif n’aide pas à une facile construction.
Je suis cet enfant de 5 ou 8 ans qui doit apprendre à vivre.
Mais comme je connais déjà la complexité du parcours, il n’y a plus cette fraîcheur ni cette naïveté nécessaires pour avancer sans trop de craintes.
Je suis déjà passé par là, j’ai rencontré tous ces écueils, je m’y suis déjà fracassé de nombreuses fois.
J’ai conscience qu’Il faut que j’apprenne à ne pas avoir peur d’être moi même et d’en accepter les conséquences.
Je ne dois pas me focaliser sur ma vie gâchée, sur mes années perdues à essayer puis à faire semblant.
J’aimerais me rebooter, effacer le disque dur, mais ce n’est pas possible.
Je suis comme ça, mon parcours est celui là, je n’ai pas eu le choix et je n’ai pas le choix.