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when did time pass so fast?
the feminine urge to abandon the novel and start a newer, hotter, less emotionally demanding novel
Dix jours pour raconter ma folie
Le premier jour, je pense à mon enfance. Petite jeune rebelle, j’étais rêveuse, poète, inventrice, révolutionnaire et pourtant, j’avais la curieuse impression d’être une poète à sable, laissant les petites douceurs s’échapper par mes trous en long et en large, gardant seulement ce dont on se débarrassait de. On avait toujours quelque chose à me reprocher, quelque chose à me tenir en rigueur, une accumulation de tout de mal et rien de bon, donc l’enfant s’est pris au imaginaire pour rêver, inventer et révolutionner. Révolutionner que j’ai fait! Lors de l’été glacial de mon enfance, je me suis imaginée feu avec deux branches et juste mes mains. J’ai brûlé d’avance toutes mes réserves, et maintenant me voici à mes beaux 17 ans, cendrée et finit jusqu’au bout de mes brindilles.
Le deuxième jour, je pense au futur qui m’attends. Un travail banal, un char banal, des collègues banals, une maison banale, une ville banale… la banalité s'incarne dans la chair de mon âme par son omniprésence dans tout ce que je m’imagine et les autres imaginent pour moi car pas comme mes amis, mon album de finissant n’était rempli que de regrets comme si le meilleur de moi était lors de mon secondaire et ils pouvaient prévoir la banalité qui m'envahis corps et âme dans le futur prochain, me rendant encore plus fade que je l’étais déjà lors de mon adolescence. Moi aussi je le sens, ce préssentiment profondément ancré dans mes os qui prédit mon futur lettre par lettre et crisse que j’ai malaise en y pensant, en sachant que tout ce que je fais maintenant ne deviendrait que tant peu dans le futur. J’y prends grand mal à y penser, oui, parce que j’ai peur de ne pas être capable de rien changer et de réellement succomber à l’appel de conformité me prenant par la main, me tirant de leur côté avec une tant grande insistance qu’il arrive à briser mon bras. J’ai horreur de me noyer dans le flot de concordance, s’effacer en une fille modique dans un building vitré et banal, portant les mêmes choses tous les jours comme un personnage de fond d’une série de BD. Voilà, je suis terrifiée de devenir un des réacteurs sans tête ni âme qui ne font que faire ce que la société demande, sans avoir souci pour leur propre santé, sécurité, société ou individualité.
Le troisième jour, je pense à mon défaut. Le sentiment profond de ne jamais rien réussir, jamais rien accomplir même si je pèle ma peau couche par couche et l’entrepose comme la base la plus solide, la plus humainement moi qui peut y être comme fondation de la réussite, car qui suis-je sinon inférieure au succès de quelqu’un d’autre? Cet constant mal de réussite me tient éveillée à soir, à me déconstruire pensée par pensée, action par action parce que forcément comme un oignon, il y a une couche de moi qui est intéressante et exactement ce que les autres recherchent que je pourrais exposer à l’air frigide, malgré le profond malaise et déconfort que montrer ma chair m’apporte. C’est une fulgurante construction et déconstruction, un monument constamment refait et remodelé selon les changements des époques, une évolution mal adaptée à l’environnement, un cycle soleil-lune indécisif brûlé dans mes yeux. Et je dis ‘mon défaut’ parce que c’est un tel verre d’araignées que tu échappes au sol. Par prolifération, elles se créent des sous-espèces évoluées de leurs précédents et par aversion au soi, elles s’assemblent pour créer une toile de soi et de haine, collante et cherchant à m’enfermer au plus profond de son cœur vivant. Par connaissance de soi, elles marcheront dedans mes yeux comme des soldats à la guerre, me forçant à me les arracher sous l'inconfort, ensuite mes oreilles, ensuite et ensuite jusqu’à ce que je deviennes une coquille sensible à tout changement que je peux senser et aveuglément sous la pression d’un être inconnu.
Le quatrième jour, je pense à mes atouts.
Le cinquième jour, je pense à tous ceux à qui j'ai fait du tort. Il y en de long et en large mais ce qui me frappe est la même erreur profondément humaine que je fais chaque fois pour perdre qui est me laisser paraître. Paraître, ça hante. C’est un sentiment de honte qui s’enfonce dans mon sang, courant à travers mon système, alimentant mon soi dilapidé. C’est un sentiment que j’ai compris à un très jeune âge, ressenti à travers les yeux d’un enfant et saisi à travers le cœur d’un être cherchant à s'assimiler avec son prochain. Par peur de répéter la même erreur, j’enferme ce qui est disgracieux et ne montre que mes belles plumes, malgré l'odeur de moisissure et de pourriture qui monte en moi, qui m’étouffe et qui me force à parfois cracher des vrai parties de moi, toutes pourries et sales. Une honte, définitivement. C’est cette honte qui me ramène à penser à tous ceux que j’ai fait tort, car c’était pas par malice mais par honte de moi même et par peur de me faire mal que je fais mal aux autres.
Le sixième jour, je pense à tous ceux que j’ai aimé. Pour eux, j’éprouve un frisson d’amour, et un torrent de honte pour mes mauvaises pensées que j’ai tenu à distance, distance qui se rapproche tout les jours et qui, avec chaque perte éprouvée, me rappelle de la honteuse créature mimiquant l’humain que je suis. Je me vois infiniment gossante, intolérable et laide dans leurs yeux, et je ne peux assumer qu’une telle chose est vrai car c’est une insulte à leur caractère sublime, mais une partie de moi est brutalement heurtée par la laideur avec laquelle j’agis, la lenteur avec laquelle je pense, la maladresse avec laquelle je parle, et le malaise avec lequel je vis. Je suis heurtée par ma propre laideur, et non d’une manière physique mais intérieurement, par l’indélicatesse avec laquelle je vis, de tel que je prends gravement imposteur humain à chaque inspiration que je prends, chaque action que j’agis, à chaque pensée que j’ai je me prends profondément inhumain et tant alien de mes proches tel que finalement, tout ce qui reste de similaire est la coque extérieure vaguement humaine par ressemblance physique.
Le septième jour, je ne pense pas. J’ai besoin d’une pause. La vie a été dure. Je désire me reposer, et respirer. Si je ne suis pas assez forte pour continuer aujourd’hui, je vais le faire demain. L’important est que je ne cède pas aux vices de la paresse et de l’imposture. Je vais y arriver, enfin j’espère.
Le huitième jour, je pense à ma mort. Née un été étouffant, saunique, sublimement isolé, j’ai souvent eu l’impression d’être seule au monde. Souvent, à des moments inopportun comme au lit sur le bord du sommeil, je me suis demandée «ça fait quoi si j’arrêtais d’exister maintenant?» C’est pénible, mais j’arrive difficilement à ne pas me trouver quelqu’un qui ne s'inquièterais pas pour moi. Qui ne trouverais pas cela bizarre que j’ai arrêté de répondre à ses messages, que j’ai arrêté d’être follement moi, que j’ai arrêté d’être là peu important comment j’étais voulue. Enfin, dans mes rêves il y a des gens. J’ai beau à me dire qu’ils vont se faire du souci pour moi, mais je ne crois pas jamais y croire jusqu’à ce que j’aurais preuve finale qu’on me perçois comme quelque chose qui mérite humanité et non seulement un petit animal folâtre qu’on peut s’en passer de si on en a marre. Et après que tous ces sentiments me passent en tsunami, une envie folle me prends. Je veux sortir un jour d’hiver en t-shirt pour voir si on va remarquer. Je veux teindre mes cheveux en des couleurs folles pour voir si on va me complimenter. Je veux passer ma fête sans en parler pour voir si ma présence, mon existence est tant prominente dans la tête d’au moins une personne que je vaudrais la peine de passer du temps à ruminer à propos. Je veux juste savoir si quelqu’un ferais pour moi ce que j’aurais fait fait pour tout autre personne. Alors, je n’oserais pas mourir par peur de faire mal à la personne qui s’est autrefois inquiétée pour moi.
Le neuvième jour, je pense à ma folie. Ce n’est que récemment, en cours de français que j’ai finalement pu mettre le doigt sur le sentiment qui me tournait en tête depuis autant longtemps que j’ai vécu. «Le mal de vivre.» Profondément malheureux, le riche cherche à se jeter. Douloureusement misérable, le pauvre cherche également à se jeter. Ils finissent côte à côte, ignorant des troubles de l’autre qu’ils auraient trouvés ridicules et deviennent frères d’âme cette brève nuit noire où retentit deux splash dans le fleuve. Le mal de vivre, un malaise qui grandit longtemps mais sûrement, comme une plaie qui démange sans arrêt, alternant entre le pus et les coulées de sang. Le mal de vivre, un malaise qui m'agrippe par la gorge et qui me tient prisonnière de ses vices, me provoquant comme faux humain et impersonnatrice de ma propre humanité en ternant mes beaux moments et approfondissant mes pires moments de tel que lors de la journée la plus brillante, tout ce que je vois reste du noir encrier. C’est ma folie, ce qui me pousse dans la vie mais aussi ce qui me tire. Tordu entre le malaise et le vécu, on me retrouve en mille pièces.
Le dixième jour, je pense à moi-même. Une personne qui se sent étrangère dans sa propre peau, dans sa propre maison, une personne dont l’envie de vivre démange autant qu’elle ait envie de l’envoyer balancer mais qui est tant précieuse que tout ce que je désire faire est de l’envelopper dans une petite boîte de velours et de l’enfermer dans la banque la plus sécurisée au monde pour peur qu’on me vole mon étincelle, ma brindille brûlant encore des vestiges de mon enfance. Mais c’est correct. C’est correct de se sentir imposteur, c’est correct de ne jamais avoir l’impression de réussir, c’est correct de vouloir se faire mal pour avoir l’attention des autres. Ce n’est certainement pas la bonne voie, mais c’est correct de ressentir ces choses. C’est ces choses qui me rendent irrévocablement humain, malgré tout ce que je pourrais me dire. Une enfance étrange, un train de pensée étrange, une attitude étrange et un cœur étrange. Je pourrais ne pas avoir de solution pour tous mes troubles, mais tant que je continue à essayer malgré mon étrangeté, peut être que tout ira mieux. Ça sera une histoire romantique comme nulle autre, unique par son goût fou.
we need to talk more about people who use ai to write fanfics because i swear i came across at least three fics today… do yall have no shame?
writing is 10% storytelling and 90% rearranging three sentences for an hour like you're trying to solve an ancient curse
love elizabeth s.
I am completely and utterly normal about rivers, creeks, lakes, forests, ponds, hills, mountains, and other natural landscapes (lying)
moments when i felt completely lonely but oddly happy
can't today. busy.
blanket normally: really good
blanket 10 mins before you need to get up for work: skin contact with god
Andrea Gibson, The Madness Vase
tomboyism is so funny to me. gender non-conformity for girls is acceptable for like two minutes between the ages of 8 and 10. beyond that it’s appalling and you’re a freak but for those two years…… they could’ve had it all
cherry blossom candy dish set from queenscross
Seiichi Hayashi
trench coat, 2006