Je crois que je glisse sur les rives de pensées depuis longtemps enfermées. Ne pas lâcher. Alors que rien, rien ne me retiens ; ni près de toi, ni près de moi, ni près de rien d'autre d'ailleurs. Se laisser prendre et délaisser ce maux, ce corps : empatté, étroit , mou. Être poussé, s'engouffrer et se noyer. Je circule, recule, non ! Il faut circuler encore. Mon ombre m'encercle. Je m'envole et je deviens...
Vigile. Vigilante est l'idylle du voyage alors que je sombre, visible à moi, et aux autres d'ailleurs, qui me visitent tels des Hommes liges. Lapider par leurs suppliques vides, si vide est l'hystérie tandis qu'une vouivre cède à ma vigie. Vent vif et virage limpide, je navigue et voyage encore dans le sillage du limier qui gît là, vigile. Masse hideuse à laquelle je suis lié, je lime, lime cette foutu ligne qui empêche ma voltige. Je vrille, virevolte, vrille, virevolte, vrille, vrille, vrille et je jouis dans un geste. Je vire la souche desséchée qui me supplie de rester. Vil vice que voilà, vire de là, glisse toi là et laisse toi couler. Je refuse de plonger, je m'en vais, je m'envole, j'irai voltiger...
Léger. Me voilà ailé, agile entre les lignes. Qu'il est aisé de s'élever loin de l'ombre lancinante ; légume incapable de voler. Ballade aérienne que j'érige au nom de liberté. Si leste face à la lourdeur d'un éboulis au ralenti. Le jour se livre à la nuit, pêle-mêle entre les voiles des caravelles qui longe le vol de l'esprit. Tête d'air, vagabond malhabile se lovant lentement au creux du vent qui escalade les hauteurs. Voyageur contemplant une mer de nuages tandis que dévalent la chair et le sang. Ascension, suspension, lévitation ; je vis. Encore ? Je suis léger, désinvolte, impoli, être volé et volant au dessus d'un gouffre...
Profond. Loin du long et lancinant fracas de ma chair lourde et lente dans le creux de l'océan sommeil. Je continue mon vol alors qu'elle peine à naître dans les souterrains qui grincent. Ils crient, ils hurlent, l'écume aux lèvres, libérant leurs viscères dans l'air. Envahisseur sans nom, je fuis. Je suis...
Dépassé. Dépassement de soi, de l'autre et puis de toi là-bas. Tu passes et trépasses alors que je pars loin de toi. Pourquoi ? Je veux juste partir, ne pas revenir. ASSEZ ! Je refuse de céder, d'essayer, de sombrer à tes côtés. La terre remontée a envahit mon ciel. Cette saleté de fiel a décharné mes ailes. Comment voler sans chair, comment pulser sans sang ? Je vacille, funambule malhabile. J'ai volé trop haut, j'ai pensé trop loin, parjurant mon corps en crise et sans prise. Comme un homme, comme à jamais perdu. Comme un homme, coma.
Texte écrit lors d’une session écriture de 3 jours avec pour thème : Coma.
Travail de groupe avec Makeda Giron.