je ne comprends plus trÚs bien, lorsque nos corps s'entrechoquent, le rythme de mes pensées saturées . Et je ne veux pas devenir aveugle mais la vérité en souffre tout autant.
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@lotilia
je ne comprends plus trÚs bien, lorsque nos corps s'entrechoquent, le rythme de mes pensées saturées . Et je ne veux pas devenir aveugle mais la vérité en souffre tout autant.
@lotilia
â« QuâĂ©tais-je avant dâĂȘtre conçu? Avais-je quelque ĂȘtre, et Ă©tais-je quelque part? »â
â Saint Augustin - Confessions
Liberté avortée.
Une rĂ©alitĂ© ralentit par la multiplicitĂ© de phĂ©nomĂšnes humains nous ayant conduit doucement vers un dĂ©sastre nuancĂ©. NuancĂ© par la belle idĂ©e commune que ce temps imposĂ© de confinement, rapprocherait les ĂȘtres au sein de leur environnement. La vĂ©ritĂ© est que fasse Ă la peur et Ă l'ennuie tout le monde s'est mis Ă rechercher un coin de retraite tranquille, un bout de jardin lĂ oĂč le leurs n'Ă©tait pas suffisant. Pour supporter une telle situation, il me semble que la nĂ©cessitĂ© d'une grande intĂ©rioritĂ© est majeure afin de ne pas suffoquer face Ă un extĂ©rieur restreint. Vivre avec soi-mĂȘme de la maniĂšre la plus simple n'Ă©tait plus contingent mais une nĂ©cessitĂ© dans laquelle certains ne sont d'or et dĂ©jĂ pas prĂȘt Ă se plier. " Les malheurs des hommes viennent d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. " Pascal, PensĂ©e 139  Abolissez toute notion de divertissement et les hommes se mettront Ă parler avec eux-mĂȘmes dans le but de ne pas ĂȘtre confrontĂ© au noir Ă©cho dans lequel n'importe quelles musiques rĂ©sonnent inlassablement.
(Lâ)innocence
Lâinnocence se pense comme un fantasme, mais jâai rĂȘvĂ© une autre parure.
Baiser les doigts des bourreaux comme un dĂ©lice, protestation du bien commun, des vertus trop prisĂ©es, Ă©limĂ©es, ĂȘtre soi, oui, et Ă nâimporte quel prix, quitte Ă nier le bon, le juste (si on ne peut ĂȘtre soi quâexclusivement, contre les autres).
Jâai lu dans une prĂ©face, un jour, fadeur du bien saveur du mal,
Trop pensé, trop loué,
De la soupe Ă lâeau claire,
Aux épices noyées, piétinées,
De cette innocence quâon continue encore de mĂącher comme un chewing-gum sans goĂ»t,
Moi qui ne mĂąche pas de chewing-gum (jamais).
Comment paraßtre dans la candeur des fleurs séchées,
Conservées avec mon juillet dans un cadre,
DĂ©posĂ©es comme mon moi dâaoĂ»t dans un vase,
(Encadrées, envasées)
Bijoux des hautes sphĂšres
(Mais la vertu du pauvre est bon marché)
Opium du peuple, trop dâersatz,
Sâil nây a plus que des imitations qui courent les rues, et les esprits,
Si mĂȘme lâinnocence est une opinion dont les innocents se lassent,
PassĂ©e comme on le dirait dâun drap, dâun tissu,
Dâun blanc tirant sur le jaune, dâun jaune dĂ©lavĂ©,
Dâavoir passĂ© entre trop de flux, de reflux,
Trop de marées digitales,
Dâavoir roulĂ© dans trop de reprĂ©sentations collectives administrĂ©es comme un cachet.
Fadeur, pĂąleur du bien,
Du mal quâon ne fera pas,
Quâon ne pensera pas,
Douleur de lâinnocente monotonie, qui dâelle-mĂȘme sâennuie,
Mal du siĂšcle (encore quâun autre),
Saveur, saveur, chaleur, du penser mal,
De déchirer la chair des mots,
Blasphémer les idoles sans égard à leur signification, appartenance,
Blasphémer les valeurs, les idéaux,
Jâai tort,
BlasphĂ©mer jusquâĂ soi-mĂȘme, au nĂ©ant.
Mais la douceur ce sont les fleurs quâon imagine sur la peau, et leurs dĂ©hanchements arythmiques dans les champs, mais la langueur le soleil qui sâallonge sur les ombres, et puis les doigts dĂ©lassĂ©s sur la courbure des tables et des verres. Car il pleut des lunes tant quâon y pense, il pleut de tout, des euphorbes mĂȘme sous les toits. Et lâinnocence, les lĂšvres rouges trop fardĂ©es, lâinĂ©lĂ©gance, les boucles lourdes et tombantes, lâaction pure, vraie, dâune couleur qui ne prĂȘte pas Ă la confusion. Mon Ă©quivoque innocence !
A lâeau les papiers oĂč lâenfance rĂ©sonne comme un paradis sans arriĂšre pensĂ©e, (autant se rappeler que Freud est passĂ© par lĂ , dans la mesure oĂč on peut lâentendre, un peu), et les mains blanches, salies par le bruit des bĂąillements, des crimes en silence, en absence. Je nâen veux plus des images quâon connaĂźt, quâon institue et quâon recycle Ă outrance, et tant pis si pourtant elles me plaisent et me subjuguent, tant pis pour lâagrĂ©ment si lâidĂ©e la contredit, tant pis.
Tant pis si lâinnocence câest du sang imaginaire, des tabous idĂ©alement dĂ©mystifiĂ©s, si elle se prĂ©lasse comme une nymphe, lascive dans la forĂȘt, si le blanc est bien davantage couleur de la froideur et de lâarrogance.
Puiquâau fond quâen est-il du crime, acte ou pensĂ©e,
De lâinnocence rĂ©elle, imaginĂ©e,
Au fond, mon innocence, mĂȘme si jâai lâĂąme souillĂ©e, fleurs fanĂ©es, enfance salie, jetĂ©e volontairement dans les Ă©gouts les plus proches,
Quâen est-il de mes mains blanches,
Criminels en puissance, dépravés spirituels.
Mais cette vĂ©ritable innocence câest lâhorreur de son dĂ©senchantement, de reconnaĂźtre lâenvers de sa pensĂ©e.
âLa vĂ©ritĂ© est quâil faut rencontrer lâamour avant de rencontrer la morale. Ou sinon, les deux pĂ©rissent. La terre est cruelle. Ceux qui sâaiment devraient naĂźtre ensemble. Mais on aime mieux Ă mesure quâon a vĂ©cu et câest la vie elle-mĂȘme qui sĂ©pare de lâamour. Il nây a pas dâissue â sinon la chance, lâĂ©clair â ou la douleur .â
â Albert Camus Ă RenĂ© Char , 7 novembre 1949 (via causeries-litteraires)
T'as jamais essayé de réparer les choses à chaque fois, que tu voyais que tu cassais quelque chose. Tu ne t'es jamais attardé dessus. Tu n'as jamais essayé de me rattraper, tu nous as laissé tomber. Tu m'as laissé marcher sur tes bouts de verres au lieu de les ramasser. Tu m'as toujours laissé partir sans me retenir, et pas une seule fois, tu m'as retenu. Non, tu ne t'es jamais battu. C'est pas ça, l'amour. C'est pas ça.
(via la-belle-et-le-blues)
âJe te regardais avec toute la lumiĂšre et l'obscuritĂ© que je possĂšde.â
- Georges Séféris, Solstice d'été
Platon, le PhĂšdre
who wants to be my sugar daddy
" La mort n'avait pas voulu de lui, il Ă©tait destinĂ© Ă bien pire qu'un Ă©clat d'obus. Il Ă©tait destinĂ© au mĂ©pris de soi-mĂȘme" Aurelien, Aragon
via weheartit
Elle est incapable, quand elle est en phase dâeuphorie, de prendre soin de celle quâelle sera dans son autre phase - une fille rongĂ©e par lâangoisse.
Virginie Despentes, Vernon Subutex III (via lanoirceurdesmots)