Depuis 5 jours maintenant nous vivons dans une sorte de sphère.
C’est un peu comme lors d’une explosion, ce moment de silence abasourdi qui suit l’impact.
Sonnés, choqués, nous avons vu l’horreur.
Notre croyance, notre silence, notre aveuglement est partie en éclats.
L’épée de Damoclès qui était suspendue à notre tête depuis plusieurs années déjà est enfin tombée.
Nous sommes le dimanche 11 janvier 2015.
J’ai allumé la télévision, chose que j’ai évité de faire les 4 jours précédents. Je me suis mis sur notre première chaîne national et j’ai pleuré.
D’espoir, d’amour. La marche sera critiquée, politiquement correct, bonne publicité, beaucoup de choses, beaucoup d’encre vont couler suite à tout cela.
Mais aujourd’hui j’ai simplement vu des gens, politiciens ou non, blancs, noirs, jaunes, handicapés, femmes, hommes, enfants, adolescents, personnes âgées, musulmans, Chrétiens…
J’ai vu des gens. Espérer, croire et aimer.
Il ne serait que mensonge de dire et de clamer haut et fort que je n’ai pas peur.
C’est faux, j’ai peur. Pour mes amis, ces enfants, les enfants, mes futurs enfants, les êtres humains, les hommes, les femmes, moi.
J’ai peur des fous, du monde, de la pollution, de la mort, du big-bang, de la folie, de la maladie.
J’ai peur, à chaque seconde, consciemment ou non, car je suis humaine. Et ce sont nos peurs qui nous font avancer, notre envie d’en venir à bout.
Aujourd’hui, je suis folle, folle d’y croire, de croire en l’amour, en l’espoir, en la paix, en un monde meilleur, en nous.
Aujourd’hui, je suis Charlie
Que nous soyons d’accord ou non avec les caricatures et les messages de Charlie hebdo. Que nous soyons musulmans, chrétien, athées…
Aujourd’hui, soyons Charlie, le Charlie de l’espoir, de la liberté, de l’enfance, de l’innocence, du courage, de l’amour, de l’égalité, de la fraternité.
La seule arme au monde plus forte que tout n’est composée que de 5 mots : AMOUR.