Le survivalisme est nĂ© dans les annĂ©es 1960 aux Ătats-Unis en rĂ©ponse Ă la Guerre Froide et Ă l'american way of life (industrialisation, dĂ©mographie galopante, pillage des ressources, accroissement des inĂ©galitĂ©s). Il est la plupart du temps apolitique, dans le sens oĂč n'importe qui peut ĂȘtre un jour amenĂ© Ă survivre dans des conditions extrĂȘmes.
Mais aujourd'hui, dans notre imaginaire collectif, ce mouvement est souvent associĂ© Ă l'extrĂȘme droite qui se l'est appropriĂ© dans les annĂ©es 2000 : masculinistes, rĂ©actionnaires qui rejettent la modernitĂ© et prĂŽnent un retour au mode de vie traditionnel et suprĂ©macistes blancs craignant « le grand remplacement ».
Je souligne que je ne suis porteuse d'aucune de ces idĂ©ologies d'extrĂȘme droite. Je me situe Ă l'autre bout du spectre politique, dans ce que j'appelle « la gauche de l'ombre » (anti-partisanne, anti-capitaliste, Ă©cologiste radicale, anarchiste, rĂ©volutionnaire, collectiviste) qui sâempare aussi du survivalisme.
Notre imaginaire Millennial a été façonné par les films catastrophe, les séries comme The Walking Dead ou L'Effondrement (série française plus confidentielle mais toute aussi percutante), les films 28 jours plus tard et Mad Max : Fury Road, la téléréalité Koh Lanta, mais aussi les jeux vidéos de guerre ou « survival horror ». Nous avons tous grandi avec cette prophétie de l'apocalypse qui semble se concrétiser d'année en année.
Dans ma chambre, j'ai longtemps eu le poster The Walking Dead reprĂ©sentant Rick Ă cheval en direction de la ville, arme en bandouliĂšre, sur une autoroute dĂ©serte, des voitures vides Ă l'arrĂȘt en contresens. C'est cette image qui ressurgit ces jours ci sur Insta : les personnes qui possĂšdent des chevaux se pavanent fiĂšrement sur leurs montures en rĂ©action Ă la flambĂ©e du prix du gasoil suite Ă la guerre en Iran.
J'ai commencĂ© Ă constituer mon sac de survie juste avant le dĂ©but de cette nouvelle guerre, en lisant le livre « Aventure et survie : le guide pratique de l'extrĂȘme » de John Wiseman, qui a complĂštement rĂ©veillĂ© mon cĂŽtĂ© survivaliste.
Je suis sapeur-pompier volontaire mais en rĂ©alitĂ©, - s'ils n'avaient pas un gros penchant pour l'extrĂȘme droite - je serais mieux chez les militaires, car je suis plus passionnĂ©e par les techniques de survie en pleine nature que par le secourisme (mĂȘme si les premiers secours en font partie intĂ©grante...).
Ce sac de survie est aussi ma façon d'avoir une impression de contrÎle sur le monde absurde et violent dans lequel nous évoluons. J'en profite aussi pour éveiller la curiosité des gens à qui j'en parle, en me pensant maline et en espérant me faire mousser alors qu'en réalité ils pensent tous que je deviens tarée.
Passons au concret, voici le contenu de mon sac (qui va bien au delà de ce que préconise le gouvernement dans son kit 72h) :
Le sac lui mĂȘme (type militaire, trouvĂ© sur Vinted)
Couteau type Opinel (j'envisage de m'acheter un couteau de chasse en complément)
Pull (en synthétique pour le moment, mais je compte me tricoter un pull 100% laine vierge)
Chaussettes (deux paires, une en laine et une en cachemire)
Ceinture (pouvant servir de garrot)
Couverture de survie réutilisable 150 x 210 cm
Chargeurs, batterie externe
Copie des papiers d'identité
Protections hygiéniques à usage unique et réutilisable
Un livre : « La traversée des catastrophes, philosophie pour le meilleur et pour le pire » de Pierre Zaoui
Au delĂ de son utilitĂ© en conditions extrĂȘmes, ce sac m'a dĂ©jĂ servi Ă plusieurs reprises. Comme il me suit partout (je l'ai en permanence dans ma voiture), il me sert Ă pallier tous mes oublis lorsque je suis loin de chez moi et me permet aussi de gagner beaucoup de temps en cas de dĂ©placement inopinĂ©.
(je n'ai sorti qu'un petit échantillon du contenu du sac pour la photo)