Oui, je suis au lit à 22h, et ceux que ca dégoûte, ma foi, on les emmerde.
J'aime être dans mon lit et je ne rêve que d'y être à 22h tous les jours. Je veux qu'on me foute la paix
En gros.

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Oui, je suis au lit à 22h, et ceux que ca dégoûte, ma foi, on les emmerde.
J'aime être dans mon lit et je ne rêve que d'y être à 22h tous les jours. Je veux qu'on me foute la paix
En gros.
Temps béni - il y a un temps pour tout
Pourquoi j'ai envie de pleurer, soudainement ? Pourquoi cette citation me fait naitre une telle émotion ? Ca ne rime à rien...
Il y a un temps pour tout... Et bam, ça recommence, mon coeur se serre. Quel est le temps, le temps d'aujourd'hui ?
Je voulais écrire ceci pour parler de ma journée de boulot.
(le reste n'est pas intéressant - matinée à Clouange pour nourrir le chat d'Elo et celui de Simon, son boyfriend)
Donc, au boulot, je vis toujours les derniers moments de l'Unité sud. 7 patients. C'était calme cet après midi, deux d'entre eux étaient en permission, dont Madison, la plus bruyante. Alors je n'ai rien fait de concret. J'ai piqué un roupillon. J'ai lu le château de Kafka (bientôt fini). J'ai trimballé des serviettes, des pyjamas, des denrées alimentaires dans l'unité nord pour stocker un peu de choses là-bas, là où les patients sont.
C'est triste, un pavillon vide. Je marche dans les grands couloirs, la salle à manger, et je ne vois personne. Parfois je croise un patient qui fume une cigarette sur la terrasse, il me fait un signe de la tête (c'est Van Long). Mes pas résonnent un peu, je tourne en rond, je ne sais pas quoi faire. Le temps est long mais j'en savoure chaque minute, car je sais que quand je reviendrai de congés fin septembre, le rythme de travail va augmenter, beaucoup beaucoup.
La cheffe m'a dit il y a deux jours qu'elle en a marre d'être cheffe, elle redevient simple infirmière, elle n'en peut plus de l'équipe, on lui sort tous par les trous de nez, comme elle dit.
Je viens de lui envoyer ce message :
"Hey, je pense à ce que tu disais l'autre jour, quand tu disais que tu en avais vraiment marre du service, etc. J'en ai eu mal au coeur pour toi, et sincèrement j'en suis encore triste, j'aurais voulu que tout fonctionne bien pour tout le monde et que tu puisses t'épanouir dans ta fonction de cheffe. Ca fait vraiment chier que ton expérience ici t'ait dégoutée au final. J'aime pas que les projets des gens tombent à l'eau, que les espoirs soient déçus, tout ça. J'espère de tout coeur que tu vas trouver ta place à ton prochain poste et que tu vas laisser cette mauvaise expérience derrière toi. T'as fait un boulot phénoménal ici, laisse personne te dire le contraire."
Bref, ... il est temps de fumer une cigarette. La relève arrive dans 45 min.
Le juge des libertés
Sacré titre pour un homme, ça. Juge des libertés. Bam ! La liberté, c’est quand même quelque chose qu’on est censé avoir... tout le temps ? Enfin, non, c’est difficile à définir, la liberté. En tout cas pour les patients qui n’en bénéficient plus (les internés d’office, pourrait-on dire, ceux qu’on estime dangereux pour eux-mêmes ou les autres), on met un point d’honneur à faire en sorte que cette privation de liberté soit faite selon les règles de l’art, selon les lois ! Donc régulièrement, les prisonniers... lol, les patients passent devant le juge des libertés pour qu’on leur notifie que leur privation de liberté continue.
J’ai assisté au passage d’une patiente devant ce juge, cette semaine. Première fois en 5 ans ! C’était glauque. Rien que la salle d’attente était glauque. Murs gris et vides, portes de verre fumé, juste des chaises le long des murs. Une porte à droite et une porte à gauche, et tout au fond des salles adjacentes, les juges.
La patiente était anorexique, 37 kilos, environ 40 ans, pas possible de la laisser rentrer chez elle, se met trop en danger.
La juge a commencé son speech de façon très protocolaire, voix professionnelle et froide, elle a débité un discours par coeur, le même qu’elle doit débiter cent fois par jour. Du genre “vous êtes ici avec moi car vous êtes actuellement hospitalisée sans votre consentement, et mon rôle est de déterminer si cette hospitalisation peut se poursuivre dans un cadre légal. Est-ce que vous comprenez ?” ... toujours cette question, “est-ce que vous comprenez ?” .... et même, une fois, ... “je ne veux pas que vous soyez d’accord avec moi, je veux que vous compreniez ce que je dis.” Quelle violence, cette phrase, non ? La juge a continué, “j’ai ici votre dossier médical, il se trouve que le médecin en charge de votre hospitalisation pense que vous ne pouvez pas actuellement rentrer à votre domicile, vous devez rester encore quelques temps hospitalisée pour votre bien. Qu’est-ce que vous en pensez ?” “Je veux juste rentrer chez moi.” Petite voix d’enfant. “Vous comprenez que vous allez vous mettre en danger, si vous rentrez chez vous ? A force de ne pas manger, vous allez mourir !” ... et d’autres phrases. Et puis “vous risquez l’arrêt cardiaque”. Et puis, “vous êtes en train de vous tuer à petit feu”.
J’en étais choquée, dans ma salle d’attente toute grise, mes yeux s’en sont écarquillés. Pourquoi elle y va si cash ? Si cette technique marchait avec les anorexiques, ça se saurait, non ? Pourquoi ? Elle en avait quelque chose à faire ou pas, de la patiente ? Ou elle la considérait comme un petit insecte misérable devant elle ? Aucune idée.
En tout cas, forte impression, la juge des libertés. Me demande si elle aime son métier. Me demande si elle a choisi d’être là. Me demande si elle est bien payée. Me demande si ça lui procure des émotions. Me demande.
Dimanche 30 aout 2020
Oh yé, oh yé. Hier un poste d’après-midi, seule en poste à l’USRP Sud, car... Anne-Marie en arrêt, aux urgences. J’ai passé le poste dans l’inquiétude de savoir ce qu’elle avait, et au final j’ai reçu un appel d’elle il y a quelques minutes : problème d’oreille interne. Elle pensait y passer, ç’avait l’air très impressionnant, mais au final elle a survécu et est en arrêt une semaine.
Ceci dit je n’avais que 8 patients dont 3 en permission hier, j’ai survécu allégrement face à cette charge de travail monstrueuse (ironie). La Villa Relai (ou Dieu sait quel nom étrange ce truc là va avoir) n’a pas encore ouvert (ouvrira-t-elle jamais ?), donc en attendant on garde un pavillon ouvert pour 5 ou 6 patients abandonnés... pendant que le pavillon du dessus est blindé, avec toute la population du PIMMS, mais sans les effectifs du PIMMS ! Les collègues étaient deux en poste hier, quand il en faudrait 3 voire 4. (que veut dire PIMMS, au fait ? Le sais-je ? Point).
Donc bon, me suis commencé la lecture du Château de Kafka, et j’ai piqué un roupillon, aussi, hier aprèm. J’espère faire la même ce jour.
Mercredi 19 août 2020
Okay, mes 6 jours de repos ont sauté. Oh, je le savais bien. Déjà hier matin, on me fait bosser 2h supp payées en croissants, et aujourd’hui, je vois sur le nouveau planning d’aout que mes repos sautent. Je devais avoir 6 jours de repos, mes premiers depuis fucking juin 2019, et non, bam, l’USRP ne ferme pas, le PIMMS n’ouvre pas, alors il faut compléter les équipes, il faut faire tourner deux pavillons au lieu d’un, et fais donc trois nuits de plus Marie...
J’ai prévenu la cheffe que je ne pourrai pas faire la nuit du mercredi, car c’est le jour où je suis à Paris avec JM et Carole. Donc... elle devra se démerder sans moi.
Ce matin après le poste de nuit, j’ai fait deux heures donc du poste du matin. Ai vu le contraste entre le nord et le sud. Le sud, calme et posé. Le nord, excité et fou.
Combien de temps... ? combien de temps je vais tenir ici ?
Mardi 18 août 2020
“Mais sur quelle Terre je vis, là ?” Marie-Catherine G.
“Je suis un mercenaire moi, je viens bosser pour le fric. Pour du fric, je marche sur la tête, moi !” Anne-Marie M.
Ah, le fric, oui oui, c’est ce qui fait tourner la boutique, en ce moment. Rien d’autre. Et de toute façon, quoi d’autre ? La bonne volonté ? La vocation ? Niaiseries. Comme dirait Nabokov, je tuerais bien le troglodyte qui a inventé le troc de lait de chèvre contre des cailloux…
Suis fatiguée, moi ! Ca s’accumule, la fatigue. J’aimerais dormir. J’aimerais une pièce noire et silencieuse, de l’immobilité et de la quiétude, et en jouir durant une douzaine d’heures. Là, alors, je serais reposée.
Le boulot... que dire du boulot ? L’USRP ferme au 1er septembre, le pavillon restant deviendra le PIMS, et, et… et il faut donc trouver une équipe complète pour venir travailler entre le 24 août et le 1er septembre, vu qu’il n’y avait qu’une seule équipe prévue, pour un seul pavillon. Ah, je sens bien qu’on va me le demander, de venir travailler… je sens bien que je n’ai pas envie de faire une seule heure de plus que ce que mon planning affiche, pourtant. Refuser ? Dur. Mais faisable. Je refuserai. J’oserai refuser. Je n’irai pas ! Non, madame, je n’irai pas. Pas cette fois ! Quitte à me terrer chez moi tel un vermisseau dans sa pomme. Bam.
Les choses qui m’offusquent, ces derniers jours.
Il y en a plusieurs, des choses qui m’offusquent, ces derniers jours, concernant le boulot !
La première, c’est la Grande Histoire des Bons d’Essence Total. Le groupe Total a (généreusement - ou pas - disons plutôt s’est offert la possibilité de déduire ses frais fiscaux en faisant un cadeau - enfin bref dans tous les cas, il y gagne, bref -) donné 800 bons de 30 euros à tous les soignants de l’hôpital pour acheter de l’essence dans les stations Total. OK. Mais il n’y en avait pas assez pour tous les soignants de l’hôpital. Alors l’administration a mis arbitrairement en place des conditions pour recevoir ces bons. Genre, habiter à plus de 30 km de l’hôpital, ne pas avoir été en arrêt maladie, etc. On a donc du remplir des formulaires, les renvoyer, attendre longtemps, et on a reçu nos bons ! Sauf que. Sauf que. Les soignants du SEUL ET UNIQUE pavillon COVID de l’hôpital, c’est à dire le pavillon où tous les patients COVID+ ont été réunis, les soignants qui ont pris le plus de risque en restant volontairement travailler dans ce pavillon... n’ont pas reçu de bon d’essence. Parce qu’une certaine personne de l’administration s’est trompée en recopiant leurs plannings, elle les a noté en “confinement”, mais confinement comme dans “je suis resté confiné à la maison”, pas comme dans “je bosse dans le pavillon le plus à risque de l’hôpital”. Donc, pas de bon. Et pas de discussion possible. Voilà.
La seconde, c’est le Devenir des Patients à la Fermeture du Service. On va fermer mon service fin juin. Sur 40 patients, il doit nous en rester 20. Faut épurer de moitié, donc. Sauf qu’en des années et années et années, on a jamais réussi à placer ces personnes. Personne n’en veut, ni les maisons de retraite, ni les MAS, ni les familles gouvernantes, ... Et là soudainement en quelques semaines on doit trouver des solutions miracle ! Alors on les expédie à droite et à gauche. Sans projet qui tient la route. Juste pour faire de la place dans l’hôpital. Un monsieur qui ne veut pas rentrer chez lui, qui est sûr et certain de replonger dans l’alcool si on le remet dans son environnement, ... bah, bam, allez, bon vent hein, bonjour chez vous ! On pense au service, et pas aux patients. Révoltant.
Carole
Carole, elle est là depuis longtemps, et elle sera encore là pour longtemps. Elle est triste toujours, mais parfois elle rit aux éclats. Je pense qu’elle ne maîtrise rien, plus rien, depuis longtemps. Ce qui est triste, c’est qu’elle a mal. Alors évidemment, on lui a fait faire des examens, des radios. Algodystrophie, qu’ils disent. Et puis une semaine, ils se ravisent, “non, y’a rien”. Ah, bon ! Mais Carole a mal à la hanche en ce moment. Elle a du mal à marcher, et à chaque pas, elle crie, “aie !”, “oh, j’ai mal !”, “pourquoi vous me faites ça ?”, “je n’en peux plus, laissez moi mourir !”. Ça fait longtemps que Carole veut mourir, mais au final, le veut-elle vraiment ? Comment savoir ce qu’une personne qui a été jugée comme “non responsable d’elle-même” pourrait savoir ce qu’elle désire vraiment ? C’est difficile ! Pour sa douleur, on lui donne des antalgiques. Alors on lui bousille le foie. Parfois des antalgiques assez faibles, qui lui bousillent le foie sans la soulager. Parfois, je lui donne des antalgiques... plus fort. Alors, elle dort, et elle n’a plus mal.
Carole, elle aime danser. Elle aime la musique. Parfois, quand Christophe la fait danser, elle sourit, et alors elle rayonne. Elle oublie pour un petit moment qu’elle est triste et qu’elle a mal, elle oublie qu’elle est dans cet hôpital depuis tellement d’années (sait-elle qu’elle y restera encore de nombreuses années ?), elle danse et elle rit. Mais ça n’arrive pas souvent.
Elle se laisse habiller, laver, coiffer, maquiller. Elle nous laisse changer ses protections, lui mettre des chaussures. Elle ne sait pas ce qui est à elle, ce qui ne l’est pas. Elle mange lorsqu’on lui sert de la nourriture, elle boit quand on lui donne un verre, mais elle n’exprime aucune volonté. A part celle de partir de l’hôpital, de rentrer chez elle. Comment lui dire qu’elle n’a pas de chez elle, qu’elle ne peut pas partir ? Comment la regarder dans les yeux et lui parler de son futur, qui n’a aucune chance d’être meilleur que son présent ? Faut du courage !
Quand elle me regarde, ses yeux sont très expressifs. Ils font peur. Ils disent tout ce qu’elle n’est pas capable de dire avec des mots. Car Carole n’est plus vraiment capable de s’exprimer clairement. Elle dit des choses, mais des choses du passé, dans lequel elle est bloquée. Elle dit qu’elle a tué son père, elle dit qu’on lui a pris ses enfants. Parfois elle délire un peu, elle m’accuse de lui avoir volé son mari, de lui avoir confisqué ses enfants. Son passé est ancré devant ses yeux et à force de le voir défiler, tous les jours, toujours, elle ne voit plus vraiment le présent.
Carole a été abusée durant des années par son père, par son oncle. Elle et ses trois sœurs. D’ailleurs, les trois sœurs sont hospitalisées, dans le même hôpital, dans des services différents. Plus ou moins abîmées. Plus ou moins cassées par les mêmes personnes qui étaient censées les protéger dans leur enfance. On leur a tout pris, et maintenant ces ravisseurs sont morts, et elles restent là, toutes les trois, avec leurs souvenirs et leur culpabilité. Car Carole se sent coupable. Elle est tombée enceinte de son père, elle a avorté. Son père a été assassiné par la police devant elle, alors qu’il venait la chercher à la sortie de l’école. Elle dit qu’elle a tué son père, elle dit qu’on lui a pris son enfant. Comprend-elle l’horreur de la situation ? Comprend-elle où est le mal, ici ?
Bientôt, notre service va fermer, va se transformer. Elle ne le sait pas. Personne ne prend la peine de l’informer car elle ne comprendrait pas. Est-ce pour la préserver, ou est-ce juste une sorte de renoncement envers elle ? On va la placer. Dans un autre service. Ses habitudes seront perturbées, elle n’aura plus sa chambre, ni ses voisines, elle ne saura plus où aller, et elle ne saura pas nous dire qu’elle est perdue.
Comment lui montrer le présent ? Comment lui faire voir autre chose que les histoires atroces qu’elle a en tête ? Comment lui retirer sa culpabilité ? J’aimerais savoir manier un scalpel mental, j’aimerais retirer ses souvenirs merdiques, j’aimerais les remplacer par des fleurs, des chansons, des histoires, des rayons de soleil qui brillent à travers une fenêtre. On en a beaucoup, des fenêtres, à l’hôpital. Des grandes fenêtres et des grands arbres. C’est beau. Et elle ne le voit pas. Aurais-je le droit de lui montrer ça de force, si je le pouvais ? A-t-on le droit de modifier les souvenirs d’une personne sans son consentement ? La question ne se pose pas, on ne peut pas, mais... et si ? Et si on pouvait ? Le ferais-je ? ... Je serais tentée, car moi, je suis une sorte d’extrémiste, j’aime prendre des décisions radicales, et dans le cas de Carole, je trouverais ça justifié. Lui retirer ce qu’on lui a fait, le remplacer enfin par un peu de plaisir. Enfin. Après tant d’années.
La vie de Carole peut encore durer vingt ans, trente ans. Elle est jeune, elle est dans la cinquantaine. Et que va être sa vie ? La même routine. Les mêmes cris. Les mêmes douleurs, et les mêmes rêves. Les mêmes hiers. Alors... à quoi bon ? (a-t-on le droit de s’interroger sur l’utilité d’une vie ? Est-ce une idée horrible ?) Si peu de gens voient ça. Si peu de gens la voient sous la forme d’un être humain. Car elle est docile. Les gens la voient comme une grande poupée à habiller chaque matin, déshabiller chaque soir, laver lorsqu’elle se souille, et à qui donner des médicaments lorsqu’elle se plaint. Voilà. Carole est une poupée qui a mal.
Les poupées, pourtant, ça sourit toujours. Carole sourit rarement. Et pourtant, elle a un si beau sourire.
J'ai un peu honte, j'entends mes collègues infirmières dans les hôpitaux généraux qui galèrent, qui sont réquisitionnées, qui font des heures supp, qui sont habillées en cosmonautes, qui sont confrontées au danger chasue jour... Et moi, je suis en psychiatrie, dans mon service pépère, on n'a pas de masque donc on ne peut pas en mettre, on n'a aucun matériel donc on ne peut pas dépister ni diagnostiquer... On n'a même pas de médecin... Alors... Au boulot rien ne change...
J'ai pas l'impression de lutter contre le virus... J'ai pas l'impression d'aider. J'ai pas l'impression d'être utile. Je suis infirmière mais je ne fais pas partie de l'armée "anti-virus"...
Hey people !! This is holiday time !! Going to... Iceland !! Wish me a good weather 😉
Repost if you're a nurse going to sleep after nightshift 😁
Why this good sunny afternoon became a bad cloudy evening.
Everything was good in the early afternoon. Morning colleagues ate with us some strawberry pie, then they left to enjoy at home a really warm and sunny sunday.
Till 4pm, everything was perfect. And then, my colleague found some venlafaxine in a patient's room. Keeping medicine in the rooms is forbidden, so she kept the pills and we waited for the patient to come back from her walk to talk to her.
One hour later, we heard some yelling in the corridors. I went there alone. Found the patient, a usually nice woman, out of breath because yelling, crying, threatening,... She was upset for her medicine to be disappeared. She was so upset that she couldn't hear or understand what I was saying. So I tried a tip learnt during the Omega talk, "pacification". I wanted to calm her down by listenning to her.
BUT then, Carole came and started to yell louder than her.
What can I do... When your colleague doesn't follow you... Gnnn. I was upset against her. Not again the patient. I should have talked to Carole. I didn't dare.
This is me, keeping calm while looking at a patient yelling at me and threatening me to death.
Sunday afternoon at work. OH YEAH, nurses need to eat too !!!! Am I not right ?! 😁😁
Pickaxe, really ?
Yesterday evening an old woman came at the hospital, all alone, knocked at the door and said : "hey, I just killed my husband with a pickaxe, can I please stay here ?"...
We drove her back home and, hell, it was right.
Nightshift. Psychiatry. 2.50 am. Already cleaned the corridor twice because of a patient who pee and more everywhere.
The night will be long.
5.30 AM. A patient come and say, "please I need help. I put shit everywhere". I go to her room and holy shit, it was right. Everywhere.