Lecture comparative : Ellen G. White
Cette lecture se distingue par son approche singuliĂšre.
Elle propose une interprĂ©tation de Messages Ă la jeunesse dâEllen G. White Ă travers une perspective musulmane contemporaine.
Il ne sâagit pas dâune comparaison thĂ©ologique ni dâun dĂ©bat interreligieux,
mais dâune traduction intĂ©rieure : celle dâune lectrice musulmane qui relit les conseils moraux, spirituels et Ă©thiques dâune autrice chrĂ©tienne en les confrontant Ă sa propre foi, Ă sa culture et Ă son Ă©poque.
En voulant en savoir davantage sur le christianisme, jâai compris quâil nây a rien de mal Ă connaĂźtre une autre religion.
Au contraire, connaĂźtre la foi des autres, câest mieux comprendre la sienne : savoir pourquoi lâon croit, et en quoi lâon croit.
Son livre, malgrĂ© ses rĂ©fĂ©rences Ă la TrinitĂ© et Ă JĂ©sus comme Fils de Dieu â des croyances que je ne partage pas âcontient des appels sincĂšres Ă la bontĂ©, Ă la puretĂ© du cĆur et Ă la rĂ©sistance face au mal.
Toute sagesse appartient Ă Dieu, et jâai lu son Ćuvre pour Ă©couter comment une autre Ăąme parle Ă et de Dieu.
La foi et la relation avec le Divin
Ellen G. White invite la jeunesse Ă donner son cĆur Ă JĂ©sus, Ă marcher sous son regard.
Dans lâislam, la foi se vit aussi dans cette proximitĂ© :ۧÙŰȘÙÙÙ la confiance totale en Dieu, ۧÙۧŰŰłŰ§Ù lâadorer comme si on Le voyait.
Elle voit le Christ comme mĂ©diateur ; moi, je vois la priĂšre comme lien direct entre lâĂąme et son CrĂ©ateur.
Elle Ă©crit avec lâardeur de celle qui craint dâoublier Dieu, cette peur, cette vigilance mâest familiĂšre, cette conscience du divin aussi.
La maßtrise de soi et la lutte intérieure
Ellen parle souvent de tentation, de corruption, et de la nĂ©cessitĂ© de se discipliner, que le corps soit soumis Ă lâesprit.
En la lisant, je pense au jihĂąd an-nafsŰŹÙۧۯ ۧÙÙÙŰł , le combat intĂ©rieur.
Mais lĂ oĂč elle semble craindre la faute comme une tension, la mienne est apaisante :
lâislam nous enseigne lâĂ©quilibre entre la crainte et lâespĂ©rance.
Elle résiste à la chute ; nous, nous revenons sans cesse à Dieu.
La jeunesse et la responsabilité spirituelle
Elle sâadresse aux jeunes comme Ă des ĂȘtres en devenir,
leur parle avec une autorité maternelle, parfois sévÚre, les avertissant de ne pas se perdre dans les vanités du monde.
Dans lâislam, la jeunesse est vue comme une confiance Ă prĂ©server avant quâelle ne sâĂ©teigne.
Les deux traditions appellent à la responsabilité ;
mais lĂ oĂč Ellen sâexprime par lâinterdit,
lâislam sâexprime par le dhikr se souvenir de Dieu jusquâĂ ce que le cĆur sâapaise.
Le salut et la miséricorde
Ellen White vit sa foi dans la crainte de la perdition.
Dans son livre, il y a cette urgence : ĂȘtre prĂȘt, ĂȘtre pur, ne pas dĂ©cevoir Dieu.
Elle traverse une foi passionnée, mais tourmentée.
Lâislam, lui, parle dâun Dieu dont la misĂ©ricorde prĂ©cĂšde la colĂšre,
dâun salut offert Ă celui qui revient.
Son dĂ©sir dâĂȘtre digne du regard divin est le mĂȘme que le nĂŽtre, seule lâexpression diffĂšre.
Son Dieu lâattend au bout du chemin ; le mien marche avec moi, mĂȘme quand je chute.
Sa rigueur a une intensité que je respecte.
Tout croyant comprendra ses appels à la pureté.
Et sans le vouloir, elle mâa ramenĂ©e vers Dieu Ă ma maniĂšre
non en me convertissant Ă sa croyance,
mais en mâaidant Ă aimer plus profondĂ©ment la mienne.