Wawrinka empoche Melbourne
                Stanislas Wawrinka contre Rafael Nadal. Finale de lâopen dâAustralie 2014. Quel plaisir dâinaugurer ce blog, consacrĂ© Ă lâactualitĂ© du tennis mondial, par un match dâune telle envergure. Bien que totalement inĂ©dite en Grand Chelem, cette opposition avait clairement de quoi nous faire rĂȘver. Dâun cĂŽtĂ©, Rafael Nadal, vainqueur en 2009 Ă Melbourne, comptant pas moins de 13 titres du grand Chelem Ă son palmarĂšs et ayant donc la possibilitĂ© dâen glaner un 14Ăšme, Ă©galant ainsi un certain Pete Sampras, chargĂ© de remettre les trophĂ©es de cette finale. De lâautre, Stan Wawrinka, auteur dâun parcours mĂ©morable, Ă©cartant notamment le triple tenant du titre, Novak Djokovic, au terme dâun match dâanthologie conclut 9-7 dans le 5Ăšme set. Plus quâune finale, câest une vĂ©ritable opposition entre deux styles de jeu Ă laquelle nous avons eu droit : revers Ă une main, distribuant de grands coups Ă plats, toujours excessivement bien exĂ©cutĂ©s, du fond du court pour Wawrinka contre le guerrier quâest Nadal et ses balles liftĂ©es.
               Le dĂ©cor Ă©tait plantĂ©. Bien quâaffichant une forme rayonnante, Wawrinka Ă©tait cependant donnĂ© perdant pour de nombreux bookmakers, et cela Ă cause dâun chiffre : 0. En 12 confrontations, jamais Wawrinka nâavait battu Nadal. Pire, en 12 confrontations, jamais il ne lui avait pris le moindre set ! Câest dire lâimmensitĂ© de lâexploit que Stan devait rĂ©aliser pour devenir le 148Ăšme vainqueur de grand Chelem de lâhistoire.
               Il est un peu plus de 9h45 Ă Paris, 19h45 Ă Melbourne, lorsque Wawrinka sert le premier point du match, point qui montre immĂ©diatement le schĂ©ma de jeu auquel nous allons avoir droit durant cette finale : un long rallye du fond du court, avec un Nadal qui cherche Ă pilonner le revers de Wawrinka, comme il lâa fait en quarts et en demi contre, respectivement, Dimitrov et Federer, deux autres droitiers avec un revers Ă une main. Câest Ă 2-1 que Wawrinka choisit de breaker pour finalement sâenvoler dans un set oĂč il nâaura Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© quâau moment de le conclure, avec 3 balles de dĂ©break « gĂąchĂ©es » par Rafael Nadal via trois retours en dehors du court. Sans le moindre complexe et avec une assurance dingue, le Suisse empoche donc ce premier set 6/3, avec un nombre affolant de coups gagnants.
               DâentrĂ©e de second set, Stan se procura 2 balles de break, bien sauvĂ©es par lâEspagnol. Câest lors du 3Ăšme jeu de cette deuxiĂšme manche que la finale bascula dans lâirrĂ©el. A la suite dâun point qui semblait anodin, lâespagnol sâest semble-t-il bloquĂ© le dos et malgrĂ© de nombreux « time out », la douleur persista, obligeant « Rafa » Ă ne servir que des « premiĂšres secondes » ne dĂ©passant plus les 150 km/h. De mĂȘme, dans le jeu, « le taureau de Manacor » ne ressemblait guĂšre plus Ă un taureau tant mettait peu dâimplication physique dans ses frappes, se contentant de distribuer des coups improbables, cherchant systĂ©matiquement le coup gagnant en 2 ou 3 frappes de balles. Câest dans ces conditions que Wawrinka empocha le second set, puis laissa filer le 3Ăšme, sans doute Ă cause dâune saute de concentration, pour finalement bien se reprendre dans le 4Ăšme set et conclure le match sur un Ă©niĂšme coup droit gagnant.
               Le « Suisse qui perd », comme il sâappelait parfois jadis, venait de basculer dans une autre galaxie, celle des vainqueurs de grand Chelem. Depuis Juan Martin Del Potro Ă lâUS Open 2009, aucun autre joueur hors du « big four » (composĂ© de Nadal, Djokovic, Federer et Murray) nâavait remportĂ© de tel titre. Big four que Wawrinka va dĂ©manteler un peu plus Ă partir de lundi, en atteignant la 3Ăšme place au classement ATP, dĂ©logeant ainsi Andy Murray. Une chose est sure, il y a 3 mois, personne nâaurait voulu miser la moindre piĂšce sur ce joueur, destinĂ© Ă Ă©voluer dans lâombre de son illustre compatriote, Federer, remporter un tournoi du grand Chelem en sortant sur sa route le numĂ©ro 1 et 2 mondial. Seulement voilĂ , un autre trentenaire Suisse vient de se rĂ©vĂ©ler aux yeux de tousâŠ














