L’art a pour devoir social de donner une issue aux angoisses de son époque. L’artiste qui n’a pas ausculté le cœur de son époque, l’artiste qui ignore qu’il est un bouc émissaire, que son devoir est d’aimanter, d’attirer, de faire tomber sur ses épaules les colères errantes de l’époque pour la décharger de son mal-être psychologique, celui-là n’est pas un artiste. Tout comme les hommes les époques ont un Inconscient. Et ces parties obscures de l’ombre dont parle Shakespeare ont aussi une vie à elles, une vie propre qu’il faut éteindre. Antonin, « L’anarchie sociale de l’art », in Œuvres, Quarto Gallimard, 2004











