The Dark Knight Rises : un Batman sans Batman
M’en allant voir The Dark Night Rises, je me disais que je ne pouvais qu’être agréablement surprise parce que, pour être franche, je pars de très loin.
En effet, sur mon échelle de valeur sentimentale des supers héros, Batman obtient la note de -48/20 (pour le costume, il est noir, ça mincit, s’il avait été rouge, il aurait eu -59), alors autant dire que me taper près de 3 h de film qui raconte, pour la énième fois, à quel point ce pauvre garçon est à côté de la plaque dans presque tout ce qu’il fait, me laissait de marbre. Donc, je ne pouvais qu’être surprise.
Et puis, je me disais aussi (avec un furieux espoir quand même) que cela ne pouvait pas être pire que les scènes rocambolesques de spider-man 2 (vive les grues !) et qu’il ne faut pas oublier que Christopher Nolan nous a déjà prouvé qu’il savait ce qu’il faisait avec une caméra. Je précise parce que ça ne semble pas être le cas de tous les réalisateurs de films de super héros…
Christopher Nolan. Bon personne ne voit qui c’est, il n’a pas fait grand-chose jusque-là, à part un vague docu fiction sur la signification des rêves et un reportage sur les troubles de la mémoire suite à un trauma crânien, mais qu’à cela ne tienne ! Il a dû penser qu’après « Batman et Robin », personne ne critiquerait plus jamais un film sur Batman tellement on en est encore, tous, traumatisé.
Blague à part, Nolan est un de ces réalisateurs qui a une griffe et qu’on reconnait quasi immédiatement dès les premières minutes d’un film, tant par les thèmes abordés que par le découpage du scénario ou l’esthétisme. L’avantage d’avoir un réalisateur « artistiquement engagé et de parti pris », c’est qu’on peut espérer qu’il donne un peu de caractère à un exercice de style par définition très consensuel et très lisse : le film de super héros.
Et après Tim Burton, c’est exactement ce que Nolan a fait, depuis 2005, concernant dépressive man…Batman : proposer une version, un parti pris, sur l’histoire de ce super héros qu’on connait tous au moins vaguement par cœur.
The Dark Knight Rises est donc le dernier volet d’une trilogie qui n’a cessé de monter en puissance depuis Barman Begins en 2005. Le challenge était de faire aussi bien de que le second opus qui avait été un petit chef d’œuvre du genre, essentiellement en raison de la puissance des rôles gravitant autour de dépressive-man et la qualité de l’enchainement des dialogues qui fait tant défaut aux films de super héros. Oui, la plupart des réalisateurs pensent que si c’est un film d’action, on n’a pas besoin de faire des efforts sur les dialogues et la qualité des rapports en les personnages, parce qu’il y a des explosions… Les réalisateurs de films d’action sont souvent des hommes, de là à dire que ceci explique cela…Oups, je fais du mauvais esprit (oui j’ai décidé de lever le pied sur mon mauvais esprit …rapport au karma toussa…)
Alors donc, nous voilà reparti pour la dernière aventure de l’homme aux mille névroses avant que des producteurs ne se disent à nouveau : « tiens et si on refaisait un remake du remake du remake du remake de Batman pour éviter de perdre les droits d’exploitation et parce que les spectateurs sont débiles, donc ils auront oublié les premières versions » !
Profitons-en, car le prochain réalisateur ne sera ni Tim Burton ni Nolan…Avec notre bol, ce sera celui de Spider-man 2, donc en plus d’être mal construit, le film sera chiant et on sera pas dans la merde. Car, faut pas oublier que Spider-man dans le fond, c’est un marrant… Essayez de passer une soirée pizza/nanars avec Batman sans prozac et on en reparle !
Ah ah ah. Promis, j’essaye d’être objective.
Alors, l’histoire c’est toujours la même depuis cinquante ans : on a un personnage résolument maniaco-dépressif, enfin plus dépressif que maniaco d’ailleurs, qui pour exorciser sa maniaco-dépression revêt le costume d’un super héros en forme de chauve-souris (d’ailleurs, sérieux c’est quoi leur problème, à ces héros, avec les animaux ? Araignée, chauve-souris, abeille…que des nuisibles, des fois faudrait m’expliquer la logique des messages qu’ils veulent faire passer au public : « je veux sauver le monde, je vais me déguiser en nuisible…ouai ,ça va le faire, c’est porteur ça, comme idée » !).
Bref, sauf que l’ironie du sort fait que ses actions et ses choix, à la grosse chauve-souris dépressive, entrainent l’avènement de super méga vilains (hyper plus fun, faut bien le dire) qui lui pourrissent l’existence et entretiennent sa maniaco-dépression. Voilà, tout le monde y est ?
Alors ce troisième opus est très clairement divisé en deux parties. La première partie pourrait s’appeler « les malheurs de Sophie » enfin les malheurs de Bruce Wayne et la seconde partie pourrait s’appeler « bon, on va se démerder sans lui parce que sinon, on avancera jamais et le film ne peut quand même pas durer 6 heures ».
Bref, l’histoire reprend huit ans après la mort d’Harvey Dent, tombé en héros suite à un vilain mensonge perpétré par le commissaire Gordon et qui a fait de Batman l’assassin de l’héroïque procureur. Grâce à une législation prise en honneur d’Harvey Dent pour poursuivre sa lutte contre la pègre, Gordon est parvenu à purger Gotham de la criminalité (en surface du moins) alors que le Batman a totalement disparu de la circulation. Bruce Wayne déprime donc depuis huit ans, on rappelle que c’est ce qu’il sait faire de mieux : déprimer en peignoir dans son manoir dont on se demande comment il fait pour assurer financièrement l’entretien vu que ça fait au moins cinq films qu’on nous prouve que Bruce a jamais mis les pieds dans un seul conseil d’administration de sa société et qu’il ne sait même pas ce qu’elle produit.
C’est dans ce contexte résolument joyeux et festif, que débarquent les méchants et on en a plusieurs : une belle voleuse masquée, des actionnaires de Wayne enterprise peu scrupuleux et un super vilain qui suit un régime hyper protéiné depuis son berceau et qui a eu une méga rage de dents qui s’est infectée, du coup, pour des raisons de mauvaise haleine qu’on comprend aisément, on lui a collé un masque filtrant (on sous-estime l’importance de l’hygiène buccale). Du coup, le méchant, il cause avec une voix super sexe mais on sait déjà qu’il ne pourra embrasser personne, bon ça, on s’en remettra, mais qu’aussi il ne pourra rien manger non plus et ça, moi ça m’a beaucoup perturbée tout au long du film.
Ces 120 kilos de muscles, il les nourrit comment ?
Toujours est-il que c’est peut -être justement pour ça que ce nouveau méchant, il est grave remonté contre la société de consommation et contre Gotham et que du coup, son idée c’est de tout faire péter sous les yeux de Batman histoire d’en remettre une couche sur ses névroses. Sauf, que le méchant, s’il nous avait posé la question, on aurait pu lui dire que c’est pas la peine de torturer mentalement et physiquement Batman, il le fait déjà très bien tout seul depuis 50 ans. Non, en fait, la vraie révolution, ce serait d’obliger Batman à se marrer. Là, ce serait vraiment cruel.
Franchement, même en faisant preuve de beaucoup de mauvais esprit (comme moi), il faut reconnaitre que le scénario se tient. Nolan fait le travail et il le fait relativement bien, compte tenu du fait que le film de super héros est un exercice qui ne permet pas beaucoup de liberté, question scénario. Ca reste un thème un peu naïf et même si vous le traitez de façon « réaliste », l'histoire c'est celle d'un gars traumatisé par la vie qui décide de devenir un super héros déguisé en chauve-souris. Alors moi je veux bien qu’on parle de qualité scénaristique et d’envolée lyrique mais, enfin, on ne peut pas non plus demander à ce genre d’histoire d’être ce qu’elle ne pourra jamais être.
Une histoire de comics est rarement un pamphlet subtil sur l'évolution de la société avec un message politique engagé alors quand ça passe par le Hollywood system, vous imaginez ce qu'il en reste...
La première partie du film, vous savez celle où on nous explique à quel point Bruce Wayne déprime depuis huit ans, à quel point il est has been, à quel point il est à côté de la plaque, à quel point il souffre, à quel point il nous fait chier, pardon, bref, cette première partie est un peu douloureuse et traîne un peu en longueur. Vous assistez à l’émergence de tous les autres personnages qui se placent dans l’histoire : la petite amie, la femme fatale et mystérieuse, le jeune héros, le vieux commissaire, le méchant, le major d’homme, qui tous se démènent pour faire avancer le scénario tandis que Bruce wayne/dépressive man reste cloué à sa mélancolie et plombe, à lui tout seul, toute la première partie de l’histoire.
Bruce, il est bouché, on le sait.
La seconde partie du film qui est la montée en puissance de tous les « héros » de l’histoire qui convergent vers la grande révolution de fin est nettement plus agréable. Sans doute, aussi parce que Nolan fait le choix de mettre Batman clairement au second plan, comme il l’avait d’ailleurs fait dans le deuxième opus de la saga. Il y a quelques rebondissements intéressants, notamment sur la partie histoire du méchant et Nolan sait mettre en valeur les scènes d’action et les scènes d’émotion héroïques. Bref, on ne voit pas trop arriver les scènes et même si la fin est prévisible dès le départ, elle est amenée avec suffisamment de finesse pour qu’on soit content de la voir se réaliser.
Le point fort du film : un batman sans batman. Merci Nolan !
C’est à mon sens le premier point positif du film et en cela, je continue de penser que Nolan a réussi à rester un réalisateur engagé même avec un film de super héros. Son parti pris ? Faire un batman sans batman, faire un film de super héros en prouvant qu’on a finalement pas tant besoin qu’il soit là.
S’ils avaient pu zapper mister goufa dans Spider-man 2, le film aurait peut-être été regardable…
Que ce soit dans la première partie ou dans la seconde, très clairement, le film pourrait se passer de la présence de Batman et de Bruce Wayne. Seule l’idée de son existence aurait pu suffire. Il aurait pu le laisser enfermé dans sa prison au fin fond du trou du bip de je ne sais pas quel obscur pays du sud, ça n’aurait rien changé au déroulé du film. Batman est utilisé comme un concept, une justification à l’action pour façonner tous les autres personnages, pour les faire évoluer et les faire interagir. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Batman est le prétexte, il n’est pas le héros du film pour moi. Le héros est en réalité, la somme de toutes les personnalités, aussi différentes les unes que les autres, qui vont s’agréger autour d’une nécessité commune pour combattre un ennemi commun. Et batman n’est que le drapeau froissé qu’il faut aller récupérer dans le grenier et qu’on rapièce pour pouvoir l’agiter et servir de bannière.
Et pour quelqu’un comme moi, qui n’a jamais pu trouver un quelconque intérêt à un super héros qui a été développé que d’une seule manière en rendant son caractère d’une affligeante simplicité : « le monde est pourri, ma vie est pourrie, mon bol de céréales est pourri, mon manoir est pourri, ma voiture est pourrie, je suis pourri… » le parti pris de Nolan est génial : il fait un film sur un super héros, en magnifiant son absence.
Bref, il pose une vraie question sur le sens du mot super héros.
Du coup, Nolan a très bien réussi à retranscrire le propos de sa saga qui est « peu importe qui se trouve sous le masque, ce qui compte c’est le masque ». Alors ça, on a tous bien compris parce que dire que Batman est à côté de ses pompes tout le long du film est un doux euphémisme. Par moment, il frôle même un peu trop la caricature du pauvre gars qui ne sait même pas pourquoi sa société périclite (oh ben sans blague ? t’as pas mis les pieds dehors depuis huit ans donc visiblement pas non plus allumé la TV depuis huit ans, pas ouvert un courrier, bref, t’as été dans un cryotube pendant huit ans et ça t’étonne que tes actionnaires fassent la gueule ?) qui ne comprend rien à rien et dont la seule chose qui semble un peu l’émoustiller, c’est une minette qui lui pique le collier de sa mère. Après on comprend pourquoi tous les autres perso rament tout au long du film en se succédant pour lui faire la morale. C’est d’ailleurs la seule constante prévisible du film, chaque fois que Bruce croise quelqu’un, on sait qu’il va lui faire la morale.
Et qu’est-ce qu’on aimerait qu’au moins, une fois, l’un des personnages lui propose de foutre la tête dans le four à gaz !
Alors je ne sais pas pour les puristes, qui hurleront sans doute au scandale à la fin du film (oh my god, un happy end, Bruce Wayne s’en remettra jamais !) mais pour une personne lambda, rien que pour voir un film de super héros, qui au bout du compte vante la négation du héros en tant qu’être humain créateur et prouve à quel point il vaut moins que l’idée qu’on s’en fait, faut voir le film ! Ah, un film de super héros qui réfléchit, on n’avait pas vu ça depuis watchmen…
Alors Christian Bale/Batman tient son rôle à la perfection : il est à côté de ses pompes et a constamment trois scènes de retard. De temps en temps, parce qu’il sent qu’on le regarde, il a un éclair de géni mais vraiment parce qu’Alfred lui explique, parce que Morgan Freeman lui explique, parce qu’Anne Hathaway lui explique, parce que même Marion Cotillard (c‘est dire) lui explique…Bref, ce garçon est bouché jusqu’à l’ânerie. Mais on va dire que c’est le rôle qui veut ça et que dans ce rôle, il a la bonne mono expression d’une carpe fossilisée. Mention toujours spéciale pour son mode « je prends une grosse voix quand je suis Batman, c’est pas du tout naturel mais, en même temps, je porte un costume ridicule donc finalement, un peu plus un peu moins, ça perturbera personne ».
Clairement Christian, tu as raison, ça nous perturbe plus à ce stade.
Tom Hardy/Banes. J’ai beaucoup de tendresse pour cet acteur parce que pendant tout le film, je n’ai pas arrêté de me dire que le pauvre garçon, il pourrait bien être le meilleur acteur du monde, personne ne pourrait s'en rendre compte. Attifé de la sorte avec une énorme muselière, il pourrait nous jouer à la perfection une scène de Richard III, tout le monde s'en contrebalancerait. Et là, on l’imagine sur le plateau (enfin, surtout moi, parce que j'ai beaucoup d'imagination) : « heu on l’a vu mon tressaillement de sourcil, là ? Non ? Parce que je peux bouger mes deux sourcils séparément, aussi, pour exprimer ma colère ?? Je peux, je peux, je suis un acteur ! »
Nan, Tom, personne ne voit ton tressaillement de sourcils, personne ne voit rien à part ta muselière (qui est la nouvelle mode 2012, ils en ont collé une à Loki aussi…sans le faire exprès, ça va devenir tendance chez les super vilains). Donc tout est dans la voix qu’il utilise dans toutes ses nuances pour faire un méchant assez crédible parce que, justement, pas trop caricatural dans l’expression. Résultat, son incapacité à se servir de ses expressions faciales le rend crédible.
Je dirai juste que la scène de fin où Batman et lui font un corps à corps un peu musclé nous montre hélas toutes les limites de l’être humain dans l’exercice qui consiste à bouger à peu près naturellement alors qu’on est engoncé dans un costume rigide qui doit faire 150 kilos. Bref, on souffre avec eux et on a vraiment envie de les aider à se mettre sur la gueule en apportant un défibrillateur ou un chariot de réanimation.
Anne Hathaway / Catwoman. Je présente publiquement mes excuses parce que quand j’ai appris que c’était Anne Hathaway qui faisait Catwoman, j’ai grimpé aux rideaux et j’ai hurlé à la mort pendant une semaine. Anne Hathaway est très choupinette (pour l’avoir croisée en vrai, elle est réellement choupinette pour une anorexique) mais enfin, c’est la jolie voisine. On est très loin d’une Sélina Kyle qui vous fait passer la température de 20 degrés à 478 en une ondulation de hanche. N’empêche qu’ici, honnêtement, elle fait bien le travail. Alors bien sûr, cette Catwoman n’est pas vraiment féline, ni même hyper sexualisée, mais elle est assez crédible en voleuse repentie, en traitresse qui culpabilise et en championne de le Rédemption.
Bref, je dirai qu’elle joue une sorte de jeune Catwoman, un chaton qui ne s’est pas encore fait complètement les griffes mais qui commence à miauler un peu. Les scènes d’action ne sont pas si mal et elle arriverait presque à nous faire croire que se battre avec des quilles de 40 cm de haut, c’est fingers in the nose même sans pansement compeed !
Mais alors par pitié, qu’on les fasse bouffer ces pauvres actrices ! Quand on pense qu’il y a de la post production, qu’elle est retouchée, éclairée, maquillée, il y a des gros plans où elle est famélique. Elle a à peine 30 piges et elle est autant ridée qu’à 40 ! A un moment, faut quand même arrêter de les élever en batterie et de leur donner à bouffer une fois par semaine une demi coquillette pour qu’on puisse voir leurs os à travers les robes ! Une femme, c’est pas sexy parce que c’est osseux et accessoirement, pour pouvoir sauter et cogner, faut avoir des muscles et au minimum un 11 de tension. Je pense qu’elle n’a pas du dépasser les 7 tout le long du film…. Ils devaient planquer la bouteille d’oxygène derrière chaque caméra.
Bref, militons pour qu’en début de tournage, on leur file à toutes au moins trois pauvres petits poids histoire de leur remplir les joues et d’effacer les cernes violacées que la post prod n’arrive pas à dissimuler.
Marion Cotillard/Miranda. Alors concernant Marion, je ne vais pas m’étendre parce que je ne suis pas très objective et j'ai dit que je faisais un effort pour mon mauvais esprit. Bref, j’ai un peu du mal avec cette actrice. Je dirai donc juste qu’on peut résumer son jeu de la sorte : « gnagnagnagna…gnagna ? gangnananangnagna…gna ! gnagnnnananangna ??? ». J’ignore si c’était le parti pris de Nolan ou son choix de jeu à elle, mais je pense que le personnage (qui n’est pas censé être un personnage de seconde zone dans le film) aurait mérité d’être traité avec bien plus de classe et d’envergure. On peut minauder sans avoir l’air d’une cruche ! Elle nous avait déjà fait le coup dans "minuit à Paris" de Woody Allen, mais là, ça devient insupportable, elle charme comme une gamine de 5 ans le ferait pour avoir un bonbon. Sauf qu'elle en a bientôt 40...
Joseph Gordon-Levitt/Blake. Là non plus, je ne suis pas objective mais dans l’autre sens, j’adore cet acteur et je n’ai pas été déçue par sa performance. C’est le genre d’acteur très professionnel qui sait s’effacer devant son rôle et qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour exister à l’écran. Bref, je ne saurais trop vous dire de bien regarder ce petit gars parce qu’il a un rôle pivot dans le film. Sans le regard de ce personnage sur le monde que nous décrit Nolan, le film perdrait grandement en émotion.
Gary Oldman et Morgan freeman. Alors là, j’ai envie de dire …What else ? Ils sont ce qu’ils sont : de merveilleux acteurs qui remplissent parfaitement leur rôle comme à chaque fois.
Bref, concernant les acteurs, je dirais que Nolan a l’intelligence de recruter une équipe qu’il connait visiblement bien et qu’il sait utiliser selon son potentiel. L’interaction entre les personnages est très crédible et même si certains sont un peu à la traine et rendent leur personnage franchement poussif, dans l’ensemble, ils portent vraiment le scénario.
C’est pour moi, le plus gros point fort de ce dernier opus. Si le film est aussi réussi, c’est en grande partie parce que Nolan a fait le choix d’utiliser la bande son comme un personnage à part entière qui lie toute l’action. Si les puristes remarqueront que Nolan a un peu moins travaillé sa photo et les choix de prises de vue, je pense que c’est parce qu’il a tout misé sur l’exploitation d’une bande son hallucinante réalisée par le génialissime Hans Zimmer. Certaines scènes ne s’expliquent et n’ont d’utilité que parce qu’elles sont portées par une bande son qui comme une symphonie raconte une histoire en parallèle de l’histoire narrée et jouée.
Bref, la musique est le meilleur acteur du film sans aucune comparaison et mériterait une nomination aux oscars !
Heu, juste pour dire que je suis tombée amoureuse de la moto avec des roues qui tournent dans tous les sens. Voilà ben faut soutenir les jeunes acteurs aussi, j’espère qu’on reverra la moto dans d’autres rôles après…des trucs plus intimistes et tout…
Conseil de blonde : on y va ou pas ?
Ah ben j’ai envie de dire que si on devait ne voir qu’un film de super héros (Avengers mise à part parce qu’il y en a plusieurs, c’est un peu différent) c’est celui-là. Je pourrais plaider pour la qualité de la bande son, pour le déroulé relativement cohérent de l’action et pour un bon équilibre du film, mais soyons honnête, si votre truc c’est le film de super héros, faut allez voir celui-là parce qu’il est globalement franchement moins con que les autres.
Car c’est bien le défaut majeur de tous les films de super héros qui sont fait actuellement. Ils sont cons : on les fait comme des copies d’examen dont on veut obtenir pile 10/20. On ne se casse pas, on reprend les ficelles du genre, on met des couleurs, un acteur attachant, une jolie fille, des explosions, deux ou trois vannes à deux balles, une à deux références comics et une bonne comm marketing autour du casting. C’est médiocre, c’est prévisible et ça prend globalement le spectateur pour un gros blaireau décérébré.
Bref, les films de super héros sont le fast food du cinéma alors pour une fois qu’on a un plat un peu meilleur, faut pas hésiter !
Il est toujours agréable de voir que certains cinéastes pensent qu’on peut traiter le film de super héros de façon un peu différente. Nolan fait partie de ces cinéastes, et rien que pour son effort, faut voir ce qu’il propose. Alors on peut lui reprocher certaines longueurs, certaines facilités, certaines incohérences (quoi ? des centaines de policiers coincés sous terre pendant trois mois sans tentative de soulèvement ? Une armée de super vilains qui pourtant est absente des rues ? Un gouvernement qui réagit pas plus que ça face à la destruction d’une de ces plus grandes villes ? Une population qu’on voit quasi pas dans la ville en dehors du stade de foot…Bref on peut toujours chercher…et trouver), mais une chose est sure, c’est qu’il fait l’effort de considérer que même si c’est un film de super héros et qu’on n’y va pas pour réfléchir, on peut essayer de proposer quelque chose qui a un peu plus de caractère et d’âme.
Bref, j’aime croire que Nolan a pris les spectateurs que nous sommes, les amateurs de films d’action, un peu moins pour des cons que les autres.