TÉMOIGNAGE - PREMIER ANNIVERSAIRE DE MA PAS MORT.
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J’ai pensé mourir. Souvent, cette année. Parfois, j’aurais voulu que. Parfois, j’ai eu peur que.
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Premier anniversaire de ma pas mort.
Il y a un an, dans ton char, sur le boulevard, t’as accéléré. L’auto a fait un bond, mon cœur aussi.
J’entends encore les pneus crisser. « -C’tu fait ?
- J’vais nous tuer », que tu réponds. Panique. Manque d’air.
[...]
Retour à la maison.
Tu pars travailler.
Ranger l’épicerie, comme une automate.
C’tu comme ça que ça se passe ? Est-ce que je dois partir ?
Série d’appels, à des proches.
Et cette phrase :
« Et si c’était un ami qui te faisait ça, continuerais-tu toujours de le voir ? »
J’haïs ça, les vérités 2’’X 4’’. [...]
Divan-lit chez une amie. Même sa mère, à elle, est inquiète.
Textos. Appels. Cris. Chantage. Promesses.
Non-stop.
De 5h43 le matin à 1h36 dans la nuit. Pendant 48 heures.
[...]
8 mars 2018 : Journée de lutte pour les droits des femmes.
Tu pleures à mes pieds, t’accroches à ma taille.
J’ai l’dedans qui s’effondre. Mes certitudes, aussi.
Promis, promis, tu vas changer. Ça arrivera plus. Simple incident de parcours. Évènement diminué. Distorsion d’la réalité.
Tu sais trouver l’piton d’ma culpabilité pis jouer avec pour que j’reste. Pis ça marche.
Fuck. J’ai fait venir mes parents pour rien. J’pensais tellement être capable de te crisser là. Mais non.
8 mars 2018 : Fucking ironie.
Me suis jurée qu’une autre année, ce sera mon 8 mars à moi.
[...]
Depuis, séries d’évènements, de plus en plus graves. Pour certains, le souvenir vif. Pour d’autres, réprimés le plus possible.
Avant, j’aimais écrire.
Mais écrire fait exister, rend réel et tangible les mots qui errent dans ma tête. Les expériences, aussi. Même celles qu’on aimerait réprimer :
Mains sur ma bouche, pour m’empêcher de crier. Mains qui me retiennent prisonnière.
Mains sur mon corps, dépossédé.
Mains qui tirent sur ma culotte.
J’suis pas game d’en écrire plus, de faire exister plus, pour l’instant. Les souvenirs reviennent par vague.
Tsunami qui me pogne l’être, cette semaine. [...]
J’ai appelé la police, souvent. Connaître les patrouilleurs par leurs prénoms. Puis, accident de char.
Et cette pensé terrifiante : « J’aurais aimé que ça soit plus grave, pour plus avoir à gérer. »
Regard ahuri sur mes cuisses, entaillées à chacune de tes crises et que tu ne remarques pas. Stupéfaite d’en être rendue là.
Pis la lente remontée.
Commencer à reprendre son souffle, après trois ans d’apnée.
Une année entière à cacher tes couteaux pis à avoir une valise prête à partir, dans mon char.
[...]
Après la violence, le mottons perpétuel dans la gorge. L’envie de brailler constante, qui reste sans que ça sorte.
Y’a eu l’envie de crisser mon auto dans le décor. Pour éviter la chienne de recroiser ton chemin.
[...]
La vie est bonne depuis que je t’ai quitté, mais j’ai des trust issues quand ça va trop
bien. Le sexuel pis le relationnel un peu fuckés.
Peur de tomber aussi bas, sinon plus qu’où c’que j’étais. Pis de jamais me relever.
Peur du rejet. De pas être assez. D’être trop. Angoisse existentielle. J’vais bien, mais c’est fragile.
Damaged but cute, qu’ils disent.
Cette année, c’est mon 8 mars, enfin.















