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Les livres d'Emmett Farmer
Titre : Les livres d'Emmett Farmer
Autrice : Bridget Collins
Roman
Genre : Fantasy
Maison d’édition : JCLattès
Disponible en version papier et numérique - 528 pages
Age conseillé : Adulte
Résumé :
Emmett Farmer travaille dans les champs quand arrive une lettre annonçant qu’il doit partir chez un maître commencer son apprentissage. Il va devenir enlivreur, un art qui inspire la peur, la méfiance, et suscite bien des superstitions. Mais ni lui ni ses parents ne peuvent refuser. Il va apprendre à confectionner de beaux ouvrages qui renfermeront chacun un trésor unique et extraordinaire : les souvenirs d’un être humain. Si quelqu’un veut oublier une expérience douloureuse, Emmett peut le soulager. S’il veut effacer de sa mémoire un événement tragique, Emmett peut l’y aider. Le passé de cette personne sera alors enfermé dans un livre, à l’abri, et elle ne s’en souviendra plus. Tout sera oublié, même les secrets les plus terribles. Dans un caveau sous l’atelier de son maître, tous ces livres sont soigneusement rangés et conservés sur des rayonnages comme autant de boîtes à souvenirs. Mais un jour, Emmett fait une découverte troublante : l’un de ces livres porte son nom.
Identités représentées : Les deux héros principaux sont bi
Thématiques LGBT+ présentes : Romance gay (primordiale), homophobie (primordiale, raison d'une des grosses intrigues du livre), amour interdit (primordial, raison d'une des grosses intrigues du livre)
Autres thématiques : Différence ce classes sociales, abus sexuel, pouvoir et argent, mariage arrangé, prostitution, oubli des souvenirs douloureux, suicide, meurtre.
TW : Abus sexuel, prostitution de mineurs, violence (suicide, meurtre)
Avis de Marie / histoireseffetmer
« Si le début est assez étrange et flou, le livre prend tout son sens à partir du second tiers. Il est découpé en trois parties et clairement, l'intrigue s'envole un peu avant la seconde partie et lance réellement l'intrigue. Le début du livre se concentre sur le personnage d'Emmett, envoyé un peu contre son grès chez une vieille dame au fin fond d'un marais ; une enlivreuse. Les gens comme elle sont dits sorciers, et Emmett ignore encore ce que cela signifie vraiment. Les enlivreurs ont ce don de pouvoir 'capturer' (sur accord de la personne) un souvenir qu'iel souhaite oublier, et de l'enfermer dans un livre... La seule façon de retrouver ce souvenir ensuite, c'est de détruire l'ouvrage. Emmett est un enlivreur 'né' sans le savoir... Mais ce qu'il ignore également, c'est que quelque part, un livre porte son nom : il a déjà été enlivré. C'est la découverte de cet ouvrage qui va faire basculer son monde et remettre en question tout ce qu'il croyait acquis.
J'ai vraiment adoré l'ambiance générale de cette histoire. En soi, en dehors de ces livres magiques qui gardent en eux les souvenirs noirs de leurs porteurs, l'histoire n'a rien de véritablement exceptionnel, mais c'est cela qui en fait quelque chose de merveilleux ; il y a quelque chose d'haletant, de mystérieux, de sous-jacent, et on ne sait pas ce que c'est jusqu'à ce que ça explose en nous comme une évidence, en même temps que pour les personnages. Le fait que le livre soit divisé en trois parties permet de ponctuer l'histoire, et de nous laisser un peu respirer entre chaque grosse partie. Chacune comporte son lot de thèmes difficiles, abordés sans fioritures et avec justesse, sur un fond d'époque qui les rend à la fois plus intenses et plus horribles parfois... Emmett et Lucian, les deux personnages principaux, ont ce quelque chose d'exaltant et de sombre qui ne peut que faire des étincelles ; et on court avec eux après la vérité cachée, l'amour et leurs souvenirs. L'ensemble a quelque chose de pesant et de léger en même temps, et c'est palpitant jusqu'à la dernière page.
L'intrigue en elle-même est assez lente, mais c'est ce qui donne cette langueur à la fois agréable et insupportable à cette histoire à laquelle on ne s'attend pas du tout en lisant le résumé et en se plongeant dans les premières pages.
Il y a également cette froideur qui suit l'intrigue et qui prend feu quand les deux personnages principaux se retrouvent. Les descriptions de l'auteur sont incroyablement immersives et on a le cœur qui bat plus fort.
Je finirais par cette écriture à la fois poétique et forte, qui finit d'enluminer cette histoire particulière, mais tellement prenante.
En somme un livre inattendu, mais qui vaut la peine qu'on lui prête attention, même si son rythme assez lent et la mise en place de son intrigue plutôt longue ne plaira pas à tout le monde... »
Différentes classes sociales. Grande-Bretagne, 1937.
Sortie du nouveau hors-série du magazine Sciences Humaines : "Où va la France ? Enjeux de notre temps" (HS N°24, mai/juin 2019)
Disponible en version papier et pdf
Sommaire complet, commande en ligne : https://www.scienceshumaines.com/ou-va-la-france_fr_722.htm
Éditorial en accès libre de Maud Navarre : https://www.scienceshumaines.com/enjeux-de-notre-temps-editorial_fr_40869.html
"La société française est traversée de débats dans de très nombreux domaines : politique, économie, revenus et fiscalité, justice, éducation, mode de vie, valeurs et croyances, famille… Comment renouveler la démocratie ? La pression fiscale est-elle trop forte ? Peut-on revaloriser les salaires et les pensions de retraite ? L'école française est-elle vraiment efficace ? Où en est-on des discriminations sexuelles, racistes ou encore antisémites ? [...]
Ce hors-série de Sciences humaines fait le point sur ces questions qu'il instruit à partir des travaux de chercheurs et de spécialistes. Avec la conviction que ces débats sont révélateurs des mutations sociales déjà engagées et de celles à venir."
JOUR 213 - Victoria et les Staveney, Doris Lessing
Résumé « Victoria a neuf ans lorsqu’elle pénètre pour la première fois dans l’univers luxueux des Staveney, une riche famille banche de Londres. Pour cette petite fille noire issue d’un milieu modeste, c’est un choc. »
Je ne réécris ici que les premières lignes de la quatrième de couverture - les suivantes, à mon sens, en disent beaucoup. Tout ce qu’on peut dire, c’est que cette seule nuit aura des conséquences qu’elle n’imagine pas sur sa vie.
« Une vérité monstrueuse semblait tenter de se frayer un chemin dans l’esprit déjà surmené de Victoria. Elle avait l’impression qu’Edward prétendait que leur logement ne se limitait pas à cette pièce. Victoria dormait sur un canapé-lit dans le salon de sa tante. Elle ne pouvait admettre ce qu’elle venait d’entendre. C’était impossible. Se réfugiant dans le fauteuil doux comme un câlin, elle se mit à sucer son pouce, bien qu’elle se répétât qu’elle n’était pas un bébé et devait arrêter tout de suite. »
Cette expérience va, entre autres, la faire rêver d’une chose qui lui paraissait inimaginable : un lieu à elle. La fameuse Chambre à soi de Virginia Woolf.
« Quant à elle, cette nuit avait été comme une porte ouvrant sur des perspectives et des espaces dont elle n’avait même pas imaginé l’existence. « Je veux une chambre à moi, se dit-elle. Je veux un lieu à moi. » »
Très court roman, dont le récit va constamment à l’essentiel. Le rythme de l’écriture donne le sentiment de vivre en accéléré la vie de Victoria, mélange de quelques portes entrouvertes et de beaucoup d’inéluctable. On a les mêmes visions qu’elles, les mêmes oeillères que l’enfant puis la jeune femme qu’elle devient.
Les multiples personnages sont vus par le prisme de Victoria et on apprend à les connaître à mesure de son évolution. Même si on comprend des dynamiques très claires à l’oeuvre (dynamiques sociales, raciales, de genre), on ne tombe jamais dans la caricature. On comprend les mécanismes de pensée des personnages - leur mentalités sont le fruit de constructions idéologiques, historiques et individuelles. Des humains, complexes ; mais en ce qui concerne cette riche famille de Blancs plus ambiguë et moins innocente qu’elle voudrait le croire.
« (…) Thomas, qui avait onze ans, tomba amoureux d’une chanteuse noire. Par la suite, il ne manqua aucune représentation des groupes ou des ballets noirs se produisant à Londres. Les tourments secrets de ses désirs adolescents eurent tous successivement pour objet de noires enchanteresses. Il répétait sans se cacher qu’il trouvait les peaux blanches insipides et aurait aimé naître noir. (…) Dans ses fantasmes, Thomas s’était vu mille fois monter ces marges avec une magnifique star ou starlette noire. »
L’histoire est celle d’une petite fille comme les autres, née noire dans un monde où le racisme est intégré à toutes les couches de la société. De quelle nature sont les chances qui lui sont offertes ? Quelle conscience peut-elle avoir de ce monde, de ses limites, de sa marge de manoeuvre ?
Féroce, marquant.
G.C.
Victoria et les Staveney, Doris Lessing. Traduit de l’anglais par Philippe Giraudon. Flammario 2010. Editeur original : HarperCollinsPublishers, 2008.
Doris Lessing, née le 22 octobre 1919 à Kerm anshah en Perse, elle a six ans quand sa famille s’installe en Rhodésie du Sud, l’actuelle Zimbabwe, alors colonie britannique. Pensionnaire d’un institut catholique tenu par des religieuses qu’elle supporte mal, elle quitte définitivement l’école à quinze ans, travaille en tant que jeune fille au pair puis comme standardiste. En 1938, elle commence à écrire des romans tout en exerçant plusieurs empois pour gagner sa vie. En 1950, elle publie Vaincue par la brousse, puis cinq ouvrages d’inspiration autobiographique, publiés entre 1952 et 1969 ont regroupés sous le titre Les enfants de la violence. Prolixe et éclectique, elle apparaît comme témoin privilégié de son temps. Autrice d’une quarantaine d’ouvrages traduits et primés dans le monde entier, elle a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.
LA CONDITION - L’intrigue, que dis-je toutes les intrigues imbriquées sont un peu too much,
Mais le film est sublime, magnifiquement interprété, les personnages sont grandioses, les premiers rôles et chacun des seconds rôles sont parfaitement travaillés et à tout moment pertinents.
Le propos est fort, sensible, soutenu par un peu trop de romance, mais qu'importe. Les thèmes de la soumission de classe, du patriarcat, du consentement, des accords tacites qui président à toute relation, nous tiennent en haleine, et nous bouleversent encore, même s'ils ne sont en aucun cas traités de facon particulièrement originale.
NOTE 16/20 - Nous sommes face à un grand film, soigné, puissant et prenant, de par son propos, comme dans sa forme, à la fois épurée, un peu baroque, mais surtout radicale.
Le carnaval en chansons : comment la fête renverse les codes entre sexes et classes sociales?
Credit : image générée par AI Le carnaval en chansons : comment la fête renverse les codes entre sexes et classes sociales? Une fête pas si innocente… À première vue, le carnaval, avec ses déguisements bariolés, ses fanfares et ses confettis, semble n’être qu’une simple fête traditionnelle. Pourtant, il s’agit d’un moment clé de transgression sociale et de liberté collective. Depuis des…