Revue LES COPAINS D’LA NEUILLE n°34, p8 : ...Ferré ne considère aucune oeuvre comme parvenue à son stade final, achevé. Tout texte passé est à penser, à envisager comme forme, contenu ou amorce d’un écrit futur. Mallarmé décrit ce phénomène dans son poème en prose “Le Démon de l’analogie” : “Je résolus de laisser les mots de triste nature errer eux-mêmes sur ma bouche..”. (Stéphane Mallarmé - Prose - Le démon de l'analogie , Mallarmé et la transcendance du langage : lecture du Démon de l ... ) Ferré crée une oeuvre non linéaire. Elle est bien plutôt un recueil de constellations, au sens que donne Walter Benjamin à ce mot dans “Le Livre des passages”. Dans chaque vers ou chaque phrase contenant une antithèse, Ferré opère une cristallisation : chaque pensée présente “est déterminé(e) par les images qui sont synchrones avec (elle)”. Le premier terme des antithèses ferréennes émerge du passé du langage commun, du passé des textes antérieurs aussi, et se cristallise au moment de l’écriture avec le second terme surgi du présent en un concept porteur d’une utopie. “L’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation”, écrit Benjamin (dans "Paris, capitale du XIXème siècle - Le Livre des Passages", Ed : Cerf, 2006, p479 : Walter Benjamin - Idixa ). La manière ferréenne d’écrire son monde est un cheminement qui relève d’une transcendance inversée. Il présente cette transcendance dans une proposition antithétique de “La Solitude” basée sur l’opposition entre “devenir” et “non-être” : “Je voudrais m’insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit, le non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité”... Trace et aura. Remarques à propos du Livre des passages de Walter ... La source surréaliste du Livre des passages... : Passages : Isidore Ducasse, Walter Benjamin et Julio Cortázar - Persée <em>Le montage des constellations - Godard et Benjamin</em ... Le montage comme résonance : Chris Marker et l'image dialectique ...