SHORT STORIES 5 - A l’abri de la pluie : Edition spéciale - Erwin et Livaï (5/5)
[ Texte en anglais : ici ( @yusenki ) ]
[ Note : Il existe une dernière scène (entre Eren et Armin : “La tour surplombant les nuages”) pour clore la section A l’abri de la pluie : Edition spéciale, mais le texte est malheureusement introuvable en ligne... ]
Les portes vermoulues du château
La brèche dans le mur en pierre qui encerclait le château servait d’accès à l’intérieur de l’enceinte. Les portes en bois, pourries mais solides, gisaient à terre.
A certains endroits, des parties du toit étaient accrochées à ces portes, et la muraille était parsemée de prises permettant de grimper jusqu’à son sommet. En hauteur, il avait des ouvertures dissimulées pour pouvoir tirer des flèches.
C’était la preuve que, par le passé, un grand nombre d’hommes s'étaient fait la guerre. Cela remontait certainement loin en arrière, au temps où des chevaliers en armure se battaient les uns contre les autres.
« Qu’est-ce que tu regardes ? »
Une voix dans son dos interpella Erwin. Celui-ci regardait droit devant lui le paysage extérieur depuis une des meurtrières.
« C’est toi, Livaï ? Comment se porte Eren ?
- Je l’ai laissé sous la surveillance de mon escouade. Voici le document d’autorisation de la part d’Hansi.
- Tout va bien alors. » répondit Erwin.
Ses yeux bleus restaient fixés sur le paysage au dehors.
« Là-bas... se trouve la route qui mène à la Capitale royale, n’est-ce pas ? demanda Livaï.
- Oui. Si nous devons un jour combattre la monarchie, cet endroit pourra servir de point stratégique.
- Ha… Je ne vais pas rire, même si c’est une blague. »
Livaï haussa les épaules et s’avança pour regarder par une autre meurtrière, à côté de celle qui servait de poste d’observation à Erwin. Il ajouta :
« Normalement, le cas d’Eren devrait attirer l’attention de la Capitale. Nous sommes dans une position où nous devons nous abstenir de tenir des propos déplacés.
- Si c’est toi qui le demandes, personne ne trouvera rien à redire.
- … Tu dis toujours ce que tu as envie de dire. »
Il arrivait encore souvent à Livaï de ne pas comprendre lui-même la conduite d’Erwin… Cependant, parce que ses décisions entraînaient toujours les meilleurs résultats, il croyait en lui et le suivait.
Ce type… Si cela s’avérait nécessaire pour défaire l’humanité de ses chaînes, il serait même prêt à se tourner contre le roi. Pfff.
Tout en formulant ces pensées dans sa tête, Livaï observait l’expression d’Erwin du coin de l’œil.
Il est prêt à donner sa vie pour libérer l’humanité - et non pas pour le roi ou les autorités.
« Ton cas est vraiment intéressant. Même si tu es né dans une famille normale, tu plonges volontairement la tête la première dans cet enfer rempli de titans dans le seul but de libérer l’humanité.
- Il n’y a pas que les gens nés dans la pauvreté qui sont mécontents de la situation actuelle. Pour ma part, actuellement, l’existence à l’intérieur des murs ressemble à un emprisonnement.
- Tsss, tu tiens le même discours que ce gamin.
- Tu parles d’Eren ? Selon le rapport, avant la chute du mur Maria, il disait ce genre de choses : Passer sa vie entière derrière les murs revient à vivre comme du bétail.
- Je comprends moi aussi ce point de vue… dit Livaï en soupirant. Pfff, parfois il ressemble à un monstre… Ses yeux ressemblent à ceux d’une bête féroce à la poursuite du gibier. Il a aussi une dent contre les titans. Mais, par-dessus tout, c’est son mécontentement vis-à-vis de la situation actuelle qui brûle le plus dans son regard – son mécontentement vis-à-vis d’une société qui l’empêche d’aller de l’autre côté des murs, ainsi que sa frustration de se sentir désemparé et incapable de changer les choses.
- Donc, je suis comme lui ?
- Ainsi, tu veux dire que j’ai l’air plutôt jeune parce que j’ai le même regard que cette jeune recrue ? » demanda Erwin en riant.
L’expression sur son visage quand il se mettait à rire le faisait ressembler à un petit garçon. Livaï répondit en fronçant les sourcils :
« Ce n’est pas un compliment.
Erwin finit par détacher son regard du paysage extérieur pour poser les yeux sur le visage de Livaï. Ce dernier leva la tête pour regarder l’homme plus grand que lui.
« En effet, bientôt cette pluie déprimante cessera. On dirait bien qu’un vent nouveau commence à souffler... »
Ainsi, les deux illustres hommes du Bataillon d’exploration attendaient que la pluie s’arrête. Les ailes de la liberté dans leur dos étaient trempées et elles brillaient avec d’autant plus d’éclat.