La bienveillance, câest admettre ses propres failles et faiblesses pour accueillir celles des autres et pouvoir les en soulagerâŠ
V. H. SCORP
seen from Malaysia
seen from Germany
seen from United States
seen from China
seen from United States
seen from Iraq
seen from Germany

seen from United Kingdom
seen from United States

seen from United States

seen from United States
seen from China

seen from United States
seen from India

seen from United States
seen from T1
seen from United States

seen from United States
seen from South Korea
seen from United States
La bienveillance, câest admettre ses propres failles et faiblesses pour accueillir celles des autres et pouvoir les en soulagerâŠ
V. H. SCORP
Silk Faille Convertible Jumpsuit
La chambre, la demoiselle et les questions (p.4).
La demoiselle se dit alors quâelle devrait sans doute se remettre Ă la danse, son unique et plaisant hobby. CâĂ©tait le seul moyen quâelle avait trouvĂ© de sâexprimer, Ă lâabri des regards bien sur. Quant Ă son travail, câĂ©tait le flou complet. Elle nâĂ©tait pas intelligente mais Ă©duquĂ©e, elle avait fait des Ă©tudes universitaires sans avoir de rĂ©el projet professionnel. Elle avait suivi des cours dans plusieurs domaines intĂ©ressants mais qui ne fournissaient pas de diplĂŽmes valorisĂ©s. Elle se retrouva donc Ă lâĂąge de 30 ans contrainte de travailler au sein dâun fast-food. Elle dĂ©testait son travail, non pas parce quâil nâĂ©tait pas socialement valorisĂ©, mais parce quâelle avait dĂ©jĂ travaillĂ© dans ce domaine plus jeune et elle avait dĂ©testĂ©. Dans les foules, elle ne se sentait pas Ă lâaise.
Elle sâĂ©tait toujours sentie Ă©trange, autre. Et ce, depuis toujours. Elle avait toujours eu lâimpression quâelle devait se vendre auprĂšs des autres, quâelle ne pouvait pas simplement ĂȘtre la fille avec (trop) de questions sinon on ne lâapprĂ©cierait sans doute pas ou pas assez, ou pas comme elle le voulait du moins. Et câĂ©tait vrai ! Bon nombre de ses amis dâenfance avaient dĂ©campĂ© au cours des annĂ©es. Ils la trouvaient lassante, Ă©reintante. Ils ne comprenaient pas tous ses questionnements et pour dire vrai ils sâen moquaient complĂštement. Ils la trouvaient paranoĂŻaque et self-centered, ce qui encore une fois Ă©tait vrai. Cependant, sa paranoĂŻa Ă©tait justifiĂ©e puisquâils avaient fini par la quitter.
Elle ne savait plus quoi faire. Devait-elle en attendre quelque chose ? Elle ne savait pas. En faisant un petit Ă©tat des lieux de sa vie Ă 30 ans, elle se rendit compte que rien de ce quâelle avait prĂ©vu pour elle nâavait eu lieu. Elle nâexerçait pas la profession de ses rĂȘves et elle Ă©tait dĂ©sormais seule, mĂȘme si câĂ©tait sa volontĂ©, elle Ă©tait dĂ©vastĂ©e.
Pendant longtemps elle sâĂ©tait menti Ă elle-mĂȘme, pensant que la solitude Ă©tait inhĂ©rente Ă la condition humaine. Comme tout un chacun, elle se reprĂ©sentait les Hommes comme des ĂȘtres sociaux ayant besoin de contact humain pour vivre et ĂȘtre heureux. Mais dans le mĂȘme temps, elle considĂ©rait quâ on Ă©tait en rĂ©alitĂ© toujours seul. Que lâon soit romantiquement engagĂ©, mariĂ©, avec des enfants, entourĂ© dâune famille aimante et Ă©touffante, trĂšs sociable avec des milliers dâamis ou mĂȘme un seul ami fidĂšle, pour elle, au final, on est toujours seul. Parfois elle sâimaginait mĂȘme quâelle irait vivre sur une Ăźle puisque dâaprĂšs elle : « ça ne changerait absolument rien ». En effet, elle estimait que mĂȘme en Ă©tant entourĂ©, on est toujours isolĂ© (mentalement) puisquâon ne peut jamais se confier entiĂšrement, par peur dâĂȘtre par la suite rejetĂ©, moquĂ© ou incompris. Et câĂ©tait vrai (dans son cas), elle en avait fait lâexpĂ©rience plus jeune. Elle avait grandi sans jamais comprendre que parfois ce qui a eu lieu dans le passĂ©, ne peut pas toujours ĂȘtre vrai dans le futur et sây transposer parfaitement.
si tu voulais me voir
moi je préfÚre le noir
j'en vais pas sortir
j'en vais pas me découvrir
de failles
1035, 2 novembre 2019
je nâai pas assez respirĂ© la lavande
mais jâai chĂ©ri mes failles
La ressouvenance serait donc comparable Ă une fouille archĂ©ologique, tout Ă la fois erratique et mĂ©thodique. Elle explore des failles, des Ă©carts dans le continuum du temps. Elle sâarrĂȘte sur des vestiges matĂ©riels qui surgissent de ces failles : des choses â poussiĂšres, chiffons, bouts de charbon â quâil sâagit alors de lire au sens de Walter Benjamin, dans son texte magnifique « Sur le pouvoir dâimitation », parlait de « lire ce qui nâa jamais Ă©tĂ© Ă©crit ». Lecture paradoxale, comme lorsque les Anciens lisaient le temps dans les Ă©toiles ou dans les entrailles. On pourrait dire alors, que le travail de la ressouvenance est tout Ă la fois critique (parce quâil interroge des crises), matĂ©riel (parce quâil plonge dans lâimmanence des choses) et dialectique (parce quâil « lit » ou « lie » des ordres de rĂ©alitĂ© hĂ©tĂ©rogĂšnes).
Georges Didi-Huberman, Pour commencer encore, Argol, 2019
Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables.
Olivier Adam
1105, 11 janvier 2020
đ Les belles choses
SâĂ©lĂšvent
En creusant les failles đ
De nuit sur la porte de la papeterie Saint Sabin, Paris 11° !