A ceux qui se vident au contact des autres Et que seul le silence recharge A ceux qui ne vivent pas pour le partage Mais ont besoin de l’absence pour éclore A ceux qui n’ont pas besoin d’un autre pour exister A ceux qui ne redoutent pas les longs silences A ceux que les foules dissolvent et marchent à contre sens.
A l’isolement comme rempart ultime! A la solitude comme force suprême! A ceux qui traînent la compagnie comme un boulet…
Aux solitaires! Aux orphelins! A la gloire des farouches destins! Aux êtres pleins qui se suffisent! A l’ascète, au moine et à l’ermite! Aux célibataires! Aux écorchés! Aux humanistes désabusés! Aux âmes sauvages et indomptables Qui savent la joie d’être seuls à table.
Aux rejetés, aux non choisis, à ceux qui gênent et font tâche Aux inadaptés, à ceux qui s’ennuient, Qui n’arrivent jamais à trouver leur place Aux impertinents, aux esprits crus, aux amoureux de la liberté absolue Pas prêts à renoncer à leur autonomie.
A ceux qui peinent depuis trop longtemps Dans les plaines verdoyantes de vos printemps A qui la rudesse de l’hiver semble si douce Et s’épanouissent là-haut loin de tous.
Aux être purs qui se contentent D’un crépuscule ou d’une aube naissante Pour s’enivrer de l’insolence de la vie Et en saisissent toute la mélancolie.
A l’isolement comme rempart ultime! A la solitude comme force suprême! A ceux qui trainent la compagnie comme un boulet… Aux incompris des incomplets!
Aux solitaires! Aux orphelins! A la gloire des farouches destins! Aux êtres pleins qui se suffisent! A l’ascète, au moine, et à l’ermite! Aux célibataires! Aux écorchés! Aux humanistes désabusés! Aux âmes sauvages et indomptables Qui savent la joie d’être seuls à table.
Aux misanthropes! Aux cœurs déçus! A la diète sociale comme seul salut! Aux hommes trop grands pour être deux! Aux âmes trop belles pour ces lieux!
Aux indestructibles puisqu’on crèvera seuls! A soi-même et chacun pour sa gueule! A la contemplation, dans le silence, A l’introspection et à l’indépendance! Au loup fuyant! Au vieux berger! Au mouton noir et à l’ours isolé! A la brebis galeuse qui traine la patte, Et n’a pas peur de regarder la mort en face.















