Pluie sur mer d’ombres et de couleurs
Sous l’orage, une foule d’ombres abritées par des parapluies éclatants, résistants et unis face aux éléments.
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Pluie sur mer d’ombres et de couleurs
Sous l’orage, une foule d’ombres abritées par des parapluies éclatants, résistants et unis face aux éléments.
Promenade en bus dans le centre de Mons
Hainaut Belgique Belgium
Janvier 2026
Notes sous la peau
26.01.2026
Sur l’ivoire jauni d’un piano fatigué, des pieds nus avancent à tâtons, funambules du passé.
Ils ne marchent pas vraiment, ils cherchent, ils tâchent d’inventer une autre façon de jouer, comme si la peau pouvait remplacer les mains, comme si chaque pas pouvait réveiller une note oubliée.
Le bois craque doucement sous leur poids.
Chaque touche enfoncée libère un souvenir. Chaque hésitation devient cadence.
C’est une danse fragile, presque sacrée, où le corps écrit la musique au lieu de la lire. Plus loin, dans un décor fissuré comme une vieille photographie, deux mains flottent au-dessus du clavier. Elles effleurent sans saisir, frôlent sans insister, comme si la mémoire elle-même tremblait de revenir.
Autour, le monde se déchire, s’efface, se tait.
Alors le piano devient refuge.
Confident muet.
Un endroit où l’âme se dépose sans témoin.
Entre les pas et les doigts, il n’y a qu’un battement commun —une pulsation intime, obstinée, celle d’un corps qui parle sans voix,
d’un geste qui supplie,
d’un silence qui compose plus fort que n’importe quelle mélodie.
L’art y naît brut, tendre, indompté comme une chanson qu’on n’ose pas jouer, mais qui vibre déjà sous la peau, prête à éclore.
Les-portes-du-sud
Équilibre absurde dans un monde feutré
Un corps en costume défie la gravité, une tasse sur la tête, entre élégance et douce folie.
Cristaux suspendus dans la nuit
Chaque flocon brille comme un secret gelé — fragile, unique, et éphémère dans l’obscurité étoilée.
Tasse de café littéraire
Une pause café sculptée dans les mots, où la vapeur s’élève comme une pensée poétique.
Un vieux téléphone noir repose contre le mur rouge,
massif, presque solennel,
comme un cœur ancien scellé dans la brique.
Son cadran jauni garde la trace des doigts disparus,
des numéros composés avec espoir,
des voix qui tremblaient au bout du fil.
Il ne sonne plus.
Il attend.
Gardien muet d’un siècle effacé.
Plus loin, la nuit a brisé la vitre du monde.
Le verre éclaté retient la lumière
en milliers d’éclats coupants.
Derrière, un combiné pend, suspendu au vide,
comme une phrase interrompue,
comme un « reste avec moi » jamais achevé.
Les néons rouges, bleus, oranges
saignent sur les fissures
et transforment le silence en incendie.
Deux téléphones.
Deux solitudes.
L’un se souvient,
l’autre a lâché prise.
Et pourtant, dans l’air immobile,
quelque chose persiste —
une connexion invisible,
un fil secret que rien ne rompt.
Car certaines rencontres
ressemblent à des particules de lumière :
elles se heurtent une fois
et, même séparées par la nuit,
restent liées pour toujours.
Comme deux voix
qui continuent de s’appeler
dans le silence.
Les-portes-du-sud
The mouth can say what the commands... the eyes do not
L’œil sait ce que le mot ignore.