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Hey guys! My friend has recently started a twenty one pilots account on insta and it would be great if you could follow them!
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•Dear Jeremy,
This have been going pretty well lately. I had a date with Matt the last night of tour that was just..You can tell he put so much effort into it. It was by a little lake, and he had some of his friends go set up this picnic and put up these twinkling lights on some trees. We did the whole cheesy slow dancing thing by the water and he kissed me on the forehead. He’s been so respectful in that sense since I told him about you and your father. He hasn’t pushed me at all to move any faster physically than we’re at right now. I really like that about him.
I guess going in order the next thing that happened was me meeting my dad. I think Josh was right, I had nothing to be scared of. It was awkward as heck don’t get me wrong, but I didn’t really have to do anything to impress him, he just wanted to get to know me. I didn’t have the guts to ask him about him and my mom but maybe someday. I’m glad I went through with it and met him and my sisters. Josh kept his promise and was there for me the whole time, I’m really lucky to have him and I wish he could have met you. He would have loved you so much and probably been an amazing uncle. He’s been an amazing brother so I can’t see why he wouldn’t be a million times better at being an uncle.
While I was at the Ramsay’s though, Matt threw a rock at my window and..Man this still seems like a dream to me. I opened the window and asked what he was doing there, and he was just standing there with a guitar and we talked a little bit before he played Beside You and asked me to be his girlfriend, like officially his girlfriend. I haven’t told him that he’s my actual first boyfriend and that I’ve never done this before but, I think I’m going to. I just don’t want him to think that he has to change or try harder to be the picture perfect boyfriend because I just want him, he’s already been perfect. I wish you could’ve been here to meet him.
I wish you could be here for a lot of reasons. I love you so much Jeremy, I hope Nana is taking good care of you up there, tell her hi for me.
Le funambule
Ça y est. Jour J. Et qu’on ne me parle pas de réveillon de nouvel an, non. Pour moi, le 31 Décembre, c’est son jour. L’anniversaire de Joshua. Je le sens flotter partout dans la chambre, à côté de mes lanternes orangées, rougeâtres, et peut-être même que les couleurs font sourire ce bel homme. Lui qui sourit toujours, malgré tout, les peines, douleurs, cauchemars. Aujourd’hui il...Mon dieu, il vieillit. Je n’aurai jamais imaginé arriver jusque là avec lui et pourtant - et pourtant il a une ride au coin des lèvres qui le terrifie, mais elle ne se dessine que lorsqu’il étire la bouche en coin, quand il sourit oui. Elle a toujours été là et il ne l’a jamais remarquée, simplement. Ce soir comme chaque année, il va dormir avec moi ou me le fera croire. Allongé sur le dos et les bras croisés derrière la tête, à regarder le plafond ou l’éclat doré des lampions et peut-être parfois moi, de ses yeux - ses yeux, ce vert, cet Éden - qui m’apaisent depuis toujours. Puis il partira, et il reviendra un jour, lointain, sans prévenir. Mais je mens, il ne m’abandonne jamais vraiment, mon Joshua.
Au-deçà de l’au-delà.
Joshua marchait sur les remparts du monde, contemplant celui-ci en contre-bas. Ce qu'il y avait de l'autre côté des hautes enceintes l'avait toujours intrigué et parfois son corps, malmené par les assauts du vent, tanguait dangereusement en cette direction. La chute lui serait inévitable, un jour futur, car il savait qu'il se laisserait tout simplement pousser et tomberait dans le gouffre sans fond qui se trouvait dans son dos. Joshua, pourtant, ne quittait pas des yeux le monde dont il venait, amer de l'avoir quitté, nostalgique du passé qui le retenait comme deux bras l'enlaçant avec ferveur. Cette étreinte qu'il avait trop longtemps été incapable de ressentir, voilà qu'elle se faisait pressante, le rendant prisonnier de cet entre deux mondes. Combien de temps cela durerait encore avant qu'il ne décide enfin, un jour, de s'abandonner aux regrets et s'admettre vaincu par nul autre que lui-même, ses démons et ses peurs ? Il se sentait lâche, ainsi posté en observateur de ce qui fut et ne serait plus jamais, ainsi que de ce qui serait mais ne serait jamais tout à fait. S'il avait la certitude que de l'autre côté du monde, il pourrait apercevoir celui-ci par une brèche dans le mur, il irait sans remords. Mais la mort n'offre aucune échappatoire et il ne le savait que trop bien. Encore un soir où il s'allongerait dos sur les pierres, guettant le ciel qui lui, était au-dessus de tout : vie, mort, mur, lui. Il aurait voulu pouvoir s'envoler, au lieu d'avoir à jouer les équilibristes qui finissent tôt ou tard par choir.
Joyeux Anniversaire, Samuel.
L’unique fleur est allongée sur la table en bois, son reflet s’y mêlant à son ombre. Un pétale en est déjà tombé et gît à présent au sol, tragiquement malmené par les griffes d’un chat de gouttière. Le raclement de ses pattes sur le parquet et ses miaulements s’ajoutent aux rares bruits dans l’appartement : un robinet coule, une musique étouffée parvient de la chambre à coucher. - Je t’entends faire des conneries… L’animal redresse ses oreilles et cesse tout mouvement, pétale sur la langue. Son maître, l’un de ses maîtres du moins, coupe l’arrivée d’eau avant de sortie de la salle de bain. Il a cette étrange habitude de s’appuyer contre le montant des portes, d’une seule épaule, tout en croisant les chevilles et les bras. En cet instant, c’est exactement ce qu’il fait, mais son regard brillant et le sourire attaché à ses lèvres sont adressés au petit animal qui lui répond d’un miaulement. Ca a le mérite de le faire soupirer tranquillement. Enfin, Joshua se redresse, appose ses doigts sur l’interrupteur de la salle de bain pour en éteindre la lumière : celle-ci, qui formait un halo derrière lui, se mue en une forme sombre qui le recouvre presque intégralement. Seuls ses yeux parviennent à rester éblouissant, jusqu’à ce qu’il se dégage de l’obscurité pour revenir dans la clarté du salon. D’un regard lancé vers l’horloge du salon, puis vers la montre qu’il portait au poignet droit, il conclut qu’il était temps de se mettre en route. Il y avait bien longtemps qu’il ne s’était plus référé au temps humain, au temps qui passe : la notion lui semblait presque abstraite. Néanmoins une à deux fois par ans, il faisait l’effort de s’en remettre à ces aiguilles qui tournent toujours alors que les siennes sont arrêtées depuis longtemps - du moins, celles de l’horloge, pas celles de sa montre. Huit heures, annonçaient-elles. Dans un délicat mouvement, il récupéra la veste noire savamment posée sur un dossier de chaise et l’enfila sur ses épaules. Il fit rabattre le col, ajusta celui de la chemise blanche par-dessous, puis lissa les pans noirs qui vinrent scinder sa silhouette. - Bon…Qu’est-ce que t’en penses ? A part lui-même, et le chat, il n’y avait toujours personne dans l’appartement. Mais Joshua ne s’adressait à personne d’autre qu’au petit animal, dont la tête se pencha aussitôt sur la droite. - Tu as raison, il manque quelque-chose… Ses lèvres se pincèrent un bref moment, aussi court que celui qui lui fut nécessaire pour s’emparer de la cravate qui était restée sur la chaise. Ses pas le ramenèrent quelques pas en arrière et, fixant son reflet dans la salle-de-bain éteinte, tout en étant lui-même baigné dans lumière extérieure, il enroula le tissu autour de son cou et l’y noua. - Mieux. Il s’adressa un sourire - ou il adressa un sourire au vague, car il s’était déjà détourné de lui-même. Revenu près de la table, ses doigts s’accrochèrent à la rose endormie pour la réveiller : il caressa la tige du plat du pouce, découvrit ses épines, ébouriffa ses pétales. Entre ses mains, elle parut plus rouge, plus éclatante. Il semblait redonner vie aux inanimés, aux morts. Mais ce n’était guère le cas. Lui-même n’était qu’un mort parmi d’autres : un mort dont l’unique amour fêtait aujourd’hui ses vingt-trois ans. Ça lui paraissait sans doute dérisoire à lui qui ne voyait même plus le temps passer. Mais pour Samuel, et même si celui-ci ne lui en avait jamais fait la demande, il se forçait à revenir, l’espace de quelques heures au moins, à ce qu’ils étaient avant : deux individus normaux, se souvenant des anniversaires, des fêtes, des rendez-vous avec les vivants. C’est ainsi qu’il s’était d’ailleurs retrouvé seul aujourd’hui, encourageant Samuel à rejoindre Mary - il aurait poussé jusqu’à lui dire de rejoindre Dante, mais cela aurait aussitôt paru suspect. Il avait eu besoin de temps, d’un peu de temps, seul, pour se préparer et prévoir le déroulement de la soirée. Evidemment à ses yeux, tout cela n’était pas grand-chose. Il n’avait jamais été un très grand spécialiste des soirées, des rendez-vous romantiques et des grandes déclarations d’amour : Joshua, lui, aimait en silence et il fallait s’en contenter. Mais ce soir, il ferait une exception. - Souhaite-moi bonne chance. L’animal s’était approché de lui, abandonnant l’unique pétale arraché à son triste sort, là-bas sur le plancher. Lorsque sa queue vint s’enrouler autour du mollet de l’homme, il s’abaisse pour lui caresser la tête et lui offrir quelques chatouillis derrière l’oreille : le ronronnement du chat l’apaisa mieux et plus que n’importe quoi d’autre. Mais il devait partir, l’heure approchait. Ils se séparèrent alors d’un commun accord, une sorte de rituel déjà bien rodé entre les deux âmes qui s’étaient rencontrées en bord de route un soir comme celui-ci, un soir de pluie. Sans un regard en arrière, Joshua se mit en route vers la sortie : il s’arrêta uniquement face à un miroir pour enrouler une mèche rubis à son index et la glisser ensuite derrière l’oreille. Elle retomberait bientôt, il en était certain, mais ces quelques réflexes typiquement humains qui lui revenaient laissaient présager de la vie qui, de temps à autre, semblait encore couler dans ses veines. Depuis que Samuel était entré dans sa vie, puis lorsqu’il l’eut rejoint dans la mort, Joshua était transformé. Il aurait incapable de le dire lui-même, mais ce sourire, sur ses lèvres, était d’une sincérité indicible. La porte se referma derrière lui, après qu’il eut saisit une boîte en velours noir enrubannée d’argent. Ils avaient rendez-vous et il ne fallait pas qu’il arrive en retard.