"Les droits de l’homme, religion humanitaire version noachide, sont désormais la nouvelle référence du peuple français largement inconscient des sources profondes façonnant ce nouvel évangile. Sait-il au moins que le préambule de cette Déclaration s’appuie sur "l’Être suprême" qui n’est que l’En-Sof, le Dieu infini de la Kabbale…"
Pierre Hillard, préface à Anacharsis Cloots, La République Universelle du Genre Humain, 2019.
L’autre jour en me baladant en ville, j’ai croisé un jeu de la marelle peint au sol. Je n’en avais pas vu depuis mon enfance, où j’y jouais à la cour de récré.
Et puis ce jour là, des années après, une pensée m’a frappé : est-ce que le jeu de la marelle serait en fait une référence à l’arbre des Sephiroth de la Kabbale depuis le début ⁉️
Sur ce modèle-ci, on peut diviser les différents Sephiroth en 4 parties, comme celles dans la pastille en bas sur l’image ci dessus.
L’arbre de la Kabbale peut être appréhendé sous 4 paliers : le monde de l’action (qui correspond au corps physique, malkuth/le royaume de la matière, c’est notre point de départ), le monde de la formation (qui correspond au cœur, iesod/hod/netsah), puis le monde de la création (correspondant à l’intellect, tipheret/geburah/hesed), et enfin le monde des émanations (l’âme, binah/hokmah/kether, l’ain soph aur, l’infini, l’absolu, enfin vous voyez le topo).
En cherchant d’autres « patterns » du jeu de la marelle, je suis retombé.e sur celui de mon enfance :
Et l’association de chaque case à une séphira de la kabbale se révèle encore plus évidente sur ce schéma !
Même Daat, la séphira *cachée* dans laquelle toutes les autres sphères sont unies, y a sa place.
Cependant, une des curieuses différences entre l’arbre de la kabbale et notre jeu de la marelle est l’inversion des nombres :
Kether (la couronne) est sensée être la sphère 1, celle dont a émané toutes les autres, et Malkuth, la dernière, celle où nous sommes piégés dans la matière.
La marelle nous offre au contraire Malkuth comme la case 1, car c’est notre point de départ. Il s’agit de remonter l’arbre des sephiroth en sens inverse, jusqu’à la source.
Mais au fait, d’où ça nous vient la marelle au juste ? 🤔
L’origine de ce jeu est ancienne et prends ses racines à divers endroits du globe : des traces furent retrouvées en Grande-Bretagne, en Égypte et Grèce antiques, sur le forum de Rome, jusqu’en Inde d’où elle semble prendre sa source. Elle est entre autre mentionnée dans les Dialogues de Bouddha, au Vème siècle avant J.C., et même en Chine vers 2357 avant notre ère, sous le nom de jeu du dragon.
Dans l’empire romain, on en fit un exercice militaire, afin d’entraîner les soldats au saut à cloche-pied en cas de blessure.
À l’origine, le dessin comprenait 7 cases (comme sur la première photo que j’ai partagé) et progressivement de nouvelles versions à 10 cases ont vu le jour. Je n’ai pas pu trouver d’explications ou de sources sur pourquoi le nombre de cases a évolué au fil du temps, mais les premiers écrits kabbalistiques remontent à l’an 1130, donc après l’invention de la marelle elle-même.
On pourrait alors questionner un potentiel syncrétisme entre les deux, qui expliquerait pourquoi son évolution colle si bien à la répartition des sephiroth de l’arbre de vie.
Le jeu apparaîtrait alors comme un moyen d’apprentissage hermétique, une première étape initiatique pour se familiariser avec les concepts plus profonds de la Kabbale. L’agilité physique et l’équilibre reflétant la discipline mentale nécessaire à cette remontée. La marelle nous montre aussi que le chemin ne peut se faire qu’en remontant les cases dans l’ordre : pas de raccourci possible pour réussir l’ascension, chaque case (ou sephiroth symbolique) marque une étape nécessaire.
Pour celleux qui font preuve d’attention, on peut identifier des restes d’un passé ésotérique très influent qui survivent un peu partout dans les petites choses de notre quotidien, dans ces couches subtiles qui forment le socle commun de notre culture.
Et vous, aviez-vous réalisé ce rapprochement entre les deux ? 😉
Le terme Kabbale fait spécifiquement référence à une forme de mysticisme juif qui se répandit au Moyen Âge. Cependant, dans les dernières décennies, il est devenu un terme générique désignant l'ensemble de la pensée mystique juive. Signifiant littéralement ‘ce qui est reçu’, la Kabbale comprend une série de traditions ésotériques remontant aux temps bibliques et encore très vivantes aujourd'hui. Elle traite de sujets tels que la création du monde, la nature de Dieu, l'expérience mystique extatique, l'ère messianique à venir et la nature de l'au-delà. En fin de compte, la Kabbale représente la forme juive de ce que toutes les traditions mystiques recherchent, une connaissance directe et intime du divin au-delà de l'intellect.
[ID: A digital drawing of Kabbale and Dolce from Angel’s Friends. Kabbale on the left is holding Dolce by the waist and kisses her on the cheek while leaning on her. Dolce is holding Kabbale’s head and is smiling a lot. END ID]