avant que la nuit tombe...
Sous ce ciel, j'écris mes vains poèmes,
Ces couleurs ! Tourner les yeux serait blasphème
A quoi ressemble le bonheur ?
A ce petit banc, radeau sur le naufrage de mes peurs,
Sous ce ciel aux milles couleurs,
Où tout l'art du monde est contenu,
Instant immortel et déjà perdu,
comment te chérir à jamais ?
Et si un jour je m'en vais,
Le monde entier me sera arraché !
Comme Elon Musk, je refuse de l'accepter,
cette putain de nécessité,
Je veux être Dieu, sous ce ciel sublime,
Distinguer les détails, depuis ma cime
surplombant ce monde qui tourne à l'envers
Libérée de la gravité et ses fers !
Si loin de l'idée de finitude
Bordel, je veux prendre de l'altitude !
Loin de ce jour de Noël plombant
De ces couleurs qui s'évaporent à chaque instant
Comment ose-tu disparaître, jolie aquarelle ?
Dieu, pourquoi n'a tu rien fait d'éternel,
Que ton néant glacé, que personne ne voit ?
Et si seulement tu nous avais dit pourquoi.
Je hais ce temps, donnez-moi l'éternel maintenant !
Que jamais plus la nuit ne tombe,
Que plus jamais ne s'érige une tombe,
Affranchit-nous, Dieu, dès aujourd'hui,
De cette peine, que nous n'avons pas choisie,
Couleurs, revenez-moi, nuit, ne tombe pas !
Rose du ciel, ne me quitte pas,
Pour éclairer d'autres espaces,
Pourquoi, Dieu, faut-il que tout passe ?
Égoïste, pourquoi glorifier cette démesure ?
Ah tais-toi, et accepte ta nature,
Comme tant d'autres ont baissé la tête,
Agenouille-toi, prend un air de fête,
Puisqu'on va tous mourir, autant sourire,
Ah, ça y est, l'instant s'en va !
Elles sont parties, mes couleurs, que le ciel est laid !
Déjà perdu, l'instant parfait,
Je ne t'oublierai pas, je le promet.
Te voilà mien, à tout jamais !