NIGHTMARE ALLEY - Ca commence un peu en mode Disney pour adulte, avec les méandres d’une foire aux monstres, comme on n’en fait plus que dans les films. Et puis le récit bifurque pour se recentrer (un petit peu trop) sur son personnage central, Bradley Cooper qui a fini de chanter ave Lady Gaga pour devenir mentaliste pour snobs en mal de de vivre et/ou en manque d’attractions…
On plonge alors dans un thriller somptueux, sinueux et vénéneux à souhait, avec ses bonimenteurs interlopes, ses fausses magiciennes et sa blonde fatale, incarnée par une Cate Blanchett spectaculaire.
Le film prend son temps et s'insinue à combustion lente, virant parfois au maniérisme, magnifié par une photographie glacée lorgnant vers le "noir et blanc" en couleurs froide. En racontant l’histoire d’un faux devin cupide dans l’Amérique des années 1940, del Toro délaisse les monstres touchants pour livrer un film noir pas toujours subtil, mais d’un pessimisme étonnant.
On peut déplorer que le scénario piétine souvent, et notamment du fait d’un éparpillement assez fatigant de personnages secondaires que le réalisateur abandonne assez vite les uns après les autres, sans que l’on puisse comprendre pourquoi ils nous ont été présentés. L'impression qu'aucun personnage ne devient jamais un sujet, est un peu frustrante; la forme du film prend le dessus sur une intrigue qui a de moins en moins d’intérêt.
Ce qui sauve la narration en plus de son casting impressionnant, c’est qu’elle flirte en permanence avec le surnaturel en restant toujours très réaliste et étonnamment concrète. Il y a là comme une propagande “anti surnaturel”, qui fait du bien. On découvre même les ficelles de ce grand théâtre de marionnettes humaines, rappelant que la cupidité de ceux qui animent ce grand jeu ne souffre d’aucune exception, et que la mise en scène est le plus souvent macabre.
NOTE 14/20 - Malgré des longueur dans le scénario, une première partie assez fade et des acteurs qui surjouent leurs personnages, la seconde partie est assez captivante, même si un peu convenue.
De l’ensemble se dégage un esprit de propreté maniaque, manifestement convaincu que pour garder le cinéma d’antan en vie, il n’y a pas d’autre choix que d’en figer les images sur papier glacé, dans une ambiance sur-travaillée au millimètre, au point d’en faire des décors, et non une reconstitution.
















