À partir des années 70, la garantie relative de stabilité dans l'emploi, qui avait permis à la société marchande de s'imposer face à une formation sociale, l'ordre traditionnel, dont cette garantie de stabilité constituait justement la principale vertu, perd, avec l'anéantissement de l'adversaire, toute nécessité. Il s'engage alors un processus de flexibilisation de la production, de précarisation des exploités dans lequel nous nous trouvons encore, et qui n'a pas atteint, à ce jour, ses dernières limites. Voilà bientôt trois décennies que le monde industrialisé est entré dans une phase d'involution autotomique où il en vient à démanteler lui-même, pas à pas, le salariat classique, et à se propulser à partir de ce démantèlement. Nous assistons depuis lors à l'abolition de la société salariale sur le terrain même de la société salariale, c'est-à-dire au sein des rapports de domination qu'elle commande.
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Rien, dès lors, ne peut empêcher les formes de production dites « postfordistes » de se généraliser et avec elles la flexibilité, le flux tendu, la mobilité, le « management par projet » et les « tâches enrichies » pour « agents polyvalents ». Or une telle organisation du travail, dont l'efficacité repose sur l'inconstance, l'« autonomie » et l'opportunisme des producteurs, a le mérite de rendre impossible toute identification de l'homme avec sa fonction sociale, soit, en d'autres termes, d'être hautement génératrice de Bloom.