Quand je sais, à l’odeur, qu’il vaut mieux qu’un élève aille se changer.
(Source : lesmecsviennentdemars)

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Quand je sais, à l’odeur, qu’il vaut mieux qu’un élève aille se changer.
(Source : lesmecsviennentdemars)
Quand tu as l'impression de puer la m**de après t'être occupé de tous les gamins encoprétiques du service.
On a juste tout ce qu’on mérite
Parfois, souvent, je vois des photos sur Tumblr. Des photos où l’on peut voir, bordé de flou et contrasté de couleurs peu saturées, deux mains qui s’enlacent, qui se caressent, qui s’aiment, qui se rassurent; une main qui se balade le long de la colonne vertébrale humaine, sur une peau douce et chérie, ou deux êtres qui manifestent une affection qui semble n’avoir aucune limite pendant le moment présent. Lorsque mes yeux se retrouvent confrontés à de telles émotions métaphorisées sous forme de photographies, je me demande ce que tout cela fait au corps, aux sens. Que ressent-on lorsqu’un bras repose sur nos épaules ? Qu’est-ce que cela fait-il d’avoir ses doigts parfaitement entrecroisés avec d’autres ? Qu’est-ce que ça fait d’embrasser quelqu’un ? Qu’est-ce que ça fait d’être aimé pour la personne que nous sommes réellement ?
J’ai mal putain, j’ai mal d’être seule. Je n’ai tellement pas de vie que j’écris des textes ici, sur ce blog moche, sans interêt, sans originalité. Je me sens tellement inutile, tellement bête et faible. Pourquoi tous ces mecs me collent ? C’est quoi leur problème ? Que me veulent-ils bordel ?
Pourquoi les gens me jugent ? Je n’ai rien fais, rien demandé ! Laissez-moi putain, laissez-moi vivre ma vie et supporter la peine qui s’abat sur moi chaque seconde de ma vie. Ne voyez-vous donc pas ces putains de larmes qui jaillissent de mes yeux dégueulasses en cour, devant ce tableau vert foncé ignoble avec ses mots bâclés écrits salement ? J’ai mal putain, j’ai tellement mal.
Je vais en cour, je me force à supporter des gens qui sont ignorants et méchants, à supporter des profs fainéants et désintéressés, répondants plus volontairement aux questions stupides que pertinentes. Je rentre chez moi, je dois supporter la conneries continuelle de mes parents, la colère inutile et nocive de mon soit-disant père, la simplicité de ma mère, l’idiotie de ma soeur. J’écoute les problèmes des uns, j’absorbe la tristesse des autre, et putain, tout ce qui peux sortir de votre bouche ce sont des insultes ! Vous n’en avez donc pas marre de pisser sur les mauvaises personnes ? Vous êtes si stupides, si cons, si idiots et ignorants. J’ai envie de pleurer de colère, de rage, face à votre comportement puéril d’abrutis.
Et quand je vois toutes ces mauvaises nouvelles à la télé, je me dis qu’au fond, on a juste tout ce qu’on mérite. Surtout vous.
Quand tu arrives en salle de TD et qu’il y en a eu quatre avant toi...
Quand ça sent la transpette dans tout l'étage
Souvenirs de PDM. Chronique No 1: Monsieur Cloutier
Nous reparlions de nos souvenirs scolaires, de ces professeurs que nous avions connus au secondaire, des meilleurs, nombreux quand même, et des pires, moins nombreux, mais plus mémorables aussi.
Étonnament, malgré nos 11 ans de différence, ayant fréquenté le même établissement scolaire en autant d'années d'intervalle, nous avions bon nombre d'entre eux en commun.
La palme du plus mémorable entre tous revenant sans conteste à M. Raymond Cloutier*! Professeur de mathématiques, j'avais eu la bête en quatrième secondaire. Son enseignement, comme du reste l'entièreté de sa personne, était indigeste. Cet homme sans âge (40-50-60 ans?) antilogie du professeur par excellence, favorisait le désapprentissage de la matière qu'il devait nous enseigner. Ses explications, toujours vaseuses, incompréhensibles, données en marmonnant dans un murmure mou et apathique, forçaient l'écoute la plus attentive, mais aussi la plus vaine. Car on avait beau y mettre toute la bonne volonté dont nous étions capables, nos efforts étaient vains. Autant essayer d'exprimer une goutte de jus d'une écorce de citron jetée par un avare; rien à en tirer.
Une fois son succinct discours explicatif quotidien expédié, marmotté debout, regard fuyant, formules transcrites au tableau de ses doigts gourds d'hypertendu, la craie cassant sous l'effort -moment où nous entendions encore moins sa voix trop basse de bougon mal dégrossi, car il nous montrait alors carrément le dos!- il questionnait invariablement:
"Qui n'a pas compris?", d'une voix menaçante n'invitant pas à se manifester... Pourtant, quand il insistait afin que nous levions la main pour signifier notre incompréhension sur ses explications du jour, toute la classe, unanimement, levait la main; il refusait, catégorique, de recommencer son exposé du jour.
"Oui, mais, personne ne comprend!" nous opposions-nous.
Rien à faire. Il restait de marbre et rétorquait, impassible:
" Que ceux qui ne comprennent pas viennent me voir à mon bureau."
Bang!
Or, passer à son bureau relevait ni plus ni moins d'un pur acte d'héroïsme individuel et/ou du suicide collectif (tous se levaient pour faire la queue à son bureau).
Car Monsieur Cloutier puait. Il puait chaque jour, tou-jours. Il se faisait sentir de loin; de près, il était carrément infect. L'homme, aux invariables complets de polyester bruns ou beiges, avec ses larges cravates démodées aux motifs tourbillons d'automne ou vomis de fond de cuvette dont on tire la chasse, exhalait à lui seul toutes les puanteurs corporelles possibles et inimaginables.
Monsieur Cloutier puait.
Son haleine, ses aisselles, ses pieds, ses parties intimes, ses vêtements, tout en lui puait. Il dégageait de sombres odeurs pestilentielles. Ses habits, d'une propreté douteuse, recouverts aux épaules d'une pluie de pellicules tenaces tombant de son crâne semi-calvitieux. Par coquetterie, sans doute, avait-il laissé pousser ses cheveux d'un des deux côtés du crâne et ramenait-il la longue mèche sur le sommet de sa tête afin d'en dissimuler la disgracieuse calvitie? La fameuse mèche de cheveux retombait régulièrement sur son nez. Or, il s'agissait d'une mèche généreuse, toujours bien grasse, de cheveux jadis bouclés, mais désormais aussi crépus que leur saleté le permettait et le spectacle de leur dégringolade sur le nez proéminent et luisant de Herr Cloutier ne manquait pas de nous plonger dans l'effroi d'un dégoût sincère et total.
J'ai bien dit: Herr Cloutier. Il menait sa classe comme un haut gradé d'armée allemande: sec, impérieux, implacable. Tout au long de son cours, il perdait très fréquemment les pédales. Sacrait, tonitruait, invectivait ceux qui parlaient. Étonnant comme ses blasphèmes pouvaient être, contrairement à ses explications, fort bien audibles. S'il avait mis autant d'efforts à articuler ses formules qu'à profèrer ses jurons, peut-être que certains d'entre nous auraient réussi à passer son cours?
En mon temps, on disait de lui qu'il s'agissait d'un ancien frère qui avait défroqué. En ton temps, il prétendait vouloir quitter l'enseignement au Québec pour partir en missionnariat à l'étranger. L'expérience lui avait sans doute déplu, ou alors n'avait-on plus voulu de lui à l'étranger, toujours est-il que, 11 ans plus tard, après t'avoir enseigné à toi, il était encore là pour m'enseigner à moi.
Arrivée à son cours, première de classe, j'en repartie bonne dernière. Avertie de ses problèmes d'hygiène, j'étais assise tout au fond de la classe, le plus loin possible de ses effluves corporels nauséabonds. Alors qu'en début d'année, mes examens et mes notes semblaient prometteurs, il m'avait interpellée ainsi avant un contôle:
"Recule!" me dit-il.
-Moi?
-Ton pupitre!"
Ce que je fis. Séparant le mien de celui de ma voisine.
"Encore!" insista-t-il avec brusquerie et extrême lassitude.
Je reculai.
"Encore!"
Je reculai.
"Tasse!" me dit-il en pointant vers la porte.
"Tasse!!!" avec insistance, comme si j'étais trop conne pour deviner son intention.
Finalement, son intention était de m'isoler dans le corridor où personne n'aurait accès à mon immense savoir mathématique. Que ne l'avais-je pas deviné plus tôt?
Tout cela pour finir l'année, mathématiquement fort idiote en effet. Il avait réussi à faire échouer celle sur qui tous voulaient copier en début d'année scolaire! Bel exploit!
Deux élèves, Yves et Robert, subissaient plus directement les relents du fétide enseignant; ils étaient assis tout juste devant lui, pupitres collés au sien! M. Cloutier les avait condamnés à être là à cause de leur turbulence. Les pauvres! Sans doute n'ont-ils jamais autant regretté leur inconduite!
Persévérants et bourrés de bonnes intentions, Yves et Robert apportèrent régulièrement, mais toujours sans succès, des cadeaux à leur cher professeur. Dans des sacs de papier brun discrets, ils lui offrirent déodorant, savon, rince-bouche, shampooing, etc. Le méphitique professeur soulevait le produit hors du sac, regardait sans comprendre, remettait le tout à sa place en grommelant. Les garçons insistaient, un cadeau ne se refuse pas! Un cadeau ne se refuse certes pas, mais l'inutilisation des leurs restait flagrante: Monsieur Cloutier puait!
*Surtout ne pas confondre avec l'acteur québécois du même nom! Auprès de qui je m'excuse malgré mon irresponsabilité totale face à cette homonymie de hasard...