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LIVRE : Denis Rouvre - Unsung Heroes - Elles brisent le silence - Aux editions Textuel
Elles brisent le silence Unsung Heroes DENIS ROUVRE
En partenariat avec Médecins du Monde Préface du Dr Denis Mukwege
Les droits des femmes ne sont jamais acquis. Chaque jour, ils sont remis en cause, bafoués, et chaque avancée vers plus de liberté, chaque pas vers l’égalité des genres est une fragile victoire. Il est urgent d’écouter les femmes. Urgent d’entendre leur souffrance et leur cri de résistance. Ce projet photographique écrit par Médecins du Monde et Denis Rouvre oppose aux silences les visages et les mots de dizaines de femmes. Unsung Heroes est un geste politique, artistique, humain. Un recueil d’histoires ordinaires, singulières, bouleversantes, où s’exprime la violence du monde. C’est une chambre d’écho où se répercutent les messages d’espoir de millions de femmes et où l’on entend, pour peu que l’on veuille écouter, le murmure du changement.
ISBN : 978-2-84597-795-2 20,5 x 28,5 Relié 160 pages 29 € En partenariat avec Médecins du Monde
Frontlines : Au chevet de la prostitution, avec Antoine D’Agata On est allé parler drogues, photographie prostitution internationale et intégrité chez l’ogre situationniste de la photographie, dans sa petite maison, à Arles.
(c) Toutes les photographies sont d’Antoine D’Agata.
Marseille est une tapineuse usée, qui soigne sa syphilis au soleil et descend rarement les poubelles. Il y a près de 60 piges, la vielle ville a vu naître un de ses muscles créatifs les plus puissants et veineux : Antoine D’Agata. Élevé par des parents bouchers, le jeune fils de siciliens – qui dispose alors encore de ses deux yeux –, voulait à l’époque devenir prêtre. Mais le garçon aime vivre la nuit : “j’avais toujours beaucoup de mal à me lever le matin, et les choses n'ont fait qu'empirer, au fil des années.”
Effectivement.
Entretemps, D’Agata quitte la France, erre, se came, aime Bacon, milite, zone, perd son oeil gauche dans une manif et passe pêle-mêle par les cours de Larry Clark et Nan Goldin à l'International Center of Photography, le bureau éditorial de Magnum, à New York, la Villa Médicis, le Prix Niépce, le curating de papi Caujolle, les Rencontres d’Arles, Le BAL, La Galerie des Filles du Calvaire, les Éditions Xavier Barral ou les lignes du Monde Diplomatique : “je suis arrivé à la photographie assez tard finalement, ma première parution, c’est en 99 dans Libé, j’avais déjà 38 ans. D’une certaine façon, au niveau des idées, de la détermination et de la colère, j'étais déjà largement fini lorsque que je suis arrivé à l’image.”
Un parcours sans faute pour un chemin semé d’embûches : guerre, prostitution, misère dope… Antoine D’Agata a brûlé ses nombreuses vies au chevet de l’humanité. Une humanité sur le fil, une humanité dans ces expressions les plus décentrée, qu’il n’a eu cesse de photographier, immergé parmis les réfugiés, les damnés, les passagers des bars et des chambres d’hôtels. Aujourd’hui, ses travaux no-limit et son geste fusionnel sont célébrés aux quatre coins du monde.
À ce jour, Antoine a quatre filles, ainsi qu’une innombrable descendance d’enfants non-déclarés : on ne compte plus les merdeuses en école de photographie qui décrivent leur travaux comme “du D’Agata. Ouais mec, moi je fais du D’Agata”. Étrange croyance qui tendrait à imaginer devenir photographe contemporain en se contentant que d’une soumission intermittente à ses pulsions les plus crasses. La réalité artistique d’Antoine D’Agata est éminemment plus complexe, son tombeau est piégé. À l’image d’Atlas, son dernier ouvrage en date, un livre équarrit dans la chair d’un film éponyme, lui-même taillé dans une vaste odyssée cathartique dans le monde de la prostitution, du Cambodge qu’il connaît bien, à la Norvège en passant par Cuba, le Japon ou la Géorgie.
On est allé parler drogues, prostitution internationale et intégrité chez l’ogre situationniste de la photographie, dans sa petite maison, à Arles.
L’entretien complet, ici.
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