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the sea paintings de Jessica Warboys
La série de peinture “the sea painting” de Jessica Warboys est un parfait exemple illustrant les possibilité de communication pouvant se créer entre les Hommes et la Mer par l’intermédiaire de l’art. Ces peintures abstraites parfois même impressionnistes (dans la potentielle vision d’une figuration) est le résultat de ce que l’on pourrait potentiellement appelée une performance. Cette action consiste à ne devenir que l’outils de création de la Mer : à l’aide de pigments déposés sur une toile souvent pliée, Jessica Warbarboys plonge les toiles et laisse la force et le mouvement des vagues décider et se dessiner sur la toile.
Ange Leccia - La mer - 1991
https://www.youtube.com/watch?v=90qzvEuZmxs
Ange Leccia - La mer - 1991
La Mer est une vidéo réalisée en 1991 en Corse. Il s’agit d’une projection à la verticale du mouvement incessant de vagues déferlant sur la plage de Nonza. Lors de la prise de vue, l’artiste a basculé sa caméra afin de saisir une image vue de dessus. Le ressac ininterrompu s’appréhende comme une pulsation, une respiration. Les assauts verticaux et continus des vagues déterminent inspiration, expiration. Jouant sur les motifs sinueux, lumineux et graphiques du mouvement de l’eau, de l’écume et du sable et les valeurs d’une image noir et blanc, la caméra transforme les vagues en montagnes, la profondeur en planéité, le figuratif en abstraction. Cette vidéo s’inscrit dans un travail plus contemplatif sur le paysage et les éléments
Exemples artistiques de différents corps vécus utilisés dans l’art.
Les différences quelles soient morphologiques , biologiques ou sexuelles étant enregistrées et souvent remises en question par la culture, certains décident de s’en servir pour questionner cette hiérarchie des différences en utilisant comme symbol utopique la mer. C’est le cas de Louie Psihoyos, réalisateur du lm documentaire sur les causes de disparition d’espèces animales : « Racing Extinction ». Le réalisateur propose ici une interprétation pour une chanson originale du lm de J.Raph; « Manta ray ». Elle fut écrite pour une artiste transsexuelle revendiquant sa fluidité sexuelle: Anohny Hegarty. Cette chanson illustre la nécessité de préserver les fonds marins : « sans la biodiversité, je ne suis rien ». Le choix de l’interprète ne peut être anodin, il sous- entend et défend l’acceptation des fluidités et des différences identitaires présentes de façon naturelles dans le milieu marin. Une acceptation que ces artistes aimerait voir également pour notre société. Anohny Hegarty sera la première artiste transgenre à être nominée aux Oscars, une cérémonie qu’il boycottera car paradoxalement à cette nomination, Anohny Hegarty ne sera pas invité a interpréter le titre en question comme à toujours était coutume de le faire pour des raisons de rentabilité économique.
Les différences sexuelles étant à l’origine des diversités morphologiques, il est question dans cet exemple de défendre les différences de capacités motrices avec les performances de Sue Austin, une femme ayant perdu sa mobilité a cause d’une maladie. Elle questionne avec ces différentes actions la vision de la société sur le handicap qui est souvent vu comme une prison, une soustraction dans la condition d’une vie. Voyant dans son handicap une nouvelle façon de vivre son corps; elle inventa ce qu’elle appelle un « fauteuil roulant sous marin » avec lequel elle tente de faire redécouvrir les capacités des corps à s’adapter et à trouver une place dans un milieu différent, ici le milieu marin qu’elle associe à la liberté . Elle joue avec les possibilités de mouvements à 360° et e ace la hiérarchie du modèle du corps créée par la culture en donnant envie à tout le monde de se déplacer également grâce à ce fauteuil. Ils y verraient alors une nouvelle forme de liberté.
L’artiste Shih Chieh Huang quant à lui, par le biais d’installations et de son processus de création qui consiste à mélanger technologie et récupération de matériaux pauvres « contemporain » tels que des sacs plastiques, recréer dans un univers fantasmé, digne d’une scène de science- fiction les organismes des profondeurs (que l’on n’observent que par le biais de caméras) qui utilisent la lumière comme attraction ( sexuelle, pour les proies ou la défense). L’utilisation des matériaux pauvres est ingénieuse car elle associe à l’oeuvre ces dizaines de millier de déchets qui polluent la mer et leurs rangs. Le choix du mélange des matériaux technologiques tels que les les moteurs robotisés avec les sacs plastiques placent au même niveau chacun de ces matériaux quels que soit leur valeur. Les matériaux se complètent alors et sont exploités pour leurs qualités respectives. C’est cette parfaite équité des fonctions qui illustre assez justement la pensée horizontale de la mer.
La vision de l’évolution de l’homme, différente de celle du monde animale.
Il est intéressant d’observer dans le texte «Biopolitique à l’ère du capitalisme pharmacopornographique» de Béatrice Préciado que la vision de l’émergence des sexes dans la culture de l’humanité soit totalement à l’opposée de celle de Darwin ( voir l’article sur la théorie d’Elisabeth Grosz ) . Le texte à pour ambition d’observer par ordre chronologique l’évolution du contrôle des corps et de la sexualité grâce à l’apparition des entreprises pharmaceutiques et en particulier à l’invention de la pilule. Béatrice Préciado évoque les recherches de l’historien Tomas Laqueur dans une logique d’évolution décrite comme une vision du corps de la femme au XVIIème siècle; un corps intériorisé, dégénéré, possédant les traces du seul sexe ayant une existence ontologique, le sexe masculin. Les ovaires sont associés aux testicules, et la vagin est vu comme un pénis inversé. Cette idée du corps de la femme parait totalement différé de la logique observée par Darwin chez les cirripèdes.
Cette vision ne va pas dans le sens des recherches de Darwin, car il n’est pas question de l’émergence du sexe masculin et d’une valorisation de la sélection sexuelle dans tout ce qu’elle a à offrir mais des différences sexuelles et de l’émergence du sexe féminin pour créer une hiérarchisation des corps vécus. Béatrice Préciado fera ensuite mention de l’invention de la pilule dans le but de contrôler le corps de la femme en réduisant ainsi leur pouvoir de donner la vie et en réduisant leur libido. La pilule a pour but biologique de contrôler le cycle naturelle des femmes en le supprimant complètement tout en donnant l’illusion d’en avoir un. Il est également intéressant de noter que la pilule à également était crée dans le but de contrôler les tendances homosexuelles des sujets.
L’invention des organismes pharmaceutiques est clairement un outils servant la politique et la culture qui, à contrario du monde marin n’a pas choisit de conserver les possibilités de la sélection sexuelles, a décider de contrôler celles-ci. L’analyse oblique de l’utilisation des molécules d’œstrogène et de progestérone synthétiques permettent de montrer que la pilule est une méthode à l’apparence beaucoup plus pop de contrôler, de purifier et de créer le clivage des genres chez la population. Cette pilule reproduisant artificiellement le cycles de la femmes fait le paris de l’oublie ou d’une mauvaise gestion pour perpétuer l’espèce.
Mama Wata, divinité africaine de la mer.
En Afrique noire, la divinité de la mer se nomme « Mama Wata» et est sans doute la clef qui ouvre la porte de notre réflexion sur le rôle des femmes dans le milieu marin. Mama Wata est bien différente de l’idée que l’on pourrait se faire des divinités en général, principalement parce qu’elle est la seule divinité africaine a être représentée de façon picturale et en plus humainement. (la spiritualité africaine se trouve être proche du shintoïsme, elle reconnait une âme propre aux objets et au monde animale, végétale et minérale. Ils puisent leurs mythes dans la nature). Il semblerait que sa personnification soit issue des croyances hindoues. Originaire du Golfe de Guinée, elle est considérée comme faisant partie de la famille des sirènes. C’est donc une femme hybride, un croisement du monde animal et humain..
Selon les scientifiques, son culte est apparue au XVI ème siècle, au début de la colonisation de l’Afrique par les occidentaux grâce au récit des marins européens. Elle est également vénérée dans d’autres cultures comme la culture Ibo (Nigéria), Ewé (Benin), Bamileké (Cameroun et Kongo) ou comme en Amérique Latine spécifiquement au Brésil et à Cuba sous le nom de Yemenja et Sentaria. Elle est décrite comme une femme puissante et contrairement aux autres divinités son regard est craint. Son histoire reste similaire aux légendes occidentales qui pèsent sur les sirènes a quelques exceptions prés. Comme toutes les sirènes, elle utilise ces atouts pour attirer les hommes et les retenir dans son royaume aux allure s paradisiaques. Mais celle-ci ne limite pas ses proies uniquement au sexe masculin, ce qui signifie donc qu’elle ne fait aucune distinction et ne porte pas de préjugés sexuels entre les humains. Si nous osons penser que les divinités sont créées par les hommes dans le but de pouvoir contrôler le comportement des autres hommes et de parvenir à une harmonisation de la vie en communauté, alors cela pourrait dire que la culture africaine est idéologiquement la culture la plus féministe de toutes les cultures.
Une théorie qui ne peut être véri ée dans les faits puisque nous savons que les droits des femmes dans la culture africaine sont loin d’être au centre des débats aujourd’hui. La légende dit également qu’il arrive à Mama Wata de relâcher ses victimes en les dotant d’une nouvelle intelligence spirituelle, en leurs donnant en quelque sorte une deuxième vie. On pourraient traduire cette légende en : la mer ne laisse personne indi érent et elle est capable de donner la mort comme elle donne la vie, alors mieux vaut la chérir et la respecter si on ne veut pas qu’elle puisse se retourner contre nous. Et comme Haruki Murakami le dit :
« When you come out of the storm, you won’t be the same person who walked in. at’s what this storm’s all about »
Mama Wata est représentée comme une femme à la peau noire, un peigne d’or à la main et possédant de nombreux attributs de richesse ( bijoux en or, vêtement, ...) et souvent accompagné d’un serpent a n de représenter son caractère téméraire. En conclusion, d’un point de vue visuel, la divinité Wata mama est la seule femme, humaine et hybride. Elle est représentée avec un serpent, un animal qui n’a pas de sexe apparent et qui le dévoile juste au moment de l’accouplement. Quant au point de vue spirituel, elle ne fait elle-même aucune différence liée au sexe sur ces victimes, et elle possède même le pouvoir de sauver les hommes en changeant leurs visions du monde. N’oublions pas qu’elle a été créée à partir de plusieurs croyances et cultures différentes: Des récits marins des européens, de la représentation hindouiste et de l’imagerie africaine. Elle est pour toutes ses caractéristiques l’image de la tolérance. Que ce soit Mama Wata ou Otohime ( voir article Otohime, divinité de la mer au Japon ) , elles sont des personnifications de la mer. Cela voudrait dire que la figure féminine à une réelle place dans le milieu marin, et surement un rôle beaucoup trop important pour pouvoir le décrire concrètement dans les récits d’aventures alors elle apparait dans les mythes et dans les croyances car elle porte en elle un message d’utopie et d’acceptation.
Les divinités féminines et la mer
Nous pouvons rencontrer des femmes dans les récits marins comme des figures maternelles et protectrices. Malgré l’absence des femmes sur les navires elles n’en demeurent pas moins présente dans le coeur des marins sous la forme de déesses protectrices. Les divinités sont utilisées comme des métaphores, leurs représentations et leurs histoires ne sont donc pas anodines et méritent que l’on s’intéressent à elles car elle nous permettrons d’avoir quelques clefs de compréhension sur la place des femmes dans le monde marin.
Ces divinités protectrices marines sont associées à la maternité, car la pensée commune voire stéréotype est que l’élément aqueux soit l’élément le plus comparable au liquide amniotique d’une femme qui porte un enfant. Dans la pensée humaine une femme est créée pour être une mère, donc il en va d’une certaine évidence que les divinités sont souvent de sexe féminin. Mais quelques fois elles sont bien plus que des mères et portent en elles le commencement d’une évolution des regards que peuvent porter les hommes sur la femme. Il existe sans doute autant de divinité que de culture et de civilisation et elles sont invoquées par les marins, pécheur, aventuriers des eaux violente lors de prières afin que celles-ci puissent protéger leurs fils du terrible et de la mort.