Pour faire parler de son exposition «Van Gogh's Bedrooms», l’Art Institute of Chicago a mis en location une chambre sur Airbnb à 9€ la nuit qui est une réplique assez fidèle du tableau. Le résultat a très bien marché pour l’expo mais la chambre est assez difficile à réserver vu le monde…
On se souvient de ce twittos furieux de la perte des bagages de son père par British Airways : il avait sponsorisé sa colère sur la plateforme. C’était à l’été 2013. Une éternité.
Et depuis, sauf erreur de ma part, plus rien dans le genre,ni sur Twitter, ni sur Facebook.
Pourtant quand on y songe…
Pour quelques dizaines d’euros un consommateur peut déciderde sponsoriser tout le mal qu’il pense auprès de milliers d’utilisateursFacebook.
Pour quelques centaines d’euros il peut créer une salve de contenus et storyteller à loisir : pourquoi pas sur une page qu’il aura spécialement conçue. Finie, dès lors, les pages « anti » agrégeant quelques poignées de copains compatissants. Bonjour les pages à centaines, voire milliers de fans.
Enfin, pour quelques milliers d’euros, un collectif de consommateurs pourra sponsoriser massivement sur Facebook et lever une légion de clients insatisfaits ou simplement circonspects quant à la marque.
Peut-être verrons-nous même l’émergence d’un “storytelling du pire”, pendant du storytelling officiel de la marque, autrement plus redoutable qu’une enquête de journaliste circonscrite dans le temps où même, une action d’ONG.
En définitive, il faudra peut-être traiter avec des administrateurs de pages aussi puissants – si ce n’est plus – que les interlocuteurs classiques ; syndicats ou associations de consommateurs.
Reste que l’entreprise la plus capable de désamorcer ses clients mécontents - via l’utilisation prédictive de ses datas - saura le mieux se prémunir contre cette menace.
Animée par les Canadiens Mitchell Moffit et Greg Brown, AsapScience est une chaîne YouTube qui se propose de répondre à toutes les questions, rumeurs et énigmes scientifiques les plus surprenantes et répandues au moyen d'animations narratives dessinées avec des feutres. On peut ne pas être bluffé par le trait, mais force est de constater que le succès est au rendez-vous, avec des animations visionnées plus de 5 ou 10 millions de fois et bientôt un livre. Parmi les plus gros succès : "Which Came First - The Chicken Or The Egg ?" (16 millions de vues), "Brain Tricks - This Is How Your Brain Works" (8 millions de vues), ou, très récemment le très divertissant "What If Humans Disappeared ?" Et comme une bonne idée se fait toujours remarquer, AsapScience, s'est vu proposer un premier partenariat par CBS - à suivre, donc...
Le web social avance à coup de gags, c'est son côté Marsupilami. Houba, houba.
Ces jours-ci c'est donc l'appli Dubsmash qui fait le show*.
Celle-ci repose sur le principe du doublage, version déconne. Hilarant, forcément. Et tellement simple à la fois, que l'on peut enchaîner les citations - les "dubs" donc - pour égayer son mois de décembre en attendant le parachutage du Père Noël.
Ce que l'on peut retenir de ce succès :
lorsqu'il défriche de nouveaux espaces, le détournement demeure un vrai levier viral : il propose un univers inédit et foisonnant (le catalogue de citations Dubsmash).
Le détournement (mon visage sur cette voix célèbre) permet d'être créatif sans effort. Le gag est accessible à tous, y compris aux plus jeunes (ma fille de 8 ans) ; et partageable par tous.
Un échantillon et l'appli https://itunes.apple.com/app/dubsmash/id918820076
* Toujours 1ère appli gratuite chargée ce jour sur iTunes, Dubsmash ne respecte manifestement pas les droits de la propriété intellectuelle. Le couperet vient de tomber sur la chaîne "Dubsmash compilation" : supprimée par YouTube.
LE DESIGN DE SON NOUVEAU PASSEPORT RACONTERA LA NORVEGE
Par Pierre-Bertrand Dufort
Qui a dit que les papiers d'identité devaient être d'une uniformité vieillotte ? Pour concevoir ses nouveaux passeports et cartes d'identité, le ministère de l'Intérieur norvégien a lancé une compétition remportée par un remarquable projet de l'agence Neue d'Oslo, intitulé "Le paysage norvégien" ("Det norske landskap").
Les paysages extraordinaires qui sont la marque distinctive du royaume nordique y sont représentés au moyen d'un graphisme très épuré, une aurore boréale apparaissant comme par magie lorsque le document est éclairé sous UV.
On ne cesse de se demander comment faire participer nos cibles à l'histoire que l'on raconte. Et encore une fois, la technologie permet à la création d'imaginer et de penser de nouvelles idées…
Cette fois, c'est Thalmic Labs qui nous propose Myo, un bracelet qui suit les mouvements des muscles et les déplacements du corps.
Pour le moment la vidéo montre bien l'aspect ludique, mais on ne doute pas de l'arrivée prochaine de Myo dans des dispositifs de communication.
Le prix est accessible (150$), mais il faut aussi que la compatibilité se développe vite si on veut revoir Myo plus souvent.
The Guardian et l'Office National du Film Canadien ont exploré les 7 péchés digitaux de nos sociétés. le résultat est un beau web documentaire réalisé avec le très bon collectif JAM3, un des spécialistes du storytelling moderne de qualité…
Un panorama intéressant de nos comportements digitaux avec leurs travers et leurs avantages.
Les choix graphiques et les illustrations sont assez bien réalisés, le tout animé en CSS 3D, preuve que Flash est de moins en moins indispensable…
Dans la même veine de ce que fait le New York Times et dont nous avons déjà parlé ici, Google Maps propose de raconter des endroits du monde avec une expérience 100% scroll, rythmée de photos, de cartes, de vidéos… avec finalement assez peu de texte.
On note aussi la promotion des "Street View" qui permettent des visites en 360°. Google est bien en train de numériser le monde en images.
J'aime bien la visite des Pyramides de Gizeh… qui étrangement, ne figure pas dans le site des Treks…
Les danseurs Amelia Rudolph et Roel Seeber font parti de la troupe Bandaloop.
Ils font des spectacles sur des structures architecturales assez démentes, ici sur la façade de la mairie d'Oakland. Déjà qu'un spectacle de danse raconte pas mal de choses, l'ajout du lieu et de l'architecture dans la chorégraphie promet quelques belles réalisations !
Les culture alternatives, on le sait, ont la particularité de fédérer de petites, mais puissantes tribus. Du côté des marques, Harley Davidson est emblématique, mais l’on s’en tient finalement à un modèle assez classique de marque affinitaire.
Le cas de « Suicide Girls » est intéressant, et même saisissant, si l’on regarde d’un peu plus près la genèse de cette marque qui n’était au départ qu’un mouvement ; un mouvement orchestré par Selena Mooney et son compagnon Sean Suhl.
Aujourd’hui, outre les 5 millions de Visiteurs Uniques mensuels et 4 millions de visites hebdomadaires de son site amiral, les principaux points de contacts officiels Suicide Girls agrègent :
6 239 000 fans sur Facebook,
1 930 000 abonnés sur Instagram,
295 000 sur Twitter,
30 000 sur YouTube,
14 000 sur Pinterest,
17 000 sur Google+,
sans oublier Tumblr...
Inutile de s’appesantir sur les ratios d’engagement, ils sont énormes. Et il faut y ajouter de nombreux comptes nationaux, officiels ou non.
Comment s’explique l’audience, à présent mondiale, d’un phénomène au départ confidentiel ? Comment « SG » a-t-elle pu devenir une marque intrinsèquement sociale, dont le développement est à peine amorcé ? Essayons de décrypter.
Transgressif : le must de l’affinitaire
« Social girls » fait référence au « suicide social » évoqué par Chuck Palahniuk dans son roman « Fight club ». Il s’agit de ces jeunes filles qui refusent le modèle dominant de la « Barbie-doll » et choisissent le tatouage, le piercing, la coloration des cheveux, les implants ou tout autre attribut underground pour affirmer leur identité à travers leur différence esthétique. Un processus qui engage l’individu au plan physique, psychologique, social et politique.
Le coup de génie de Selena Mooney c’est d’avoir constaté l’isolement, la solitude, pour ne pas dire l’inquiétude de ces filles à la fois taraudées par l’expression de leur moi et le regard critique de l’Amérique conservatrice - pour beaucoup, les parents.
En proposant en 2001 à des filles de les prendre en photos (nues) et de publier les clichés sur le web sous le nom de « Suicide girls », les fondateurs libéraient une parole qui, en quinze ans va trouver à se ramifier, se complexifier au point de permettre l’émergence d’une communauté online mondiale dont « SG» est le repère, à la fois protecteur et, pourrait-on dire, projecteur : « Les filles, explique en effet Selena Mooney, ont plus qu’une image à partager. Elles ont tellement de choses à exprimer et à donner. Nous voulions créer un espace à elles sur le web. » Suicide Girls sera en quelque sorte une seconde maison, une seconde famille qui permet de se réaliser versus la famille traditionnelle en exposant son corps comme une arme. Les Femen ne sont pas loin.
Cette marque « Suicide Girls » tient donc son histoire – son ADN – de l’agrégation d’individus qui auparavant étaient à peu près isolés. On ne peut pas être plus au centre du jeu.
Deuxième coup de génie de « SG », c’est bien sûr qu’en se fixant sur une thématique clivante, la conversation est permanente.
Point n’est besoin de l’alimenter artificiellement par des opérations de communication - sans parler de l’activation média : les membres de la communauté - qu’elles soient officiellement inscrites sur le site ou simples sympathisantes sur les médias sociaux - racontent leur histoire, publient des photos, en même temps qu’elles s’expriment sur la réception qu’en fait la société et leur entourage.
Ces conversations riment bien vite avec « addiction », puisque la communauté soutient haut et fort les contributions des membres : des milliers de likes et commentaires fleurissent chaque jour sur le site et l’ensemble des points de contacts de la marque dans un maelstrom de moments narcissiques ; tandis qu’à « l’extérieur » les médias entretiennent la controverse sur ces filles tatouées et déshabillées.
Comme pour accentuer ce clivage, les propriétaires de la marque indiquent que les filles sélectionnées comme mannequins par le site, le sont pour toute leur vie : impossible de faire supprimer ses photos, et le site offre un abonnement à vie à toute fille se faisant tatouer le logo « Suicide Girls ».
Elitiste : l’inverse du réseau social fourre-tout
Le système Suicide Girls ne se contente pas de porter l’affinitaire à son incandescence. Il est élitiste. Il surfe sur l’idée de manque, d’échec, d’autant que le doute est constant chez ces « adulescents » qui osent, mais attendent tellement du regard de la société.
Concrètement, n’importe quel internaute peut bien sûr liker la page Facebook, suivre le Twitter etc, mais la marque y distille ses pastilles en faisant bien comprendre que tout se passe à l’intérieur du site : c’est là que se trouvent les membres officiels de « Suicide Girls », c’est là que se trouvent les galeries photos des membres-vedettes, au nombre de 2 800 ; véritables alter-mannequins qui pour certains, auront accès à la célébrité.
Plusieurs cercles donc, plusieurs niveaux d’engagements avec au bout de la route, l’espoir de figurer dans le clip d’une Miley Cyrus ou de la série américaine en vogue. Etre sélectionnée par le team « SG » comme mannequin, c’est d’abord s’ouvrir la porte des studios photos pour des « set » torrides affichés sur le site et agrégeant des milliers de likes : la reconnaissance des pairs et un avant-goût de célébrité. C’est, ensuite, avoir une chance d’être repérée comme auparavant, d’autres mannequins « SG », par Courtney Love, Dave Grohl (batteur de Nirvana) ou les producteurs de la série « Californication ».
D’un point de vue plus tactique, cet appel d’air « warholien » permet à la marque de limiter sa dépendance aux médias sociaux, et en tout premier lieu à Facebook. Les médias sociaux ne sont qu’une excroissance du cœur du réacteur qu’est le site ; le saint des saints. On a facilement la sensation inverse pour des pages de marques plus classiques, où sortir de Facebook peut s’apparenter à une « corvée », tout au moins à un effort, en matière d’expérience utilisateur. Ici, le flux est inverse : le fan n’est pas tiré par la manche pour aller vers le site ; il est aspiré, cherchant à savoir ce qui se montre, ce qui se dit à l’intérieur du site.
Un business imparable
C’est avec un aplomb confondant - qui dit beaucoup de la solidité du modèle - que « Suicide Girls » annonce son tarif d’inscription sur le site.
En effet, rien ou presque, n’est visible sur le site si l’on n’en devient pas membre. Quelques voyeurs pourront y faire un tour et repartir. Quant aux filles - et aux garçons - en phase avec les valeurs SG, ils pourront s’inscrire moyennant 12$ par mois ou 48$ par an. Suicide Girls comptant a minima 30 000 adhérents, faites le compte.
Mais, on l’aura compris, le business de « Suicide Girls » ne s’arrête pas là, au contraire. Le merchandising constitue sans doute l’avant-garde d’une marque de vêtements et accessoires au catalogue déjà bien fourni : t shirts, sweat-shirts, pantalons, lingerie, maillots de bain ; en plus des posters, livres, magazines... La gamme proposée, à ce jour, reste très limitée mais elle est recèle un potentiel de développement indéniable.
Au bout du compte, les addicts sont appelés à faire « chauffer » plusieurs fois la carte de crédit… dans un environnement « ami ». La galerie des produits y tient par conséquent une place naturelle, un peu comme une table recouverte de goodies à la sortie d’un concert rock ; on y achète des produits identitaires qui officialisent en quelque sorte sa relation avec la marque, pardon la communauté.
En résumé, « Suicide Girls » semble incarner ce que pourrait être un modèle de social brand idéale :
Agréger des individus qui ne le sont pas, et devraient l’être. Se mettre ainsi au centre du jeu. Etre à l’origine.
Surfer sur une thématique clivante qui fait la controverse, c’est-à-dire la conversation et l’audience. Problématiser, dramatiser, travailler le pathos. Etre « incorrect ».
Promettre une vraie plus-value, mais pas à tout le monde, pour la rendre plus attractive. Etre sélectif.
GENERAL ELECTRIC MARIE L'INDUSTRIE A LA CREATIVITE
Par Ludovic Michel
Après avoir fait un remake de Matrix et avoir été pionnier sur Tumblr avec Txchnologist, voici le dernier film du groupe américain… On aime bien.
Comme à son habitude, General Electric n'a pas peur de faire du créatif pour parler à l'industrie et au grand public, il semblerait que la recette fonctionne…
Ici, l'histoire d'un enfant depuis sa naissance ne laisse aucun doute : ils sont bel et bien des "digital natives"…