There is something I wanna say but... (Mission N°005: Almost)
Une nuit classique. Le jeune Jason Diester se prĂ©parer Ă fĂŞter ses vingt-et-un ans en compagnie de tous ses camarades de l'universitĂ© dans laquelle il Ă©tudie les lettres. Tout ce qui se doit d'ĂŞtre prĂ©sent sera lĂ - musique, alcool, jolies filles, beaux garçons... - et Jas compte bien en profiter. Après tant d'annĂ©es de privation, il a dĂ©cidĂ© de s'octroyer du bon temps.Â
Devant le miroir de la salle de bains, une jeune femme se lave les dents. D'un an et d'une classe plus avancĂ© que Jason, elle reprĂ©sente probablement la personne la plus proche du jeune homme. RencontrĂ©s par hasard Ă la cafĂ©tĂ©ria de l'universitĂ© - le manque de places disponibles les avait contraint Ă s'installer l'un en face de l'autre - ils avaient sympathisĂ© assez rapidement et ne s'Ă©taient plus lâchĂ©s depuis.Â
- Alors, prĂŞt Ă devenir majeur, JasJas? lui demande Sandra maintenant occupĂ©e Ă se vernir les ongles, assise sur le rebord de la baignoire.Â
Jason, alors en pleine rêverie, met quelques secondes avant de revenir à la réalité, avant de sourire. JasJas. Sandra était la seule personne à pouvoir l'appeler de cette manière. N'étant pas très porté sur les surnoms, le jeune homme n'avait jamais permis à quiconque de l'appeler par un diminutif. Mais Sandra s'était accordée cette permission seule et Jason n'avait jamais réussi à lui faire perdre cette sale habitude. Alors au bout d'un certain temps, Jas avait abandonné l'idée et s'était mit lui aussi à la nommer grâce un surnom qu'il trouvait tout désigné et qui avait le mérite de lui arracher une grimace de dégoût.
- Presque Deedee, presque, rĂ©pond-il, un peu absent.Â
Le ton qu'il vient d'employer a du prĂ©occuper Sandra, car la jeune femme sort de la salle de bain, du coton entre les orteils et les doigts de ses mains Ă©cartĂ©s.Â
- JasJas? Jas? Oh Jason! finit-elle par s'Ă©crier.Â
- Hein, que... quoi? Mais ça ne va pas de crier comme ça?
- Excuse-moi. J'ai cru un instant que tu Ă©tais dĂ©cĂ©dĂ© cĂ©rĂ©bralement en voyant ton regard vide lĂ . Remarque, ajoute la jeune femme, ça n'est pas très diffĂ©rent de d'habitude, si?Â
- Tu vois, aucune répartie. Rhalalala, je suis obligée de tout t'enseigner.
- Peut-ĂŞtre que si tu me laissais parler de temps en temps, je pourrai faire preuve de cette rĂ©partie que tu penses pouvoir m'enseigner.Â
- Mais c'est que l'on progresse! Qui sait, je devrais peut-ĂŞtre me faire prof, qu'est-ce que tu en penses?Â
- Que si tu deviens prof, le monde se mettra Ă tourner dans le mauvais sens. Tu es autant faite pour devenir prof que moi de devenir Ă©crivain.Â
- Bien, j'ai toutes mes chances alors.
- Arrête tes conneries. Tu sais très bien que je ne suis pas fait pour ça...
- Voyons voir ce qu'il y a d'inscrit dessus. La jeune femme fait mine d'ouvrir un carnet qu'elle a subtilisĂ© au nez et Ă la barbe de Jason.Â
EffarĂ©, Jason se jette sur Sandra qui esquive l'attaque. Le jeune homme, rongĂ© d'inquiĂ©tude, continue de poursuivre son amie qui, elle, hilare, continue de l'esquiver. Elle ne semble pas avoir rĂ©ellement l'intention d'ouvrir le petit cahier, mais de cela, Jason ne s'en rend pas compte, obnubilĂ© par le fait que le cahier, son cahier, n'est pas Ă l'abri entre ses mains.Â
Au bout de quelques minutes, Jason finit par lâcher l'affaire et se renfrogne complètement. Comprenant qu'elle venait rĂ©ellement de mettre son ami en colère, Sandra vient s'asseoir Ă cĂ´tĂ© de Jas, sur le lit.Â
- Oh, ça va Jas, ce n'est qu'un carnet. Tu as peur que je lise tes brouillons? Ne t'en fais pas, je n'en parlerai Ă personne si tu veux, mais laisse-moi lire. Je suis persuadĂ©e qu'ils sont gĂ©niaux.Â
- Non, je me fiche que tu lises ce que j'Ă©cris. Au contraire. Simplement... il n'y a pas que ça dans ce carnet.Â
- Oh! Est-ce qu'il s'agirait de ton journal intime? C'est encore plus intéressant...
- En quelque sorte. Mais ce n'est pas que cela. J'ai consignĂ© lĂ -dedans des choses vraiment vraiment personnelles. Une chose en particulier.Â
- Ah bon, répond Sandra, redevenant d'un coup tout à fait sérieuse. De quoi tu parles?
- J'ai un secret. Un secret qui pèse lourd sur mes Ă©paules. Un secret que je n'ai jamais dit Ă personne. Et qui est Ă©crit lĂ -dedans, ajoute-t-il en dĂ©signant le cahier.Â
Doucement, Sandra se rapproche de son ami avant de dĂ©poser le carnet sur ses genoux. Puis compatissante, elle vient enrouler ses bras autour de Jason. D'abord rĂ©fractaire Ă ce rapprochement, Jas finit par se dĂ©tendre et rend le câlin Ă son amie.Â
Le moment d'affection une fois passĂ©, Sandra retourne se vernir les ongles dans la salle de bain. Jason la rejoint dans la salle d'eau pour se coiffer. C'est le moment que choisit la jeune femme pour revenir Ă la charge.Â
- Dis-moi Jason, le secret dont tu viens de me parler; est-ce que ça t'a permis de payer tes études et l'appartement?
- Non... non, ça n'a strictement rien Ă voir. Tout cela, c'est grâce au forcing que j'ai fait sur mon père en le menaçant de porter plainte pour m'avoir foutu hors de la maison. Pourquoi?Â
- Oh pour rien... je me demandais juste si tu n'avais pas Ă©tĂ© striper ou quelque chose dans le genre.Â
- Non non pas du tout. Je n'ai jamais fait de stiptease. Surtout pas pour payer la fac.Â
- D'accord, d'accord, je me demandais, c'est tout.Â
Jason acquiesce sans rien ajouter. Une fois coiffĂ© et parfumĂ©, le jeune homme se rend dans le salon pour enfiler ses chaussures. Sandra arrive Ă son tour, dĂ©sormais maquillĂ©e de frais et vĂŞtue pour la soirĂ©e.Â
Rassemblant le courage dont il s'est armé depuis les dernières minutes, Jason se tourne vers la jeune femme et lui pose cette question
- Sandra, tu veux le savoir ou non?
- Seulement si tu en as envie. Je ne veux pas te forcer la main.Â
- Ne t'en fais pas. Si je te le propose, c'est que je le veux. Il se racle la gorge avant de reprendre. Alors en fait, comme tu le sais, j'ai été viré de chez moi par mon père. Ce soir là , je me suis bourré la gueule comme ps permis. Et ensuite plus tard dans la soir...
Jason est soudain interrompu par la sonnette de son appartement et de grands cris poussĂ©s derrière la porteÂ
- Alors Diester! PrĂŞt Ă tout pĂ©ter ce soir?!!Â
Le jeune homme se dirige vers la porte mais est stoppé dans son élan par Sandra qui lui retient l'épaule. - Alors? Finis, on n'a qu'à les faire attendre.
Mais la fenĂŞtre d'opportunitĂ© s'est refermĂ©e, et cela Jason le sait. Il lance un regard plein d'excuses Ă son amie et dĂ©clare - Plus tard. Ne les faisons pas attendre plus longtemps.Â
Et il plante son amie sur le canapĂ©, avant d'ouvrir la porte au groupe d'ami qui attendait, regrettant dĂ©jĂ de n'avoir pu tomber le masque, ne serait-ce qu'une fois.Â