This blog compares the Dutch-speaking and the French-speaking media in Belgium. It is updated on a weekly basis by a Flemish-French-speaking-twenty-something-student who follows Journalism at the Université libre de Bruxelles (ULB). The name of the blog, Brusselles, is a composition of the Dutch word ‘Brussel’ and the French word ‘Bruxelles’. They both represent the names for the capital city of Belgium and also of Europe : Brussels.
Le nouvel album de dEUS, le groupe rock flamand le plus connu, vient de sortir. Avec « Following Sea », le nom du nouvel album qui sort en moins d'un ans après le dernier album « Keep You Close », le groupe rock surprend son public, car les paroles de la première chanson issue sont en français et d’habitude dEUS fait des chansons en anglais. « Quatre Mains », le titre de cette chanson, constitue donc une première pour dEUS. Mais ce n’est pas la première fois que Tom Barman, le chanteur de dEUS, s’adresse au public en français : avec Magnus, son autre groupe musical, il a déjà fait des tubes en en français, comme la chanson « French Movies », partiellement en anglais et partiellement en français. « Following Sea », « Quatre Mains » et la vidéo de cette chanson sont sortis au cours du mois de juin. La vidéo débute même en russe.
Francophones ou néerlandophones, toutes les institutions publiques belges sont obligées de respecter les règles de « SABAM », la société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs. Mais ces règles ne sont pas toujours assez claires. Par exemple, un malentendu s’est produit dans la bibliothèque de Dilbeek, où la responsable pensait qu’elle devait payer un montant de 250 euros pour une lecture à haute voix. « Une confusion », explique Christophe Depreter, le Directeur général de la « SABAM ».
Cette vidéo a été réalisée grâce à une coopération entre l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et l’Institut de radioélectricité et de cinématographie (INRACI). Petite remarque à propos de la vidéo : les sous-titres avec les noms et les fonctions des interviewés ne sont pas compris dans la vidéo. Les personnes interviewées constituent alors Christophe Depreter, le Directeur général de la « SABAM », et Carine Gol, l’échevine de la Culture à Uccle.
A l'aide du site web http://www.wordle.net/ j'ai créé un "word cloud" de mon blog. Cette image représente les mots les plus utilisés dans les textes de ce blog.
« Panorama » est un programme télévisuel d'éclairage flamand qui dure environ 50 minutes et dans lequel Phara de Aguirra présente des reportages d’actu. Le programme est diffusé tous les jeudis soirs sur « Canvas », une chaîne de la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT). A l’occasion du Concours Eurovision de la Chanson 2012, qui se déroule en ce moment-ci (comme j’en ai parlé dans le deuxième post ci-dessous), la rédaction avait choisi de consacrer son programme à l’Eurovision et… L’Azerbaïdjan. Diffusé en même temps que la deuxième demi-finale de l’Eurovision, « Panorama » nous a montré le vrai Azerbaïdjan.
Le reportage donne la parole à plusieurs personnes, la plupart d’eux nées en Azerbaïdjan, raconte l’histoire du pays et dévoile les circonstances dans lesquelles l’Eurovision a lieu maintenant. Le président précédent de l’Azerbaïdjan constituait Heydar Aliyev, un ancien membre du « Comité pour la Sécurité de l'État », ou le « KGB », et c’est son fils, Ilham Aliyev, qui est maintenant au pouvoir. Devenu indépendant en 1991 de l’URSS, l’Azerbaïdjan voulait devenir « un pays européen ». Quand on demandait au président Heydar Aliyev combien de temps il fallait pour que le pays devienne une démocratie, il répondait qu’il fallait 10 ans. 20 au maximum.
Mais aujourd’hui en Azerbaïdjan est menacée chaque personne qui ose critiquer la famille présidentielle. Comme Murad Gassanly, un militant politique, qui avoue que la famille présidentielle traite l’Azerbaïdjan comme sa propriété privée. Ou comme Khadija Ismayilova, la journaliste née en Azerbaïdjan, que j’ai citée il y a deux posts. Elle parle d’un mur, appelé « the Belt of Happiness », qui va de l’aéroport de Bakou jusqu’au centre de la capitale. Derrière ce mur se cache des touristes le vrai Azerbaïdjan, où on trouve la pauvreté et la pollution. « Beauty is a façade », dit-elle. Mme Ismayilova, également menacée déjà plusieurs fois, parce qu’elle fait des recherches vers les entreprises de la famille présidentielle, raconte aussi d’Elmar Huseynov. Mr. Huseynov était un journaliste de recherche, qui était domicilié en Azerbaïdjan et qui a été tué en 2005 devant sa maison. Parce qu’il critiquait le régime actuel de l’Azerbaïdjan.
Un bon reportage qui vous permet de jeter un coup d’œil en coulisse.
A l’occasion du 57e Concours Eurovision de la Chanson, qui se déroule en ce moment-ci, j’aimerais consacrer ce post aux caractères de ce concours international, vous expliquer ce que cela implique pour la Belgique et comparer comment la « Rado Télévision Francophone Belge » (RTBF) et la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT) traitent – et ont traité – la diffusion du concours actuel.
Quoi ?
Comme le dit son nom, le Concours Eurovision constitue un concours de la chanson annuel auquel participent plusieurs pays européens et non-européens. Il a été organisé pour la première fois en 1956 et représente donc un des shows télévisuels diffusé le plus longtemps. Ce concours est retransmis par la télévision à travers l'Europe et ailleurs dans le monde, comme par exemple en Australie, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Et tout cela en direct.
Chaque pays participant présente une chanson. D’abord les pays participants étaient obligés d’écrire une chanson dans une des langues nationales de leur pays, mais cette règle a été supprimée en 1999. La plupart des candidats préfèrent chanter en anglais, parce qu’ils croient atteindre ainsi « un plus grand public ».
Qui ?
Cette année-ci il y a 42 pays qui participent au concours international. Ces pays sont : l’Albanie, l’Allemagne, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, l’Autriche (ou l’Australie selon les commentateurs de la RTBF, c’est-à-dire Jean Pierre-Hautier et Jean-Louis Lahaye, qui se sont trompés de pays mardi soir pendant la première demi-finale), l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Géorgie, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, Malta, la Moldavie, le Monténégro, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Russie, Saint-Marin, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse, la Turquie et l’Ukraine.
L’Albanie, la Chypre, le Danemark, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, la Moldavie, la Roumanie et la Russie ont gagné mardi soir la première demi-finale.
Quand ?
D’habitude le Concours Eurovision de la Chanson a lieu chaque année à la fin du mois de mai.
Où ?
C’est le pays qui a gagné le concours de l’année précédente qui organisera l’édition suivante. Comme le duo « Ell & Nikki » d’Azerbaïdjan a remporté l’année dernière la victoire avec sa chanson « Running Scared », l’édition de 2012 se déroule à Bakou, la capitale d’Azerbaïdjan.
Autrefois, c’était les jurys nationaux des pays participants, qui ne pouvaient pas voter pour leur propre pays, qui élisaient la meilleure chanson. Mais depuis 1997 c’est le téléspectateur, qui pour 50 pour cent désigne la plus belle chanson et le jury, qui représente l’autre moitié. D’abord le téléspectateur pouvait voter par téléphone, tandis qu’aujourd’hui cela est également possible par texto. L’élection de la plus belle chanson se fait d’abord par deux demi-finales, suivies par une grande finale. Petite remarque à propos des deux demi-finales : ce sont seulement les téléspectateurs des pays qui participent à la demi-finale, qui peuvent voter.
Six pays peuvent participer directement à la grande finale. Il s’agit de l’Azerbaïdjan (qui a donc gagné le concours de l’année dernière), l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni (qui financent l’Eurovision depuis plusieurs années).
Et en Belgique ?
En Belgique c’est l’une année la Flandre qui choisit le candidat pour le concours et c’est la Wallonie qui le désigne l’année suivante. Pour l'édition de 2012, c'est la chanteuse flamande « Iris » qui représente la Belgique à Bakou. Iris est âgée de 17 ans et elle est donc la plus jeune Flamande à l'Eurovision (pas la plus jeune Belge, car cela était Sandra Kim en 1986). Habillée en une robe de « JBC » et en « Jimmy Choo's », elle y a présenté mardi soir sa chanson « Would you ? », mais la jeune Belge n’a pas pu remporter la victoire. Par conséquent la Belgique est déjà éliminée de l'Eurovision 2012. De nouveau.
Comme déjà mentionné ci-dessus, le Concours Eurovision de la Chanson, c’est-à-dire les deux demi-finales et la grande finale, est diffusé en direct. En Wallonie c’est la RTBF qui s’en occupe, en Flandre c’est la VRT. Les commentateurs en charge francophones constituent Jean-Pierre Hautier et Jean-Louis Lahaye, les néerlandophones sont Peter Van de Veire et André Vermeulen.
Le bâtiment où se déroule le concours actuel, le « Baku Crystal Hall » a été construit en moins d’une année. D’après « Human Rights Watch » (HRW), une organisation internationale non gouvernementale (OING), qui défend des droits humains, des dizaines de familles, domiciliées à Bakou, étaient forcées à quitter leur maison, de sorte que le gouvernement d’Azerbaïdjan pouvait réaliser cette construction.
Quelques journalistes, qui habitent en Azerbaïdjan et qui effectuent des recherches vers les conditions dans lesquelles le concours a lieu maintenant, ont été menacés. Il y a par exemple la journaliste Khadija Ismayilova, qui a reçu une lettre, contenant des photos d’une vidéo dans laquelle elle faisait l’amour avec son ami. Si elle n’arrêtait pas sa recherche vers la construction du bâtiment du concours, cette vidéo serait mise en ligne. Mme Ismayilova n’a pas accepté ce type de chantage et la vidéo a tout à fait été mise sur Internet.
Même si « l’Union européenne de radio-télévision » (UER) souligne que le Concours Eurovision de la Chanson est apolitique, l’Arménie a refusé de participer à l’édition actuelle : le pays et l’Azerbaïdjan, son pays voisin, sont officiellement en guerre.
Une chose est sûre, et non, je ne parle pas de l'élimination belge : grâce à l'Eurovision 2012, qui se tient en Azerbaïdjan, la communauté internationale fait plus d'attention aux conflits qui se déroulent en ce moment-ci dans le pays. Et donc, ce soir à la RTBF, comme à la VRT, la deuxième demi-finale du Concours Eurovision de la Chanson 2012.
Selon la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT), quelques actionnaires de Facebook vont devant les tribunaux, parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’organisation du réseau social. D’après eux, Mark Zuckerberg et son entourage n’ont pas révélé de l’information importante sur leur entreprise jusqu’après l’introduction de l’action Facebook en Bourse. Apparemment l’entreprise et les banques n’auraient pas communiqué de chiffres négatifs au grand public, mais seulement aux grands investisseurs institutionnels.
Cela constitue une déclaration possible pourquoi un tel nombre d’actions de Facebook ont été vendues lors de son introduction à « Nasdaq », le deuxième plus important marché d'actions américain et le plus grand marché électronique d'actions du monde, et pourquoi vendredi et lundi dernier les cours ont tellement baissé.
Alors que ce week-end s’est déroulée pour la septième fois au centre de Bruxelles la « Zinneke Parade », le week-end avant la « Belgian Pride » s’est passée à la capitale belge. Appelée avant la « Gay Pride », la manifestation a eu lieu à Bruxelles pour la 17e fois et cette année-ci dans le cadre des actes homophobes récents. A la fin du mois d’avril les policiers ont retrouvé à Liège le corps de Ihsane Jarfi, la première victime mortelle belge de gaybashing. Plus de 50 000 personnes ont assisté à la 17e édition de la Pride, ainsi que plusieurs personnes politiques et sources médiatiques belges.
En comparant la façon dont les médias francophones et néerlandophones ont traité ce sujet, on peut en fait conclure qu’ils ont écrit, ou diffusé, en grosses lignes environ la même chose : la manifestation a eu lieu le samedi 12 mai, pendant l’après-midi, à la Bourse. Elle a été organisée par la communauté LGBTQI (c’est-à-dire la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et intersexuels). Il se trouvait plus de 50 000 participants au cœur de Bruxelles, parmi lesquels quelques personnes politiques belges. Le slogan de la Pride pour cette année était « Visible Citizens. I want to be ! Do you ? ». La manifestation a eu lieu dans le cadre de « 4Every1 », donc des initiatives contre la violence homophobe. Et la «Belgian Pride » a débuté par une minute de silence pour témoigner du respect envers les innombrables victimes d’actes homophobes.
D’accord, les médias francophones ont fait plus d’attention à la participation discrète d’Elio Di Rupo, le Premier ministre belge francophone, dont son orientation sexuelle est connue dans le grand public. La « Vlaamse Radio-en Televisieomroep » (VRT) et la « Vlaamse Televisie Maatschappij » (VTM) ont aussi interviewé des participants néerlandophones, ainsi que des participants francophones, tandis que le journal télévisuel de la « Radio Télévision Belge Francophone » (RTBF) n’a interviewé que de sympathisants francophones. Excepté VTM, qui a encore souligné que la parade doit constituer en premier lieu une fête, les médias belges francophones et néerlandophones ont en général communiqué la même information sur la « Belgian Pride 2012 ». Sauf deux exceptions : « De Standaard » et « Le Soir ».
Les rédacteurs de ces deux journaux se sont adressés chacun à un journaliste holebi de leur rédaction dans le but d’écrire un témoignage personnel ou de partager leur opinion à l’occasion de la Pride 2012. Pour « Le Soir », c’était le journaliste Jurek Kuczkiewicz. Il a écrit un article intitulé « Les travelos, je leur dis merci, et respect ! », dans lequel il explique l’origine de la « Gay Pride Parade » et nous dit les mots suivants : « (…) la seule chance de bien vivre sa vie, c’est de la vivre franchement… ».
Anne-Sofie Dekeyser, une journaliste au sein de « De Standaard » a manifesté son opinion dans un article intitulé « Zitten de pluimen in de weg? » (traduit cela donne : « Est-ce que les plumes vous gênent ? »). Mme Dekeyser nous raconte qu’elle n’avait d’abord pas l’intention de participer à la parade, malgré sa préférence sexuelle, mais qu’elle a finalement changé d’avis. Parce qu’il le faut. Parce que c’est vrai que la communauté LGBTQI a déjà atteint en Belgique, en ce qui concerne la législation, tout ce qu’elle voulait atteindre et tout auquel elle a droit. Mais des lois et des règles officielles ne suffisent pas à changer la société d’aujourd’hui. Et pourquoi pas essayer de réaliser cela à l’aide d’une parade d’hommes avec des plumes dans le derrière.
Bon, je finis ce post en disant que la première « Gay Pride Parade » de Kiev, qui aurait avoir lieu aujourd’hui (le 20 mai 2012), vient d’être annulée, parce que la police ukrainienne ne pouvait pas assurer la sécurité. Et à Moscou les autorités ont pour la septième fois interdit la « Gay Pride parade », prévue pour le 27 mai 2012, de se dérouler dans les rues de la capitale russe.
Initiative humaine : dans le cadre de la Journée de la Liberté de la Presse, qui s’est déroulée le 3 mai 2012, certains journalistes belges francophones et néerlandophones ont chacun écrit une lettre avec leur propre sang. Leurs lettres constituent des hommages à leurs collègues-journalistes qui ont donné leur vie pour nous fournir de l’information. Selon le site web de l’organisation « Reporters Sans Frontières » (RSF) l’année dernière 21 journalistes ont été tués et 161 ont été emprisonnés. Ce sont les journalistes belges Jean-Pierre Martin, Christophe Lamfalussy, Rudi Vranckx, Jens Franssen, Tim Verheyden et Daniel Demoustier qui témoignent leur respect à leurs collègues décédés. Ces six journalistes belges sont des correspondants à l’étranger et ils sont également membre des RSF.
Jean-Pierre Martin est un journaliste télé francophone qui travaille au sein de la RTL-TVI. Christophe Lamfalussy, un journaliste francophone, écrit des articles pour « La Libre Belgique » (LLB). Rudi Vranckx est un reporter de guerre néerlandophone, qui travaille pour la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT) et qui a lui-même déjà échappé plusieurs fois à la mort. En ce moment-ci il tourne des reportages dans le monde arabe. Jens Franssen est un journaliste radio néerlandophone, qui travaille également au sein de la VRT. Ensemble avec M. Vranckx, il a échappé en janvier dernier à une attaque lors de leur reportage qu’ils tournaient en Syrie. Cette attaque a couté la vie à Gilles Jacquier, le journaliste français qui travaillait pour France 2. Tim Verheyden est un journaliste télé néerlandophone qui travaillait d’abord pour la « Vlaamse Televisie Maatschappij » (VTM) et qui fait depuis le mois d’avril des reportages pour la VRT. M. Verheyden était en Egypte l’année dernière pendant les manifestations sur la place Tahrir. Sa caméra saisie par les autorités égyptiennes, il a continué à filmer en utilisant son iPhone. Dans sa lettre, Tim Verheyden s’adressse à Tim Hetherington, le journaliste britannique qui a été tué en Libye en 2011. Daniel Demoustier travaille comme caméraman indépendant pour plusieurs sources médiatiques. Il a déjà vu mourir certains de ses collègues devant ses propres yeux, parmi lesquels Tim Hetherington.
Ci-dessous sont publiées les lettres écrites en sang par les six journalistes. Comme mon blog s’adresse en premier lieu aux lecteurs francophones, j’ai ajouté la traduction en français des lettres des quatre journalistes belges néerlandophones. Je n’ai pas fait les traductions moi-même, ce sont des traductions de la part de la RTL.
La lettre de Jean-Pierre Martin: « Disparus mais pas oubliés »
"Marie Colvin, Rémi Ochlik, Gilles Jacquier sont les derniers noms gravés en noir dans l’histoire de ce métier pas comme les autres. Le grand-reporter saisit l’instantané pour en faire une part d’éternité. Il transmet au reste du monde ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il sent : des cicatrices, des convulsions, des SOS et plus rarement des moments de bonheurs qui nous aident à comprendre et qui ouvrent grande la fenêtre de notre conscience.
Parfois, le journaliste frôle l’abîme quand il côtoie la mort ou le désespoir. La distance professionnelle qu’il s’impose, telle une carapace, tombe et libère des larmes salutaires.
Jamais, je ne pourrai oublier ces miliciens interhamwe, aux yeux rougis par le chanvre et la haine qui ont devant mes yeux éventré une future maman tutsie. Jamais, je ne pourrai oublier l’odeur de mort qui imprégnait les collines du Rwanda en ce printemps 1994. Jamais, je n’oublierai cette église de Nyamata où gisaient les corps de centaines d’enfants et de femmes, les yeux encore ouverts et figés dans l’effroi. Ce sont les survivants qui au terme de leur voyage au bout de la nuit nous ont donné la force de croire en l’humanité.
Cette année-là encore, Sarajevo était assiégée, déjà depuis deux ans. « Morituri te salutant, ceux qui vont mourir te saluent ». Comme les gladiateurs qui entraient dans l’arène en présence de César, Paul Marchand, un grand-reporter , décédé il y a trois ans, avait peint cette devise sur sa vieille guimbarde que tous les journalistes ont emprunté pour traverser sniper avenue. Ironie du désespoir et sentiment d’impuissance.
Au cours des deux dernières décennies, l’histoire s’est emballée dans le tumulte des guerres, des attentats, des révolutions, des famines.
De Baba Amr aux vallées afghanes, de l’hôtel Palestine de Bagdad aux bidonvilles de Kinshasa, le grand-reporter ne triche pas car la réalité qu’il explore ne s’embarrasse pas d’artifices. Il ne ment pas parce qu’il se met en danger. S’il ne cède pas au désenchantement, c’est parce qu’il partage avec ses lecteurs, ses téléspectateurs ou ses auditeurs la part d’ombre et de soleil de la vie. C’est une chance de pouvoir exercer ce métier.
Moins connus que Gilles, Marie ou Rémi, des centaines d’autres journalistes, privés du soutien d’une rédaction, défendent au prix de leur vie la liberté de la presse dans des pays qui n’en ont cure. C’est pour eux que nous saignons."
La lettre de Christophe Lamfalussy : « L’amour d’un métier, passion dangereuse »
"Souvent, on me demande pourquoi aller là-bas? Je réponds que c'est notre métier. Les guerres sont terribles pour les civils. Elles sèment la terreur et la faim. Les ignorer, c'est ignorer la face la plus sombre de l'humanité, les dangers qui nous guettent, le nationalisme et le fanatisme. Chaque fois que je reviens en Belgique, je m'émerveille de vivre dans un tel pays, si calme et si prospère. Je remercie ma femme de m'avoir fait confiance.
Au fil des années, des collègues ont disparu de mon répertoire téléphonique. C'est dur d'effacer leur nom de nos portables, c'est comme si on les tuait une seconde fois. Je pense à Kurt Schork, ce reporter si modeste. Il avait écrit une admirable dépêche sur les amants de Sarajevo en 1993. Il est mort dans une embuscade au Sierra Leone. Je pense à ceux qui se sont donnés la mort, brûlés intérieurement par les sujets qu'ils avaient couverts. Christophe de Ponfilly en fut un. Il n'avait pas supporté la mort du Commandant Massoud. Je pense enfin à ceux qui ont été assassinés, comme Slavko Curujiva. Ce journaliste serbe a été assassiné en 1999. On n’a jamais retrouvé les auteurs. Peu avant sa mort, je l'avais interviewé à Belgrade et alors qu'il me parlait, un député nationaliste l'invectivait à la télévision, l'accusant d'être un traître à la patrie.
De temps à autre, le souvenir de mes collègues disparus remonte à la surface et se mêle aux moments de fraternité, d'émotion et de soulagement que nous vivons aussi comme reporters de guerre."
Christophe Lamfalussy, journaliste à La Libre Belgique
La lettre de Rudi Vranckx: « Le visage de la guerre »
"Aujourd'hui, j'ai vu un bébé mourir. Horrible. Un éclat d'obus s'est fiché dans la poitrine de cet enfant de deux ans. Le médecin a dit qu'il n'y avait rien à faire. Son ventre a continué de se gonfler et se dégonfler en rythme. Et puis il est mort. Ceci arrive sans cesse. Je ne comprends pas pourquoi le monde reste inactif". Ces mots sont tirés du dernier reportage de Marie Colvin à Homs. Elle aussi y est morte peu après. Tuée à cause de ce qu'elle a écrit, montré, raconté. Tuée à cause de ce qu'elle était : une correspondante (de guerre). Sur la grenade, il y avait le nom du lanceur : Assad.
A peine un mois plus tôt, je me trouvais moi aussi à Homs. La mort y est soudain tombée du ciel. Les grenades éclataient sans cesse plus proche. Tout se passe au ralenti. Je n'ai pas entendu la dernière explosion. Je me suis retourné et j'ai vu un filet de sang rouge vif couler sur mon épaule gauche. Puis j'ai vu la fille. Elle portait un jeans et un pull rouge. Elle vit toujours. Ensuite, j'ai vu une masse sombre derrière la porte, couchée dans le porche. Gilles ? Le collègue français est mort. Il est sorti quelques secondes plus tôt au moment où, moi, je rentrais dans ce porche. Le destin ?
On ne sait pas qui a lancé cette grenade. Dans une guerre, il y a des victimes et il y a des mensonges, beaucoup de mensonges. Notre boulot, c'est de démêler le faux du vrai. Parfois, c'est plus facile que d'autres. Il y aussi de la misère, beaucoup de misère. Il faut la montrer. Je l'ai fait. Je suis un marchand de misère et j'en suis fier. Mais je ne suis pas un marchand de guerres ni un mercenaire. Je demande simplement le droit de vivre et de faire mon travail.
En Roumanie, il y a presque un quart de siècle, j'ai vu pour la première fois un homme se faire descendre. Immédiatement après, les premiers mensonges concernant le charnier de Timisoara ont commencé. Lorsque les Kurdes ont fui, j'ai essayé de contenir la folie en comptant. Dans cette interminable colonne de réfugiés, un homme est mort de faim et de froid… tous les 5 mètres. Dans la chaleur du Rwanda, j'ai appris à sentir. C'est ainsi qu'on trouve les corps. Mais les survivants vous touchent plus que les morts, car leur âme les a quittés. Au Congo, parler avec les femmes violées du Kivu vous brise le cœur.
Un quart de siècle que cela dure. L'année passée, j'ai cru que cela allait s'arrêter. Sur la place Tahrir, en Egypte, j'ai assisté à la mort de la peur quand une nouvelle génération de jeunes arabes a bravé la violence. Mais en Syrie, règne à nouveau la crainte de la mort. Les vieilles dictatures meurent lentement. La guerre et l'injustice ne cesseront donc jamais. J'ai perdu cette illusion. Dommage. Il ne me reste plus qu'un soupçon de naïveté. Car un jour, les responsables seront jugés. Entretemps, nous devons faire notre travail.
Oubliez le mythe de l'aventurier en survie. Ma vie est le plus souvent faite de préparatifs, de documentation, d'attentes interminables, d'intimidation des services d'ordres, de peur. En un quart de siècles de guerres, je me suis fait beaucoup d'amis. J'en ai perdu beaucoup aussi. Quand on est plongé dans une zone de conflit pour en relater les faits, on vit en état second, et c'est aussi un danger. On ne peut pas avoir l'impression de vivre une aventure au prix de la misère des autres. Une de mes sources d'inspiration est Martha Gelhorn, une journaliste du siècle dernier, qui a voulu décrire "le visage de la mort". Ses mots résument tout : " La guerre est une maladie maligne, une idiotie, une prison et la douleur qu'elle cause est indescriptible. C'est difficilement concevable, mais la guerre est aussi notre vie et notre histoire. L'endroit où il nous faut vivre". Ce sont des mots que je relis souvent. Et qui m'éclairent à chaque fois. Être correspondant de guerre est un métier, une profession dont on ne peut se passer. Tuer un journaliste, c'est tuer l'histoire. Et tuer l'histoire, c'est aussi tuer l'homme… en silence."
Rudi Vranckx, reporter VRT télé
La lettre du journaliste Jens Franssen : « 23 minutes à Homs »
"Quatrième déflagration. Bordel! Elle est tombée tout près! Des vitres explosent. Des éclats de verre volent dans tous les sens. Un max de poussière. Un nuage. Ca ne sent pas bon. Des hurlements.
Je me trouve dans une cage d’escaliers trop étroite d’un immeuble. Je dois vite m’enfuir d’ici. Ce que je ne sais pas encore, c’est qu’à ce moment précis, Gilles Jacquier journaliste à France 2, vient d’être tué à quelques mètres. A ce moment, la seule chose que j’entends, ce sont les pleurs hystériques. Des gens qui hurlent. C’est bien plus tard seulement que je découvre que tout s’est passé sous les yeux de sa petite amie. Nouvelle déflagration.
La cinquième déjà. Putain de merde, je dois absolument m’extirper d’ici.
Nous visitons Homs. Le soleil brille. Les enfants courent dans la rue. Je fais quelques interviews ci et là.
Soudain une grenade venue de nulle part explose à quelques centaines de mètres de nous. Et voilà qu’on redécouvre notre instinct de reporters. On court vers notre proie. Ce que j’aurais aimé remarquer à ce moment là c’est que notre escorte du régime ne bouge plus. On s’encourt. Eux pas. L’adrénaline s’invite sans crier gare dans nos veines. Je hurle à mon preneur de son qu’il doit rester près de moi. Courir, s’engouffrer dans un immeuble à appartements d’où sort le nuage de fumée. Courir jusqu’au toit. Une deuxième détonation retentit à son tour de l’autre côté. Les jeunes qui nous entourent sont hystériques. Très vite une troisième détonation retentit. Tout près. Trop près. Elles se succèdent trop rapidement. Seulement maintenant je sens instinctivement que je ne suis pas couvert. Trop haut. Ce n’est pas un bon endroit. Je redescends en courant dans un escalier trop étroit. Nouvel impact. Si près que je déguste. Le temps se contracte. Le chaos assomme mes globules rouges.
Garder son sang-froid. Respirer. Respirer. Et puis parler de temps à autre dans le micro. Les secondes paraissent des minutes. Cris et hurlements presque animaux. Putain de merde, je suis mal barré dans ce hall.
Par la fenêtre, une grenade peut exploser à tout moment. Où est Kris, mon preneur de son? Reprendre calmement sa respiration. Je surgis dans un appartement ouvert, tout sombre. Il y a des ombres et des voix. Kris s’empresse de me demander si tout est OK. Mon jean est couvert de sang. Je ne sens rien. Une douleur suite à un choc vous engourdit au point que pendant quelques minutes vous ne ressentez rien.
Même pas une plaie béante. Je suis où? Nous devons maintenant nous échapper définitivement d’ici. Retour dans la cage d’escalier. Partout des débris. En bas sous l’escalier, Gilles est allongé par terre. Mort. Je le reconnais à peine. Je vois sa bouche ouverte et ses yeux complètement écarquillés. Seulement maintenant, je comprends que les cris entendus tout à l’heure étaient les siens."
Jens Franssen, reporter VRT radio
La lettre de Tim Verheyden : « Lettre à Tim Hetherington »
"Des femmes; combatives, avec le vieux drapeau libyen dans leurs mains. Le corps d'un homme mort, à moitié nu, dans une chambre froide de fortune. Et puis : un casque de soldat, percé d’un trou parfaitement rond, par une balle, dans le sable moisi.
Soudain, plus rien. Ce fut ta dernière photo.
Cher Tim,
Je suis dans le Bronx Documentary Center à New York, au vernissage de ta première exposition photos après ta mort.
Ta mère parmi les gens. Elle rit par moments. Puis, le sourire s’efface. Ce fossé entre fierté et tristesse.
Ta dernière photo, celle du casque transpercé m’aspire vers le désert libyen.
Louvoyant, plongeant, esquivant, se perdant dans ce dernier coup de feu.
Ton appareil photo est toujours prêt.
Parce que le monde doit savoir putain de merde.
1 balle.
Et puis, plus rien.
Misrata, 20 avril 2011.
Mon anniversaire
ta dernière expédition au front.
Avec ta mort, une partie de la vérité a de nouveau été assassinée,
tout comme avec Chris, Marie, Remi, Ali, Ahmad, Gilles et tous les autres.
Les histoires qui n’auraient jamais été entendues ont reçu un visage et une voix à travers vous.
Pour que nous ne les oublions pas,
tout comme vous."
Tim Verheyden, reporter VRT
La lettre du journaliste Daniel Demoustier: « Abattu par l’histoire »
"Inquiet, le capitaine du « Ionan Spirit » regarde dans ses jumelles. Est-ce que tout sécurisé ? Il y a quelques heures à peine, le port de Misrata était bombardé par des tirs de roquette Grad. Sur le quai, des milliers de migrants africains attendent sans doute depuis des semaines déjà d’échapper à cette guerre. Misrata est complètement coupée du monde extérieur. Pendant des mois, la ville a été pilonnée par des missiles, et c’est un combat sans merci que se livrent les rebelles et les tireurs d’élite de Kadhafi.
Finalement, le ferry grec peut amarrer en toute sécurité et nous décidons de rejoindre au plus vite la ville.
Notre chauffeur Mofta roule à toute allure pour éviter les balles.
Je désire d’abord me rendre à l’hôpital. Parce que c’est là qu’un centre de presse de fortune s’est constitué. J’espère aussi rencontrer sur place les collègues déjà arrivés une semaine avant nous.
Misrata est tout sauf une petite ville, et certaines de ses parties paraissent plus ou moins calmes. Mais plus nous nous rapprochons de notre destination, plus il parait clair que les gens vivent ici un enfer. Parfois, c’est comme si un tremblement venait de se produire. Les bâtiments sont complètement en ruine et partout des épaves de voitures brûlées jonchent les rues.
Une fumée noire s’élève d’un bâtiment situé tout près de la Tripoli Street, la ligne de front entre les rebelles et les troupes de Kadhafi. Depuis quelques jours, la situation s’est fortement dégradée confesse Mofta. Il n’y a plus de ligne de front. Il y a maintenant partout des tireurs d’élite, et des grenades qui frappent des quartiers dans lesquels on se sentait auparavant en sécurité.
Arrivé à l’hôpital, on est tout de suite confronté à la réalité de cette guerre inhumaine. Partout dans les couloirs des blessés sont allongés. Des médecins tentent désespérément de maintenir en vie un jeune homme, mais en vain. Puis, nous tombons sur Muhammad, un garçon de neuf ans, blessé par un obus qui lui a traversé la tête. Il est dans le coma, mais son état est stable. Il est l’une des victimes que nous comptons embarquer à bord du bateau. Le médecin nous informe qu’il y a de fortes chances pour qu’il reste aveugle le restant de ses jours.
Soudain, nous entendons des cris. Deux voitures arrivent sirène hurlante, avec à son bord deux blessés. Très vite, je constate que ce ne sont pas des Libyens, et subitement mon cœur s’arrête de battre. Je reconnais mon confrère Tim Heltherington.
Pendant des semaines, nous avons travaillé ensemble à l’Est sur la ligne de front, et maintenant je le vois saigner de tout son sang dans cet hôpital. Chris Hondros et deux autres journalistes suivent aussi. Béatrice, une journaliste espagnole s’effondre en larmes dans mes bras. « Nous étions tous ensemble, à proximité de la Tripoli Street, dans un bâtiment que nous pensions vide » dit-elle en sanglotant. « Quand nous nous sommes rendus compte que des soldats de Kadhafi s’y trouvaient, une bataille féroce s’enclencha et tout le monde prit la fuite dans tous les sens. » Il n’est pas tout à fait clair qu’elle est la réelle cause de cette issue fatale.
Il devient vite évident que Tim ne survivra pas et que Chris est déclaré mort une heure après les opérations. La colère est grande. La plupart des journalistes travaillent ensemble ici depuis le début du conflit, formant ainsi quasiment une famille. Souvent, ils nous arrivaient de dormir sur les planchers des maisons de Brega et Ras Lanuf et nous partagions le peu de nourriture que nous trouvions. Maintenant, ils gisent là mort, abattus par l’histoire qu’ils voulaient transmettre avec passion au monde extérieur.
Nous organisons le transport vers le port pour le rapatriement des corps à Benghazi.
De retour au bateau, nous apercevons sur le quai des centaines de noirs africains qui disciplinés forment une file prête à monter à bord.
Et puis surgit ce moment chargé de tristesse quand les petites voitures réfrigérées arrivent avec les corps de Tim et de Chris. Le port s’éloigne. Retour vers Benghazi. Les journalistes écrivent leurs articles sur le pont bondé de réfugiés. Mais seule une chose occupe nos esprits : nos deux confrères situés quelques étages ci-dessous…"
Hier a débuté la session 2012 du Concours Reine Elisabeth dans le bâtiment « Flagey » à Ixelles. Un évènement qui a attiré l’attention des médias belges, dont celle du journal télévisuel de la « Radio Télévision belge francophone » (RTBF) et du journal télévisuel de la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT). Même si ces deux chaînes télévisuelles ont fait un reportage sur le même sujet, elles ont traité ce concours chacune d’une façon très différente.
Les deux chaînes ont commencé par annoncer le Concours Reine Elisabeth et elles ont ajouté que c’était la 75e édition à laquelle participaient 78 musiciens, dont quatre Belges. La VRT a encore souligné qu’il s’agissait de jeunes qui jouaient du violon et que ce concours était exclusivement destiné aux violonistes, comme le premier concours de 1937.
Puis la RTBF et la VRT ont évoqué que cette année le concours avait lieu au bâtiment « Flagey ». La RTBF a précisé que « Flagey » était l’ancienne maison de la radio, tandis que la VRT a dit que les premières épreuves du concours ne pouvaient plus avoir lieu dans le Conservatoire de Bruxelles, parce que ce dernier se trouvait dans un état de délabrement.
Ensuite les journalistes de la RTBF ont interviewé quelques spectateurs et ils leur ont posé des questions sur leurs opinions et leurs expériences. La VRT, par contre, a présenté les différents candidats belges du concours et a expliqué qu’il y avait beaucoup de jeunes étrangers qui y participaient au concours belge. La RTBF a effectivement interviewé un des candidats étrangers et a ajouté que le jury cotait les différents candidats sur cent points. Ensuite, elle a interviewé le Président du jury.
Finalement les deux chaînes télévisuelles ont terminé leur reportage par le finale du concours, la RTBF en disant que 24 candidats participeront à ce finale, la VRT qu'il aura lieu au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar).
Il faut qu’on le dise… De toutes les personnes politiques belges francophones, Melchior Wathelet, le Secrétaire d'Etat à l'Environnement, à l'Energie, à la Mobilité et aux Réformes institutionnelles, sait parler le néerlandais le mieux. Lors d’un reportage de la « Vlaamse Radio- en Televisieomroep » (VRT; http://www.deredactie.be/permalink/1.1280569) d’hier soir sur des contrôles de vitesse sur les autoroutes belges, M. Wathelet a encore une fois démontré qu’il maîtrise le néerlandais. D’accord, il faisait parfois une petite faute, mais en tout cas… Hoedje af.
Le week-end dernier j’ai vu cette affiche quelque part dans la rue à Bruxelles. La traduction de l’affiche : « L’amour interdit. Elle venait d’une famille pro-N-VA. Il parlait français. »
« Loesje » est une organisation internationale, née aux Pays-Bas pendant les années 80, qui s’engage pour des thèmes sociaux en affichant des messages humanistes dans les rues des grandes villes. Ici, « Loesje » aborde un des thèmes du parti politique flamand, la « Nieuw-Vlaamse Alliantie » (N-VA) : améliorer le bilinguisme dans la capitale belge.
Petite remarque à propos de l'affiche en soi : l'abréviation de la « Nieuw-Vlaamse Alliantie » s'écrit effectivement avec un tiret court entre le « N » et le « V ».
Le vendredi 30 mars 2012 Elio Di Rupo, le Premier ministre de la Belgique, a rendu sa première visite officielle en Flandre. Au programme : la ville de Gand. Un évènement qui n’a pas échappé à l’attention des grands médias belges francophones et néerlandophones.
Elio Di Rupo visite la Flandre dans le but d’apprendre à mieux connaître le paysage néerlandophone. C’est ce qu’il a avoué au début de sa carrière comme Premier ministre. Dans une lettre ouverte envoyée en décembre 2011 au journal flamand De Morgen le Premier ministre belge avait écrit qu’il souhaitait être le Premier ministre de tous les Belges et qu’il avait l’intention de régulièrement visiter la Flandre.
Pourtant, ce n'était pas la première fois que M. Di Rupo traversait la frontière linguistique en étant Premier ministre : le 11 janvier 2012 Elio Di Rupo a déjà assisté à la remise du Soulier d’or à Ostende et à la fin de ce mois il a visité le Championnat du monde de cyclo-cross à Coxyde. Or, ces visites-là ne constituaient pas de visites officielles. Et donc, première visite officielle : Gand. Une visite qui avait déjà été remise à plus tard dû à l’accident du tunnel en Suisse.
Les médias
Voilà la façon dont les grands médias nationaux ont traité ce sujet : le magazine Knack avait déjà publié ce vendredi 30 mars un article sur le Premier ministre avant sa visite. Cet article expliquait les raisons pour lesquelles Elio Di Rupo rend visite à Gand et analysait également l’autorité, la crédibilité et la popularité de Di Rupo et son parti socialiste auprès les Flamands. L’article évoquait un sondage menée du 2 mars jusqu’à 7 mars 2012 par certains médias nationaux francophones et néerlandophones. Selon ce sondage, fait à l’occasion des 100 jours du gouvernement Papillon, environ 55% des Flamands restent sceptiques envers Elio Di Rupo. Petite remarque faite par l’article : si ce sondage était mené après l’accident à Sierre, le Premier ministre aurait obtenu plus de résultats positifs auprès les Belges néerlandophones.
En grosses lignes les reportages des différents médias racontent le déroulé de ce jour-là : le bourgmestre de Gand, Daniël Termont, ne pouvait pas assister à la visite du Premier ministre, car souffrant. Et donc, il a été remplacé par le premier échevin, Mathias De Clerq. Ensuite ils continuent leur histoire en disant qu’Elio Di Rupo a d’abord visité Volvo Cars, où il a testé une des nouvelles voitures, et qu’il est ensuite allé voir le dépôt archéologique « De Zwarte Doos », le centre d’entreprises « De Punt » et « STAM », le musée de la ville de Gand.
Petite perturbation au « STAM »: une cinquantaine de manifestants bloquait une des entrées du musée. Il s’agissait de sympathisants du Vlaams Belang, du Voorpost, de la nationalistische studentenvereniging (NSV) et du Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV). Ils protestaient contre la visite de Di Rupo à Gand. Une manifestation qui avait quand même été annoncée à l’avance.
A remarquer : même si cette manifestation a attiré l’attention de tous les médias concernés, seulement la RTBF et Le Soir y ont ajouté dans leur reportage la réaction du Premier ministre. « Dynamisme démocratique. » « On ne peut pas plaire à tout le monde. »
Et là s’arrêtent les reportages francophones sur la visite de Di Rupo à Gand. Encore un petit détail : La Libre Belgique commençait son reportage avec le titre néerlandophone « Di Rupo houdt veel van Gent. »
Par contre, dans son article Knack critiquait le déroulement de cette visite : la présence des services de sécurité était trop frappante, on n’accordait pas d’interviews avec Elio Di Rupo et le nombre de voitures utilisées pour visiter Gand avait l’air d’être une « caravane présidentielle ». L’article parle même d’un « moment Obama » au moment où Elio Di Rupo a fait un arrêt spontané sur la place Woodrow Wilson pour saluer quelques étudiants de Gand et des touristes.
La VRT est encore allée plus loin : son programme d’éclairage « Terzake », qui est diffusé sur la chaîne « Canvas » après le journal de 19 heures, avait invité son propre journaliste Ivan De Vadder et la journaliste du Soir Véronique Lamquin pour une interview sur le Premier ministre. Dans cette interview Veronique Lamquin remarque qu’Elio Di Rupo est « quelqu’un d’autre en Flandre qu’en Wallonie, probablement parce qu’il ne maîtrise pas assez le néerlandais. » Ivan De Vadder, quant à lui, remarque qu’en faisant des visites officielles en Flandre, le Premier ministre évite « son handicap néerlandophone », parce qu’il n’y s’agit pas de « bains de foule », comme par exemple à Coxyde. « Ces visites officielles sont très organisées ». Véronique Lamquin ajoute que cela n’est pas vraiment différent pour les Belges francophones : Di Rupo tient toujours les médias francophones à une certaine distance et il prépare dans les détails ses communiqués de presse. D’après la journaliste c’est le propre choix du Premier ministre en ce qui concerne la communication et le style. Les deux journalistes avouent qu’Elio Di Rupo n’aime pas improviser. Ivan de Vadder y évoque un incident qui s’est produit lors de la communication sur l’accident de bus à Sierre il y a quelques semaines : dans une interview radiophonique en direct, pour la chaîne néerlandophone «Radio 1 », l’intervieweur demandait au Premier ministre le numéro de secours pour l’accident. Comme Di Rupo n’avait pas le numéro devant soi, il était forcé à improviser et il a, par accident et à cause du stress, communiqué spontanément le numéro de son cabinet.
Lors du reportage sur Gand un journaliste néerlandophone a réussi à interviewer le Premier ministre. De nouveau obligé d'improviser, le Premier ministre stressé ne trouvait pas les mots corrects et ne cessait presque pas de regarder ses mains.
Conclusion
Pour ce reportage les médias francophones se sont surtout concentrés sur la visite à Gand et la manifestation du Vlaams Belang, Voorpost, NSV et KVHV. Tandis que les médias néerlandophones n’ont pas seulement fait des reportages sur la visite, mais ils ont également analysé et critiqué la présentation de cette visite et la connaissance du néerlandais d’Elio Di Rupo. En ce qui concerne la manifestation, seulement les médias francophones ont diffusé, ou publié, l’opinion du Premier ministre à ce sujet.