Harry Potter ou l'anti-Peter Pan. Pour en finir avec la magie de l'enfance, d'Isabelle Cani, aux @editionsfayard . Un ouvrage riche en analyses et en comparaisons. Je vous annonce tout de suite que si vous recherchez des points d’analyse d’Harry Potter sur la question de l’enfance, vous serez très heureux, ça en déborde ! Par contre, si comme moi, votre cible c’est…j’ai nommé…Peter Pan, il va falloir vous accrocher pour ne pas tomber dans le piège de la comparaison à un autre bouquin mais plutôt distinguer les analyses propres à Peter Pan et à son rapport à l’enfance.
Je partage avec vous ce soir quelques extraits que j’ai retenu pour leur pertinence :
🔅Elle rappelle la source, l’œuvre originale, l’hypotexte « Chacun sait que les dessins animés des studios Disney reposent tous sur un partage clair entre les bons et les méchants, mais, dans le cas particulier de Peter Pan, le mythe résiste : le héros ne devient pas réellement bon ; riant de l'humiliation du capitaine crochet, indifférent à la séparation d'avec Wendy et ses frères, il reste, comme l'avait voulu Barrie, "gai, innocent et sans cœur. »
🔅On en vient à se demander à qui est adressé Peter Pan « avec Walt Disney, Steven Spielberg ou P.J. Hogan, les enfants gardent le droit de sourire et de rêver ; avec Dan Kiley, Régis Loisel ou Richard Comballot, Les adultes, quant à eux, sont plutôt conviés à évaluer les dégâts. Tous les créateurs sont cependant d'accord pour faire du refus de grandir, de vieillir, ou d'être adulte, une hantise majeure, qu'il s'agisse de la dénoncer, de La comprendre ou de l'excuser. Enfin Peter Pan a beau fasciner les enfants, il apparaît de plus en plus clairement comme un rêve d'adulte. »
🔅Isabelle Cani met les points sur les i « On parle toujours à son sujet de refus de grandir, mais c'est une déformation. Peter Pan ne pense jamais les choses en termes d'évolution acceptée ou rejetée ; il refuse un état, l'âge adulte, et, en conséquence, choisit d'en pérenniser un autre, l'enfance définie comme un état non adulte. »