Luc Ferry sur Nietzsche
Luc Ferry n'aime pas Nietzsche (bien qu'il prétende le contraire), ne comprend pas Nietzsche. Il n'aime pas non plus les philosophes de gauche, les anarchistes et Michel Onfray (qui, pour lui, est à la fois de gauche et anarchiste, comme quoi il n'a vraiment rien compris...).
Bref...
Parfois, c'est à se pisser dessus de rire, comme son interprétation de l'amor fati : c'est absurde, l'amor fati signifie aime ton destin, donc il faudrait aimer Auschwitz, ou bien ne sélectionner que ce qui procure des bons moments comme un pastis pris à l'apéro en contemplant un paysage agréable (sic) et dans ce cas, cela ne mène pas bien loin.
Chez Epicure, l'amor fati introduisait la réalité et son acceptation, un élément du tetrapharmakon. Et comme la réalité était façonnée par les dieux, il fallait aussi l'aimer. Bien entendu, c'était une civilisation différente, et une philosophie destinée à une petite élite (en plus, on n'a pas beaucoup de textes d'Epicure, son interprétation reste toujours hasardeuse...).
L'amor fati chez Nietzsche a la signification entière de "embrasse ton destin", "accepte-le". Seule la réalité existe et il faut faire avec. Qu'on aime ou qu'on aime pas derrière, ça n'a aucun rapport, mais en tout cas, il n'y a pas d'arrière-monde ni de meilleur vie après : il n'y a que cette vie et il faut faire avec : " l’homme le plus généreux, le plus vivant et le plus affirmateur, qui ne se contente pas d’admettre et d’apprendre à supporter la réalité telle qu’elle fut et telle qu’elle est, mais qui veut la revoir telle qu’elle fut et telle qu’elle est" (par-delà le bien et le mal).












