Câest la deuxiĂšme fois que je vais Ă un concert tout seul. La premiĂšre fois câĂ©tait les Monkeys au ZĂ©nith, et vous auriez pu me trouver au bar en train de boire deux verres de whisky sur glace pourâŠ
EXPECTATIONS

if i look back, i am lost
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shark vs the universe

Product Placement
đ©” avery cochrane đ©”
let's talk about Bridgerton tea, my ask is open
we're not kids anymore.
noise dept.
Aqua Utopiaïœæ”·ăźćșă§èšæ¶ă玥ă
occasionally subtle
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will byers stan first human second

Andulka

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Origami Around
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@julianletutour
Câest la deuxiĂšme fois que je vais Ă un concert tout seul. La premiĂšre fois câĂ©tait les Monkeys au ZĂ©nith, et vous auriez pu me trouver au bar en train de boire deux verres de whisky sur glace pourâŠ
Pastiche de Maylis de Kérangal
Pastiche dâun extrait de Maylis de KĂ©rangal, RĂ©parer les vivants (2014), chapitre 6, dans le cadre dâun cours de stylistique avec FrĂ©dĂ©ric Martin-Achard, Ă partir dâune sĂ©quence narrative minimale : le braquage de Kim K Ă Paris en octobre 2016.
Il Ă©tait sur scĂšne en train de chanter â dans la nuit je les entends parler, lâhistoire la plus froide jamais contĂ©e, quelque part le long de cette route il a perdu son Ăąme pour une femme sans cĆur, comment peux-tu ĂȘtre Ă ce point sans cĆur ? Il chantait le dĂ©but de cette chanson mais sâarrĂȘta net, la bande-son continuant un instant trop long, les nappes Ă©lectroniques quâil tentait de recouvrir lâempĂȘchant de dire jâsuis dĂ©solé⊠jâsuis dĂ©so⊠puis le silence se fit et dans le tremolo de sa voix encore couverte dâauto-tune il bredouilla quâil devait arrĂȘter le concert, quâil y avait une urgence familiale. Dans un lieu oĂč il se mettait Ă nu avec des paroles si personnelles, sâexorcisant devant de multiples consciences quâil ne pouvait discerner, il Ă©tait dâautant plus incapable dâimaginer Kim Ă plus de 3000 miles, Ă Paris, en danger sans lui. Il en fit plus tard des cauchemars arrachant son sommeil pendant des semaines, avant une grosse dĂ©pression et un sĂ©jour en psychiatrie Ă lâhĂŽpital dâUCLA. Plus rien nâavait de sens pour lui.
Il a dĂ» la voir attachĂ©e, les yeux et les mains bandĂ©s, en une seconde qui en paraissait sĂ»rement mille, sortant de scĂšne dâune marche dĂ©terminĂ©e et mĂ©canique, comme dĂ©possĂ©dĂ© car on avait atteint sa moitiĂ©, on avait enlevĂ© la clĂ© de voute qui permet lâĂ©quilibre et qui supporte toute la pression de chaque cĂŽtĂ©. EnfermĂ© dans sa loge il dĂ©verrouille et verrouille son portable en pressant frĂ©nĂ©tiquement le bouton faisant apparaitre lâheure sur son fond dâĂ©cran â 00:02 passe Ă 00:03 devant un selfie de Kim en robe crĂšme arborant une parure Loren Ridinger â il doit savoir quâil ne peut la joindre mais compose quand mĂȘme son numĂ©ro et tombe directement sur le rĂ©pondeur Ă plusieurs reprises, il tourne en rond dans la petite piĂšce tandis quâon frappe Ă la porte laissez-moi seul ! Laissez-moi ! LâĂ©cran se verrouille Ă nouveau, quand dans le noir des pixels Ă©teints de lâĂ©cran LCD il croise furtivement son regard â deux billes trop brillantes, sphĂšres livides, la pupille vide et caverneuse â et se trouve absent Ă lui-mĂȘme comme sâil Ă©tait parti, comme sâil ne pouvait plus ĂȘtre ici-bas avec lui-mĂȘme car il ne peut pas ĂȘtre lĂ -bas avec elle, dans la douceur de ses bras. Ce quâil sent, câest un courant dâair poussiĂ©reux qui sâinfiltre dans chacune de ses veines, un grand froid quâil prend en pleine face et le pĂ©trifie, le froid dâune vague meurtriĂšre qui arrive inĂ©luctablement sur son bateau et dont il nâa pas dâautre choix que de contempler lentement la dysmorphose avant de venir sâĂ©clater contre le bois de toute sa force, le sel brĂ»le ses yeux : le poids de sa confiance brisĂ©e prend trop de place dans son cĆur et câest la seule chose quâil connait maintenant, aspirant tout le reste, Kanye a le sang glacĂ©.
Par le hublot elle fixe lâhorizon, un lever de soleil perce la mer de nuages au loin, vers la cĂŽte. Elle a posĂ© son iPhone un peu plus loin, ne veut plus sâen approcher. Son casque sur les oreilles, elle ne parle Ă personne sauf pour demander Ă Stephanie de mettre de la musique â Blonde de Frank Ocean. Elle se dit quâils auraient pu la violer, quâelle aurait pu y passer mais merci mon Dieu, merci Seigneur elle est sauve. Elle sây Ă©tait prĂ©parĂ©e, les mains dans le dos, attachĂ©es par ces colliers en plastique, qui lui serraient les poignets, oh elle en a gardĂ© des marques sur la peau. Elle avait cru que câĂ©tait son heure et se disait OK je ne dois pas paniquer, ça va ĂȘtre un moment difficile mais je mâen remettrai, je ne veux pas mourir. Elle nâĂ©tait pas prĂȘte pour mourir. Elle avait pensĂ© Ă sâĂ©chapper, courir et descendre les escaliers pour sâen sortir, mais ils auraient pu lui tirer dans le dos. Cette vision lâavait paralysĂ©e. Elle essaye de lâoublier, augmente le volume : that's the way everyday goes, every time we've no control, if the sky is pink and white, if the ground is black and yellow. Ses yeux sâemplissent et tremblent comme les vagues de lâAtlantique salĂ© et profond, plus de 5 miles sous ses pieds. Une larme coule sur sa joue pas encore dĂ©maquillĂ©e mais elle nâose pas lâenlever, elle ne veut pas faire ce geste de balayer sa main sur son visage pour chasser la tristesse, mais merde elle nâest pas triste elle ne comprend pas ce quâelle ressent, elle aimerait pouvoir dormir mais elle nây arrivera pas pendant longtemps. Stephanie arrive les bras tendus, everybody needs you, oooh nani nani, this feel like a quaalude, no sleep in my body, ainât no bitch in my body, elle craque. Ăa va aller ma belle ne pleure pas. Chaque fois quâelle Ă©tait venue Ă Paris, elle aurait pu se faire braquer. Si ça se trouve le concierge Ă©tait de mĂšche, et il prĂ©voyait son coup depuis longtemps. Elle revoit tous ces moments, seule dans la chambre dâun hĂŽtel particulier, avec ses bijoux sur la table de chevet ou dans sa malle Vuitton, elle nâen portera plus autant, et elle les laissera Ă LA dĂ©sormais, si tous ces beaux diamants mettent ses jours en danger, il nâest plus question dâen racheter. La bague froide quâil lui reste Ă lâindex droit lui serre le doigt, spending each day of the year, white Ferrari, good times, in this life, life, in this life, life. Elle lâenlĂšve et la met dans son petit sac Ă main et le garde contre son ventre. Elle ferme les yeux puis les rouvre, eat some shrooms, maybe have a good cry about you, see some colors, light hang glide off the moon. Elle arrive bientĂŽt Ă la maison, oui on arrive bientĂŽt.
Pour comparer, voici lâextrait original pastichĂ© :
https://drive.google.com/file/d/1BzKkhatUo-IlDCiY6z2oVsTz0sA6QV2I/view
Imarhan ou le retour du rock du désert
Le groupe Touareg sort son deuxiĂšme album cette semaine, nous les avons vu au Point ĂphĂ©mĂšre pour un concert et une projection de Children of Tam, un documentaire de Vincent Moon sur leur musique
Mon premier contact avec le rock Touareg remonte Ă lâĂ©tĂ© 2013 sur les ondes de Nova, avec « Her Tenere » de Bombino. Tout de suite je pris une claque depuis les hauts parleurs de la voiture, pied au plancher, entraĂźnĂ© par la mĂ©lodie dâune voix aiguĂ« couplĂ©e Ă une guitare Ă©lectrique solo dans un ampli plein de distorsion avec une pointe de delay. Une tempĂȘte de sable dâun vent nouveau venait souffler sur moi, susurrant en langue tamasheq Ă mon oreille nĂ©ophyte. AprĂšs avoir Ă©coutĂ© en long et en large lâexcellent album Nomad, enregistrĂ© Ă Nashville chez Dan Auerbach des Black Keys, jâai dĂ©couvert le disque live et acoustique Agamgam 2004, premier enregistrement de celui quâon appelait aussi le Jimi Hendrix du dĂ©sert. « Amidinine », « Azamane Tiliade » et « Tenere » Ă©taient devenus pour moi des grigris contre la grisaille parisienne, une drogue contre et Ă base de blues (et de grognements de chameaux en VO). Un soir oĂč lâon sortait entre amis Ă Belleville, attendant qu'une table se libĂšre Ă lâimmense terrasse des « Folies », un homme assis interrompt notre discussion mĂ©lomane :
« Vous ĂȘtes musiciens ?
- Non, et vous ?
- Oui, on vient du Niger
- Ah vous ĂȘtes Touareg ? Vous connaissez Bombino ? »
La minute suivante, nous Ă©tions Ă la table de Hama et Moctar. Ils nous disaient venir du mĂȘme village que Bombino, et que son pĂšre leur avait appris la guitare. Toute la soirĂ©e, ils nous expliquĂšrent leur culture et leurs valeurs, autour de lâislam, de lâamitiĂ© et de la fraternitĂ©. Je me mis Ă chanter « Amidinine » et ils enchaĂźnĂšrent en chĆur, moi tapant sur la table. « Ăa veut dire âmon amiâ. Et tamiditine câest âmon amourâ. ». En guerre contre lâĂ©tat NigĂ©rien, le peuple nomade des Touaregs se rebelle pour prĂ©server sa culture. Ils ont pris les armes, et ils ont dĂ» fuir. Hama avait vĂ©cu en Bretagne quelques annĂ©es et sâĂ©tait reconnu en ce peuple dâirrĂ©ductibles gaulois Ă lâidentitĂ© forte. Et comme des Bretons, nous descendĂźmes beaucoup de pintes en cette belle soirĂ©e.
Ce soir donc, au Point ĂphĂ©mĂšre dans le nord-est de la capitale, nous dĂ©couvrions le groupe Imarhan dans Children of Tam, documentaire du talentueux Vincent Moon (Ă lâorigine notamment des Concerts Ă emporter de la BlogothĂšque et de nombreux films musicaux avec REM ou Arcade Fire). Tam (pour Tamanrasset) câest leur ville, au sud de lâAlgĂ©rie, un endroit que ces musiciens dĂ©crivent comme paisible, oĂč tout le monde « coexiste plutĂŽt bien », tous rassemblĂ©s ici et venant pour certains de pays en guerre ou en crise. Leur blues Touareg, filmĂ© de prĂšs dans des sessions live en plan sĂ©quence mouvementĂ©, me rappelle Bombino et le tamasheq. Un son puissant, assurĂ© par une rythmique djembĂ©/basse/guitare sur laquelle sâassoit la belle poĂ©sie du chanteur et de sa guitare solo. Un son frais mais qui est travaillĂ© depuis des annĂ©es : « On ne devient pas un bon musicien en deux ou trois jours ». Leurs valeurs explicites dâamitiĂ©, de respect des anciens et de lâislam, leur peur de voir leur culture disparaĂźtre chez les plus jeunes, et leur devoir de conservation, de partage, me font penser Ă la sincĂ©ritĂ© dâHama et Moctar. AprĂšs le film nous avons eu le droit Ă un concert endiablĂ© dans la petite salle du Point Fâ. Leur dernier single « Ehad wa dagh » est un concentrĂ© de soleil disco au solo psychĂ©dĂ©lique, une pĂ©pite nĂ©cessaire pour tenir lâhiver. Lâalbum Temet sortira le 23 fĂ©vrier sur City Slang (Caribou, Nada Surf), et on est pressĂ© de lâentendre. « Imarhan » signifie « ceux qui sâaiment, qui se cĂŽtoient et sont sincĂšres », et aprĂšs une soirĂ©e Ă apprĂ©cier les rythmes des rockeurs du dĂ©sert et la beautĂ© de leurs chansons, on veut nous aussi faire partie dâImarhan, sincĂšrement.
Petite story en 1500 signes
Dans les couloirs du mĂ©tro de la Gare de Lyon, on croise souvent des musiciens. Il y a cette vieille dame qui tel un morceau jouĂ© en mode rĂ©pĂ©tition en boucle, chante une unique rengaine. La Vie en rose. Nonchalamment et faux. On peut la retrouver aux heures de pointe, adossĂ©e Ă un mur, et courant sur cette piste dâautoroute avec voie lente et voie de dĂ©passement, embouteillages et queues de poisson, on peut reconnaĂźtre Ă 17h la mĂȘme fausse note quâĂ 9h. Il y avait aussi cet accordĂ©oniste avec sa casquette, toujours muet, que lâon pouvait croiser pendant des annĂ©es. Comme faisant partie intĂ©grante du dĂ©cor. Il nâest plus lĂ , dans le recoin de lâaccĂšs Ă la ligne 1. Il y a maintenant un emplacement spĂ©cial pour les musiciens autorisĂ©s par la RATP. On y voit en ce moment un jeune duo guitare/cĂĄjon, qui effectue des reprises de musiques populaires avec beaucoup dâĂ©nergie et trĂšs peu de groove. Parmi ces artistes, il y en a un qui sâillustre. ParticuliĂšrement. AprĂšs une soirĂ©e dâhiver oĂč lâon sort se rĂ©chauffer les cĆurs sous une lampe Ă gaz de la terrasse de lâĂ©tablissement Ă lâhappy hour infinie plutĂŽt quâĂ lâintĂ©rieur, je rentrai dans le mĂ©tro, bercĂ© par la mousse, vers minuit. Le corridor Ă©tait dĂ©peuplĂ© et la cohue habituelle avait laissĂ© place au silence. Au loin rĂ©sonnait une musique chaude et rythmĂ©e, dont la mĂ©lodie Ă©mergeait au fil de la marche. Avec un petit ampli qui jouait lâinstrumental de funk, un petit vieux au regard malicieux jouait un solo, sur un manche Ă balai.
Un court été agréable en eaux troubles
Un été, le deuxiÚme roman de Vincent Almendros, est un thriller haletant et hùlé, écrit avec soin et sobriété.
Dans ce roman publiĂ© en janvier 2015 chez Minuit et rééditĂ© cet hiver en poche, nous sommes sur une croisiĂšre estivale intime, sur un petit voilier en MĂ©diterranĂ©e. LâĂ©pigraphe, citation du vers de ValĂ©ry «Le vent se lĂšve, il faut tenter de vivre.» est ici tronquĂ©e, dĂ©faite de ses points de suspension et dâexclamation, comme si lâauteur sâapprĂȘtait Ă dĂ©crire un cimetiĂšre marin avec retenue, dans lâacceptation inerte de la vie ou de la mort. NĂ©anmoins il annonce une couleur, une touche presque inconscientes dâĂ©tĂ©, et en effet lâĂ©crivain parvient Ă peindre des impressions qui serviront de dĂ©cor Ă son roman.
Quatre protagonistes se rejoignent Ă Naples pour les vacances. Pierre, le narrateur, est accompagnĂ© de Lone, une Ă©tudiante suĂ©doise. Ils sont invitĂ©s sur le bateau de son frĂšre, Jean, avec Jeanne, son actuelle compagne. Assez vite, lâon comprend que cette derniĂšre a un passĂ© commun avec le narrateur. La tension, semblable Ă la chaleur lourde sous le soleil ou dans la cabine, de plus en plus sexuelle, Ă©clatera dans un acte inĂ©luctable, avant de revenir sous une autre forme, comme une tension de la culpabilitĂ©, jusquâĂ la derniĂšre page et son dĂ©nouement.
Les dialogues sont Ă©purĂ©s. Le discours indirect libre et tantĂŽt direct, parait naturel : «Elle sâexcusa de sâavoir endormie. TâĂȘtre, rectifia Jeanne. TâĂȘtre endormie.» (p. 19). Cependant, quelques tautologies ou lieux communs affaiblissent cette belle prose, peut-ĂȘtre trop simple : «Lâair devenait de plus en plus marin» (p. 22) ; «Attends, lui dis-je. / Quoi ? / Non, rien.» (p. 51).
Vincent Almendros nous tient en haleine du dĂ©but Ă la fin, mais dans un roman trĂšs court comme un simple Ă©pisode. Il est nĂ©anmoins prĂ©fĂ©rable de lire un bon roman trop court quâun vain pavĂ©.
Julian Le Tutour
Vincent Almendros, Un Ă©tĂ©, 2018, Les Ăditions de Minuit, coll. « Double », 96 pp., 6,50âŹ
Analyse du rap contemporain avec les outils de genre
Travail dâanalyse du rap contemporain avec les outils du genre, pour le cours de âLittĂ©rature et pensĂ©e politiqueâ de Florence LOTTERIE Ă lâUniversitĂ© Paris-Diderot.
Câest pas moi mais mon Spotify qui le dit : les sons que jâai le plus Ă©coutĂ©s cette annĂ©e đ€ Kendrick, Bizet, Philip Glass, Damso, Nougaro, Kanye, Mount Kimbie, La Femme, John Coltrane, Barbara... que du beau monde ! https://open.spotify.com/user/spotify/playlist/37i9dQZF1E9WZ1Xd6eGrcc?si=CcShWM0bRnGzVZHYBeIWNg #spotify #spotify100 #top2017 #music #songs #topsongs #topsongs2017 #mostlistened #streaming #streamingmusic #playlist #spotifyplaylist #đż (Ă Paris, France)
Il y a 1 mois sortait en surprise pour Halloween le projet de Metro Boomin, Offset et 21 Savage, comme son nom lâindique « Without Warning ». Il reprend les figures de films dâhorreurs classiques comme Freddy Krueger, le Ghostface de Scream, dans la mĂȘme foulĂ©e que Stranger Things (sortie quelques jours plus tĂŽt) qui abonde de rĂ©fĂ©rences de la pop culture 80s. Cette gĂ©nĂ©ration de rappeurs du sud avance toujours en meute, les feats avec les pointures Travi$ Scott et Quavo sonnent comme une Ă©vidence. 21 et Offset alternent les morceaux du Young Metro et le climax rĂ©side dans le passage de « My Choppa Hate Niggas » à « Nightmare », avec une transition des prods, et la puissance dâOffset en contraste avec la retenue de 21. Le disque se clĂŽt sur lâĂ©norme « Darth Vader » avec son orgue progressif et ses basses profondes. Les thĂšmes et gimmicks habituels de Migos agrĂ©mentĂ©s des thĂšmes dâhorreurs, comme un Ă©pisode spĂ©cial Halloween des Simpson. La recette fonctionne toujours ! Mais belek, #ifyoungmetrodonttrustyaimashootyađ«đ«đ«đ«đ«đ« @metroboomin @offsetyrn @21savage @travisscott @quavohuncho #withoutwarning #metroboomin #offset #21savage #travisscott #quavo #trap #atlanta #houston #rap #journalismeculturel #kebabeatles (Ă Atlanta, Georgia)
Mardi dernier, PNL est rentrĂ© dans la lĂ©gende Ă Bercy et jây Ă©tais (@ultraviolence__.__ mâa invitĂ© đ). Vu la scĂ©nographie on comprend pourquoi Tarik et Nabil ont repoussĂ© le concert qui Ă©tait prĂ©vu en juin : un Ă©norme cĆur avec des projections, une scĂšne centrale avec un arbre sur lequel descend le feuillage pour certaines chansons, et de lâanimation vraiment travaillĂ©e. On a adorĂ© le jeu video en 8-bit oĂč les frangins doivent libĂ©rer Mowgli de sa cage et buter le boss final Macha Django (le mĂ©chant homme-Coca). On a aussi kiffĂ© la mise en scĂšne avec les acteurs IRL de chaque cĂŽtĂ© de la scĂšne dans un faisceau lumineux comme au catch qui aboutit sur le face Ă face avec les armes et la question de NOS, tel le roi dans lâarĂšne qui accepte ou non la mise Ă mort, puis la rĂ©ponse dâun Bercy enragĂ© : « Fume-le ! ». Lâautotune est toujours maitrisĂ©, et devant un public monstrueux les frangins nâont mĂȘme plus besoin de chanter (DĂ©solĂ© pour toutes les voix fausses dans les vidĂ©os, ça pique les oreilles...). Bercy Ă©tait #QLF et ça fait du bien âđ» @pnlmusic @accorhotels_arena @dtf.94 @mmzmusic #pnl #pnltour #pnlbercy #live #concert #journalismemusical #kebabeatles (Ă AccorHotels Arena)
Il y a un mois sortait lâalbum « 1994 » du jeune artiste belge Hamza. Des prods soignĂ©es par lâinimitable Ponko, un autotune propre et des ambiances riches pour une musique nouvelle qui oscille entre rap et rnb. Le francophone sâinscrit clairement dans la lignĂ©e dâun Travi$ Scott ou dâun Drake, il a dâailleurs Ă©tĂ© programmĂ© sur la radio Beats 1 de ce dernier avec « Vibes ». AprĂšs avoir Ă©voquĂ© sa pauvretĂ© prĂ©-succĂšs, il clĂŽt lâalbum sur la complainte Ă©ponyme 1994 et la profondeur derriĂšre lâargent, le sexe ou les tirades sur les mamans des autres : « Jâvoulais juste un peu dâamour » (Ă retrouver dans lâexcellent live de @colorsxstudios ) đ€ @hamzasaucegod @mythsyzer @travisscott @champagnepapi #hamza #1994 #saucegod #lasauce #rapbelge #rapfr #bruxelles #bruxellesvie #bx #colors #colorsstudio #mythsyzer #album #music #cloudrap #trap #journalismeculturel #kebabeatles (Ă Brussels, Belgium)
Hier soir, @mountkimbie a retournĂ© @letrianonparis avec un son ultra maĂźtrisĂ© entre basse, synthĂ©s modulaires et batterie. Des couleurs douces et des flashs agressifs Ă lâimage de leur musique alternative. Un guitariste mystĂ©rieux Ă la longue chevelure bouclĂ©e sâest invitĂ© pour un morceau, puis il a enlevĂ© sa perruque pour laisser dĂ©couvrir @kingkruleuk cachĂ© dessous, arrivĂ© en surprise pour 3 morceaux, courts mais dâune intensitĂ© folle. Il a commencĂ© chantant juste et doucement puis a fini gueulant, la bouche ensanglantĂ©e avant de sortir de scĂšne en fracas. Il y avait vraiment de lâĂ©lectricitĂ© dans lâair, et je pense que les musiciens ont senti la communion presque transcendante avec le public parisien. Ă voir et revoir, une prochaine fois avec @jamesblake qui sait ? . đ . #live #concert #trianon #trianonparis #paris #mountkimbie #mountkimbielive #mountkimbietour #electronica #electronicamusic #rock #bass #jazzbass #korg #kingkrule #kingkrulemusic #kingkrulelive #journalismeculturel #kebabeatles (Ă Le Trianon)
âLove What Survivesâ de Mount Kimbie : le plus beau disque de lâannĂ©e
Au retour des vacances en Corse, de trois semaines torrides sur les plus belles plages dâEurope, consacrĂ©es Ă lâoisivetĂ©, Ă la lecture des pages de Proust, aux loisirs alcoolisĂ©s de Pietra et de pastis, Ă lâamour et lâamitiĂ© exaltĂ©s dans des paysages idylliques entre mer et montagne, avec souvent « RĂ©seaux » de Niska en tĂȘte mais le dernier King Gizzard & the Lizard Wizzard et Mild High Club en voiture vers le sable ou des vieux Bon Iver sur la route en altitude, au retour reprenant lâA6 (qui nâa alors plus grand chose dâune autoroute du soleil) entre ma campagne francilienne et Paris, sur ce trajet coutumier et dâune routine que jâavais oubliĂ©e, en un dimanche crĂ©pusculaire et dĂ©jĂ froid, jâai dĂ©couvert le dernier album de Mount Kimbie.Â
Moi sur la troisiĂšme voie de lâautoroute et mes oreilles sur la premiĂšre piste du disque, jâentends lâintro, progressive et qui sâouvre sur des synthĂ©s sĂ©quencĂ©s pour aller vers une batterie puis une basse rock au mĂ©diator, dans un rythme nonchalant. Puis entre lâaccent de King Krule, qui me rappelle Ă chaque fois les Clash ou une idĂ©e des chanteurs contestataires anglais qui crient dans des micros avec de la reverb. Câest exactement lâendroit oĂč je voulais entendre ce morceau Ă©nergique : sur la deuxiĂšme piste, entre une intro sans paroles qui fait son taf et des morceaux plus doux et mĂ©lodieux. Les boites Ă rythmes arrivent alors, mĂȘlĂ©es Ă dâautres synthĂ©s et guitares sous chorus encore un peu 80s. Je comprends alors que le son de Mount Kimbie tient au dosage prĂ©cis entre instrumentation rock et expĂ©rimentation Ă©lectronique. Leur identitĂ© sonore vient d'ailleurs du mĂ©lange des compositions de chaque membre du duo comme un collage, une bipartition originale du travail qui fonctionne vraiment.Â
Plus tard, un matin parisien pas encore Ă©veillĂ© dans un mĂ©tro bondĂ©, sous le choc de la reprise grise, je le fus plus encore Ă l'Ă©coute de "Marilyn", avec ses pianos Ă pouces (des lamelles de mĂ©tal caressĂ©es sur une petite caisse de rĂ©sonance, instrument typique d'une douceur mĂ©lodique africaine), sa basse lascive, ses arrangements de faux cuivres et autres lĂ©gĂšres orgues, accompagnant le chant rĂ©pĂ©titif de Micachu. Le titre suivant rend hommage Ă l'iconique machine Ă beats SP12, souvent utilisĂ©e pour produire des rythmes bossa nova synthĂ©tiques Ă faible rĂ©solution (Metronomy, Soft Hair, La Femme) et nous emmĂšne cette fois-ci dans une AmĂ©rique latine artificielle avec une boucle distordue enchanteresse. Ensuite une guitare rock se mĂȘle Ă des sonoritĂ©s plutĂŽt asiatiques (gamme pentatonique comme dans le âChina Girlâ de Bowie ou Iggy Pop) et laisse entrer la voix envoĂ»tante d'Andrea Balency.Â
Un autre soir Ă marcher sur le boulevard dĂ©jĂ trop noir aprĂšs une journĂ©e de travail qui me propulsa mentalement vers une nuit automnale prĂ©-heure d'hiver, "Poison" me fut administrĂ©. Je ne me suis pas encore procurĂ© le vinyle mais j'imagine que cette track ouvre une face, et en mĂȘme temps introduit la seconde moitiĂ© de l'album peut-ĂȘtre plus profonde, avec notamment James Blake. Et lĂ justement, la boucle d'orgue retentit en moi et fais entrer avec elle la mĂ©lancolie de la saison dans ma conscience, vient dĂ©ranger ma tranquillitĂ© comme Boucle d'or chez les ours de la forĂȘt. L'Ă©nergie Ă©lectronico-Ă©lectrique reprend alors et exprime parfaitement le sentiment de lĂącher-prise nĂ©cessaire aprĂšs une journĂ©e de travail. Puis aprĂšs la magnificence lyrique et l'Ă©nergie muette vient une beautĂ© plus artificielle, plus rude avec un orgue synthĂ©tique et une voix modifiĂ©e comme celle du Moody Blues dans "Dear Diary" grĂące Ă la cabine Leslie, qui produisait un effet vibrato notamment pour les orgues Hammond dans ces annĂ©es-lĂ . Mais James Blake n'en a pas fini, et ses notes dĂ©tachĂ©es de piano s'installent sur une percussion primitive, sa voix se dĂ©ploie autour d'un motif, d'un riff de quatre notes hypnotiques comme celles de "Shine On You Crazy Diamond" de Pink Floyd. La plus longue chanson du disque se referme alors sur la petite percussion premiĂšre, simplement.Â
Love What Survives est la bande-son de la saison, ce bel album, le plus beau de 2017, m'accompagnera dans la froideur de cette fin d'année comme Blonde de Frank Ocean l'hiver dernier, et bien sûr survivra au-delà , comme tous ces excellents disques que l'on qualifiera un jour de classiques du XXIÚme siÚcle. En attendant, allez écouter l'histoire en train de se faire et ne perdez pas de temps à regretter, comme moi jadis, de vivre en 2017 et pas en 1967.
Tyler, The Creator -Â âFlower Boyâ
Ăa fait une semaine que l'album de Tyler, The Creator est officiellement sorti ! MĂȘme si je l'Ă©coute depuis qu'il a leakĂ© le 11 juillet, dans sa version dĂ©finitive. Les singles "Who Dat Boy" et "911/Mr. Lonely" m'avaient dĂ©jĂ retournĂ© le crĂąne fin juin avec la complicitĂ© de ses buddies A$AP Rocky et Frank Ocean. Sur Spotify ce n'est plus que "Flower Boy", le titre dĂ©livrĂ© des vulgaires "Scum Fuck". Un peu déçu. Mais ce n'est pas le titre qui compte, mĂȘme si celui de meilleur disque de 2017 Ă©tait explicitement annonciateur : DAMN.  Â
On retrouve le style lĂ©chĂ© du T, avec Ă la fois des beats aiguisĂ©s, des nappes synthĂ©tiques, des basses crades dans une douceur symphonique. On retrouve encore la batterie aux balais de Pharrell dans l'excellent Droppin' Seeds avec Lil Wayne. Oui vous avez bien lu ! Tyler arrive Ă faire rapper celui qu'on disait mort il y a quelques temps, et qui avait subi une sorte d'hommage... glauque. Bien vivant dans un court couplet oĂč il se balade dans le jardin d'Eden joint au bec, il kicke sobre et classe.
Jâavais moins accrochĂ© Ă âCherry Bombâ (2015), dont le making of a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ© fin mai, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie de production dâun artiste singulier qui sait bien sâentourer (Kanye West, Hans Zimmer, Pharrell...). Mais je nâavais pas totalement accrochĂ© Ă cet album, trop alternatif Ă mon goĂ»t. On ne peut pas tous faire un Yeezus non plus !
LĂ , les instrus sâenchaĂźnent de maniĂšre cohĂ©rente et les textes sont profonds, Ă©voquant des pensĂ©es suicidaires comme âDAMN.â parlait de la mort. Certains y ont vu une sorte de coming-out implicite : comme un Bowie ou un Prince, devenus des icĂŽnes LGBTQ car androgynes et jouant avec les codes de genre, Tyler reste mystĂ©rieux et sĂšme le doute. Au final, lĂ nâest pas lĂ question, on sâen fout. Mais respect pour un artiste de hip-hop qui fait encore Ă©voluer les mentalitĂ©s sur lâhomosexualitĂ©, ce dont on aurait pas mal besoin dans le rap game français (bandes de gros pĂ©dĂ©s).
Lâalbum finit sur un son instrumental mĂ©canique et groovy, comme une conclusion silencieuse, une ode au prĂ©sent (âEnjoy Right Now, Todayâ) qui reprend les Ă©lĂ©ments esthĂ©tiques des morceaux prĂ©cĂ©dents, en rhapsodie. GĂ©nie.
Ce disque est un bijou, une oeuvre aboutie et une des meilleures sorties de 2017. Foncez lâĂ©couter !
Dissertation pour un cours de Religion, Arts et Culture par Ron NAIWELD âLe mythe biblique de lâantiquitĂ© Ă nos joursâ.
Essay writing for university
Dissertation en anglais sur l'influence des drogues sur certains courants musicaux du hip-hop. Le contenu est plus intéressant que l'expression. Bonne lecture !
2016 : les 20 putain de dingueries du millĂ©sime quâil faut courir Ă©couter de toute urgence bordel de merde
DĂ©solĂ© pour la vulgaritĂ©, mais câest vraiment difficile de qualifier ce phĂ©nomĂšne 2016. Une abondance dâalbums excellents, des retours inattendus, des albums trĂšs attendus⊠On traverse un Ăąge dâor et il faut en prendre conscience.
Mis Ă part les albums dĂ©cevants de Drake, Justice ou De La Soul, voici un top 20 de putain de dingueries, dont quelques chefs-dâĆuvre mĂȘme, qui marqueront lâhistoire. Le format album marche encore fort, et tous ces disques doivent sâĂ©couter en entier.
On attend toujours les albums de Gorillaz et Outcast, N.E.R.D et pourquoi pas Booba, pas encore sortis mais qui ne devraient pas tarder. On est dans une trĂšs bonne lancĂ©e et les annĂ©es Ă venir sâannoncent brillantes.
#1 Frank Ocean - Blonde
IndĂ©niablement, le meilleur disque de lâannĂ©e. Les arrangements et le mixage ne peuvent ĂȘtre que lâĆuvre de petits anges au paradis, ou alors dâune Ă©quipe bĂ©ton. Kendrick, BeyoncĂ©, Pharrell, AndrĂ© 3000, Tyler, Jamie XX, Yung Lean ou SebastiAn Ă la collaboration, Todd Rundgren, Stevie Wonder et les Beatles aux samples. Voici la pop dâaujourdâhui : rnb, folk et symphonique.
#2 Childish Gambino - âAwaken, My Love!â
Lâacteur/rappeur/producteur/etc se montre bien plus chanteur dans ce dernier album, temple de soul/rock 70s, nourri pourtant dâun bon dosage de synthĂ©s analogiques plus rĂ©cents, oĂč dâauto-tune dans ce style hybride, so 2016. L'album sâouvre sur un sombre et lent morceau aux allures de G-Funk qui se transforme en Ă©nergie Ă©lectrique dâun groove fracassant. Des considĂ©rations guitaristiques folles, un petit cĂŽtĂ© Prince puis le single monstre Redbone, et une voix qui fait penser Ă Sly Stone et Curtis Mayfield rĂ©unis sur Baby Boy. Et on comprend vraiment lâhommage quâil a voulu rendre Ă Funkadelic, avec cette guitare qui pleure sur The Night Me and Your Mama Met. Vraiment un album riche qui nous montre ce que savent faire les rappeurs de nos jours : de la putain de vraie bonne musique.
#3 David Bowie - Blackstar
Le camĂ©lĂ©on publie le premier single fin novembre 2015, sort lâalbum le jour de ses 69 ans et meurt deux jours plus tard. Ănorme claque qui remet tout en question, qui remue les souvenirs dâenfance et dĂ©truit quelque chose en nous. Infinie tristesse, dâautant plus que lâalbum est vraiment excellent et novateur. Il sâĂ©tait mĂȘme inspirĂ© dâun autre gĂ©nie moderne : le roi Kendrick. Jâimagine en me lamentant des probables collabs en 2016 entre les deux ovnis⊠Il a su se retirer en beautĂ© et nous laisse un des plus beaux souvenirs du siĂšcle rĂ©volu qui a rĂ©volutionnĂ© la musique.
#4 Kanye West - The Life of Pablo
7 albums est on en est lĂ . Lâhomme le plus influent du monde, 39 ans et 20 ans de carriĂšre, se renouvelle toujours, avec un album vraiment abouti. Les samples sont mis en avant, assumĂ©s : Nina Simone Ă la fin de Famous, aprĂšs que RiRi lâa chantĂ©e Ă lâautotune au dĂ©but. Il a mĂȘme lancĂ© Desiigner avec son Panda, plus gros banger de lâannĂ©e, au sein dâune autre chanson, normal. Le dernier album du Ye est magique, comme dâhabitude.
#5 A Tribe Called Quest - We got it from Here⊠Thank You 4 Your service
Ultime album du groupe culte, au complet, avec mĂȘme AndrĂ© 3000, Kendrick (ces deux-lĂ aiment squatter les bons albums), leur collĂšgue dâĂ©poque Busta Rhymes, Anderson .Paak et Jack White. Au complet car on le sait, Phife Dawg est mort il y a quelques mois, câest un album posthume pour lui. DiabĂ©tique, il se donnait Ă fond dans la musique et câest surement lâalbum qui lâa tuĂ©. Les mecs rappaient dĂ©jĂ en â85 et je suis impressionnĂ© trente ans plus tard par tant de technique (ce qui nâest pas le cas de IAM ou De La SoulâŠ). Les samples fusent : Vincent Price, Elton John, Musical Youth, les Fu-Gees, Jim Morrison qui crie⊠Q-Tip chante bien et ça rappe fort sur des prods innovantes. Une dĂ©marche politique dans le fond, sublimĂ©e par la forme.
#6 Bon Iver - 22, A Million
Voici la musique du futur. Est-ce de la pop, du rnb, de lâindie ? Du âfolktronicaâ nous dit WikipĂ©dia. Guitares, sax, violons + vocoder, nappes de synthĂ©s, boites Ă rythmes, sĂ©quenceurs et compresseurs se marient dans un mixage expĂ©rimental, dĂ©routant et tellement impressionnant. LâĂ©motion humaine est mĂȘme sublimĂ©e par les ordinateurs. Les bugs contrĂŽlĂ©s et la qualitĂ© dĂ©tĂ©riorĂ©e par les bitcrushers donnent vraiment des frissons. Ă Ă©couter bien fort, en bonne qualitĂ©.
#7 ScHoolboy Q - Blank Face LP
Câest un peu le To Pimp a Butterfly de 2016, trĂšs bien produit, et sorti sur le label de Top Dawg. Y a du hip-hop bien deep, de la pop, des bangers, des feats, de vrais court-mĂ©trages. Un album complet, accompli, qui relĂšve automatiquement le niveau du hip-hop mondial, et ça fait vraiment du bien. Le public lâa trĂšs bien accueilli et la fosse du ZĂ©nith Ă©tait bouillante fin novembre.
#8 Danny Brown - Atrocity Exhibition
Un mĂ©lange entre le Velvet Underground & Nico, le Wu-Tang et Cypress Hill. Le dĂ©glingos de DĂ©troit a en effet un panel dâinspirations alternatives pour un rappeur, et un certain goĂ»t de lâexpĂ©rience. Du coup, des gros beats chelous, et dâun autre cĂŽtĂ© des feats fous : Kendrick, Ab-Soul, Earl Sweatshirt et mĂȘme le lĂ©gendaire B-Real ! Lâalbum est excellent, mais ce bon vieux Daniel mâa un peu déçu en live, en partant comme un voleur sans rappel. Un album de cette puissance aurait mĂ©ritĂ© deux, trois musiciens pour broder autour des samples dans un dĂ©lire expĂ©rimental, Ă creuserâŠ
#9 Mild High Club - Skiptracing
Sortons un peu de la musique dite urbaine pour plonger dans le meilleur son psychĂ©dĂ©lique de 2016. DeuxiĂšme album pour Alex Brettin et ses potes, plus propre que le nĂ©anmoins excellent Timeline, Skiptracing est un bon album trippant, flirtant avec le jazz : le leader en a eu une formation Ă Chicago, avant de bourlinguer Ă travers le continent. RĂ©vĂ©lation rencontrĂ©e un soir sur Nova, le gros son distordu du solo de Kokopelli. Ăa faisait longtemps que je nâavais pas entendu une guitare sonner aussi rock. Les mecs sont super bien e n  l i v e, ils mâont convaincu dans lâarriĂšre-salle dâun petit bar du 19Ăšme. Ă voir absolument, et Ă Ă©couter entiĂšrement.
#10 Nekfeu - Cyborg
AprĂšs BeyoncĂ©, Kendrick ou Drake (dont on sent de plus en plus lâinspiration), encore un album surprise, et on aime ce genre de surprise : il a balancĂ© lâalbum en plein concert Ă Bercy. Aucune promo et un record de streams, dĂ©passant mĂȘme Jul (ouf). Dans la lignĂ©e de Feu (certains sons sont vraiment Ă©crits de la mĂȘme façon), il reste fidĂšle Ă lui-mĂȘme avec des feats de ses potes (le regrettable SneazzyâŠ) et du son pour les zouzs, mais surtout dâexcellents morceaux, Ă commencer par le premier titre, HumanoĂŻde, morceau rhapsodique sur plus de 6âČ, le fortement inspirĂ© de Kendrick, bien musical O.D ou le banger Esquimaux avec un Nepal fort bouillant. Mention spĂ©ciale pour la bal(l)ade cachĂ©e Ă 4âČ20âł dans Saturne, petite aventure expĂ©rimentale, rĂ©cit dâune sĂ©duction mĂ©trologique. Un album sincĂšre et bien taffĂ©, oĂč le Fenek prouve une fois de plus son talent.
#11 Radiohead - A Moon Shaped Pool
Ils avaient cassĂ© lâinternet en âdisparaissantâ des rĂ©seaux. En tout cas un album hypnotisant et fidĂšle Ă leur style.
#12 Flatbush ZOMBiES - 3001 : A Laced Odyssey
En 3 albums, le trio a montré 3 facettes bien différentes. Signés chez Brainfeeder, le label de FlyLo, ils offrent cette fois-ci un disque planant et sombre.
#13Â Travi$ Scott - Birds in the Trap Sing McKnight
Moins bien que Rodeo, forcĂ©ment, mais quand mĂȘme trĂšs fort, notamment pour le vrai retour de Kid Cudi sous auto-tune et un AndrĂ© 3000 complĂštement fou.
#14 Devendra Banhart - Ape in Pink Marble
Notre Jésus est revenu ! Un album calme, apparemment folk et qui dévoile du bon groove électrique avec des guitares et des synthés originaux. Un album nécessaire.
#15 Kaytranada - 99.9%
Beaucoup mieux que ce quâon aurait pu attendre du Canadien, des prods originales, plutĂŽt rock avec Badbadnotgood, planant ou rap. Mention spĂ©ciale pour le feat avec le brillant Anderson .Paak qui transforme tout ce quâil touche en or.
#16 Kendrick Lamar - untitled unmastered.
Le mec peut se permettre de sortir un album avec les miettes dâun autre tellement le niveau est haut⊠Il aurait pu faire de TPAB un double album avec ces morceaux-lĂ mais a prĂ©fĂ©rĂ© les offrir en surprise. On prend quand mĂȘme ! Ăa claque, ça chante, un Kendrick de haut vol.
#17 Soft Hair - Soft Hair
On prend deux artistes importants de la scÚne psyché actuelle et on les réunit pour un supergroupe : pen-pineapple-apple-pen. Boom. La voix de Connan Mockasin trouve de nouvelles modulations, sur les boites à rythme de LA Priest. Un son à la foi wtf et touchant.
#18 Kid Cudi - Passion, Pain & Demon Slayinâ
Enfin ! Mais pourquoi seulement #18 ? Ă part les deux singles qui ouvrent et ferment le disque, rien de transcendant sauf le magnifique By Design avec - forcĂ©ment - AndrĂ© 3000 et quelques beats fous. Normal, un bon feat avec Travi$ Scott, qui semble avoir donnĂ© son aura - une bonne chose - Ă lâalbum, Ă©galement produit par le grand Pharrell, normal.
#19 Young Thug - Jeffery
Encore un album de rap US qui montre lâĂ©volution du genre. Les titres - sauf lâexcellent single Pick Up The Phone, Ă©galement prĂ©sent sur lâalbum de Travi$, ce qui aide Ă booster les chiffres - sont autant dâhommages aux idoles du Jeffery : Kanye West, Wyclef Jean, Swizz Beats, Floyd Mayweather (lâargent comme valeur suprĂȘme ?) ou la petite RiRi. Au passage, le rĂ©cent clip rĂ©alisĂ© âpar contumaceâ, gĂ©nial, illustre encore une fois que Young Thug est un con.
#20 Katerine - Le Film
Sobre et minimaliste, le dernier album de Philippe Katerine contraste avec le prĂ©cĂ©dent, le disco Malibu, produit par SebastiAn dâEd Banger. Piano-voix surtout, contrebasse, un petit coup dâharmonica et quelques percus, des musiques un peu enfantines, pour accompagner des chansons Ă lâallure de comptines de prime abord, mais aux thĂšmes bien plus adultes. Au final un album expĂ©rimental dans les mĂ©lodies et les rythmes, sincĂšre et profond, avec un thĂšme visuel repris sur la pochette, en clip ou en live comme un tableau vivant, plus quâun film.
Bonne écoute à ceux qui découvrent (je vous envie)
JLT
EODM, MGMT, The Prodigy @ Rock en Seine, 30/08/2009
  Oui, c'est bien l'annĂ©e historique oĂč Oasis s'est sĂ©parĂ© juste avant leur concert, aprĂšs une Ă©niĂšme baston des frangins. Les gars de Madness avaient alors fait durĂ© leur show pour consoler les fans. Heureusement, on y allait le dimanche et pas le vendredi.Â
  Premier festival entre potes, j'avais 13 ans. DĂ©couverte du monde libre et de la pression Ă 7 balles dans le grand domaine de Saint-Cloud. C'est aussi les premiers pogos, inaugurant pour moi la fameuse tradition de mec bourrĂ© qui remue la terre en cercle, oĂč l'on peut perdre une chaussure et gagner en virilitĂ©. Tout le monde nous demande du shit, on se dit qu'on aurait dĂ» en cacher plus dans nos sandwiches. Allez, la prochaine fois on se rembourse les places.Â
  AprĂšs avoir zappĂ© rapidement Sliimy (#oui), chanteur pop Ă succĂšs Ă l'Ă©poque, on dĂ©couvre les Eagles Of Death Metal. Boom. On prend une grosse claque avec le son crade des amplis Orange et la qualitĂ© des compositions. On est sĂ©duits par un Jessy Hughes prĂ©-Bataclan qui ajustait sa moustache avec le pouce et l'index, et qui semblait ne pas ĂȘtre un connard fini comme aujourd'hui. C'est sympa de voir des artistes quand on connaĂźt les chansons, mais c'est sĂ»rement plus cool d'en dĂ©couvrir en live pour ensuite Ă©couter les albums studio (Death by Sexy et Heart On).Â
  Pour avoir des bonnes places devant MGMT â nos dieux de l'Ă©poque avec leur pop rock-psychĂ© dĂ©licieuse dans leur gĂ©nial Oracular Spectacular â on se cale devant la grande scĂšne une heure Ă l'avance. Du coup, on loupe "Les Petits Pois", groupe surprise, personne n'adhĂ©rant Ă mon engouement... Donc MGMT : une Ă©nergie de fou, un chant plutĂŽt faux mais un son excellent. Puis, vous imaginez mon seum quand j'apprends avoir loupĂ© une des premiĂšres apparitions live de Them Crooked Vultures, supergroupe composĂ© de John Paul Jones de Led Zep, Josh Homme de QOTSA et Dave Grohl de Nirvana. Petits poids et gros remords.Â
  La nuit tombe, ça commence Ă se remplir pendant le concert des Klaxons, ça tourne bien mais on est trop loin de la scĂšne. Alors qu'on bouge, c'est en voyant la grande scĂšne aimantĂ©e d'une foule gargantuesque, qu'on apprĂ©hende le massacre qui va suivre : The Prodigy. On dĂ©cide de se ramener tout devant, en traversant une marĂ©e de zombie : l'ambiance est dĂ©jĂ bien diffĂ©rente des premiers concerts, et les fans semblent Ă©nervĂ©s, enragĂ©s par l'aura hardcore du groupe. Sur Smack My Bitch Up, je m'exclame : "Ah tiens, je connais ça ! â Bien sĂ»r tu connais !" Me rĂ©pond, exaspĂ©rĂ©e, une trentenaire bien vener. ArrivĂ©s tout devant, le mc nous fixe avec ses lentilles blanches et nous fais des gros doigts d'honneur, auxquels on rĂ©pond, non sans peur d'une malĂ©diction du voodoo. Pogos sauvages et transe non droguĂ©e : la meilleure expĂ©rience de la fin de l'Ă©tĂ© quand on est un collĂ©gien de campagne dans une sociĂ©tĂ© de merde.
JLT