BÉPO : Adieu AZERTY
A l'heure des nouveaux smartphones, des serveurs et ordinateurs de plus en plus puissants, des tablettes et autres périphériques tactiques, il est un élément physique ou virtuel qui n'a pas évolué depuis plus d'un siècle ! Le clavier AZERTY… Il est temps de passer à autre chose.
Tout commence aux Etats-Unis, au lendemain de la guerre de sécession où Sholes invente la première machine à écrire. Celle-ci possède des touches disposées par ordre alphabétique mais pour des problèmes mécaniques, il décide de décaler les touches sur plusieurs rangées. On trouve alors les lettres et les chiffres répartis sur plusieurs lignes. Cette disposition, provenant de ce problème technique et qui date de plus 150 ans est toujours présent même sur les claviers virtuels des écrans tactiles ! Pourquoi ? Pourtant ce n'est pas le pire… En testant son invention, il constate que les barres métalliques supportant les marteaux des lettres se bloquent lorsqu'on frappe deux touches concomitantes trop rapidement.
Il décide donc de changer l'ordre des touches en évitant que deux touches utilisées le plus souvent consécutivement, soient l'une à côté de l'autre. De cette façon il règle « statistiquement » le problème en estimant que la fréquence de blocage sera plus faible. Et pour finir, il décide que le nom de son invention « Typewriter » puisse être écrit avec les touches d'une seule ligne… Si vous regardez sur un clavier américain, la ligne qui est au-dessus de ce qu'on appelle la ligne de repos donc celle qui est juste en dessous des chiffres, vous pouvez taper typewriter. Ainsi naquit les clavier QWERTY.
Et quand les systèmes informatiques sont arrivés, IBM en tête, personne n'a pensé à redéfinir cette disposition. Il faut dire que le marketing avait réussi à imposer ce modèle.
Soyons chauvin, chez nous en France, on a l 'AZERTY ! Pourtant la disposition des touches sur un clavier AZERTY résulte des mêmes contraintes : il fallait séparer les lettres utilisées le plus souvent afin que les tiges des machines à écrire ne s'emmêlent pas. C'est la principale raison de l'organisation du clavier.
Si vous regardez votre clavier AZERTY et plus particulièrement la rangée centrale sur laquelle vous avez vos doigts (qu'on appelle la rangée de repos), combien de mots de la langue française pouvez-vous écrire ? D'ailleurs les québécois utilisent un QWERTY « francophone »… Ce qui prouve que ce clavier n'est pas optimisé pour la langue française. Autre exemple, pour mettre un point il faut utiliser la touche « Maj » par contre les lettres accentuées ne sont disponibles qu'en minuscule… Du coup vous devez étendre vos doigts dans tous les sens pour atteindre les différentes touches et écrire une phrase.
Pour corriger ces difficultés, l'AFNOR (Association française de normalisation) a publié en avril 2019 une nouvelle norme sur les claviers français baptisée NF Z71-300. Elle comprend deux formats : AZERTY amélioré (propose des évolutions sans modifier la disposition des touches de base) et surtout Bépo.
Sous Bépo, la disposition des touches a été entièrement repensée de façon optimale pour la langue française en mettant l'ensemble des lettres et accents à porter de doigt de façon ergonomique. Les lettres les plus utilisées sont placées sur la ligne du milieu pour réduire le déplacement des mains : Les voyelles les plus courantes sous la main gauche et les consonnes les plus courantes sous la main droite. Les lettres majuscules accentuées sont également plus accessibles.
Les avantages sont nombreux :
Une vitesse de frappe plus rapide : la position permet d'être à l'aise lors de la frappe et d'aller encore plus rapidement (les touches étant plus accessibles)
Un accès à la typographie française amélioré : les majuscules accentuées disponibles facilement comme les espaces insécables ou les guillemets français.
Et surtout moins de douleurs : Vos doigts vont rester sur la rangée du milieu le plus souvent. Vous ferez donc moins de mouvements, donc moins de troubles musculo-squelettique en perspective.
Par défaut, les machines ne disposent pas de cette disposition dans les paramètres du clavier (même windows 11 !), c'est pourquoi il faut d'abord installer le pilote pour pouvoir s'en servir. Heureusement le kit d'installation est disponible en Open Source. Il est compatible avec plusieurs systèmes d'exploitation. Ensuite il faudra avoir un clavier BÉPO. Si vous désirez vous lancer, rendez-vous sur le site www.bepo.fr, vous allez y trouver tous les renseignements nécessaires. Certes, par la suite il y aura une courbe d'apprentissage notamment pour perdre vos automatismes AZERTY, mais les personnes qui ont adopté « Bépo » ne sont jamais revenues sous AZERTY…
L'utilisation du clavier « Bépo » est-il possible en entreprise ? Pour cela il faut une démarche volontaire sous une éventuelle initiative RSE. L'objectif étant de proposer une solution aux troubles musculo-squelettiques. Pour une petite ou moyenne structure, cela semble possible mais plus l’organisation est grande, plus les étapes de validation sont nombreuses et risquent de s'emmêler un peu comme les tiges d’une machine à écrire.












