12 mois, 364 jours, 52 semaines, 8 736 heures, 524 160 minutes, 31 449 600 secondes.
J’ai trinqué, et pas forcément à coup de verres de vin rouge ou de bière blanche, j’ai été contrainte au silence, à la violence du silence, à l’invisibilisation forcée aussi, j’ai beaucoup demandé pourquoi, j’ai relu Platon et Bukowski une trentaine de fois, j’ai sérieusement pensé à m’expatrier, j’ai coupé ma frange et des liens, j’ai écrit des tas de SMS et mails que j’ai jamais envoyé, j’ai pensé, j’ai mentalisé bien trop souvent, j’ai pleuré, j’ai moins pissé du coup, j’ai juré, j’ai craché aussi, j’ai vomi parfois, j’ai souris, j’ai ri, j’ai regardé dans le rétro, j’ai vraiment beaucoup moins pissé, j’ai pas été d’accord avec tout, j’ai tergiversé, j’ai médité, j’ai pris des décisions, des tas, j’ai été lasse souvent, j’ai beaucoup demandé pourquoi, je me suis répétée, j’ai eu sommeil, j’ai été mise en sommeil aussi, et puis j’ai pris conscience, conscience que ce repli était nécessaire pour se réveiller les ventricules bien ouverts et la bouche prête à l’être aussi en 2019.