Je sais qu’il y a probablement un meilleur mot pour ce que je vais dire, mais je peux seulement penser de classiste. Les francophones au Canada sont classiste parce que je suis une élève d’immersion française.
Quand j’avais quatre ans, mes parents ont décidé que je serais bilingue. Pour treize ans j’ai étudié le français dans deux programmes d’immersion différents avec soixante autres élèves qui m’ont traite horriblement simplement parce que j’aime l’éducation, j’aime l’information et j’aime partager qu’est-ce que je sais. Pour treize ans j’ai décidé que je vais dormir chaque soir avec des larmes sur mes joues alors je pourrais dire que je suis bilingue et je suis fière.
Quand j’ai commencé l’université chez un établissement anglophone dans une province anglophone, j’avais peur que j’aille perdre mon français. Mais j’ai rencontré deux filles qui sont rapidement devenues mes amies qui parlent le français. Le problème est qu’elles sont francophones et ce soir elles ont dit qu’apprendre le français en immersion est très différent qu’apprendre le français pendant l’enfance. Elles ont dit ceci avec le plus grand dédain et je suis certaine que mon cœur est brisé dans ma poitrine.
Je m’en fiche de quand, où et comment vous avez appris le français. Tout ce qu’il y a d’importance pour moi est que vous êtes capable de parler français avec moi. Mais pour les francophones canadiens, si vous avez appris le français dans un programme d’immersion ou même pire, un programme de deuxième langue, vous n’êtes pas au même « niveau » qu’eux.
Je m’en fiche si je n’ai pas un accent français. À mon avis, la présence d’un accent n’a rien à faire avec mes capacités de parler, écouter, comprendre, lire et écrire en français.
Je m’en fiche si je commets une erreur quand je parle ou écris en français, ou si j’utilise des anglicismes. Je suis humaine et j’ai le droit, la responsabilité, de commettre des erreurs. Il n’y a pas de développement sans erreurs.
Tout ce qui est important pour moi est que je ne perds pas mon français. Je suis tellement fière de tout le travail que j’ai fait pour avoir la chance de dire je suis bilingue.