Et tant bien que mal, continuer à survivre au bruit, à la fureur, au dépit, au malheur…
V. H. SCORP
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Et tant bien que mal, continuer à survivre au bruit, à la fureur, au dépit, au malheur…
V. H. SCORP
photo : Suvann
Je ne trouve en moi que dépit et, pour la première fois depuis longtemps, peur du lendemain. Je ne sais comment conjurer ces interlocuteurs qui se dérobent, ces portes qui se ferment, cette capitale absente dans son odeur brûlée, ni comment faire face à tant de vide avec le peu que je suis devenu.
Nicolas Bouvier, Le Poisson-Scorpion, [1982], Paris, Gallimard, coll. Folio, 1996, p43.
Je rêvais d’un autre monde
Il s'agirait aujourd'hui d'écrire ma frayeur, l'angoisse qu'il nous est donné de vivre, garder une trace de cette période de l'année où l'on se retrouve tout droit plongés dans les années 30, voyant partout les gens dire haut et fort qu'ils vont donner leur voix à la haine, ou à l'escroquerie aggravée, nous dirigeant dans les tranches noires des prochaines années, balayant les acquis du Conseil National de La Résistance, écrasant ceux qui ne peuvent pourtant plus être écrasés davantage. Je voulais faire une longue phrase, un long déroulé automatique des éléments qui palpitent dans mon cerveau depuis des mois, mais mon souffle est coupé.
-24 mars 2017.
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Et maintenant voilà. Je pourrais écrire sur tout ce qui s'est passé, en prenant un air faussement outré, faussement révolté, en hurlant contre la menace FN, comme je l'ai toujours fais. J'aimerais pouvoir le faire, ce soir. Oui, bien sûr, il faut l'éradiquer de la vie politique et républicaine auxquelles elle n'appartient pas, parce qu'elle est le système dans sa plus grande réussite, la haine de la République et la haine de la Démocratie. Oui. Il faut la faire partir, par les urnes si possibles, par le souhait des plus mauvaises augures à son égard. Car que peut-on de plus ? Moi, je ne peux rien, je n'ai, finalement, jamais rien pu.
Et puis, maintenant, voilà. Je suis blasée à 23 ans. Blasée de n'avoir jamais eu, comme ma génération, d'autre choix que d'accepter le moins pire. Que d'accepter cette fatalité, selon laquelle mon choix sera toujours dicté par le raisonnable et le pragmatisme. Et voilà que j'aligne ce soir les tous les choix que j'ai fais dans ma vie engagée, en me demandant comment j'en suis arrivée là, jusqu'à ce soir, où la gauche fut remplacée par une sorte de droite, une espèce de moulin à vent, pour qui il faudrait, la fleur au fusil, que j'aille de bon coeur, donner ma parole, mon accord, mon acceptation, ma franchise, mon respect, à quelqu'un qui représente ce que j’exècre, ce que j'ai souvent combattu, parce qu'il faut, au nom de je ne sais plus quelle valeur, j'en ai perdu la trace, dans le brouillard lancinant des idées transpercées, il faut que j'aille apporter mon soutien, il faudrait, monsieur, madame, que je lui donne ma voix. Ce vote est à l'image de la courte vie politique qui fut la mienne : un tas de concessions, un tas de votes utiles, en disant, mais oui, il faut voter contre, parce que tu comprends, tes idées, c'est bien beau, mais il faut résister à la menace. Mais alors, pourquoi la menace se présente-t-elle aujourd’hui à nos portes, comme les loups dans Paris ? Pourquoi a-t-elle le visage d'un ange, une sainte sauveuse pour ses précieuses brebis (galleuses) quand en 2002 son père était le diable ?
Ma génération s'est toujours contentée du peu qu'on lui donnait. Quinze ans. Tu devrais faire telles études. Penser à gagner de l'argent. Choisir le moins pire. La voie tiède, celle qui te permet de te sustenter. Tant pis pour le bonheur. Tant pis pour les rêves. De toute façon, on crèvera tous du cancer. Et dans pas longtemps. De toute façon les idéologies sont mortes. Tous pourris, plus rien à récupérer. Il faut voter utile, il faut voter contre. Voilà l'un des drames de notre génération. Mange les miettes. Espère pas mieux. J'ai cru rêver cinq minutes. J'y ai même peut-être cru. A la semblance d'un temps où l'on y avait droit : croire, croire en un avenir plus chaleureux, où on ne t'explique pas que tu dois en chier, bosser jusqu'à la mort, te serrer la ceinture, courber l'échine, te contenter de ce que tu as, parce que c'est déjà pas mal. Que tu devrais être content ! ingrat. Je suis blasée. On m’a pris mon droit d’espérer, d’aspirer. Et je n’ai d’autre choix que de ravaler ça.
Je rêvais d'un autre monde... Je rêvais d'un autre monde...
france : Le Drian « intraitable » sur le sort des femmes et enfants de djihadistes en dépit des plaintes info247
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Une dizaine de familles de djihadistes français ont porté plainte contre le ministre des affaires étrangères pour « omission de porter secours ».
Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 12h04, mis à jour à 12h22
Temps de Lecture 1 min.
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réitéré jeudi 19 septembre qu’il serait « intraitable »sur le sort des djihadistes…
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