chaste
Lairesse prétend qu'il est permis à l'artiste de faire entrer le spectateur dans la scène de son tableau. Je n'en crois rien ; et il y a si peu d'exceptions, que je ferais volontiers une règle générale du contraire. Cela me semblait d'aussi mauvais goût que le jeu d'un acteur qui s'adresserait au parterre. La toile renferme tout l'espace, et il n'y a personne au-delà. Lorsque Suzanne s'expose nue à mes regards, en opposant aux regards des vieillards tous les voiles qui l'enveloppaient, Suzanne est chaste et le peintre aussi ; ni l'un ni l'autre ne me savaient là*. Denys Riout, Qu'est-ce que l'art moderne ?, Paris, Gallimard, 2000, p. 100. * Denis Diderot, Pensées détachées sur la peinture, la sculpture, l'architecture et la poésie pour servir de suite aux Salons (1777), cit. Par Michael Fried, Absorption and Theatricality (1980), trad. par Claire Brunet sous le titre La Place du spectateur, Paris, Gallimard, 1990, p. 100.













