En entrant dans le bâtiment, j’ai tout de suite vu quelque chose qui m’a beaucoup plu : des trous avaient été creusés dans la cave pour observer les fondations. On aurait dit une de mes premières œuvres, et j’adorerais d’ailleurs prolonger ce bâtiment vers le haut… pardon, vers le bas, vers le bas autant que vers le haut, comme dans un motif alchimique où cette dichotomie du haut et du bas, cet équilibre, est visible. On pourrait considérer tout abri comme un organisme – ce qui me paraît évident, puisque les abris rassemblent tout ce qu’un homme est capable de faire. Ils ont, du moins, intégré ce potentiel tout au long de notre évolution, au gré de conditions climatiques très variables : les gens ont survécu en vivant dans des grottes, dans des arbres ; ils ont survécu à toutes sortes de niveaux, je crois, et s’en souviennent. Ils sont même, pour une part, rassurés par cette mémoire qui s’affermit. Je crois que tout bâtiment, en plus d’être le lieu d’une micro-archéologie, pourrait être considéré comme une sorte de micro-évolution, l’expression intériorisée d’un développement génétique ou d’une évolution complète. Gordon Matta-Clark, Entretiens, Éditions Lutanie, Paris, 2011










