Ce ne fut qu’au bout d’un moment que le Maître me fit ses réflexions : « Si vous espérez tirer profit d’une compréhension quelque peu utilisable de ces connexions obscures, vous vous égarez. Les événements dont il s’agit dépassent la portée de l’entendement. Ne perdez pas de vue que, déjà dans la nature extérieure, il est des harmonies qui, si elles sont incompréhensibles, n’en sont pourtant pas moins réelles ; nous en avons pris une telle habitude que nous ne pourrions concevoir qu’il en fût autrement. J’ai eu très souvent la pensée occupée par cet exemple que je vais vous donner : L’araignée « danse » sa toile sans savoir que des mouches viendront s’y prendre ; la mouche, elle, qui va dansant dans un rayon de soleil, ignore ce qui se trouve devant elle et se prend dans cette toile. Mais, dans l’araignée comme dans la mouche, « Quelque chose » danse, et dans cette danse extérieur et intérieur sont un. Je suis incapable de m’expliquer mieux, c’est ainsi que l’archer atteint la cible sans avoir extérieurement visé ». E. Herrigel, Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, Éditions Paul Derain, Lyon, 1955










