Fleur séchée
Entre chaque livre Fleur séchée et jardin frais M’invitent à les suivre —
La vie garde ses secrets Ses trésors et ses attraits.
/ Fabienne PASSAMENT. 2025
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Fleur séchée
Entre chaque livre Fleur séchée et jardin frais M’invitent à les suivre —
La vie garde ses secrets Ses trésors et ses attraits.
/ Fabienne PASSAMENT. 2025
16. Fleur séchée
Ombre délicate d’un éclat révolu que l'on sème entre deux pages de notre livre de chevet. Un parfum terrien, boisé, effacé. Le souvenir romantiquement persistant. La beauté pétrifiée, fragile, si friable. La mémoire endormie, celle d'une main agrippant le lustre émeraude sur lequel gît le vertige pimpant d'un été qui ne reviendra pas. Et dans ses nervures pâles se cache une éternité d'amours fanées jamais abolies.
jour 16 - fleurs séchées
il me dit tiens la corde tiens la tiens mais elle creuse dans mes mains les ornières des pères morts
à l'horizon de l'eau de l'eau de l'eau à perte de vue on dirait un désert de ceux où ma parole se perd
il flotte sur le sable quelques hortensias quelques fleurs séchées comme on se croirait vide d'amour
dire qu'on a grandi ensemble mais que ton moi aussi est le plus grand de tes discours
Jour 16 - 30 jours pour écrire
Chaque instant cueilli
Est gardé précieusement
Telle une fleur séchée
Entre deux pages d'un carnet
Je peux me souvenir de chaque moment
Je peux dire où j'étais
Avec qui
Raconter une anecdote
Je garde tout
Tout ce qui pourrait changer la face de l'histoire
Tout ce qui me permettrait de la recréer
Réécrire dessus
Mettre des mots sur les sensations
Que j'ai là
Au bout des doigts
En me remémorant.
.
Page blanche
Bon. Au bout de combien d’essais doit-on admettre qu’on n’a pas d’inspiration aujourd’hui ?
Autrefois, l’auteur frustré roulait en boulet la feuille où il avait commis ses mauvais départs et la balançait à la corbeille. On pouvait ainsi mesurer l’étendue de sa détresse.
Aujourd’hui, on écrit, on se relit, on blêmit, on maudit et on efface, encore et toujours, sans laisser la moindre trace. Aucune différence entre trois heures d’essais et trois heures de rêvasseries sans placer un mot de plus sur son brouillon. Comme si les mauvaises idées ne comptaient pas, au moins pour l’effort.
C’est décourageant.
Mais tout est décourageant lorsqu’on manque d’inspiration.
Mais si, diront les autres, l’inspiration est partout ! Inspire-toi du réel !
Pauvres malheureux. Comme si le réel n’était pas le pire ennemi de l’art. Toujours brouillon, sans début ni fin, sans arrière ni avant plan, sans logique, sans sens. Un casse-tête éternel qui ne fait même pas l’effort d’être intéressant.
Non, pour faire entrer le réel dans son œuvre, l’artiste doit procéder avec précautions, distiller soigneusement goutte après goutte ce dont il a besoin exactement, pas plus, pas moins. Ensuite il va bâtir tout le reste. Ce qui est la meilleure partie du travail, pour être honnête.
Ici, nous avons un artiste de la pire espèce : un écrivain de fantasy. Tellement loin du réel qu’il l’aborde par l’autre bout : il lui arrive parfois, accidentellement, de glisser un bout de réalité par-ci par-là. Le lecteur étonné va retrouver, au milieu de l’éternelle guerre entre deux peuples qui n’existent pas sur une terre qui n’existe pas dans un temps qui n’existe pas, un comportement très, très réel. Dépouillé de tout le contexte et les connaissances que le lecteur a emportées dans ses bagages, ce petit fait, déguisé grossièrement d’une fausse moustache, ne manquera pas d’être reconnu et compris. Comme quoi il ne faut pas s’inquiéter pour le réel. Il trouve toujours un moyen de se glisser là où il n’est pas attendu.
Ce qui ne résous pas le problème d’inspiration de notre auteur. Il peine, il planche, il tente et retente, en vain.
Il finit par lâcher son écran et regarde autour de lui les autres livres, désabusé.
Dans son bureau, il n’y a que des livres qu’il a choisies lui-même pour les mettre aux meilleures places – oui, il y en a aussi dans le salon, dans le couloir et même dans les toilettes. Ce sont des livres qu’il a lus et aimés, parfois passionnément. Des refuges face à la vie, des portes d’entrée vers des mondes fantastiques, des milliers de personnages fascinants dont il se sent plus proche que de certains membres de sa famille. Aujourd’hui, pourtant, l’écrivain se sent jugé, toisé du haut des étagères par les livres qui l’entourent. Tout petit. Indigne.
Il proteste. Il en a écrit, quand même, des livres, qui trônent fièrement au milieu des autres. Il n’a pas à rougir. Une panne d’inspiration, ça arrive à tout le monde, même aux meilleurs. Le résultat n’en sera pas moins bon. Les lecteurs ne sauront jamais à quel point il a peiné sur ce passage.
Oui, mais…
Et si c’était foutu ? souffle son angoisse. Et si je n’y arrivais plus jamais ?
Qu’y a-t-il de plus terrifiant pour un artiste que de perdre l’inspiration ? C’est incontrôlable et insaisissable. Oui, normalement ça vient tout seul, ou du moins le travail n’est pas conscient, l’idée semble avoir germé dans le crâne sans avoir eu besoin de graine. Mais si on ne sait pas d’où ça vient, on ne sait pas où aller le chercher en cas de besoin. Et on garde la peur qu’un jour, tout puisse s’arrêter.
L’écrivain se prend la tête – littéralement, une main sur chaque tempe. Des graines. Tout est question de graine. Il y en a forcément, son cerveau en collecte en permanence, à droite, à gauche, dans la fiction comme dans la réalité, tout peut être utile même si tout ne sera pas utilisé. C'est un peu l'instinct d'une pie. Il stocke d’abord, il fera le tri ensuite. Pour l’instant, des idées il en a même trop, c’est juste qu’aucune ne colle, pire, aucune ne lui plait, aucune ne l’enthousiasme !
Mais si…
Et s’il imaginait un écrivain génial, qui débarquerait ici pour écouter son problème, comment est-ce qu’il le résoudrait ?
Lentement, puis de plus en plus vite, l’écrivain se remet à écrire.
#30jourspourécrire #jour16 #leslivres
Sauras-tu me lire? Des livres, moi. Me dévoreras-tu, curieux de découvrir entre les lignes tout ce que le titre ne dit pas? Laisseras-tu tes doigts courir le long des pages et revenir frissonnant sur un passage encore et encore? Retarderas-tu ta lecture pour rester un peu plus longtemps avec mes mots? Me feuilleteras-tu pour me lire au hasard? Serais-je ton livre de chevet? Me retourneras-tu sur un coin de table me laissant en attente, impatiente de te retrouver? M'emporteras-tu partout avec toi? Me poseras-tu avec regret? T'endormiras-tu, moi sur ta poitrine? Te chercheras-tu entre mes pages? Te glisseras-tu comme marque-page entre deux chapitres de ma vie? Caresseras-tu la pliure entre deux pages pour me maintenir ouverte sans me casser? Réciteras-tu une phrase à voix haute pour mieux saisir la musique de l'instant et ne pas l'oublier? Te surprendrais-je? Suis-je une histoire sans fin ou un roman d'aventures ? Peut-être un livre dont tu es le héros? Je voudrais être tous les livres que tu n'as pas encore lus. Ou celui que nous écririons ensemble.
paradis
pour en faire un jardin idéal porté par une lumière qui n'était que le reflet de la beauté terrestre engagé dans les miroirs de mon esprit au combat, j'ai rêvé mon passé ; désormais je dois rêvé au présent afin que chaque instant fleurisse comme une fleur, un élan de plus vers le paradis que la lumière travaillée de ma mémoire illuminera de ses rayons les plus fins
© Pierre Cressant
(mardi 16 juillet 2019)
C'est pas ce que tu crois,
J'aurais voulu que tu sois là,
Qu'on fasse cette vie à trois.
Mais t'en a décidé autrement,
Il n'y a que ta petite personne qui compte vraiment,
Tu m'as laissée seule avec ces ressentiments.
C'est pas ce que tu crois,
La rancoeur s'accroît,
Mais dans mon cœur vous êtes toujours là.