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RECIT
“I dream of a single story
that would dictate without fail
a whole lifetime”
(Joséphine Bacon)
@Gallimard #Lepaysdesautres " A cet instant précis, elle compris qu’elle était une étrangère, une femme, une épouse, un être à la merci des autres." #recit de #femmes #LeïlaSlimani #livre ici https://vagabondageautourdesoi.com/2020/05/27/le-pays-des-autres-leila-slimani/ https://www.instagram.com/p/CBScLqfKL8K-un2bU9m0kwha1BW326pa8fjyO40/?igshid=1mvl02rdde93r
Grâce à M. Pastel (encore !), je suis retournée au Kamtchatka. Étonnant, après avoir passé 45 ans à tout ignorer de ce bout du monde, d’y aller, en littérature, deux fois en une semaine.
J’ai donc lu le récit de Nastassja Martin, anthropologue de renom, qui, au cœur d’une forêt sauvage et glacée aux confins de la Russie, a rencontré un ours.
Cette rencontre fut plutôt une collision. Elle aurait pu lui coûter la vie, elle lui a coûté un bout de mâchoire, deux dents (et des mois de soins douloureux) et lui a offert ce qu’on pourrait presque appeler une nouvelle identité.
A la base, cette jeune femme, savante et dotée d’un sérieux bagage universitaire, est tout de même attirée par l’animisme, les croyances des peuples des âmes sauvages comme elle les appelle, aspirée par la sagesse du chamanisme, bref, ouverte à l’idée que la nature et les animaux sont tout autant habités par une âme que nous dans ce cosmos.
Après cette rencontre brutale, elle est défigurée. Et comme le médecin le lui fait lourdement remarquer, son visage en vrac peut faire vaciller son identité. Et c’est exactement ce qu’il se passe, mais pas comme prévu par les médecins, évidemment. Comme si son corps devait désormais coexister avec les traces que l’ours a laissé en lui, pour devenir un être hybride, mi-femme, mi-animal. En plus il existe un mot russe pour ça, dans les croyances chamanes.
Elle raconte avec beaucoup de sincérité et d’humour son expérience. Elle décrit son tâtonnement lors sa reconstruction physique et psychique. Ses rêves. La porte entrebâillée aux esprits puis complètement ouverte. J’ai trouvé ça courageux, de survivre vaillamment à ce traumatisme, et de le recevoir comme une série d’incertitudes, de les envisager, sans courir vers une solution de repli, puis de le raconter ensuite, avec honnêteté. De bout en bout, elle écoute son instinct, et avance, un pas après l’autre, et c’est peut-être cela, entre autres, qui force le respect, du moins le mien, et montre cette façon autre d’être au monde, reliée à une conscience ancestrale, mythologique, intime, où soi-même et le monde ne sont pas antinomiques.
On a beau savoir, c'est toujours saisissant de lire un recit sur cette Histoire étouffée #wagamese #jeuBlanc #recit #book #instabook #canada #natives #firstNations #autochtones #hockey #iceHockey #blancs #integration #rejet #stolenLand #livre #lecture #instalivre #hockeySurGlace #racisme #segregation https://www.instagram.com/p/B2WzG6vIM1F/?igshid=1o330rc3avo4j
Humilité
Aujourd'hui c'est samedi, et qui dit samedi dit nouvelle nouvelle! Et c'est par ici ->https://youtu.be/JNy9-4U88cc
Enjoy !
Adieu les mers de ses yeux, adieu la douceur de sa gravité, il est temps de partir
Il y avait toujours quelque chose entre nous deux, certains parlait de "chimie", mais il n'y avait entre nous ni flames, ni soufre, ni réaction : ca n'avait jamait été notre cas. Nous étions complémentaires, vouées à s'entendre indéfiniment. Entre nous il n'y avait jamais eu d'engeulade,il n'y avait jamais eu de malentendu. Le couple parfait, couple, qui, de l'époque immémorable du lycée jusqu'à present a fleuri là ou les autres s'étaient fanées. Il était grand et blond et beau, gentil, facile à vivre, et, le plus important : sans grand ambition. C'était ca le coeur de notre rélation, nous n'avions pas de grands ambitions, notre définition de grand projet se limitait à repeindre l'appart ou achetter de l'électroménager. Nos emplois étaent simples, stables et modestes.
La stabilité nécessitait une rhythme, rhythme qu'on entretenait incessament , on se levait ensemble, on partait au travail ensemble, on rentrait ensemble, on mangeait ensemble, on regardait la télé ensemble, on couchait ensemble, on dormait et on recommencait. tel était le rhytme que régissait nos vies, une éternelle répétition de la même journée aux milles nuances et teintes legèrement différente mais indiscernables.
On avait 28 ans, Bientot il me demanderai en marriage, et quand on se marie, on continuera dans notre rhytme, rhytme comfortable, comfortable et agréable, comfortable et facile, comfortable et répétitif, comfortable et sûr
Il n'y a qu'ici que je peux l'avouer, ici ou je suis une inconnue, anonyme, une âme sans visage, protégé de reproches. Je tournais autour de lui comme la lune tourne autour de la terre, mais ce qui me retenais principalement, ce n'était ni l'amour, ni la peur de le blesser, c'était l'inconnu : quitter sa gravité, quitter l'orbite continu et impérissable de notre rhytme. Celà fait peur. Je savais que si je restais, ma vie serait tracé, j'aurais pour moi une seule constante dans un univers de variables. Et si je partais, ce qui m'attendais me tériffiat. Si je partais, retrouverai-je l'orbite autour d'un autre, ou finirai-je par érrer, tiré par quelques êtres sans ne jamais être retenue. Peu emporte. Adieu les mers de ses yeux, adieu la douceur de sa gravité, il est temps de partir.
(Text composé lors d’un cours d’écriture créative, sujet : le risque)