LAISSEZ-MOI VOUS RACONTER MON PASSAGE A LA FRONTIERE DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE...
Parce qu’apparemment, je suis tombée sur le seul douchebag de service.
Petite mise en contexte: je venais d’enchaîner plus de 10 heures d’avion, j’étais seule avec une trentaine de kilos d’affaires dans mes valises; je partais à l’aventure sans personne d’autre, pour la première fois de ma vie; j’étais terrifiée et, comble du bonheur, j’ai fait une crise d’angoisse dans l’avion alors qu’on était en train d’atterrir sur le sol américain. Petit plus: je devais récupérer ma valise en soute, la renvoyer en soute, me dépêcher pour attraper mon troisième et dernier avion et enfin arriver à destination.
J’avance donc au contrôle de frontière et arrive en face d’un homme dans la trentaine. Je lui donne mes papiers, et l’interrogatoire commence.
Il me demande où je vais, pourquoi j’atterris dans un état différent de celui où je vais étudier, jusque là, tout va bien - plus il me demande ce que j’étudie, ce à quoi je réponds, les Lettres (Humanities).
Là, regard interloqué qui m’angoisse tout à coup. Il me fait répéter: Humanities? Humanities? Je répète au moins trois fois, avant de dire que je vais étudier la littérature, les gender studies, ce genre de choses. Il continue à me regarder comme si j’étais folle, et à ce moment j’étais persuadée qu’il ne me laisserait pas passer et que j’allais rater mon avion.
Il passe sur la question, me pose les questions de base - si je transporte de l’alcool ou autre - et après, les leçons de vie commencent.
Il me demande quand commencent les cours - le 7 septembre. Sauf que, on est le 31 août. Sauf que c’est bien marqué sur mon papier: mon programme étudiant commence le 31 août, pas les cours. Et là, me regardant toujours comme si j’étais la pire des abrutie sur Terre, il me sort: “vous savez, en général, quand un programme commence tel jour, on arrive le jour d’avant. Pas le jour même. C’est une question de logique.”
Complètement sur le cul, je lui réponds que je n’étais pas autorisée à arriver plus tôt.
Et là, il me redemande ce que je vais étudier.
Je lui réponds donc: la littérature, l’histoire et l’histoire de l’art.
A ceci il me répond la chose la plus hallucinante que j’ai jamais entendue: “History? Well, history is easy: we won both wars, that’s all” (l’histoire? c’est simple l’histoire: on a gagné les deux Guerres Mondiales, c’est tout) - suivi d’un rire bien gras.
Après au moins UN QUART D’HEURE de questions, à me faire répéter les choses et à me donner les leçons, il m’a enfin laissé passer - et je suis arrivée à mon avion juste au moment de l’embarquement.
Bref, ce fut mon premier contact hallucinant avec les Etats-Unis d’Amérique.