Meet your food : à quoi ressemblent les aliments dans leur habitat naturel ?
Ces drôles de potirons à excroissance sont en fait des pommes de cajou (avec leur noix) ! Vous aviez déjà vu un champ d’ananas ?
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Sade Olutola

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Sweet Seals For You, Always
Lint Roller? I Barely Know Her
he wasn't even looking at me and he found me

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Ces drôles de potirons à excroissance sont en fait des pommes de cajou (avec leur noix) ! Vous aviez déjà vu un champ d’ananas ?
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French Startup Grows Fresh Strawberries in Recycled Shipping Containers
“Beans from New Zealand, strawberries from Spain, Tomatoes from Morocco. Fruits and vegetables travel more than you. But unlike you, they don’t enjoy it.” This simple and amusing observation is at the heart of the French startup Agricool’s mission: to bring affordable, healthy, and locally-grown produce to urban centers.
The young co-founders Guillaume Fourdinier and Gonzague Gru are the sons of French farmers. Like the birth of most startups, their idea sprang from frustration with the status quo. “When we moved to Paris for school, we couldn’t find food that tasted like the food from home,” says Guillaume. “Especially strawberries.”
Even the strawberries grown in the Brittany region of France, just three hours from Paris, didn’t taste right. “Everything grown in France goes through Rungis (the Paris wholesale market), so there is too much time spent in transportation, storage, and packaging…all of the compromises are made on taste.”
Using what they learned studying agriculture and business, they searched for a way to produce affordable, tasty, and healthy food right in the city. To maximize efficiency, profitability, and urban space constraints, they focused on plant density and absolute control of the environment. “If you want affordable strawberries in the city you have to grow dense—as many as possible in a small space,” says Guillaume.
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Une source d'inspiration pour les petites et moyennes villes françaises, de plus en plus désertées au profit des périphéries et de leurs complexes commerciaux.
Fleurs coupées et bonnes pratiques
En écho à l’article que j’avais rédigé suite à mon expérience dans une exploitation florale en Australie, j’aimerais en partager un de La ruche qui dit oui ! Il fait état de la situation en France, à savoir que 72% des importations de fleurs viennent des Pays-Bas, 9% d’Ethiopie et 8% du Kenya. Cela soulève le problème de l’empreinte carbone liée à leur transport mais aussi celui de leurs conditions de production (pesticides et main d’œuvre exploitée). En outre, il révèle l’hégémonie de la Hollande qui contrôle aujourd’hui la majorité de la production, y compris de bulbes et semences. Il est ainsi très difficile pour un producteur de fleurs français de s’approvisionner localement.
Image d’épinal : un champ de tulipes en Hollande
Quant aux habitudes d’achat des français - si je me réfère à la source donnée - elles donnent la part belle à la grande distribution. Ce segment est en progression et représente en gros un tiers des achats.
L’article recense par ailleurs les labels et certifications, qui existent mais restent peu connus du grand public : Plante Bleue, Fleurs de France, Max Havelaar...
A la lecture de cet état des lieux, je constate qu’à l’instar de l’Australie, le marché français est encore opaque ; peu d’informations fournies aux consommateurs, une offre “responsable” limitée et accessible sous réserve de recherches et d’investigations sur les certifications existantes, une origine 100% France rare. Par ailleurs, il est intéressant de noter que les grandes surfaces contrôlent majoritairement la distribution de ce produit non alimentaire, dans un pays où l’artisanat joue un rôle économique important (”première entreprise de France”).
Alors que la consommation de fleurs est culturellement bien ancrée et représente un volume important (45 millions de fleurs coupées en 2014), il me semble urgent que l’on s’attaque sérieusement à ses enjeux de production et de distribution. Au même titre que les démarches récentes entreprises dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture pour plus de transparence, d’encadrement réglementaire et de stimulation économique locale, un mouvement similaire au pays des fleurs me semble nécessaire. Il est temps d’informer les consommateurs-citoyens sur la réalité environnementale et économique qui se cache derrière un bouquet ou une gerbe funéraire. Il est temps de leur donner les moyens et les clés pour choisir, dans ce domaine également, les produits qui sont en accord avec ses choix de consommation et ses convictions. L’expression consacrée dit qu’aujourd’hui “nous votons avec notre porte-monnaie”, mais on peut aussi le dire avec des fleurs.
Source : “Le choix épineux des fleurs coupées” sur le blog de La ruche qui dit oui !
Voilà un domaine où nous avons tous un rôle à jouer. La plus grande partie du gaspillage alimentaire est généré au niveau individuel. Avec quelques actions et réflexes simples, il est facile d’inverser la tendance. (source)
Quelques sources pour des informations et conseils pratiques :
ZeroWaste France
ADEME
“Des gaz à effet de serre dans mon assiette” par le réseau Action Climat-France
Selamat Makan Bali!
Plus d’un mois que je prends en photo mes repas, les marchés, les vendeurs de rue, les étals de fruits. Je commence à savoir ce que j’aime (ou pas), le nom des aliments en indonésien et même à répondre “un peu oui” quand on me demande “spicy?”. Pour moi la culture culinaire asiatique est une découverte totale. En choisissant l’Indonésie, j’ai ouvert la porte de l’Asie par le sud. Un avant-goût tropical.
Au delà des produits et des saveurs, je découvre les vendeurs de rue, les scooters-garde manger-cuisine d’appoint, les arrières boutique qui feraient faire des cauchemars à un inspecteur de l’hygiène. Amusée, les yeux grands ouverts et souvent la bave aux lèvres, j’observe avec régal ce petit monde s’agiter.
Warung et street food
Sur l’île on trouve deux types de restauration traditionnels : la warung, petit restaurant basique servant une sélection de spécialités, et la street food - la plupart du temps un mini kiosque qu’on déplace en scooter et qu’on arrête au bord de la route. On y prépare bakso ayam (soupe aux boulettes de poulet), fried chicken, nasi goreng (riz frit). Entre les deux, on trouve des cabanes, ou petites structures en bambou le long des routes, où les propriétaires apportent nourriture et équipement tous les jours.
Un “entre-deux” à Amed.
A l’opposé du rituel à la Française (3 repas par jour, à table, avec plusieurs plats), les Indonésiens mangent à n’importe quel moment de la journée. Le snacking fait partie intégrante de la culture culinaire locale. On s’arrête pour un acheter un petit paquet de cacahouètes, de tempeh ou cassava frits ou quelques fruits. Il n’y a pas de table dans les maisons, on prend le repas à l’extérieur assis en tailleur sur une grande natte. L’aliment que l’on prépare quotidiennement c’est le riz. A la fois base de chaque repas mais aussi des offrandes que l’on fait au temple.
Un déjeuner traditionnel composé de lawars, jackfruit et.. riz!
D’une manière générale, on vit dehors à Bali. Merci au climat tropical ! On s’arrête à la warung lokal pour boire un café, acheter des nouilles, parler avec les voisins. Dans le compound familial, l’espace commun est dans le jardin. Les femmes y préparent les offrandes, les enfants jouent, on y mange.
Bali food
Le nasi campur est le classique de la street food. Sur une base de riz on ajoute ce que l’on veut parmi la sélection de plats proposés. Légumes, tofu, tempeh, poulet, poisson.. Le tout est enveloppé dans une feuille de papier pliée en cône qu’on emporte. Un repas pour 10-15000RP (moins d’un euro).
Nasi Campur végétarien amélioré à Dayu’s Warung. Mon adresse préférée à Ubud.
Je n’ai essayé que les spécialités végétariennes donc je ne peux pas m’étendre sur le babi guling (suckling pig), bebek tutu (canard mariné et fumé) ou les satay (brochettes). Les Balinais, et Indonésiens in extenso, sont de gros consommateurs de viande. Il y en a partout. Mieux vaut spécifier “vegetarian” lorsqu’on commande un plat sinon on se retrouve facilement avec des légumes parsemés de miettes de viande de porc (l’expérience parle).
Outre le nasi goreng (riz frit avec des légumes) ou mie goreng (la même chose avec des nouilles), un plat que j’aime tout particulièrement c’est le gado gado : des légumes sautés dans une sauce à la cacahouète un peu sucrée.
L’embarras du choix à 9 Warung. On se sert parmi les plats exclusivement végétariens et vegan. A 3000RP la cuillère, on peut diner pour moins de 2euros. Le système du restaurant est basé sur la confiance, à chacun de payer sa note en laissant la monnaie sur la table, puis de laver soi-même son assiette.
A Padang Bai, j’ai essayé le martabak. Une sorte de crêpe remplie au choix d’omelette aux légumes ou d’options viandardes. Pardonnez-moi cet horrible montage photo mais j’ai capturé chaque étape et je voulais condenser le tout en petit format. Le résultat n’est pas très qualitatif mais je n’avais pas plus de temps à y consacrer :)
Bonheur, la plupart des warungs proposent des jus de fruit frais pour presque rien. On en trouve un peu partout dans les villages ou sur les marchés également. Papaye, pastèque, mangue, banane..
Les fruits sont d’ailleurs incroyables à Bali. Je n’ai jamais vu autant de sortes différentes de mangues ou bananes. Il y aussi le corossol (soursop) au léger goût de yaourt dû à la fermentation, le jackfruit découvert en Australie mais que l’on mange aussi ici en plat. Le fruit se cueille avant maturité pour être bouilli dans de l’eau. On l’intègre ensuite à un plat en sauce. Le résultat est vraiment surprenant car la texture ferme et filandreuse évoque... la viande. C’est donc une super alternative végétarienne. J’imagine facilement un sauté de jackfruit aux olives ou un jacfruit bourguignon. Jusqu’au bout de la fusion food.
Il y a aussi les chokos que j’ai vu préparés en soupe avec du lait de coco. Les aubergines japonaises (longues) sont également délicieuses.
J’aurais beaucoup plus à dire sur la cuisine Balinaise mais je vous laisse le plaisir de la découvrir lors d’un voyage (et puis le dîner approche :p). Je laisse place aux images.
Poisson grillé sur la plage de Padang Bai
Déjeuner 100% champignons chez Shinta’s mushroom warung. Pad thai oyster mushrooms et satay champignon-coco. Le jamu est une boisson locale à base de tamarin et curcuma. Shinta vient de Java. Elle produit les champignons dans sa ferme biologique à côté d’Ubud où elle apprend aux femmes du village comment les produire elles-mêmes pour qu’elles puissent développer une source de revenus.
The delicate art of making coconut oil 🌴 Step 6: Skimming the first batch #bali #travel #coco #homemade (at Desa Taman , Abiansemal , Badung)
Wen’s permaculture garden in Ubud
During an open permaculture day, everyone helped building the nursery’s bamboo structure. Except for a bit of rope and plastic in the ground, it’s all made from natural material and sweat :) The other advantage is it’s a non permanent structure so it’s easy to uninstall if you ever need to do so. I like the idea of temporary human construction. No definitive scar on the land.
The banana circle : a productive fruit ring around a hole capturing rain water and filled with green mulch materials that will break into compost.
It’s an important design of tropical permaculture. It has various interesting functions especially the use of grey water or run-off water combined to the use of organic waste. The bananas are hungry and thirsty plants so they’ll feed from the green compost while benefiting from the moisture of the soil.
The concept is to plant out thickly around the circle to maximise food production and make sure all the nutrients are used.
In addition to papayas and bananas, there’s cassava which support drier conditions, tropical grasses (lemongrass, comfrey, citronella) that offer some pest control and can be chopped and thrown on the pile, baya merah (red amaranth) that provides ground cover, sunflowers...
More info
Wen planted numerous kinds of plants in his garden: sunflowers, comfrey, lemongrass and citronella, Sauropus Androgynous (tropical asparagus, sweet leaf), QLD arrowroot, pumpkin, watermelon, kale, spinach... Refering to the Wallace line which divides Australian and South-East Asian fauna (and flora) and goes between Bali and Lombok.
Wen facebook page
Introducing the "mud socks" BALI dry season 2015 Ecofriendly collection Permaculture designed 100% biodegradable 🌱 Get yours now for FREE!! 🌱 #bali #sustainablefashion #permaculture #farmlife
Laissez moi manger en paix. Ou pourquoi être un consommateur éclairé ruine parfois le plus important : le plaisir.
Je n’avais jamais entendu parlé de cet ingrédient mystère. Le carragenan est un additif naturel utilisé par l’industrie alimentaire, y compris certifiée “bio”.
Or cet additif est suspecté de favoriser certains troubles digestifs et serait également mis en cause dans des cas de cancer du côlon. Lire le rapport de Cornupia à ce sujet.
Ma première réaction en lisant un article sur le sujet : si on doit se méfier de tout, y compris des aliments pourtant certifiés bio, à qui faire confiance ? Être un consommateur conscient et informé demande de plus en plus d’attention, de recherches, de lectures. En bref, de temps et d’énergie. C’est presque un travail à temps plein. Décrypter les étiquettes, les listes d’ingrédients, l’origine des matières premières, leurs conditions de production, les certifications et labels, se méfier des tendances, être à l’écoute des polémiques sans succomber à la paranoïa...
On en oublierait presque que manger est aussi un plaisir, une source de joie, une déclaration d’amour, partagée ou en solitaire, à notre planète et ses trésors. J’ai un rêve, tout simple. Celui de pouvoir me régaler sans culpabilité, débarrassée des dictats de l’industrie florissante du bien-être (non je n’ai pas vérifié la charge alcaline ou les micro-nutriments de mon déjeuner). De pouvoir choisir mes aliments sans me poser de questions, parce que je peux faire confiance à la source. Et de ne plus vivre une alimentation saine comme un combat permanent. Combat contre l’industrie agro-alimentaire et ses lobbies qui placent la santé du consommateur et l’environnement derrière le profit, combat contre l’appel du marketing qui tente de nous séduire dès le plus jeune âge, contre les gurus du bien-être et cette industrie qui nous vend chaque jour un nouveau produit miracle, une nouvelle formule soit-disant ancestrale ou un super-aliment rare et cher sensé être essentiel pour notre santé.
J’aimerais juste manger en paix, avec ma conscience, avec mon corps et avec l’environnement.
Selamat pagi! Kopi Bali Selahkan ☕️ #haveagoodday #bali #balifood
L’envers du bouquet : une agro-industrie qui ne sent pas la rose
Vous vous êtes déjà sérieusement demandés d’où venait le bouquet de tulipes ou de renoncules que vous achetez chez le fleuriste à chaque fête des mères ? Et les fleurs en pots bon marché qu’on trouve parfois près des caisses dans les supermarchés ou en bout de parcours chez Ikea ?
Moi non plus. Autant j’attache désormais la plus grande attention à la provenance de mes aliments et j’essaie d’avoir une consommation aussi responsable que possible, autant les fleurs ne sont jamais rentrées dans le champ de mes considérations. En tous cas en en leur qualité de produit de consommation quotidienne produit par l’industrie agricole.
Et puis, j’ai brutalement reçu la réalité dans la face – tel une volée de bois vert si vous me permettez le jeu de mots – quand j’ai commencé à travailler dans une exploitation florale en Australie.
J’ai contacté la ferme suite à une petite annonce postée sur gumtree (sorte de leboncoin anglophone). Après un bref coup de téléphone, le deal était passé : j’allais les rejoindre trois jours plus tard pour travailler en tant que ‘picker’, payé 21$/h. Une aubaine !
Je débarque donc un lundi matin d’août (l’hiver en Australie) à Wyee, minuscule bourgade à 1h au nord de Sydney. Très vite ma gorge commence à me gratter, j’ai l’impression que ce que je viens d’avaler ne passe pas.
En discutant avec d’autres je soulève la question de la paie. En réalité, nous sommes payés au « bucket », c’est à dire au nombre de seau que l’on remplit par heure. Pour atteindre son score, il faut remplir 18 seaux par heure, soit 108 bouquets, soit presque deux bouquets par minute.
Je me couche dépitée, mes espoirs de fortune facile réduit en cendres et toujours cette amande qui ne passe pas.
Le passage entre les lits de fleurs parfois difficile. Un pied devant l’autre, en équilibre sur un tuyau, les jambes et bras souvent égratignés par un bout de fil de fer qui dépasse.
Le lendemain je vécu sans doute la journée la plus intense de mon séjour. Réveil à 6h le nez complètement bouché, la gorge qui fait mal, les membres engourdis : je suis malade. Pas le temps de réfléchir, on part en direction des serres. J’ai pris avec moi le strict minimum, de l’eau, un encas et le matériel qu’on vient de me donner: un sac-banane en cuir rempli à ras bord d’élastiques et un couteau.
Au bout de 3 heures, la moiteur et la chaleur ont atteint leur paroxysme dans la serre. Et moi je suis en plein accès de fièvre, malade pour de bon. Je bataille contre mon envie de tout arrêter et de me laisser fondre sur le sol en pestant et me lamentant très fort (c’est généralement ce que je fais). Le tout en essayant maladroitement de me débarrasser du liquide qui coule sans cesse de mon nez, sans utiliser mes mains trop occupées à couper des fleurs à la chaîne.
Le mensonge originel du « flat rate »
On m’avait avertie qu’il fallait deux bonnes semaines pour atteindre son score et donc ne pas perdre d’argent. Perdre de l’argent, oui. Car le système de décompte est des plus frustrants et cruels. A la fin de chaque journée, on remplit sa feuille d’heures. Passe ensuite un des trucker boys - ceux qui ont la lourde tâche de récolter tous les bouquets, les compter puis les acheminer à l’atelier où ils seront emballés ou stocker dans les immenses chambres froides ; et ce une bonne dizaine de fois par jour. Le trucker boy note combien de bouquets chacun a préparé et son équivalent en heure. En gros, tu peux avoir travaillé 8 heures et avoir seulement ramassé l’équivalent de 6h. Il notera donc -2 et tu vois virtuellement 2 heures de travail (et de paie) s’envoler devant tes yeux.
Ça se passe comme ça peu près dans toutes les fermes, en tous cas lorsqu’il s’agit de picking. La paie se mesure au nombre de « buckets », de « bins », de « trays » ramassés. Ce n’est pas spécialement injuste, il faut bien que les employés aient la motivation d’aller vite et d’être productifs. Mais là où le système est pipé, c’est que si tu ramasses plus que ton « score », tu ne gagnes pas d’argent en plus. C’est en quelque sorte une paie à la performance, mais avec plafond.
Un feu qui tourne mal. La direction du vent a été mésestimée. Les flammes gagnent dangereusement les serres. Il sera vite éteint. Apparemment ce genre de feux ont lieu régulièrement, pour brûler les déchets.
La ferme qui voulait faire pousser des fleurs en plastique
Le paradoxe de la fleur parfaite résume celui de l’agriculture conventionnelle. A rechercher une plante sans défauts, normée et strictement identique, on créer un monstre qui n’existe pas vraiment dans la nature. Un monstre en papier mâché, fragile et vulnérable, pour lequel il faut redoubler d’attention, de traitements chimiques et de stérilisation pour s’assurer qu’il arrive à son terme.
Pour commencer, il faut préparer la terre dans chaque serre. Retirer les bulbes de la précédente récolte, apporter de la terre fraîche, et la stériliser. On rend la terre vierge. Une hérésie. Le processus implique de recouvrir le lit d’une large bâche sous laquelle on injecte de la vapeur à ultra haute température pendant 6h. Le mécanisme est motorisé, l’eau est propulsée depuis une citerne.
[petit rappel sur les caractéristiques du sol]
Une serre de gerberas. Ces fleurs doivent être coupées à la main et sans gants. Provoquant douleurs lombaires intenses et multiples ampoules aux mains
On ajoute à la terre toutes sortes de minéraux et d’engrais loin d’être naturels, pour la « doper ». Je ne vois pas d’autres mois, puisqu’il s’agit de décupler artificiellement ses performances.
Les planteurs s’occupent ensuite de planter les bulbes dans la terre, plusieurs dizaines de milliers par serre. Un travail extrêmement fatiguant qui se fait à genoux ou accroupi et payé au « tray ».
Tout au long de la pousse des fleurs il faudra surveiller leur état et les asperger de désherbant et autres pesticides. L’équipe de maintenance entre alors en scène et s’occupe du spray. Vêtus d’un uniforme protecteur orange fluo et de masques, ils répandent le produit. Après cette opération, la serre est infréquentable pendant deux jours. On m’a rapporté que certains employés restent malades plusieurs jours après avoir passé le spray. Tout va bien.
Une des grandes serres. On aperçoit un ventilateur et la structure de l’arrosage automatique. Dans ces serres poussent les Orientales, des fleurs relativement fragiles qui reçoivent plus de pesticides.
J’ai voulu prendre des photos des produits mais je n’ai pas été assez tenace. J’aurais pu utiliser un ou deux dimanches pour me balader dans la ferme à la recherche de preuves mais la plupart du temps j’étais juste épuisée de ma semaine et j’avais envie de tout sauf de me replonger dans le décor des autres jours. J’ai néanmoins remarqué un large bidon de Roundup qui traînait négligemment près de la cuisine. ; disparu avant que j’ai pu prendre une photo.
De toute façon, la ferme ne s’en cache pas. Ils utilisent beaucoup de produits chimiques et il y a même deux « hazard » points où l’on nous recommande de ne pas trop aller. De même, on nous avertis de ne pas utiliser l’eau du robinet car elle contaminée.
En arrière-plan, la deuxième mare, où se déverse l’eau usée de la première. Sur la droite, l’un des hazard point où se trouvent des produits chimiques. Sur la gauche, les chambres rudimentaires en préfabriqué.
Ah l’eau. Voilà quelque chose qu’on recycle enfin à la ferme ! On n’en perd pas une goutte même. Elle se déplace en circuit fermé. Il y a trois étendues d’eau sur le site. En gros, l’eau usagée est rejetée dans une des mares puis se déverse dans la mare voisine avant de repartir ensuite dans le système. Je crois qu’une des mares est spécifiquement destinée aux rejets toxiques. Il faut bien de temps en temps nettoyer les tuyaux donc on y verse un produit anti-rouille super agressif qui ressort apparemment sous forme de pâte sombre et visqueuse. Les robinets sur le site fournissent quant à eux de l’eau déjà chargée en produits chimiques (si j’ai bien compris). Voilà donc pourquoi il faut éviter de boire ou cuisiner avec l’eau du robinet. On prend bien des douches avec mais la peau fait sûrement barrière…
Évidemment mon premier jour, arrivant seule dans la cuisine et assoiffée, j’ai rempli ma gourde d’eau du robinet. Je me trompe peut-être mais j’associe ça et l’air vicié par les produits chimiques et la poussière au fait que je sois tombée malade lors de mon arrivée. J’ai continué à avoir le nez qui coule pendant un mois. Et une fois arrivée à Melbourne, j’étais en pleine forme. C’était aussi la première fois que je tombais malade en 9 mois en Australie.
Un autre mystère est celui des paniers en plastiques dans lesquels sont transportés les bulbes en terre. Je découvre deux ou trois piles comme celle-ci sur l’exploitation. Des tonnes de plastique laissées à l’abandon. Que vont-ils en faire ?
Outre la catastrophe environnementale que représente le traitement de l’eau et des produits chimiques (tout simplement « évacués » dans la nature), la consommation énergétique de la ferme est dramatique. Les fleurs sont sensibles aux changements de températures et pendant la germination la température doit être élevée pour favoriser la pousse. Les serres sont donc chauffées la nuit et parfois la journée pour certains types de fleurs. Le chauffage est au charbon. Pour alimenter en chaleur les dizaines et dizaines de serres, on remplit les « boilers » de charbon plusieurs fois dans la journée. Les fours doivent être nettoyées régulièrement. Une tâche ingrate, salissante et sûrement très néfaste pour les poumons à laquelle se prêtent les employés de maintenance et les planteurs. A chaque fois, c’est littéralement comme aller à la mine.
Le « tractor boy » est celui qui est en charge d’apporter en tracteur le charbon jusqu’aux boilers. Il fait des allers retours toute la journée.
Tout ça pour quoi ? Pour produire de belles fleurs, sans tâches, sans feuilles rongées par les escargots ou autres « pestes » comme on les appelle. En gros reproduire artificiellement et à grande échelle un processus naturel, complètement déconnecté de son écosystème. Je n’ai pas d’informations sur la nature des semences et bulbes mais il y a fort à parier qu’il s’agisse également d’hybrides génétiquement modifiées. Le résultat c’est donc de vraies fleurs en plastique, qu’on conserve dans de l’eau traitée au chlore et qu’on stocke dans des frigos pour ralentir leur vieillissement.
La principale boiler de la ferme
Le goulag fleuri
Dans les fermes conventionnelles ou fermes-usines où la (mono)culture est intensive, quelle place accorde-t-on à l’employé ? J’utilise ma propre expérience pour illustrer mon propos mais la situation est à peu près similaire, et parfois pire, partout en Australie. Les nombreux témoignages et anecdotes qu’on m’a rapportés en attestent.
Les employés, principalement des backpackers, jeunes et en bonne santé, sont traités comme une commodité. En gros ils effectuent les gestes qu’on ne peut confier à une machine ou un produit chimique. Mais on leur accorde la plupart du temps moins de valeur qu’à ces derniers. Rendement, profit, productivité. Pas de syndicalisme et encore moins de sentimentalisme. Si tu n’es pas content, tu n’as qu’à partir et si tu ne peux pas travailler, tu as intérêt à avoir une sacrée bonne raison. La ferme est régie par les humeurs du patron qui passe dans les serres plusieurs fois dans la journée. Ordres contradictoires, aboiements s’il est mal luné, licenciement si ce n’est pas son jour. J’ai vu un de mes camarades se faire virer sur le champ parce que ses bouquets n’étaient pas au niveau. Ça a de quoi vous donner la pêche à 8h du matin. Pas de contestation envisageable, sinon c’est la porte. Les anecdotes des expulsions passées qu’on me raconte à mon arrivée donnent le ton et me dissuadent aussi sec d’objecter quoi que ce soit. Une fille s’est fait virée pour avoir échangé le matelas de sa chambre (qui lui faisait atrocement mal au dos) avec un autre inutilisé. Après mon départ, j’apprendrai qu’un des planteurs là depuis plusieurs mois s’est fait virer pour une vague embrouille au sujet du nettoyage d’une boiler.
En tant que bon français qui a la contestation sociale et le syndicalisme pour patrimoine, c’est presque un choc culturel. Jour de repos supprimé ? Bah quoi, tu veux gagner de l’argent non ? Une demie heure de pause sur une journée de 11h sans compter les 10 minutes de trajet aller et retour entre la serre et là cuisine : tu veux pas des tickets restaurant non plus ? Et puis te plains pas du matelas, le logement est offert.
A ce titre, la ferme était plutôt réglo. Tant que tu travailles, on te met un toit sur la tête. Dans la plupart des fermes, l’employé doit s’acquitter d’un loyer pour avoir la chance d’être logé sur l’exploitation. Un loyer élevé (entre 150 et 200 dollars d’après quelques témoignages) dont il faut s’acquitter toutes les semaines, même celles où tu n’as presque pas travaillé pour cause d’intempéries ou de récolte insuffisante. A titre d’exemple, le loyer hebdomadaire à Melbourne est de 200 dollars en moyenne.
Vue matinale sur le nuage noir qui émane de la boiler
Les fermiers Australiens sont également tristement réputés pour leur racisme. Il prend différentes formes et se manifeste à travers les ethnies privilégiées lors du recrutement. Dans ma ferme, une majorité d’Allemands (la nationalité préférée du patron), de Français et Chiliens. Certains fermiers vont en priorité recruter des Asiatiques car ils sont « discrets, efficaces et ne parlent pas Anglais». D’autres refusent les Français car ils sont « bavards et fainéants ». Il y a aussi l’histoire de cette fermière qui recrute ses employés en fonction de la sonorité de leur prénom.
Je ne veux surtout pas généraliser à l’ensemble des fermiers. J’ai moi-même eu la chance de rencontrer une famille incroyable, généreuse et ouverte lorsque j’étais en wwoofing dans une ferme biologique. Les gens bien existent partout, et heureusement ! Mais force est de constater que le racisme ordinaire (ou la discrimination si vous préférez) est bien présent en Australie, et tout particulièrement chez ces fermiers qui tiennent plus du business man que de l’homme de la terre.
Et après ?
Ce que je rapporte est la réalité de l’agro-industrie en Australie. C’est la même en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays en développement. Même si la situation est plus complexe pour ces derniers - je développerai davantage à travers mon expérience Balinaise. Je ne vais pas reprendre le couplet qu’on connaît tous sur les conséquences de la révolution verte et de cette agriculture intensive qui transforme la nature et l’humain en produits de consommation et de labeur, sans éthique ni valeurs. Toutefois il faut toujours garder cette réalité en tête, et prendre conscience que chacun de nos gestes de consommateur-citoyens s’inscrit dans un long processus qui n’a rien d’immuable. Nous ne sommes pas des victimes en bout de chaîne, le bec ouvert, prêts à passivement recevoir les miettes qu’on veut bien nous donner. Nos modes de vie et décisions quotidiennes sont tout autant responsables de cette situation que le puissant lobby agro-alimentaire et la course au profit.
Ouvrons nos horizons et essayons d’être responsables. Renseignons-nous sur ce que nous consommons (et pas seulement la nourriture), révoltons-nous et agissons. Facile à dire ? Facile à faire aussi. L’important c’est de faire un pas, d’entrer en transition. La plupart du temps on fixe l’idéal et il nous semble inatteignable. Qui a dit que le changement devait être radical et immédiat ? Chaque pas nous rapproche de notre idéal, celui d’une existence où l’on vit en accord avec nos convictions, en faisant le moins de compromis possibles avec notre éthique. Pour ma part, je travaillerai peut-être à nouveau dans une ferme conventionnelle l’année prochaine, afin de pouvoir ensuite m’investir gracieusement sur des projets auxquels je crois. Mais je n’achèterai plus ces plantes uniformes à bas prix qu’on trouve dans les magasins. Désolée maman, mais tu n’auras pas de bouquet à la prochaine fête des mères.
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Sunday houmos is now a tradition! Following the delicious Israeli recipe brought here by Carmel 😋 #wwoofing #farmlunch #houmos #raw #veggies #healthymeal #beteavon (at Lighthouse Organics)
Manger la ville
"Edible City” est un joli documentaire mettant en avant différentes initiatives locales liées au Good Food movement aux Etats-Unis. Il montre le travail des personnes qui font vivre ces associations et projets communautaires. Qu’il s’agisse de fermes urbaines, magasin de proximité coopératif, potagers “sauvages”... Leur histoire est inspirante à plusieurs titres et offre des pistes d’actions à répliquer.
Voici un lien pour regarder (gratuitement et légalement) le documentaire
En le visionnant j’ai notamment pensé aux jardins communautaires qui se trouvent dans le parc de Tempelhof à Berlin. Lors de ma dernière visite j’avais été impressionnée par ce petit havre de paix et de verdure au coeur de la ville. Outre les plants de fruits, légumes et fleurs, les habitants y ont ajouté leur touche personnelle en décorant et aménageant l’espace de façon à créer des îlots de sérénité : cabanes en bois, bancs et chaises à usage public. Les passants viennent s’y reposer et profiter des rayons du soleil en respectant l’espace qui leur est offert.
Je me suis demandée à l’époque si un tel projet serait viable à Paris. Les visiteurs respecteraient-ils autant le mobilier et le travail des volontaires ? Un tel espace resterait-il investi par les familles ou deviendrait-il la proie d’autres occupants moins fréquentables ? Je n'ai pu m’empêcher de penser que ce genre d’initiative s’intégrant très bien à la mentalité Allemande serait plus difficile à recréer chez nous.
Désormais je suis convaincue que ces initiatives ont leur place dans n’importe quelle ville, et ont vocation à devenir la norme. A la condition qu’elles restent dans les mains des locaux et les intègrent dès la phase de conception. Lorsque je vois des exemples similaires émergeant au sein de quartiers jugés difficiles aux Etats-Unis ou au Brésil (on parle plus de fusillades entre gangs que de trafic de cigarettes), rien ne me semble insurmontable !
Je sais que de nombreux projets locaux existent déjà et que d’autres poussent un peu partout. C’est le signe que quelque chose se passe, que les citoyens aspirent à la transition urbaine. Et comme beaucoup, j’y vois plein d’espoir et d’opportunités.
On peut même danser avec les moutons à la Ferme du Bonheur à Nanterre pendant que la soupe cuit dans le chaudron :-)
Les deux dernières semaines furent intéressantes. Principalement axées sur un élément : le fertilisant naturel. Je me demandais comment celui ci était produit. Il doit bien y avoir quelqu'un s'adonnant a la tâche ingrate de ramasser les déjections animales pour en faire quelque chose. Eh bien oui ! C'est en substance, ce que nous avons fait. Ramasser des bouses (plus ou moins) sèches, trainer nos sacs de crottes jusqu'à la brouette, réduire celles ci en miettes a l'aide de pelles puis répandre le tout sur le potager. Nous avons aussi répandu a la mano du fertilisant sec sur tous les enclos, ce qui a pris environ deux jours, afin de booster la pousse du seigle. Ces activités ont évidemment donné lieu a un déferlement de blagues et jeux de mots, je vous passe les détails. Bref, des missions de merde ;-) J'ai opté pour une photo non descriptive (de rien) mais qui illustre l'état d'esprit général. Quelques douches et machines à laver plus tard : Fun Times with the poo!
New addition to the farm family! Guinea fowls and geese 🐓 Little Guinea trying to tell us he is thirsty and needs water vs. big Goose taking herself for a snake :-) #farm #gettingcuckoo #byronbay #wwoofing