Il y a toujours quelque chose. Comme une balance. Comme des montagnes russes.
Il y a toujours, toujours quelque chose, un minuscule détail, qui va tout changer, en bien, ou en mal.
Ou en rien.
Quelle horreur, quand le rien s'impose, dans mon corps, dans mes rires, dans tout mon ĂȘtre. Le vide, le trou dans le coeur, et le manque. On ne sait mĂȘme pas ce dont on manque, mais c'est lĂ , enfin, justement, ça ne l'est pas, et ça tue.Â
Ces Ă©tats lĂ m'arrivent de maniĂšre totalement alĂ©atoire. Il y a des fois oĂč le vide est tout le temps lĂ . D'autres oĂč il disparaĂźt pendant des semaines entiĂšres.
Je n'ai pas ressenti le vide pendant plus ou moins cinq mois. à tel point que j'avais oublié ce que ça faisait, de ressentir ce vide, de le sentir prendre toute la place, jusqu'à ce que je ne ressente plus rien.
Puis un jour de novembre, c'est revenu. Comme une bombe, qui a explosé en moi. L'explosion a duré longtemps. Plusieurs heures, passées assise sur le sol de la salle de bain à fixer le mur, pleurant tellement qu'essuyer mes joues ne servait plus à rien, à tel point que ma morve avait le goût des larmes.
Une accumulation de trop de choses, je suppose.
C'était comme si toutes les émotions négatives que j'aurais dû ressentir pendant ces cinq mois avaient attendu, patiemment, jusqu'à ce que je dépasse le point de rupture et que je m'effondre, et qu'elles viennent toutes dans un raz de marée de larmes.
Je me souviens m'ĂȘtre enfin levĂ©e et avoir pris ma douche, surtout y avoir pleurĂ© tout ce qui me restait. L'eau qui me tombait dessus a finalement remplacĂ© celle qui coulait auparavant sur mes joues.
Puis je suis sortie.
Et c'Ă©tait passĂ©.Â
Je me sentais vide.
Et je me demandais si ce n'était pas pire que pleurer assise par terre jusqu'à en avoir mal au cul.
Puis j'ai pris mon téléphone. Pendant l'explosion, j'avais parlé avec deux⊠connaissances ? Potes ? Amis ? Aucune idée. En tout cas, ces deux personnes avaient été là pour moi.
Je relis les dernier message que j'avais envoyĂ©.Â
"Bon je pars me doucher, Ă dans trois heures puisqu'il me faudra bien ce temps lĂ pour pleurer toutes les larmes de mon corps.
"Putain je sais mĂȘme pas pourquoi je vous dis ça⊠dĂ©solĂ©e"
Puis je vois une réponse.
"C'est rien, je suis mĂȘme plutĂŽt contente que tu me l'aies dit."
Je souris.
Comme je le disais, il y a toujours quelque chose. Comme une balance. Il y aura toujours quelque chose qui vous fera sourire, et mĂȘme si ça ne rĂ©ussira pas Ă effacer le vide, au moins, ça mettra un peu de lumiĂšre dans la morositĂ©.Â



















