Mais lâchez moi l’utérus !
- Ça viendra, ça vient toujours, c’est dans tes gènes !
… euh, non, la seule gène que je vois c’est celle que je ressens en ce moment pour tes propos…
- T’as pas encore trouvé le bon père.
… Aaaaah voilà  ! Dites-lui de m’appeler hein !
- D’ailleurs il serait temps parce qu’a 33 ans tu commences à atteindre la date limite !
… Wait, what ?!?...
- Tout le monde veut des enfants, sinon ce n’est pas naturel, tu es née pour ça !
…Nan mais je viens d’une galaxie lointaine, très lointaine…
- c’est parce que t’en as pas encore à toi!
… Encore heureux !...
- Tu verras, les bébés c’est magnifique !
… Je vais retourner voir mon ophtalmo, je dois avoir un problème de vue important...
- Moi aussi je n’en voulais pas, pourtant maintenant je ne sais pas m’en passer.
… Dixit celle qui n’a plus de vie sociale, est en pleine séparation et embrasse ses gosses sur la bouche parce qu’elle compense...
- Tu verras comme ta vie va changer !
… C’est drôle, une maladie grave aurait l’air de me faire le même effet…
 Bref, au-delà de cette totale incompréhension de leur part, moi je dois pourtant être totalement open à leur vie de maman, aux détails répugnants de l’accouchement, à leur vie qui ne tourne plus qu’autour des enfants, des couches et de la consistance des selles. Compréhension totalement à sens unique, cherchez l’erreur.
 Parce qu’au-delà de ce non désir, se cache chez moi une phobie, classée, répertoriée, tout ce qu’il y a de plus officiel : la tocophobie. Qui désigne la peur panique, autrement dit la phobie, de l’accouchement et plus généralement de la grossesse. Pour certaines femmes, elle peut aussi s’accompagner d’une aversion ou d’un dégoût de la grossesse.
Vous avez vu, je vous apprends des trucs, je suis sympa quand même !
En gros, lorsque je vois votre ventre arrondi, la seule image que j’ai en tête c’est un énorme truc dégueu qui essaie de sortir par votre nombril en prenant soin d’écraser tous vos organes internes avant et d’en faire de la bouillie. Dans ma vision, ce truc qui tente de sortir est gluant, à des dents pointues et un air méchant, style ver solitaire version stranger things. Vous visualisez ? C’est cadeau…
 Du coup, c’est totalement inutile de venir avec vos conseils à la con, de demain, bon père et j’en passe.  En soi, vous admettrez que ce n’est quand même pas compliqué d’essayer éventuellement, peut-être, d’admettre que je peux penser différemment de vous ? Le souci ici c’est surtout le fait qu’entre femme, on peut quand même être de vraies chiennes au sujet des sacro saints enfants.
 Mais après tout, même sans un bébé, je suis tout aussi heureuse et épanouie que vous dans ma vie. C’est tout ce qui compte non ? D’être heureuse dans nos propres choix ?
Meme si… Quand je vous vois courir dans tous les sens, j’avoue que je jubile un peu de pouvoir vivre en prenant mon temps, mais ça, je me garde bien de vous le dire.