Sirat, Oliver Laxe, 2025
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Sirat, Oliver Laxe, 2025
Leftovers
23.02.2020
C’est dimanche. Le dernier jour des vacances d’hiver. Je me suis réveillée à cinq heures, tiraillée par la peur de l’infection persistante dans mon corps, allongeant mon énergie dans le canapé devant l’écran. Attendre. Mes yeux se sont rouverts cinq heures plus tard : j’avais regardé intensément la deuxième moitié de la saison 1 de Leftovers, buvant une à une les émotions des personnages.
Je les sentais se débattre dans une cage, et je la sentais, je la sentais cette cage. Cage de deuil, cage de honte. Adjugés coupables.
C’était un autre sujet, mais le lien dans mon esprit s’est fait aussitôt. Il y avait dans cet acte un geste peu commun de boire du vin sans envie, de manger sans faim, (hier soir) de regarder sans sommeil, cette série. Un désir de fuite : la peur de retourner au travail, comme chaque fois, de s’endormir là-dessus, sur ces images d’impuissance et de regret. Mais aussi fuir le sujet des derniers jours. La sourde réalité de la fin d’un monde. La collapsologie, l’effondrement comme ils disent. Un monde qui balance, vautré dans l’absurdité ou les déjections bovines, affamé d’espoir, bavant de cruauté, de peur, de peur, de voir le monde finir, et eux avec, sans raison ni pourquoi.
Alors oui, retourner au travail. Mais pas seulement. Cette peur qui me prend chaque fois deux journées, deux journées massivement lourdes sur mes épaules, deux journées où je remets doucement le masque pour affronter ce petit morceau de jeunesse. Remettre le masque pour inventer à bout de bras une nécessité, un peu de vie, un peu de joie. Des mots, des paroles échangées. Je les adore ces mômes. Je les adore et peut-être que c’est pour eux que j’en ferai pas. Les miens n’ont jamais vu la mer, et pourtant elle se vide pour leurs besoins, pour leurs sourires. Elle se vide depuis des décennies, comme le ciel, comme les savanes, comme les forêts. Le monde se vide et se videra, comme une urne ébréchée, sans secours. Nous serons emportés, il ne restera qu’eux, on fera comme si on ne l’avait pas vu venir. On se couvrira de deuil, d’études, de recherche. On se couvrira de religions.
Le masque pèse lourd sur les paupières. Il pèse lourd de mensonges. Et ce n’est pas mon rôle, je fais ma part et j’en ai quelque chose à foutre d’eux. Parfois, ils ne me le rendent pas bien, mais je remets quand même la cape, perdant parfois quelques morceaux de moi-même au passage. Je ne fais plus de littérature. La littérature s’est tue. L’écriture n’avait plus lieu d’être. Retiens ta respiration, ou regarde par où ça vient. Regarde ce qu’ils nous ont fait.
Langue naturelle
Il arrive à la Nature ce qui arrive aux langues civilisées, à savoir la disparition de la subtilité, de la nuance, de la différenciation. Quel rapport entre le français écrit, récité ou déclamé de Racine, Molière, Hugo et l’ersatz langagier éructé sur les ondes médiatiques, le franglais du quotidien et le globish des réseaux dits sociaux ? Retrouvera-t-on jamais la faune et la flore des campagnes de l’Ancien Régime, ou même celles d’avant 1918, au milieu de cette France des zones commerciales, des pesticides, du macadam et de l’abattage industriel ? L’appauvrissement des ressources est exactement parallèle, pour ne pas dire consubstantiel, car les savoirs ne sont plus transmis et l’on favorise l’immédiateté et la rentabilité au détriment du temps biologique et cyclique. La mémoire humaine se vide des outils de l’intelligence – le temps de la réflexion, le sens des nuances, la joie de transmettre – comme la Nature perd ses ressources fondamentales – l’espace, l’air, l’eau, l’obscurité. Mais a-t-on jamais eu besoin d’apprendre à nommer ce qui déjà n’existe plus ? La perte de substance de la vie humaine qui génère l’étiolement du langage, et le fait que cette triste humanité entraîne dans sa chute le décor qui l’environne, sont des phénomènes synchronisés. L’humain honteux tente encore, pensant au regard furieux que ses aïeux porteraient sur lui, de sauver les apparences en constituant des “réserves naturelles”, des “espaces protégés” ou la Nature, étroitement surveillée et “gérée” par des gens qui l’ont rencontrée à l’école, est supposée fonctionner en vase clos – sorte de Disneylands naturalistes conçus sur le modèle des parcs nationaux américains. Il en va de même pour notre pauvre langue qui tente de s’accrocher aux pages tristement closes des dictionnaires académiques. Quelques établissements universitaires s’amusent encore à jouer avec le souvenir de la finesse étymologique et celui du sens particulier, de l’exception, de l’usage populaire. Mais à quoi bon ? Qui sauvera l’outarde canepetière et l’imparfait du subjonctif ? L’habitat de l’une est saccagé, l’emploi de l’autre est ignoré. Ce sont les mots qui définissent la beauté d’un lieu… retirez-lui sa magie et la poésie disparaît. J.-M. M.
— Je vais me coucher, réveillez-moi avant la fin du monde.
Read⬇️#Repost @warnertvfr Heaven can wait Heaven can wait Heaven can wait another day! . Le ciel peut attendre, mais vous, vous pouvez regarder “Miracle Workers” quand vous le souhaitez en replay ! @canaltntes
LA FIN DU MONDE EST REPORTÉE (POUR ENCORE 13 ÉPISODES)
Salvation, la série catastrophe diffusée par CBS durant l’été 2017, repart pour une nouvelle saison…
13 nouveaux épisodes ont été commandés par la chaine, pour donner encore un peu de fil à retordre à l’humanité…
Un astéroïde, des complots, du nucléaire, une recette détonante en somme…
Pour l’instant, la série reste inédite dans les pays francophones… Mais qui sait ?
En attendant, les plus curieux peuvent regarder le trailer de la première saison en anglais ici…
Aston Martin DB6 post-apocalyptique avec blindage et pneus tout-terrain dans un paysage désertique.
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FIN DU MONDE / STUDIO 13/16
Pour le cycle Fin du monde du studio 13 /16, le collectif Rond Point propose de construire son foyer, formé par un hexagone lui-même composé de 6 trapèzes modulables entre eux. C’est une invitation faite aux adolescents pour imaginer, habiter, construire un nouvel espace-monde. Le dispositif, structure légère en bambou, permet d’accrocher des objets imprimés, de suspendre des plantes. Il peut également être augmenter par le public du Studio 13/16 au fur du cycle en ajoutant des éléments en bambou, en tissu, en papier.