Iliade, Teatro del Carretto - Guido Mercari
seen from Japan
seen from United States

seen from Poland

seen from Poland

seen from Finland
seen from Canada
seen from Türkiye
seen from United Kingdom

seen from Singapore

seen from United States
seen from China
seen from India
seen from United States
seen from China
seen from China
seen from Türkiye

seen from Finland
seen from China
seen from Australia
seen from Germany
Iliade, Teatro del Carretto - Guido Mercari
Interview avec l'illustratrice de Flaroh Illustration
Joignez-vous à World History Encyclopedia pour une discussion avec Flora de Flaroh Illustration, une illustratrice indépendante qui adore créer des œuvres inspirées par les vestiges archéologiques et les mythes.
Lire la suite...
L'Iliade d'Homère Vs L'Iliade de la Sagesse des Mythes : 1er Round !
Allez, en avant pour la dissection de ce triptyque qui s'annonce être salé !
Pour préciser, je suis en train de lire l'Iliade d'Homère et honnêtement, outre le fait que ce soit très bien écrit et prenant (sérieusement, je me suis imaginée à plusieurs reprises Homère en train de s'exciter tout seul pendant qu'il racontait l'histoire à un auditoire fasciné, c'est prenant à ce point !) pour un texte aussi vieux - il va quand même sur son troisième millénaire - j'ai été étonné de voir que l'histoire a en fait très bien vieilli sur plusieurs points, notamment le traitement de la guerre qui est vraiment très juste.
On sent qu'Homère (qu'il soit un auteur seul ou un agrégat de plusieurs auteurs regroupé sous un seul nom) a vécu la guerre, sait ce que c'est, qu'il l'a surement vécu ou subi, à quel point c'est horrible et souligne à plusieurs reprises que la guerre, c'est surtout des vies brisées, des veuves, des captives, des orphelins, des parents en deuil, des corps mutilés par des coups horribles qu'il décrit avec moult détail et des regrets éternels, et que dans le fond, la mort est la fin de tout, t'aura pas de deuxième chance. Quand on voie combien de gens sont tout à fait prêt à dire que la guerre est trop cool quand c'est pour sauver le voisin de lui-même car, il ne sait pas ce qu'il fait, et qu'il a besoin qu'un autre pays vienne le remettre dans le droit chemin à coup de hache dans la gueule (je ne vise personne), c'est fort d'avoir un discours pareil à l'époque archaïque, alors que les grecs se définissent eux-mêmes comme des citoyens et des soldats, même s'ils sont moins accrocs à la guerre que les romains qui sont avant tout des militaires. Son traitement des personnages féminins est aussi très touchant, notamment pour le personnage d'Hélène et surtout, celui d'Héra qui est de très loin sa déesse préférée mais, je m'y étendrait plus dessus quand on sera à ses passages dans l'adaptation BD (en priant pour que ça ne soit pas coupé au montage alors que ce sont des passages les plus touchants ou impressionnant).
Alors, évidemment qu'on allait remettre le couvert avec la Sagesse des Mythes tellement cette collection est mal faite et dégoulinante d'incompétence tout en se croyant très sérieuse ! ça va être marrant !
J'en suis au Chant IX pour le moment, et je garderai l'Iliade sous le coude pour comparé les deux oeuvres. J'utilise la traduction des Belles Lettres réalisé par Paul MAZON en 1937-38 qu'elles continuent à éditer aujourd'hui, en plus de la nouvelle traduction par Pierre JUDET DE LA COMBE. Les Belles Lettres sont la maison d'édition de référence dans le domaine académique et Paul MAZON était un helléniste reconnu ayant occupé de nombreux postes universitaires alors, je pense que c'est une base fiable. J'utilise également l'édition de 1963 qui dispose de beaucoup de notes annexes qui me serviront également d'appui pour cette analyse.
Ici, j'analyserai l'adaptation en triptyque bande dessinée de type "franco-belge" (une cinquantaine de pages de format A4 et en couleur) de l'Iliade, texte racontant la fin de la Guerre de Troie se concentrant sur l'épisode de la colère d'Achille, ses conséquences et le déroulement de la guerre jusqu'à la mort d'Hector, le tout en 24 chants pour un total de 532 pages... ouais, va falloir faire des coupes alors, j'analyserais surement aussi si c'était une bonne ou une mauvaise adaptation.
Trigger warning : guerre, mort, agression sexuel, viol, esclavage, misogynie, sexisme, descriptions de blessures
D'ailleurs, premier problème : le titre. On nous dit que c'est l'adaptation de l'Iliade, sauf que ça aurait été plus juste de dire que c'est l'adaptation de la Guerre de Troie. En effet, même si l'Iliade raconte la dernière année des 10 ans de guerre des achéens contre les troyens, beaucoup de passage très connus de cette guerre proviennent d'autres textes que les grecs considéraient comme un corpus relativement cohérents qu'on surnomme "Le Cycle Troyen" mais, de différentes époques : la construction du cheval de bois et la chute de Troie, c'est dans les premiers chants de l'Odyssée par exemple, et le Jugement de Pâris et les détails à ce sujet proviennent des Chants Cypriens, un ensemble de texte du VIe siècle avant notre ère (donc 2 siècles plus jeunes que l'Iliade et l'Odyssée) et servant d'introduction, mais qui ont été perdus. D'un côté, je comprends qu'on mette ces épisodes tellement ils sont imbriqués et qu'après tout, les grecs les voyaient comme un ensemble relativement cohérent, mais de l'autre, ça n'aurait pas couté grand chose d'appeler le triptyque "La Guerre de Troie", et on ajoute encore plus de chose à raconter alors que l'Iliade est déjà un récit très dense et épais et donc, il va falloir encore plus de coupe pour faire rentrer tout ça, surtout pour une oeuvre dont un des gros points forts est la beauté de son verbe et la mise en scène de situations épiques sans oublier que de vraies vies sont en jeu.
Mais s'il n'y avait que ça... par Héra, s'il n'y avait que ça, je ferai pas ce billet, c'est même le moindre des défauts de ces BD !
Car les dingueries commencent dès les deux premiers encarts ! A aucun moment dans l'Iliade, on ne dit que Zeus a provoqué la Guerre de Troie parce que les humains sont trop nombreux sur sa mère Gaïa et qu'il l'a provoqué pour l'empêcher de souffrir. C'est toujours très clair que si la Guerre de Troie a eu lieu, c'est que Pâris, protégée d'Aphrodite, a enlevé la femme de Ménélas frère du roi de Sparte Agamemnon, Hélène, fille de Zeus, la plus belle des femmes, alors qu'il était l'hôte de Ménélas, bafouant également l'hospitalité si chère aux grecs que c'est Zeus lui-même qui la patronne, et que dix ans d'ambassade n'ont pas suffi à le ramener à la raison et à le convaincre de rendre Hélène à son mari alors, les Achéens (ou Danéens, les deux sont utilisés dans le texte) sont partis la récupérer par la force, appelé par Agamemnon, et ça fait 10 ans qu'ils sont bloqués ici. Et. Rien. D'autre. ça me fait un peu penser à l'hypothèse Gaïa, une thèse pseudo-scientifique (pour pas dire ésotérique) comme quoi, la Terre régulerait de sa propre population en envoyant des maladies, cataclysmes et autres mais, rien de tout ça n'est présent dans l'Iliade.
D'ailleurs, autre problème : Zeus serait le fils de Gaïa. Vraiment ? Dans toute l'Iliade, quand il n'est pas surnommé "l'Assembleur de Nuées" ou "Zeus Père", il est surnommé "le Cronide". C'est le fils de Cronos et - même si elle n'est pas mentionnée - de Rhéa, deux Titans, eux-mêmes fils et fille de Gaïa et Ouranos. Zeus est son petit-fils, pas son fils ! C'est même un des points où l'intégralité des sources grecs (de tradition orale on le rappelle alors, ça peut vite fluctuer d'une cité à l'autre) sont d'accord : Zeus est de la troisième génération de dieux, fils de Cronos et de Rhéa, c'est un Cronide. Donc déjà, ça commence extrêmement bien, et c'est pas la seule fois que l'auteur était bourré quand il a lu l'arbre généalogique divin.
Avant de passer au prochain noeud scénaristique, juste un point du paysage :
Je ne vais pas m'attarder sur le texte, ça permet juste de savoir qui est qui : Ulysse a un bandeau et une cape bleu avec des cheveux longs, bouclés et noirs ainsi qu'une barbe, Ménélas a les cheveux brun, une barbe mais pas de moustache, et il semble un poil plus jeune, et c'est lui qu'on a offensé en enlevant sa femme. C'est fait de manière relativement naturelle, ça passe. Ce qui me gêne, c'est l'arrière-plan : le camp des achéens est représentés comme une sorte de village de tente sans construction plus solide que ça. Hors, comme dit plus haut, ça fait 10 ans que les achéens sont là et à chaque fois qu'on parle de leur camp, il s'agit de "baraque". On dit toujours qu'Achille boude dans sa baraque. Les constructions sont solides. C'est un détail graphique mais, mettre des baraques en bois aurait permis de mieux ancrer l'idée ça fait longtemps que les achéens sont là, et ça me fait également poser la question de si les auteurs ont réellement lu l'Iliade car juste, c'est tellement omniprésent que c'est impossible à louper.
Ensuite, on passe directement au camp achéen en proie à la peste avec des soldats qui pensent que c'est un châtiment divin et les chefs qui se réunissent pour consulter l'oracle qui leur révèle pourquoi la peste frappe le camp : Agamemnon a refusé de rendre Chrysès, grand prêtre d'Apollon, sa fille Chryséis alors, Apollon les punit pour cet affront.
Là, on a coupé une partie : en réalité, l'Iliade commence sur Chrysès qui vient supplier Agamemnon de lui rendre sa fille en échange d'une immense rançon, et Agamemnon répond à sa détresse en l'humiliant devant tout les achéens et en disant à quel point sa fille va être son esclave lui obéissant au doigt et à l'oeil, dont le fait qu'elle devra le rejoindre dans sa couche s'il lui ordonne (oui, l'Iliade ne nie jamais que les captives sont des esclaves sexuelles de leur maitre, ça fait même partie des peurs des personnages troyens de voir leur femme capturée et violée. C'est juste évident pour tout le monde comme ça l'était pour Homère). Le prêtre supplie alors Apollon de le venger en échange de sacrifices et d'un temple, ce qu'Apollon accepte, étant en charge des épidémies.
Personnellement, même si je comprends qu'il faille faire des coupes, je n'aurais pas coupé cette scène précise : elle montre bien que si l'armée achéennes va mal, c'est à cause d'Agamemnon qui fait n'importe quoi, et ça instaure bien que ce personnage est tout sauf parfait ainsi que sa nature colérique. Là, ça a beaucoup moins de poids car, on n'a pas vu par nous-mêmes la détresse de Chrysès, et Chryséis est réduite à une belle femme allongée lascivement derrière ses messieurs.
(tellement de respect pour cette femme, qui a été capturée après que sa cité ait été incendié et pillé, de la représenté comme étant un simple objet attendant son homme... d'accord, elle est pas grand chose de plus dans l'Iliade mais au moins, on a son père qui remue ciel et terre pour la sauver et des retrouvailles émouvantes. ça n'aurait rien couté de la représenter avec des bandages ou des marques de brûlures pour souligner qu'elle a été prise dans les combats et capturée récemment)
Ensuite, la scène de la querelle est fidèle :
Calchas dit qu'il faut rendre Chryséis à son père pour faire cesser la peste,
Agamemnon est furieux et refuse
Achille intervient en l'insultant en le traitant de lâche (un reproche qu'il lui fait souvent car il trouve qu'il reste trop en arrière), qui fait le moins mais se réserve toujours la plus belle part de butin,
Agamemnon est encore plus furieux mais décide qu'il rendra Chryséis MAIS qu'il prendra Briséis, la part d'honneur et captive préférée d'Achille, en compensation,
Achille devient fou de rage à cet affront et veut tirer son épée contre le chef de leur armée
Athéna intervient pour le raisonner, le pousser à ranger son épée et à accepter les conditions d'Agamemnon car bon, on a un peu une peste en cours dehors
Achille obéit à la Déesse mais, jure que tant qu'il n'aura plus Briséis, il restera dans sa baraque
Un point que j'aime bien, c'est que dès qu'un personnage parle, il se passe le sceptre d'Agamemnon les uns les autres, ça me fait penser à la Boulè athénienne où il y avait aussi ce système où il faut avoir le bâton de parole pour pouvoir parler et ça permet d'encore plus montrer quand Achille est hors de lui car il parle sans le baton en main, c'est sympa comme détail (même si ce n'est pas mentionné dans l'Iliade alors, y a sans doute un gros anachronisme là-dedans). On est là pour se moquer mais, quand quelque chose est bien, autant le dire aussi.
Par contre, les dialogues ont été modifiés, ce qui était obligés vu que l'Iliade est très verbeuse, même si ça aurait été bien de prendre un dialogiste aussi doué qu'Homère pour les écrire.
D'ailleurs, un point qu'ils ont coupé à l'adaptation, c'est qu'Agamemnon refuse de rendre Chryséis autant parce que c'est sa part d'honneur qu'il a gagné au combat que parce qu'il "l'aime". Il dit même qu'il l'aime plus que Clytemnestre, son épouse légitime (on est des défenseuses à la vie à la mort de Clytemnestre ici donc, va te faire voir Agamemnon, elle est bien meilleure que toi en tout point, contente toi de lui ramener sa soeur, ça fait 20 ans qu'elle l'attend) et on est d'accord, d'un point de vue contemporain, on sait que c'est juste de la possession, il aime avoir une belle femme parmi ses meubles. Cependant, on coupe le fait que l'échange qu'il fait est équivalent : Achille est celui qui insiste pour qu'il se sépare de sa part d'honneur qu'il aime, et il lui prend sa part d'honneur qu'il aime en compensation pour qu'il sache ce que ça fait (surtout que plus tard, Thétis la qualifie de "favorite" de son fils). Je comprend la coupe mais, je la trouve dommage.
Autre coupe, il manque toute la partie où Briséis "à la belle ceinture" (plus explicite sur le fait qu'elle est une esclave sexuel, tu meurs) est récupéré par Agamemnon, la scène du chagrin d'Achille qui pleure à chaudes larmes pendant une page entière avec sa mère qui jaillit des fonds des mers pour consoler son fils, le rassurer, le supplier de ne pas mourir et de rentrer chez eux car ils savent tous les deux que soit Achille mourra jeune couvert de gloire (ce que préfère l'Achille immature et ultra violent de l'Iliade), ou vieux et dans l'anonymat (ce que préfère Thétis et l'Achille plein de regret de l'Odyssée), et il lui demande de supplier Zeus de faire perdre le camp achéen. On a ensuite toute la scène où on rend Chryséis à Chrysès et tous les sacrifices ainsi que le banquet partagé avec les achéens tous ensemble pour apaiser Apollon. Là, on passe directement à la scène de négociation entre Thétis et Zeus.
Oui, le grand Achille a voulu condamner son armée parce qu'on lui a pris son esclave. Et ma main au feu, connaissant le style de Luc FERRY, il a coupé toutes ses scènes tout simplement car on montrait Achille, un grand héros grec, pleurer comme une madeleine car il a perdu la femme qu'il prétend aimer comme son épouse. Ce n'est plus du tout dans les normes de masculinité contemporaine mais, les grecs n'ont aucun problème à montrer les hommes pleurer d'émotion. Ce ne sera ni la première, ni la dernière fois dans l'Iliade d'ailleurs. Sauf qu'aujourd'hui, dans la tête d'encore trop de gens comme l'auteur, un homme qui exprime sa sensibilité et ses émotions, c'est un faaaaiiible. Alors que c'est justement une des forces de l'Iliade d'arriver à faire ressentir les émotions de ses personnages ! ça montre aussi que Thétis est une excellente mère toujours là pour son fils contrairement à ce qu'en a fait la culture populaire, elle apparait du fond de la mer afin de le soutenir et de lui apporter toute l'aide qu'elle peut.
De plus, pour le moment, on coupe TOUTES les scènes émotionnelles qui donne plus de poids à l'histoire et aux tourments des personnages afin de faire que les scènes clés. Clairement, vu qu'on a déjà un triptyque, un tome de plus n'aurait pas été de trop pour garder les scènes touchantes et plus renforcer les liens entre les personnages.
Ah ! Et autre problème quand on coupe cette scène...
ça donne l'impression que le fait de demander à Zeus de faire perdre les achéens, c'est l'idée de Thétis, pas d'Achille car à aucun moment dans le tome, il ne dit ça. Il accepte d'obéir à Athéna, refuse de continuer à combattre mais, il ne dit jamais qu'il veut la défaite de son armée. Dans le texte original, c'est même lui qui décrit comme Thétis doit s'y prendre avec Zeus pour qu'il accepte : elle doit s'asseoir à ses côtés et pressée ses genoux.
D'ailleurs, le coup de Zeus qui demande s'il doit prendre la tête de l'armée à la place d'Agamemnon (outre le fait que ce soit une idée stupide car, s'il prend la tête des armées achéennes, leur victoire est assurée vu que c'est le roi des dieux), c'est pas dans l'Iliade, il reste silencieux jusqu'à ce que Thétis joue sur son égo en lui disant que s'il lui accorde pas cette faveur, elle pense qu'il le méprisera plus que n'importe qui, ce qui pique Zeus au vif car il ne veut pas se mettre Héra à dos, même s'il accepte d'accéder à la requête de Thétis. C'est en réalité l'échange de 3 répliques, deux pour Thétis, une pour Zeus, puis on passe directement à une joute verbale avec Héra. Thétis ne commente rien sur le fait qu'il ne veut pas aller contre la volonté d'Héra, et aucun des deux ne fait ces têtes-là :
"Oh, lalala, Zeus, t'es pas un male alpha ! T'a peur de ta femme !"
Mais c'est pas du tout ça cette scène ! Et Zeus n'est pas comme ça ! D'accord, Thétis puis Héra arrivent à le manipuler car, elles utilisent ses faiblesses, comme le fait qu'il ait de l'égo ou son amour pour les femmes. Mais sinon, il est tout le temps en confiance et en contrôle mais surtout, il est mystérieux et imprévisible. C'est un personnage très difficile à cerner, aussi imprévisible que le ciel lui-même mais, incroyablement puissant au point que personne ne peut ni le prédire ni le contrôler. C'est pratiquement l'archétype du fripon mais, mis à la place d'un roi : quelqu'un d'imprévisible et qui
Et sa relation avec Héra est bien plus complexe que "pauvre mari avec une femme mégère" ! C'est la seule divinité qui discute les ordres de Zeus, qui ose lui dire sa manière de penser quand tous les autres baissent les yeux devant lui, et ils se conseillent parfois ! Et elle a bien du courage vu que personne ne peut vaincre Zeus mais, elle le fait quand même !
D'ailleurs, on a aussi coupé la dispute avec Héra où il la menace de l'accrocher à nouveau au ciel, ce qui lui enlève aussi une scène très touchante avec Héphaïstos où il va soutenir sa mère et réconforter après ce qu'elle vient de vivre. Et oui ! Dans l'Iliade, Héra a bien donner naissance à Héphaïstos seule mais, ce n'est pas elle qui l'a jeté du haut de l'Olympe car il était difforme, c'est Zeus car, Héphaïstos tentait de décrocher sa mère du ciel où son mari l'avait accroché après avoir tenté de le renverser avec Athéna et Poséidon. Dans sa grande sagesse, le roi des dieux a donc balancé son beau-fils du haut de l'Olympe, le rendant boiteux et difforme dans l'opération. La mère et le fils ont donc une bonne relation et Homère n'hésite pas à le montrer !
A la place, on a une page de transition qui, en soit, n'est pas forcément une mauvaise idée, surtout qu'on représente les deux camps avec des armures assez différentes (notamment avec les casques, les troyens ont des casques qui ressemblent à des bonnets phrygiens et qui pointe en avant, les achéens des casques qui pointent vers le haut), ce qui est une bonne idée pour mieux repérer qui est dans quel camp (dans une oeuvre avec autant de personnage, c'est pas de refus) mais de l'autre, déjà, les armures ne sont pas du tout juste, on est plus sur des grosses armures de plaques comme l'armure-scarabée de Dendra ou des ensembles d'armure de cuir plutôt que pour des armures d'écailles en métal comme c'est montré ici (on dirait des armures d'écailles romaines côté troyens plutôt que des modèles plus orientaux / perses / hittites, elles ont littéralement au moins 5 siècles d'avance sur Homère, et 7 siècles sur celle supposé de la vraie guerre de Troie. C'est comme si on mettait des soldat avec des AK47 au début de la Guerre de 100 ans, pour dire l'anachronisme), et pour les casques aussi, même si les casques de l'époque sont très, très, très spéciaux, c'est la fête à la saucisse, y a pas beaucoup de modèle qui colle (alors que je sais pas, on aurait pu donner que des casques en défenses de sangliers aux achéens, et que des casques en boudins d'acier, de tissus et de plumes aux troyens, ça aurait été un peu plus cohérents et juste historiquement).
L'uniformité de l'armée troyenne n'est pas très cohérentes non plus car, Priam et Hector ont énormément de peuple parmi leurs alliés, notamment des peuples nomades (dont des Amazones) et semi-barbares, et on retrouve une remarque qui sera beaucoup fait aux perses qui avaient aussi des armées très hétéroclites avec beaucoup de peuple différents : la cacophonie qui y règne. Peu de gens parlent la même langue alors, c'est difficile de se comprendre au sein même de l'armée, ce que les grecs critiqueront beaucoup et en feront une marque de ce qui identifie un barbare (littéralement "celui qui ne parle pas grec"), là où même s'il y a différents dialectes, les grecs arrivent à se comprendre relativement avec la koine (un spartiate, un samiote, un thébain et un athénien ont chacun un dialecte différent mais, ils arrivent quand même à se comprendre, ce qui n'est pas le cas au sein de l'armée perse). C'est d'ailleurs un point fascinant de l'Iliade : toute la civilisation grecque est dedans, et des éléments qu'on retrouve dans l'Iliade au VIIIe siècle seront toujours présent même des siècles plus tard (et oubliez la théorie comme quoi l'Iliade et l'Odyssée se passent en Angleterre, je m'étale déjà beaucoup trop)
Pour revenir sur le fond et l'adaptation c'est plus bateau et on a quand même sacrifié une scène où on instaure toute la puissance de Zeus. Si pour un grec, ça coule de source que Zeus est surpuissant, il l'a quand même écrit, et ça permettait de montrer sa relation avec Héra, d'introduire le personnage d'Héra qui est mine de rien une des divinités les plus actives de cette histoire (et la préférée de l'auteur) ainsi que pour les dieux, c'est quand même pas loin d'une partie d'échec géante cette histoire. D'ailleurs :
"Et contre toute attente, la guerre pourrait bien se terminer plus tôt que prévu..."
Euh... t'es sûr BD ? Si on compte toute la durée de l'ambassade, ça fait quand même 20 ans que tout ça a commencé donc bon, plus tôt que prévu à une époque où les guerres, en général, c'est une saison et on rentre tous à la maison pour l'hiver, c'est pas ce que j'appelle être une guerre qui finit plus vite que prévu !
Alors, passage suivant... on coupe tout le chant II qui n'est qu'une liste des forces en présence, c'est logique donc, premier passage côté troyen... Hector et Pâris qui discutent... bon, c'est pas comme ça qu'ils sont introduits dans l'Iliade, on les découvre tous les deux sur le champ de bataille avec Hector qui engueulait Pâris pour son inconscience et que c'est à cause de lui que Troie est dans cette galère, surtout que Pâris venait de fuir le champ de bataille après avoir fait le kéké... enfin, même si ça a l'air bien trop calme vu que tout le monde déteste Pâris pour de très bonnes raisons, d'un autre côté, Hector est le personnage qui arrive le mieux à le supporter alors, pourquoi pas...
Vous... vous vous foutez de ma gueule ?!
Ok ! Première bulle de la page 14, je suis déjà furieuse !
C'est pas du tout ça la relation entre Pâris et Hélène ! Une bonne MOITIÉ du Chant III est dédié à montrer, d'un, que rien n'est de la faute d'Hélène, Priam la rassure à ce sujet et fait tout pour la mettre à l'aise, de deux que toute sa famille, son mari, sa fille et son pays lui manque, et de trois la narration nous met très souvent de son côté même quand elle tient tête à Aphrodite elle-même alors qu'on sait tous qu'elle peut pas gagner et qu'il faut pas répondre à une Déesse, même si c'est sa demi-soeur (oui, Aphrodite est fille de Zeus aussi dans cette version, on y reviendra plus tard), et vous savez pourquoi elles se disputent ? Parce qu'Hélène déteste Pâris, déteste avoir été enlevé, déteste qu'autant de sang soit versé car Pâris ne veut pas la laissé retourner auprès des siens, qu'elle maudit Aphrodite de la forcer à être ici car elle adore Pâris (qu'elle vient de sauver alors que le duel qu'elle a interrompu aurait pu mettre fin à la guerre) et que si elle l'aime tant que ça, elle a qu'à devenir sa femme, voir son esclave si elle veut tant la place ! Oui, en pleine figure d'une Déesse, Hélène envoie ça, donnez une médaille à cette femme et laissez là retrouver sa soeur ! Et vous savez quoi en plus ? Hector est conscient de ça, il défend Hélène quand elle pense que ce chaos est de sa faute en lui disant que non, ce n'est pas de sa faute pendant que Pâris se fiche du tiers comme du quart du chaos monstre qu'il a provoqué !
Alors sur quelle planète, dans quel univers, c'est Hélène qui empêche Pâris de dormir pour on faire on ne sait que trop bien quoi (et vraiment, quand vous adaptez du Homère, dégotez un poète pour écrire vos dialogue, pas un mec bourré de la veille !) et Hector réagit ainsi ?! ça n'a pas de sens !
Mais non ! On est chez Luc FERRY alors, évidemment qu'un homme ne peut pas être stupide, obsédé par le sexe, prêt à laisser sa cité crevé la bouche ouverte pour avoir la plus belle des femmes dans son lit, et une femme qui ne veut pas coucher avec le gars qui a ruiné son existence toute entière, et qui résiste comme elle peut quitte à tenir tête à une déesse pour ne pas rejoindre mais, qui est forcé de le rejoindre et n'hésite pas à lui dire ses 4 vérités sur à quel point il est un lâche et que l'intervention d'Aphrodite a ruiné leur chance d'en finir avec cette guerre sans plus de victime, et cet imbécile dire dans le plus grand des calmes que s'il a perdu, c'est qu'il n'a pas eu de chance ni Athéna de son côté mais que la prochaine fois, elle sera de son côté alors qu'il l'a humilié lors du jugement de la pomme, comme l'immense imbécile qu'il est ! Donc évidemment, c'est le grand héros Pâris qui d'habitude ne peut pas dormir car sa femme Hélène a soif de lui et est une bête de sexe pour le délassement du guerrier et Hector qui en rigole ! Non ! Juste non ! Le Hector de l'Iliade saurait parfaitement que c'est Pâris qui a forcé Hélène, c'est pas du tout une relation saine !
Bravo Ferry ! T'es plus rétrograde qu'Homère !
Mais mes dieux, les parties sur le camp troyen sont les meilleurs passages de l'Iliade avec les parties les plus poignants ! Comment il a pu raté une chose pareille ?!
Bon, du calme... un coup d'eau et on repart...
Où j'en étais vu que j'ai pris un poil d'avance sur l'histoire, tout cette partie, c'est soit en parallèle de la bataille ou juste après... donc, Hector qui discute avec son frère sans l'insulter et l'étrangler... ou plutôt l'agarthan qui a remplacé Hector car juste, ça peut pas être Hector là...
Bon, en gros dans la double page, on adapte la première partie du chant III mais, au lieu que ce soit une décision prise sur le vif en plein coeur de la bataille, après que Pâris ait tenté de fuir Ménélas (et qu'Hector l'ait attrapé par le col en le traitant de lâche) qui est décrit comme un lion féroce fonçant vers un cadavre (comme dit au début, la guerre n'est pas vu si positivement dans l'Iliade et les comportements guerriers sont souvent décrit de manière cru et avec des tournures négatives) alors, il s'enfuit terrifié en abandonnant ses hommes. De plus, on enlève aussi la caractéristique principale de Pâris : c'est un abruti fini.
Ah mais y a pas d'autre mot, il est juste stupide et complètement inconscient du tout le mal qu'il fait, s'il ne s'en fiche pas car, il pense être dans son bon droit car, Aphrodite est de son côté, ce qui en fait un personnage parfaitement détestable et détesté par l'entièreté des personnages à part Aphrodite. Même les notes de bas de pages se foutent de sa gueule, pour dire !
C'est pas du tout un prince réfléchi, qui pense à son peuple et veut faire cesser les combats avec le moins de victime possible : il a eu plusieurs occasions d'en finir en faisant la seule chose raisonnable à faire, rendre Hélène à sa famille, et il a toujours refusé. ça fait littéralement 20 ans qu'il s'obstine (ce qui fait qu'il a l'air quand même un poil trop jeune dans la BD où il ressemble à un jeune premier de 20 ans, le gars est censé s'approcher de la quarantaine mais bon, dans ce genre d'histoire, les nombres sont surtout fait pour dire "ça fait longtemps" alors, passons, y a assez de matière pour s'énerver). C'est le bellâtre dans tout ce qu'il y a de pire : idiot mais arrogant, trop sûr de lui-même alors qu'il est un incapable et semant le chaos partout où il passe. Le fait qu'il propose d'affronter Ménélas (décrit comme un homme chéri d'Arès, le dieu de la guerre sanglante et des massacres, rien que ça donc oui, il a dû tuer beaucoup de monde et doit être bon à la bagarre) est censé être stupide car, Ménélas est un adversaire redoutable pendant que Pâris est tellement stupide et imbu de lui-même qu'il vient au combat en peau de panthère, ce qui le force à prendre la cuirasse d'un de ses frères quand il doit assumer. Hector est décrit comme étant ravi de sa décision mais, c'est surement car Pâris prend enfin ses responsabilités, et il est tout à fait ouvert à la possibilité que Pâris meurt pendant le duel mais, comme ce sera au sein d'un duel où les deux camps ont jurés de ne pas anéantir l'autre, ça lui va : sa ville, sa femme et son fils seront sauvés comme ça et Pâris, ce sera pas une grosse perte vu qu'il vient de lui hurler qu'il aurait mieux fait de mourir quand il a été abandonné.
Mais bon, c'est péché pour Luc FERRY de montrer un homme en tort ou qui n'est pas une grosse victime des méchantes femmes j'imagine.
Ensuite, on a la scène du jugement de Pâris sur le mont Ida. Bon, ça, ça vient des chants cypriens que je n'ai pas lu, notamment car ils ont été perdu dans leur très grande majorité à part quelques parties qui ont survécu ou ont été recopiés ailleurs alors, on a une plus grosse marge d'interprétation que l'Iliade en elle-même où dès que tu adaptes quelque chose, on peut se référer au texte original. D'ailleurs, on ne sait pas pourquoi c'est Pâris qui doit départager les trois Déesses alors, on est aussi perdu que ce berger qui se retrouve avec Hermès, puis trois déesses plus puissantes les unes que les autres devant lui et lui disent "choisit qui est la plus belle des trois en lui donnant une pomme en or maintenant !" Y a de quoi être perdu.
On a donc les trois déesses qui défilent, à commencer par Héra qui lui promet un empire sans pareil s'il la choisit. C'est la Déesse du Mariage, certes mais, comme le souligne la BD, c'est aussi la reine des dieux (pardon, trop de crédit pour la BD, elle dit juste qu'elle est "la femme de Zeus elle-même, qui règne à ses côtés sur l'univers" alors qu'elle est celle qui incarne la souveraineté des deux), c'est une incarnation de la souveraineté et l'Iliade est bourré de moment où elle en impose et où elle est extrêmement active. Elle a notamment énormément de scène avec Athéna où les deux se complètent et combattent ensemble, avec Héra qui conduit son propre char pour conduire Athéna sur Terre.
Donc comprenez que quand Athéna ose la prendre de haut, dire que son présent est pourri et que le sien, la victoire, est bien mieux, c'est insultant. Elle se qualifie aussi de plus puissante Déesse de l'Olympe après Zeus, ce qui n'est pas tout à fait faux : c'est la fille chérie de Zeus et il la laisse faire à peu près ce qu'elle veut, même quand elle se bat avec ces demis-frères (Arès) et soeurs (Aphrodite), sauf quand elle contrevient à ses ordres directement où là, il est sans pitié comme avec tous les autres.
Le jugement de Pâris est surtout représenté comme Athéna et Héra qui sont tellement stupide qu'elles se crêpent le chignon alors, elles effrayent le pauvre pipou qu'est Pâris, ce qui permet à Aphrodite d'en profiter pour l'amadouer en lui promettant la plus belle des femmes, ce que Pâris accepte sans hésité alors qu'elle précise qu'elle est déjà mariée. Au moins, on a retrouvé le Pâris stupide et imbu de lui-même.
Je ne peux pas trop taper sur la représentation du jugement d'Ida par rapport matériel source, vu qu'on ne l'a plus mais, si je compare la représentation des Déesses par rapport à ce qu'elles sont dans l'Iliade, à part Aphrodite qui a bien cet aura d'intrigante dangereuse et imprévisible jusqu'à ce qu'elle soit blessé et aille pleuré chez sa mère car clairement, Homère ne la porte pas dans son coeur, Héra et Athéna ne ressemblent pas du tout à leur équivalent homérique.
De nouveau, Héra est une incarnation de la souveraineté. On reconnait qu'elle a mauvais caractère (enfin, c'est surtout Zeus qui lui tape dessus à ce sujet et reproche à Arès d'avoir le caractère de sa mère car même les dieux le détestent, les autres dieux ne lui font jamais cette remarque) mais, quand elle s'énerve, c'est qu'on l'a touché dans son honneur de divinité et de reine, et elle a toujours de très bonnes raisons de le faire. Elle peut descendre sur le champ de bataille et donner une grosse correction à Artémis en la frappant sur les oreilles avec son propre arc mais, c'est pendant la guerre et Artémis lui avait manqué de respect alors, elle a remis l'insolente à sa place, c'est justifié. Elle veut la destruction total de Troie pour qu'ils payent pour l'erreur de Pâris qui a enlevé la femme d'un autre (et donc bafoué l'institution qu'elle tutelle), c'est dur, mais d'un autre côté, Poséidon pique une crise de colère pour un rempart construit sans respecter les sacrifices et fait un caprice à son frère pour pouvoir le détruire dès que les achéens seront partis, petit frère qui cède car il en a marre et veut juste qu'il se taise, c'est pas mieux. Les divinités sont des forces de la nature incontrôlable et impossible à comprendre parfaitement (comme vu plus haut avec Zeus) dont les mortels sont de simples pions. Pâris lui-même est souvent appelé le "jouet" d'Aphrodite, c'est pas anodin. C'est tout ce qu'ils sont pour des dieux : des jouets avec qui ils jouent tout le long de la guerre. Alors la voir réduite à une simple chiffonnière en plein combat de chat, c'est insultant !
Pour Athéna, même combat. Elle peut se moquer ouvertement de sa soeur Aphrodite, ce qui fera rire leur père commun qui lui pardonnera car c'est sa fille préférée et qu'il a bien rigolé à sa remarque méchante envers la soeur qui l'a doublé et soutien le camp d'en face. En plus, comme dit plus haut, elle est toujours en duo avec Héra, elle est très respectueuse envers elle. Je veux bien qu'elles soient rival à l'instant T mais, elle n'oserait surement parler ainsi à la reine des dieux en personne.
Et mon dieu, les dessins de cette double page sont si hideux ! Mention spécial à la tête de Pâris qui est le champion de la grimace étrange alors qu'il est censé être dégouté puis intéressée.
D'ailleurs, autre petite incohérence, Pâris est censé se faire reconnaitre comme prince de Troie avant de partir enlever Hélène. Quand les Déesses viennent à lui, c'est encore un gamin recueilli par les bergers du mont Ida alors, on grille un peu les étapes là mais bon, c'est pas si grave comparé aux restes.
Ensuite, deux double page sur le combat de Pâris et Ménélas. On a coupé le dialogue de Priam et Hélène alors que là aussi, c'est un passage ultra touchant, ainsi que tout le passage avec Priam qui encadre le sacrifice (qui a une forme particulière à cause de la situation) avant le duel de champion. De nouveau, les coupes sont nécessaires mais, enlever toutes les scènes avec une force émotionnelle réelles et sincères, c'est non. Fallait ajouter un quatrième tome, ça aurait renforcé l'attachement aux personnages (déjà que le rythme est pas top avec les flashback qui apparaissent de manière random...)
On a ajouté un petit dialogue entre Agamemnon et Hector où le premier se moque du fait qu'Hector est pressé de voir son cadet se faire massacrer, avec le second qui lui dit en gros "on verra bien". Sauf que là aussi, Hector est tout à fait prêt à ce que Pâris meure mais au moins, s'il meurt maintenant, la guerre est finie et sa cité est encore debout donc, dans un sens, c'est pas une grosse perte car, Hector étant le prince parfait, il pense avant tout à sa cité, tout le contraire de Pâris quoi.
Pâris qui flippe bien d'ailleurs devant Ménélas, et même si j'aurais bien dit que c'était pour respecter le personnage qui a fuit devant Ménélas et est en gros un énorme lâche, vu les dessins, j'ai plus l'impression que ce soit pour qu'on le prenne en pitié quand Hector l'engueule en lui rappelant très justement que d'un, il ne peut plus reculer et de deux, c'est à cause de ses actes à lui, à Pâris, si leur cité est attaqué et en danger donc, il est temps qu'il "affronte seul les conséquences de [ses] actes", fin de citation de la page 20, puis l'abandonne face à Ménélas. De plus, même s'il commence par fuir Ménélas, quand il propose ce duel et qu'il se met en place, Pâris y va sans se défiler, il assume justement le défi qu'il a lancé, même s'il se fait laminer.
Il ne doit sa survie que grâce à l'intervention d'Aphrodite qui le ramène en sécurité.
C'est un point très intéressant de l'Iliade d'ailleurs, et qui rejoint le fait que les dieux considèrent les humains comme des jouets : à plusieurs reprises, les humains essayent diverses solutions pour en finir avec cette guerre sans tout détruire (le duel à l'instant, l'ambassade d'il y a dix ans, des échanges diplomatiques, des propositions de rançon en échange d'Hélène pour dédommager Ménélas vu que Pâris ne veut toujours pas la lâcher, Agamemnon qui veut arrêter la guerre car ils sont sur le point de se faire écraser par les troyens et tant pis pour Hélène, Agamemnon qui accepte de rendre Briséis à Achille sur un autre front...) mais, c'est quasi toujours les dieux qui font tout capoter car, ils le peuvent. Les humains sont assez raisonnable mine de rien. D'accord, ils se disputent par orgueil, pour des queues de cerises, Achille est décrit comme "boudant" dans sa baraque pendant que tout le monde est en train de s'entretuer (oui, c'est le mot utilisé pour le décrire, le Grand Achilles aux pieds rapides boude), ils ne sont clairement pas parfait mais, ils tentent quand même de s'en sortir sans que tout le monde meurt, même en face car, ils sont conscient que la mort, c'est la fin de tout, et que comme les deux camps sont de force égale (ça fait de nouveau 10 ans qu'ils sont là), ils ne peuvent pas être sûr de remporter la prochaine bataille alors, il vaut mieux négocier pour être sûr de sauver un maximum de choses. C'est les dieux qui font tout capoter la plupart du temps, comme ici avec Aphrodite qui sauve Pâris à la grande déception de tout le monde dans l'oeuvre original.
Par contre, quand Homère utilise des insultes, c'est plus en rapport avec les chiens (son insulte favorite est "tête de chien") et autres animaux mais, jamais du saint jamais, il n'insulte qui que ce soit "d'espèce d'eunuque" comme le fait le Ménélas de la BD. Là aussi, on se serait passé de l'idée que si Pâris est aussi lâche, c'est qu'il a subi une amputation de ces parties. En plus, c'est même pas cohérent avec le fait qu'une fois qu'il aura retrouvé Hélène, Ménélas veut la tuer car elle est souillée, et qu'il sait que Pâris a sans doute couchée avec sa femme. Encore une fois, cette BD est bien plus rétrograde que le texte original qui a 3 000 ans au sens littéral du terme, c'est juste pas bon tout ! ça devrait être l'inverse !
Ensuite, on a une scène entre Pâris et Aphrodite et à nouveau, je vais m'énerver car normalement, Aphrodite ne parle pas à Pâris mais, va directement chercher Hélène, qui est déçue de ne pas pouvoir rentrer à Sparte avec son mari pour retrouver sa fille, et l'engueule. Juste... là aussi, tu te moques de moi ? Pourquoi coupé cette partie-là précisément ? C'est un des passages les plus forts et déchirant ! Avec une force émotionnelle incroyable où Hélène a une force et un courage incroyable malgré le fait qu'elle soit condamnée et qu'elle ne puisse pas gagner face à Aphrodite. Certes, elle ne peut pas discuter mais, elle montrera sa désapprobation autant qu'il le faudra et n'hésitera pas à le faire tout en appelant la Déesse pour ce qu'elle ait : une déesse "pleine de desseins perfides". Puis comme dit plus tôt, quand elle y va car elle n'a pas le choix, elle n'hésite pas à dire dire à Pâris à quel point c'est un naze qui s'est fait écraser par Ménélas et qu'il aurait mieux fait de rester mort dans la poussière !
Et là, qu'est-ce qu'on a dans la BD ?
Rien, Hélène n'apparait même pas ! Elle n'est pas apparut alors qu'elle était un des personnages principaux du Chant III et le plus touchant ! Et à ce stade de massacre, je me demande même si c'est pas mieux qu'elle reste loin de cette chose !
Donc ouais, le Pâris de l'Iliade qui ne pensait qu'à sauter sur sa femme alors qu'il était blessé en étant en mode "ouais, c'est pas grave si j'ai perdu ! La chance tournera bien et Athéna finir a bien par me donner un coup de main ! Chacun son tour ! :3" (oui, il dit ça en substance dans le Chant III) se met d'un coup à se dire que c'est pas une bonne idée de voir Hélène maintenant, qu'elle sera surement trop méchante avec lui et qu'il est pas digne d'elle car il a fichu sa cité dans les problèmes ! Et Aphrodite le rassure en lui disant que "c'est pas ta faute mon bichon, tout ça te dépassait ! <3"
En fait, vous savez qui se dit ça dans l'Iliade originale ? Hélène. C'est elle qui se prend pour la grande responsable de tout ça mais, tous les personnages positifs lui disent que non, ce n'est pas sa faute et la traite bien, que tout cela les dépasse tous car, c'est la volonté des dieux. Et étrangement, ça marche beaucoup mieux quand on rassure la victime que ce n'est pas sa faute si elle a été enlevé, que quand c'est son ravisseur qui fait du ouin-ouin sur son pauvre sort alors que c'est lui le responsable de tout ça !
Surtout que quand même, VIIIe siècle avant notre ère, époque de la Grèce Antique et certes, les femmes étaient mieux considéré à l'époque archaïque que pendant la Grèce classique mais quand même, ces passages n'ont pas été modifiés alors que c'est de la tradition orale, qu'il y a quelques modifs et des passages que les grecs identifient comme ayant été rajoutés à postériori pour des raisons x ou y. Ces mêmes grecs, champion de la misogynie dans la Méditerranée, considèrent les esclaves féminines comme des esclaves sexuelles, surtout captives, et font des pieds et des mains pour justifier pourquoi ils excluent autant que possibles les femmes de la vie public (en galérant bien d'ailleurs), ces mêmes grecs ont dans leur texte fondateur qu'ils connaissent tous par coeur depuis qu'ils sont tout gosse une femme qui s'est faite enlevée, pour qui tout le monde se bat comme si elle était un objet mais, au lieu de dire "c'est de ta faute, t'avait qu'à pas être aussi belle", reconnaissent qu'elle est juste une victime dans cette histoire, histoire qui reconnait ses peines et ses souffrances, que Pâris est le vrai coupable et qu'il n'aurait jamais dû l'enlever, le tout sans blâmer la victime et avec ceux qui entourent Hélène qui font tout pour bien la traiter et la rassurer sur le fait qu'elle n'est en rien coupable de la situation. Alors qu'il y a encore tellement de gens en 2025 qui vont blâmer les victimes d'agressions en leur sortant "t'avait qu'à pas t'habiller comme une p*** aussi ! Tu l'as bien cherché dans le fond !" Et j'utilise une traduction de 1937-38 ! Vu le profil du traducteur, ça m'étonnerait que ce soit un dangereux wokiste féminazi réécrivant l'histoire à sa sauce progressiste car ça l'arrange politiquement ! Au contraire, il a surement bien fait son travail et respecté le texte à la lettre ! Et dans ce texte, il y avait un message disant qu'il ne faut pas blâmer la victime, même si c'est une femme.
Ensuite, on a le mariage de Thétis et Pélée. Je ne vais pas râler sur le fait qu'on ne montre pas ce mariage dans l'Iliade, c'est dans des textes annexes MAIS, c'est étrange que dans tous les passages récupérés dans des textes annexes du Cycle Troyens, on n'a pas mis la raison pourquoi Thétis a dû épouser Pélée et comment Pélée a littéralement attrapé sa promise... on l'a quand même marié de force à un simple mortel alors qu'elle est une divinité (pour rappel, sa soeur, Amphitrite, est la femme de Poséidon, rien que ça) car son avenir est d'avoir un fils plus puissant que son père, ça a fiché une frousse bleue à Zeus qui tient beaucoup trop à son trône pour risquer qu'on lui vole alors, on l'a marié à un mortel. Elle était tellement outré qu'elle s'enfuit en changeant de forme constamment pour que Pélée ne puisse pas l'attraper, jusqu'à ce qu'on lui dise (car il n'a pas trouvé tout seul, évidemment) que Thétis ne peut se transformer que si elle touche le sol, il la soulève donc et la force à l'épouser quand elle est le plus vulnérable. Autant dire que la relation n'est pas du tout consenti, et laissez moi croire que si Thétis est toujours au fond de la mer avec son père Océan, c'est qu'elle a envoyé les papiers du divorce dans la figure de Pélée ! Quand même, c'est étrange, dès qu'une scène met en avant des femmes, les montre soit comme victime des hommes, soit comme des femmes fortes dans l'adversité, soit avec des relations positives avec les autres (homme [principalement non-alpha et avec qui elles n'ont pas de relations amoureuses ou sexuelles] ou femme), cette partie est toujours, TOUJOURS, coupés sans hésité, alors que d'un autre côté, on montre le pur crétin absolu qu'est Pâris comme un pauvre loulou responsable, alors qu'on lui a juste donné la personnalité d'Hélène. C'est étrange comme coïncidence... (sarcasme). De nouveau, Homère a beau surement croire dur comme fer que les femmes sont inférieures aux hommes à cause de l'époque, il est moins misogyne que Ferry pour le coup.
Bon ensuite, pas grand chose à dire sur la première double page, j'aime bien le visage d'Eris quand elle part après avoir donné sa pomme d'or, elle est vraiment fière d'elle et ça se sent ! A part que je ne me souviens pas que ce soit Zeus qui doive choisir, j'ai pas grand chose à dire... à part :
De haut en bas, de gauche à droite :
Thétis à son mariage Vs la Thétis du présent
Héra au mariage de Thétis Vs Héra lors du jugement de Pâris (qui se déroule juste après le mariage vu qu'elles sont censées avoir demandé au premier mortel venu de les départager)
Aphrodite au mariage de Thétis Vs Aphrodite lors du jugement de Pâris
Athéna au mariage de Thétis Vs Athéna lors du jugement de Pâris.
Visiblement, avoir des fiches de personnages et faire attention à la cohérence esthétique des personnages, c'est surfait ! (Héra change même encore une fois de couleur de cheveux dans la double page suivante en ayant des cheveux plus gris sombre que brun ou blond) Et on ne peut pas se cacher derrière l'excuse de "elles ont leur apparence de quand elle se montre aux mortels pour ne pas les calciner" vu que dans les autres tomes, Thétis est aussi brune quand elle se montre à Achille qui est un mortel malgré le fait que sa mère soit une déesse.
Et autre point plus de détail mais, révélateur quand même :
Ici, Zeus dit qu'il ne peut pas choisir entre sa femme (Héra), sa fille (Athéna) et sa tante (Aphrodite). Et certes, Aphrodite est la plupart considéré comme née du sang des testicules d'Ouranos tranchées par Cronos tombé dans l'océan. SAUF QUE, c'est pas le cas dans l'Iliade : elle est fille de Zeus et de son parèdre (en gros, son équivalent féminin) Dioné, une autre épouse de Zeus (Héra est son épouse principale et légitime mais, il a ses concubines / maitresses sous la main, Léto aussi est là). On le rappelle souvent dans l'Iliade, il y a même une scène que j'ai déjà mentionné où Aphrodite va pleurer chez sa mère et où Athéna n'hésite pas à se moquer de sa demi-soeur. Ils ont surement fait cette modification pour coller aux "canons" principale de la mythologie mais, y a pas de canon dans la mythologie et quand tu adaptes quelque chose, faut au moins essayer de respecter ce genre de choses. Zeus devrait donc dire qu'il ne peut pas choisir entre sa femme et ses deux filles ici (alors qu'on sait tous qu'Athéna est sa chouchoute alors, évidemment qu'il va donner cette pomme à sa fille préférée, même s'il pourrait hésiter avec Héra vu qu'il ne veut pas se disputer avec elle, mais il est assez malin pour trouver une pirouette pour s'en sortir)
Plus j'avance, plus je me dit que l'illustrateur et le dialoguiste n'ont clairement pas lu l'Iliade mais, Luc FERRY leur a fait un gros résumé des scènes qui lui semblaient le plus importante (de son point de vue d'homme d'extrême-droite qui pense que le féminisme ne devrait plus être d'actualité) et qu'ils ont travaillé à partir de ça et de leur connaissance à eux mais, sans fouiner plus au sujet du texte original. C'est quand même ballot quand tu veux adapter quelque chose de ne pas l'avoir lu avant (et je fais cette remarque à l'ensemble des adaptations de l'Iliade et l'Odyssée, les auteurs semblent ne l'avoir jamais lu en entier et se contenter de résumé trouver sur internet et des oeuvres précédentes)
Double page suivante, c'est la fête à la grimace et de la misogynie ! Toutes les déesses se battent pour la pomme, jusqu'à ce qu'Athéna les fassent reculer car elle va les attaquer, puis les trois Déesses se disputent avec Athéna qui veut la pomme parce que c'est la tradition et qui veut la prendre par la force (est-ce qu'il essaye de dire qu'Athéna la veut comme une sorte de butin à conquérir ? Au moins, ça colle avec une de ses épithètes côté troyens, la Ramasseuse de Butin, même si c'est surement un hasard vu le niveau du reste et que les auteurs galéraient à justifier pourquoi la Déesse de la guerre stratégique voulait tant être la plus belle), Aphrodite car elle est la Déesse de la beauté et Héra car elle lui revient de droit en tant reine... toujours pas, en tant que femme de Zeus. Décidemment, on va croire que le dialogiste risque de tourner de l'oeil dès qu'il appelle Héra "reine des dieux".
Zeus est alors bien embêté car, évidemment, les mecs sont plus raisonnables que les bonnes femmes obsédés par leur apparence pendant que lui, il est incapable de choisir entre elles trois pauvre biquet au grand coeur ! Certes, le Zeus de l'Iliade est un roi incontestable mais de nouveau, il est imprévisible et il est loin d'être un modèle absolu de sagesse. Au contraire, comme il connait l'avenir dans cette version, on pourrait argumenter qu'il savait ce qu'il allait se passer et l'a laissé faire pour se marrer (et pas pour aider sa grand-mère), ce ne serait pas incohérent avec son personnage (c'est même l'interprétation qu'en ont fait d'autres oeuvres adaptant cet épisode mythologique : Zeus qui entraine les déesses dans ce concours stupide alors qu'elles sont mal à l'aise). Il s'en fiche de l'objectivité, il est ouvertement partiale avec ses enfants, on dit qu'Athéna est sa fille favorite pendant qu'il déteste Arès (car tout le monde le déteste sauf Aphrodite) car il a le caractère de sa mère, il rit de la détresse d'Aphrodite car il pense qu'elle n'a rien à faire sur le champ de bataille et lui dit de s'en tenir aux douceurs du mariage (Aphrodite a des aspects guerriers mais, clairement pas dans l'Iliade et si Homère adore Héra, il porte bien moins la déesse de l'amour dans son coeur) Il ne serait pas là en train de dire "je plaint le pauvre mortel qui croisera leur route", ce sera juste un jouet de plus dans les manigances des dieux pendant que lui, il regardera le spectacle en mangeant du noix sur le sommet de l'Olympe.
Point amusant : c'est surement un hasard mais, le scénariste a sans doute fait dire à Héra "on se bat pour se départager ?" pour dire que l'idée est complètement stupide et qu'évidemment, Héra est trop précieuse pour se battre MAIS, vu que c'est une maudite dur à cuire descendant sur le champ de bataille, conduisant son propre char elle-même (ce qui est quelque chose d'extrêmement physique vu qu'il ne faut pas être éjecté du char et arriver à rester debout avec un attelage de chevaux lancés à 40 km/h au galop), et qu'elle a vaincu Artémis aussi facilement que si elle corrigeait une gamine capricieuse, laissez-moi croire que c'est une fulgurance et qu'Héra propose ça car, elle sait très bien qu'elle les vaincrait toutes les deux sans trop se fouler ! La Déesse aux bras blancs a surtout des bras musclées dans l'Iliade !
Ensuite, on a une double page de discussion entre Ménélas furieux, Agamemnon qui soutient son frère et Hector qui tente de recoller les morceaux car, il sait que Ménélas a gagné et que lui aussi veut la fin de la guerre, avant de passer sur Athéna et Héra furieuses quand elles entendent que la paix va être scellée alors que Troie est toujours debout et Pâris en vie, et vont réagiter les tensions, même si Zeus n'est pas d'accord et se dispute avec Héra. Athéna finit par pousser un archer à tirer sur Ménélas pour faire croire à un piège troyen, ce qui marche très bien.
Et cette scène... n'existe pas dans l'Iliade. Ou du moins pas dans cet ordre : le chant IV se commence avec Héra et Athéna furieuses de voir qu'Aphrodite a protégé Pâris et violé le pacte des mortels alors, elles interviennent pour faire reprendre les hostilités de plus belle mais, direct après le duel avorté, y a pas d'ellipse où chacun rentre dans ses pénates et où on discute tranquillou dans la baraque... pardon, la tente d'Agamemnon (ça fait 10 ans que vous êtes là, construisez vous des abris en dur enfin) avec tout le monde qui est raisonnable et tente de résoudre le problème. De plus, c'est Zeus qui pique Héra au vif en disant que ses efforts et ceux d'Athéna pour faire gagner les grecs sont vains pour la mettre en colère, tout simplement car il a promis à Thétis que Troie gagnera tant que son fils est toujours offensé. C'est lui qui la titille pour qu'elle s'énerve et aille ressouffler sur les braises du combat, ce qui donne lieu à un très bon duel de rétorique entre eux où ils débattent quasiment sur un pied d'égalité en tant que Cronides. C'est Héra, elle a une plus grosse marge de manoeuvre avec lui, même si elle reconnait qu'elle est plus faible que lui alors, elle lui cède que s'il détruira une ville qu'elle aime, ne lui en tiendra pas de haine mais, qu'il doit aussi respecter ses efforts à elle, qu'elle est également une Cronide, tout comme lui, et qu'à ce titre, elle règne à ses côtés et obtient de lui de pouvoir intervenir en lui expliquant son plan qu'elle a imaginé elle-même et qui marchera très bien. De nouveau, Héra, perso préféré d'Homère, mais aussi celui des lecteurs tellement elle est active !
Dans un sens, ça respecte le fait que dans l'Iliade, les humains essayent de trouver une issue à ce conflit sans tous s'entretuer et c'est les dieux qui la prolongent encore et encore car ils s'entre-déchirent sur l'Olympe. Mais de l'autre, c'est étonnant d'avoir refait tout le chant IV pour ajouter une scène qui n'existe pas alors qu'on manque déjà cruellement de page et qu'on fait des coupes drastiques partout. Surtout qu'à nouveau, on continue de faire porter le chapeau à Héra au sujet de la poursuite de la guerre et de présenter Zeus comme voulant la paix (et on a oublié en cours de route qu'il a promis à Thétis de faire gagner les troyens tant que son fils boude), surtout qu'ici, c'est Athéna qui a établit le plan, pas Héra. ça colle avec le fait que ce soit la Déesse de la Stratégie mais, on coupe de nouveau le côté actif d'Héra et le fait qu'elle soit une reine donc, elle doit être capable d'établir des stratégie et de mener son camp à la victoire. ça coupe également toutes les scènes de négociations entre achéens, les divergences d'opinion avec Nestor, Ulysse et tous les autres, ainsi que l'échange fraternelle entre Agamemnon et Ménélas où on montre à quel point ils tiennent l'un à l'autre (ce qui est un des seuls points positif de ces deux personnages, leur amour fraternel très fort et sincères l'un envers l'autre mais bon, ça doit aussi être péché de montrer de l'affection entre homme, même si aucun soupçon d'homosexualité est possible vu qu'on est entre frères).
En soit, les changements ici pourraient ne pas être problématiques et s'expliquer par le fait qu'on condense 20 pages en 4 mais, ça aurait pu être mieux fait à mon avis, surtout si on évitait de refiler encore et toujours le mauvais rôle aux femmes.
Ensuite, on passe au chant V et au exploit de Diomède. On a une première page d'exposition pour rappeler qu'Apollon est du côté des troyens, ce qui sera utile pour le combat contre Enée mais, on coupe aussi le fait qu'Athéna convainc Arès de se retirer du combat alors qu'il a un rôle central à la fin du chapitre et aide Aphrodite avant ça.
Aussi, autre mauvaise coupure mais, quand Athéna donne à Diomède la fureur du combat et lui fait oublier sa peur, elle lui dit direct qu'il peut s'attaquer et blesser Aphrodite mais, lui interdit de s'en prendre à un autre dieu. Là, c'est dilué dans la scène de combat, ce qui l'allonge alors qu'on aurait pu surement gagné quelques cases en condensant mieux.
Par contre, point positif, Diomède porte l'armure mycénienne de Dendra alors, c'est une bonne référence et ça permet de lui donner une silhouette imposante, surtout qu'il est le seul portant cette armure (même si bon, chipotons de nouveau, il devrait être plusieurs à avoir cette armure, au moins chez les gradés). Par contre, pour le casque, c'est pas vraiment ça, celui de l'armure de Dendra est en défense de sanglier mais bon, comme dit plus haut, c'est la fête à la saucisse les casques de cette période, y a un peu de tout. On le voie également se battre en balançant des pierres sur ses adversaires, ce qui est une tactique courante dans l'Iliade, et c'est bien comme ça que Diomède terrasse Enée, il lui balance une énorme pierre en plein flanc qui le bloque au sol.
Comme dans l'Iliade, Aphrodite vient arrêter la fureur de Diomède, même si on ne sait pas pourquoi elle tient tant à Enée ici (dans l'iliade, c'est clair, elle le défend car c'est son fils et qu'elle l'aime) alors, ça sort un peu de nulle part qu'Athéna demande à Diomède de se concentrer sur Enée afin qu'Aphrodite abandonne, au lieu de foncer direct sur Hector.
Et pour une fois, on a une amélioration par rapport à l'Iliade : dans le texte original, Aphrodite blessée est sauvée par Iris qui l'emmène à Arès qui est en retrait des combats, lui demande à emprunter son char pour rentrer sur l'Olympe, ce que son frère accepte, elle rentre et elle va pleurer chez sa mère, avec la narration qui insiste bien sur le fait que ce n'est ni Athéna, ni Enyo (la Déesse de la bataille grecque) alors, elle n'est pas faite pour le combat, puis comme dit plus tôt, quand Athéna et Héra se moquent d'elle en disant que si elle saigne, c'est qu'elle s'est piqué avec une épingle en recoiffant quelqu'un, Zeus en rit en lui disant de rester à sa place, sa propre mère lui dit de serrer les dents car elle n'est pas la première divinité blessée par un mortel, et même Diomède se fiche d'elle en lui disant en gros "retourne à la cuisine, t'a rien à faire là". De nouveau, on est loin de l'Aphrodite guerrière, Homère ne l'aime pas du tout et il peut quand même être misogyne.
Là, Aphrodite est furieuse, demande à Diomède comment il a pu oser la blesser, puis bat en retraite en disparaissant seul et en jurant à Diomède qu'il lui plaira. Là, on sent mieux la Déesse puissante ! ça fait un point pour La Sagesse des Mythes ! Contre des centaines de milliers pour l'Iliade originale ! C'est toujours mieux que zéro ! (et ça aurait été mieux si Aphrodite n'était pas constamment en bikini, paréo, aussi, elle a une belle et longue robe dans l'original)
Ensuite, Apollon débarque pour protéger Enée, ainsi que fait fuir Diomède après que ce dernier ait tenté de l'attaquer malgré l'avertissement d'Athéna. C'est fidèlement adapté mais, c'est dommage qu'il n'ait pas conservé les dialogues de l'Iliade directement et l'ait remplacé par un échange plus classique, la tirade d'Apollon devrait tenir dans les cases tel quel (et là où Apollon ne dit rien sur Aphrodite dans l'original, là, il lui tape dessus en qualifiant son affrontement avec Diomède de "petit affrontement" qui lui a "fait oublier [qu'il est] mortel", voilà quoi) et il n'a pas besoin de le qualifier du très classique et bateau "insecte", il dit juste que les dieux et les mortels ne sont pas de la même races et ça suffit.
Le fait qu'Apollon emmène Enée blessé dans son temple pour le soigner et rameute Arès sur le champ de bataille, ce qui est dommage car, c'est l'arrivée d'Arès qui redonne l'avantage aux Troyens qui étaient alors en mauvaise posture face à un Diomède boosté aux hormones par Athéna, ce qui justifie une nouvelle intervention d'Athéna ET d'Héra : cette dernière fait préparer son char, prend les rênes, mène Athéna sur le champ de bataille, et va inspirer les grecs à redoubler d'efforts et se battre, ce qui les remonte à bloc. De nouveau, incarnation du pouvoir et de la souveraineté, Héra a du charisme à revendre et est tout à fait capable d'inspirer les mortels comme un souverain le fait.
Pendant ce temps qu'Héra harangue les troupes, Athéna - équipé du casque d'invisibilité d'Hadès - retourne auprès de Diomède pour le pousser à affronter Arès, ce qu'il fait mais, contrairement à la BD où il se fait repousser par le dieu de la guerre qui arrive à le vaincre malgré sa fureur, Athéna guide la pique de Diomède pour qu'elle touche Arès sur un point faible de son armure, ce qui le blesse assez pour le pousser à battre en retraite, et lui aussi aller pleurer au pied de Zeus qu'il laisse Athéna faire ce qu'elle veut et semer le chaos, ce à quoi Zeus répond en engueulant son fils car, il lui rappelle qu'il est le plus haï des olympiens, et que tous les dieux le détestent car, il est beaucoup trop destructeur et que si ce n'était pas son fils, ça ferait longtemps qu'il l'aurait précipité dans le Tartare.
Et je ne pense pas être mauvaise langue en disant que si la scène a été modifié, c'est uniquement car les auteurs ne voulaient pas montrer Arès perdre face à sa soeur et donc être moins "puissant et viril" qu'une femme, toute déesse de la guerre qu'elle soit, encore plus dans un affrontement purement physique, même si Athéna a aussi utilisé la ruse pour pouvoir le vaincre de la main d'un mortel (mec, dans une autre légende, Arès tue le gars qui a osé abusé de sa fille, voir la tuer, et fait l'objet du premier procès pour savoir s'il était dans son bon droit ou non, et c'est le père des Amazones, des femmes guerrières, le gars n'a aucun souci que les femmes de sa vie portent des armes. Il se plaint du comportement d'Athéna à Zeus car il la trouve hors de contrôle et que Zeus lui laisse faire ce qu'elle veut, c'est littéralement un frère qui vient se plaindre de sa soeur à leur père). Vu comment cette BD a une piètre opinion des femmes et détestent les montrer puissantes, ça me parait logique. Et ne cherchez pas la scène où Héra conduit son char et va haranguer les soldats achéens pour les pousser à retourner au combat alors qu'ils sont en train de se prendre la contre-offensive troyenne menée par Arès, elle a tout simplement été coupé au montage. Même la montrer charismatique, c'est trop pour cette BD infernal !
D'ailleurs, un point ultra important manque cruellement dans cette adaptation, alors qu'il est omniprésent dans l'Iliade : la guerre est horrible.
Et pas juste Arès ! Il est certes associés à tous les aspects négatifs de la guerre et est haï pour ça (son surnom, c'est quand même "tombeur de rempart" [donc, votre ville est prise, vos parents tués, votre femme et vos gosses réduits en esclavage et vous êtes soit mort soit esclaves], "fléau des hommes" [car c'est ça la guerre], "buveur de sang" [c'est dur de faire plus explicite]) mais, même Athéna a des épithètes négatives, que ce soit son surnom de "Ramasseuse de Butin" dans une histoire où c'est normal de le faire sur le corps des morts, ou alors son armure qui est surnommé "la source du chagrin". Bien qu'elle soit la version "raisonnée" de la guerre, on oublie jamais que la guerre est horrible.
Homère présente les différents aspects de la guerre comme normaux car, c'était ainsi qu'on se battait à l'époque mais, il insiste toujours sur l'aspect la peine, la tristesse et l'horreur de la situation. Une situation très récurrente est par exemple que vos camarades doivent garder votre corps mort sinon, l'ennemi va le piller pour faire son butin, on assume complètement que le butin est fait sur le corps des morts. On parle très souvent des pleurs des veuves troyennes et des parents endeuillés, des vies brisés dans leur jeunesse... Les blessures sont décrits avec moult détails mais, on insiste sur l'horreur des corps et de la tristesse des parents quand ils verront dans quel état vous rentrez. La peur que son épouse Andromaque soit asservie est omniprésente chez Hector, qui sait aussi que son fils tout petit sera tué sans pitié afin qu'il ne revienne pas le venger une fois adulte. Même si comme dans la BD, c'est beaucoup de PNJ qui sont tué, ils ont tous un nom et quelques détails sur leur vie pour dire "on a pas perdu un soldat de plomb, mais une vie et une personne que des gens attendaient à la maison". Un exemple qui m'a marqué est la mort d'un type dont on en sait rien, il apparait littéralement lorsqu'il se fait tuer mais, Homère nous explique qu'il était riche, vivait au bord d'une route mais, aimé de tous car, il accueillait tout le monde chez lui et les recevaient bien.
Dans la BD, on a beaucoup moins cette dénonciation des horreurs de la guerre, Diomède est bien plus iconisé alors qu'il massacre tout sur leur passage malgré ses yeux rouges de fou furieux et son expression assoiffé de sang. Vu que visiblement, ça ne gêne pas d'ajouter des scènes supplémentaire comme vu plus haut, on aurait pu montrer les soldats troyens dire adieux à leur famille avant le combat, ça aurait au moins permis de rappeler leur humanité et se dire qu'on ne joue pas aux soldats de terre cuite, de vrais vies sont en jeu avec une famille.
D'ailleurs, y a un chant qui fait ça très bien, de montrer la détresse de troyens, la contribution des femmes et de l'arrière entre autre par les prières et les sacrifices, Hector qui fait tout ce qu'il peut pour sauver sa cité, engueule son frère pour être un lâche stupide, a de la compassion pour Hélène, a une des scènes les plus touchantes de toute l'histoire de la littérature classique avec sa femme et son fils, ce qui en fait un des meilleurs personnages et renforce la tragédie de sa future mort et de la défaite troyenne car, on se sera attaché aux troyens et qu'on ne voudra pas les voir mourir à cause de l'acte insensé de Pâris.
Il s'agit du Chant VI, qui est intégralement du point de vue d'Hector et où on explore son rôle de prince en charge de la défense de sa cité, sa psychologie, sa relation avec ses proches, en particulier sa femme Andromaque et son fils Astyanax, et qu'on expose pourquoi il doit aller se battre en première ligne. C'est même le premier chapitre où il semble arriver à supporter Pâris car, ils sont frères et qu'ils régleront leurs différents une fois la guerre finie car, il y a plus important sur le feu là. Si vous ne devez lire que deux chants de l'Iliade dans votre vie, lisez le chant III et le chant VI, ils sont de loin les plus touchants et avec les meilleurs personnages.
Et vous savez ce qu'ils en ont fait dans la BD ?
Coupé.
Coupé dans son intégralité.
Ainsi que le début du chant VII et le combat d'Ajax contre Hector, remporté par Ajax mais, qu'Hector coupe car, la nuit tombe et que les combats doivent donc cessés avant qu'on n'arrive plus à distinguer les ennemis des alliés mais, contrairement à Pâris qui s'est défilé, il n'y a pas Apollon qui va le planquer dans le palais alors qu'ils ont combattu ensemble Ajax : Hector assume la défaite, ça se finit à l'amiable avec les deux adversaires qui se respectent, s'estiment et échangent leurs armes en signe d'amitié. C'est pratiquement une scène de shonen (faut dire, c'est aussi un genre très époque alors, ça colle). Les humains règlent les choses entre humains en suivant les règles humaines et sont raisonnables, le tout en instaurant toujours Hector comme un modèle de vertu parfait et attachant, ce qui rendra sa mort encore plus déchirante.
A la place, c'est Athéna qui dit à Arès "bon, la nuit tombe, la bataille doit se finir, et nous, on rentre sur l'olympe, tchao les mortels !". Là, on montre les hommes blessés avec des corbeaux qui vont dévorer les cadavres de leurs camarades s'ils ne se dépêchent pas mais, la case est tellement petite que ça n'a pas le même impact que l'Iliade où l'horreur des combats et de la mort est partout. On a aussi coupé le fait que les deux camps se mettent d'accord pour ne pas s'attaquer pendant qu'ils récupèrent les corps des leurs et qu'ils leur rendent les hommages funéraires, ce qui montraient que même s'ils sont ennemis, ils arrivent à se mettre d'accord pour bien traiter les personnes tombés au combat et leur rendre un dernier hommage (ce qui permet de rendre Achille encore plus horrible quand il refuse de rendre le corps d'Hector à son père et de lui rendre les hommages funéraires).
En plus, on ne peut pas mettre ça sur le dos d'un choix scénaristique de raconter la Guerre de Troie d'un point de vue achéen car d'un, on a des passages du point de vue troyens, notamment avec tous les flashback sur Pâris qui devient le troyen principal alors que dans l'original, à nouveau, c'est Hector qu'on suit quand c'est pas Hélène, et de deux, même ça c'est raté car, beaucoup de scène servant à montrer comment ça se passe chez les achéens ont soit été retirées dans leur grande majorité, soit remontées en leur enlevant toute leur force. Où est Nestor le vieux meneur de char par exemple ? C'est un des achéens les plus importants et celui qui conseille les petits jeunes, et un des plus attachants par sa sagesse même s'il est du côté de ceux qui veut continuer la guerre. Où est Ulysse à part au début ? C'est un perso secondaire mais, il est assez souvent en arrière-plan avec les autres chefs avec de bons conseils. Les deux Ajax ? La scène de Thersite qui montrait que les soldats voulaient rentrer ? C'était aussi une image de la démagogie et de l'irrespect envers les rois, qu'Ulysse battait et humiliait pour le forcer à se taire mais, ça permettait de montrer le fait très réaliste que tout le monde est épuisé après 10 ans de campagne.
C'est de l'auto-sabordage. Je sais pas quoi dire d'autre à ce stade. Toute la BD enlève toutes les scènes avec un fort potentiel émotionnel, expliquant les réaction des personnages, préparant d'autre scène, ou les remplacent par des scènes qui contredisent directement l'original, comme les planches entre Hector et Pâris au tout début. En plus, les personnages sont très souvent grimaçant, avec des têtes tout droit sorti de la galerie des monstres ou difforme alors, c'est encore plus difficile de s'attacher à eux. Comment voulez-vous que les lecteurs s'attachent aux personnages dans ses conditions et veuillent continuer à lire ? Perso, j'y suis attaché car, j'ai lu l'original mais, c'est plus un désavantage qu'autre chose car, je déteste voir des personnages que j'aime être aussi maltraité et dès que la BD fait n'importe quoi, je le voie direct.
Enfin, fin du massacre, les trois dernière pages sont consacrés à Hécube et Priam qui discutent après la fin de la bataille et se souvienne de la naissance de Pâris, du songe qui a prédit qu'il détruirait Troie, son abandon sur le mont Ida et comment un berger l'a trouvé. C'est le seul passage avec un peu d'émotion car, Priam est assez doux avec sa femme lors du cauchemar d'Hécube (même si Priam est un connard de ne pas la laisser tenir son bébé, même s'il le justifie par le fait que plus Pâris reste, plus se sera difficile de l'abandonner pour qu'il meurt car, il s'attacheront à lui), et le berger est mignon quand il trouve bébé Pâris sans savoir tout ce que ça va provoqué... mais :
Priam est montré comme un homme froid lors du passage dans le présent, alors que c'est un peu un des persos les plus attentionnés de l'histoire avec Hélène, même si c'est aussi un maudit polygame pour avoir eu 50 fils et que c'était un moyen simple de montrer que c'était un roi oriental puissant. Au moins, niveau beau-père, il a assuré, on peut au moins lui rendre ça, même si la scène a été coupée dans la BD
Que ce soit dur pour Hécube d'abandonner son fils juste après l'accouchement, je veux bien mais, j'aurais aimé aussi qu'on la montre comme étant aussi raisonnable que son mari et dire "c'est dur mais, c'est pour le bien de notre cité sinon, il la détruira" plutôt que seul Priam soit montré comme raisonnable. Là ça fait vraiment "femme faible et déraisonnable, encore heureux que le mec est là pour assurer en toute circonstance !"
Et très classe la robe transparente pour montrer les énormes nichons et tétons d'Hécube enceinte par transparence. ça suffisait pas de boobifié toutes les déesses, même Athéna et Héra, fallait aussi le faire sur Hécube. Pour donner une carrure musclé à Athéna par contre, il n'y a plus personne !
On a gaspillé une demi-page pour introduire le flashback.
Ce dernier point me permet de revenir sur un autre gros défaut de cette BD : rythme est chaotique. On alterne les passages dans le présents, dans le passé, parfois des passages modifiés avec un autre ordre chronologique, ce qui perd encore plus quand tu compare à l'original car t'as l'impression d'être dans un flashback, ce qui fait que la scène d'avant n'est plus cohérente... c'est pas bon, c'set juste pas bon.
Je l'ai déjà dit précédemment mais, je pense qu'il aurait mieux fait de faire une quadrilogie : premier tome, on se base sur les chants cypriens et les morceaux de contexte disséminé dans l'Iliade (enlèvement d'Hélène alors que Pâris était l'hôte de Ménélas qu'il a aussi dépouillé de ses biens au passage, l'ambassade de dix ans, début de la guerre...) pour raconter l'histoire de Pâris dans l'ordre, ce qui aurait pu en faire un perso attachant avant de devenir détestable : un idiot qui a rien demandé qui se retrouve à devoir départager des déesses entre elles, choisit celle qui lui offre la femme d'un autre alors qu'il sait pertinemment que c'est mal, ce qui lui explose l'ego et la confiance en lui alors qu'il est toujours aussi stupide, et il continue de faire les pires erreurs possible en écoutant personne par excès de confiance et parce qu'Aphrodite lui passe tout, jusqu'au jour où les conséquence de ses actes lui explosent à la figure. Ensuite, dans le tome 2, on commence là où l'Iliade commence et on raconte tout dans l'ordre. Simple et efficace, et ça éviterait sans doute de faire d'aussi grosses coupes dans le texte original afin de conserver plus de scènes émotionnelle avec aussi Hector, sa famille et Héra.
D'ailleurs, avec toutes ses coupes, vous savez qui est passé complètement à la trappe ?
Hélène l'Argienne, fille de Zeus, aux beaux cheveux.
Tout le monde se bat pour elle, c'est l'enjeu principal de l'histoire, et on ne la voie jamais, à aucun moment elle n'apparait alors que dans le chant III, la narration précise quand elle apparait qu'en la voyant, on comprend pourquoi on se bat pour sa beauté, même si on dit aussi que ce ne sera jamais sa faute tout ça, elle voulait rester à Sparte avec son mari, sa fille, sa soeur et ses frères. Dans un sens, limite, tant mieux vu que cette BD n'aurait jamais réussi à la gérer et l'aurait sans doute blâmer pour être responsable de la guerre (alors que même un texte du VIIIe siècle avant notre ère ne lui reproche pas) mais de l'autre, merci de ne refiler son caractère, son ressenti et ses émotions à celui qui a ruiner sa vie, vous serez gentils. Surtout que c'est pas comme si elle était en gros plan sur la couverture du tome avec une tenue plagiant allégrement le film Troie de 2004 (d'ailleurs, vu la passion de ses auteurs pour les nichons, ça m'étonne qu'il n'ait pas habillés tout le monde à la mode mycénienne, vu que la plupart des représentations montrent les femmes avec des seins nus, ils auraient été ravis en plus d'être plus juste historiquement... enfin bon, ça a évité encore plus de male gaze donc, je vais pas m'en plaindre)
Whouaw ! C'était corsé ! Et j'en suis qu'au premier tome ! 7 chants plus les chants cypriens en 45 pages, fallait le faire celle-là, et moi, j'en suis à... 24 pages de décorticage en taille 14... bon bah, vous savez comment je suis avec le blabla... enfin bon, j'espère que ça vous aura plu ! Je vais essayer de faire le prochain tome la semaine prochaine !
Marseille. Au MuCEM, une belle expo, “Bonnes Mères” sur les femmes nourricières, enceintes (ou refusant de l'être), divines ou quotidiennes,…
Ici, alternées, trois œuvres sur le deuil de l'enfant mort :
coupe, Eos (déesse de l'Aurore) emportant son fils Memnon, roi des Ethiopiens, tué par Achille - Athènes, 490 av. J-C.
Nour Awada - "Les Pleureuses"
sarcophage, les Funérailles d'Hector - Rome, 200 apr. J-C.
Home alone
@gwensparlour
When he heard the noise at the window, at first Achilles did not pay attention to it. The trees in the tree in front of his room tended to end up against the window on windy days. As a child it gave him nightmares, convinced that there was some monster out there that was ready to take him.
Now he didn't even pay attention to it anymore. It was only when the noises became more persistent, as if there was someone using insane Morse code, that Achilles decided to open up and go see what the hell was going on.
"Patroclus? What the hell are you doing?"
Idk how many of this blog's followers are Italian/know Italian but I know there's a couple of you, and I also know I've recommended this translation/edition before but I'm here to officially recommend it once again because I genuinely can't recommend it enough despite not even being done reading it lol. Here's some reasons why:
Opens with an essay on the composition of the Iliad by Wolfgang Schadewalt and an introduction and author's note by the translator Giovanni Cerri.
Original text and translation are side by side. A lot of Italian editions are formatted this way but it's still something worth pointing out. Honestly love this format, can't go back to just the translation after this lol. As the notes in the prologue say, the translator strived for as much accuracy in meter and meaning of the verses while still making the text understandable to a "casual" audience. Needless to say, I think it succeeded.
Every page contains splendid notes by Antonietta Gostoli. They don't get in the way of the text, everything's sourced and I'm not kidding when I say I found all of the notes useful and very very insightful. It managed to make me genuinely want to dig deeper into the construction of an ancient Greek bed for example. It makes you consider a lot of minute stuff you might've disregarded before, genuinely eye-opening experience. Also, regarding the point before this one, I appreciate it greatly when a word with multiple possible translations gets explained in a note, so that you understand the choice that went into picking one over the other. Sometimes it's metrics, sometimes an ancient author's commentary gets brought up... As I said, really in depth stuff condensed into little space, very good.
At the end of the book there's an index of every Greek word explained in the notes in alphabetical order, with the book and line for reference, as well as an index of every name. Not just the fighters but every single name including names of peoples, cities and regions and more, every name in the Iliad. All this coupled with a small description for each of the names and a list of every book and line they get mentioned. Genuinely insane stuff lol (pic below)
I'll mention some negatives because nothings perfect but they're all to do with the format and not the content itself, so they're more like nitpicks in comparison to everything else but I think it's worth mentioning too.
The paper is really really thin, you can see the page underneath in the picture above. This makes it a bit awkward to handle since I'm afraid of accidentally ripping or irreparably folding a page if I'm not careful lol.
I also find it a bit hard to easily find a specific book, since there's no book number in the pages (there is an index at the end but hey, it's a nitpick lol). I'm using sticky notes as bookmarks so it's not a big deal but I feel like such a lengthy text in such a relatively small format would benefit greatly from some sort of indication in the pages because it can get tricky to know what book you're on without looking at the index
All in all though, I thoroughly recommend this edition, I think it's just amazing, you can feel the love for the source and the dedication to its preservation and understanding all throughout, from the introductory texts to the indexes and the notes. Awesome stuff.
(...) Perché domandare le mie origini ? Come quelle delle foglie sono le generazioni degli uomini. Il vento getta a terra le foglie, ma altre ne produce la feconda foresta al ritorno della primavera. Così la stirpe degli uomini nasce e passa. (...)
OMERO Iliade, Libro VI







