Addis Abeba, 1910-1911. Marcel Cohen

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Addis Abeba, 1910-1911. Marcel Cohen
—¿Quiere usted decir que el desierto sería el verdadero lugar de la palabra? —Sí. La palabra tiene permiso de residencia únicamente en el silencio de las demás palabras. En primer lugar, hablar es apoyarse sobre una metáfora del desierto, es ocupar una blancura, un espacio de polvo o ceniza, donde la palabra victoriosa se ofrece en su desnudez liberada.
—Edmond Jabès, «El núcleo de la ruptura» en Del desierto al libro. Entrevista con Marcel Cohen. Traducción de Ana Carrazón Atienza y Carmen Dominique Sanchez.
Lire au temps du corona
“Nous sommes condamnés à vivre dans un monde où chaque question posée en ouvrira une autre et cela à l’infini. L’un des caractères angoissants de la connaissance est son irréversibilité. Je crains que tous ceux qui aspirent aujourd’hui à la synthèse ou à l’unité n’appellent de leurs voeux une époque révolue. Je crois qu’ils n’obtiendront cette synthèse qu’au prix, soit de la tyrannie, soit du renoncement.”
L’habitude de s’enfermer trois ou quatre jours chaque année dans son appartement (M. Cohen)
Profitant des voyages d’affaires de sa femme, un homme a l’habitude de s’enfermer trois ou quatre jours chaque année dans son appartement après avoir rempli le réfrigérateur et branché le répondeur téléphonique. S’il n’y a rien de répréhensible à passer, dès lors, l’essentiel de son temps à lire et à écouter ses disques préférés, le reclus, pour rien au monde, ne voudrait détailler son emploi du temps. Quoi de plus naturel que d’écouter de la musique et de lire? Mais vautré sur la moquette, en plein jour, à son âge, et au lieu d’aller au bureau?
Et il y a plus grave que de vivre à contre-courant. En se privant de tout ce qu’une ville peut offrir à un homme seul, ce dernier n’exhibe-t-il pas surtout ses fêlures? Sur l’intense curiosité liée à cette réclusion, l’homme sait pourtant à quoi s’en tenir: fatigué de lire et d’écouter ses disques, il tombe invariablement dans une exploration maniaque de son univers intime, comme s’il pouvait en reculer à l’infini les limites et au mépris, c’est vrai, de toute décence.
(Faits, p.203)
Les citations (M. Cohen)
Les citations ont un intérêt particulier dans la mesure où nous ne notons jamais que nos propres paroles quel que soit celui qui les a écrites. Le “quel que soit”, c’est le citateur lui-même mais sous d’autres traits, à une autre époque, en d’autres circonstances.
(Autoportrait en lecteur, p.9)
Notas sobre a importância do desimportante
LA CHRONIQUE D'ÉTIENNE DE MONTETY - Entre Cioran et Vialatte, Marcel Cohen a inventé un genre : le fait. Mi-récit, mi-chronique, son dernier ouvrage, Détails, se donne le quotidien pour horizon. L'auteur du Grand Paon-de-nuit en tire des sortilèges connus de lui seul. Essentiel.
4/23/19
Marcel Cohen, from The Peacock Emperor Moth
A painter sitting at the bedside where his father lies dead and trying, reverently, to fix one last time his features in a drawing. While he works, he keeps coming up against John Berger’s statement in similar circumstances: nothing differentiates what he sets down on the paper from what he would draw were his father only asleep. In front of the finished drawing, however, who would not make the distinction?